Un candidat à la présidence semonce « les pédagogues »

Nicolas Sarkozy a fait aujourd’hui un très long discours portant essentiellement sur l’éducation. Le texte est fort bien écrit, très vertueux, et sert d’occasion pour semoncer indifféremment tous ceux qu’il appelle « les pédagogues ». Extraits:

Je refuse d’expliquer que le niveau de l’enseignement monte alors qu’il n’y a jamais eu autant d’enfants qui ne savent ni lire ni écrire, que la méthode globale est une réussite, que la démocratisation de l’enseignement est un succès. […]

Comment croire à la valeur de l’effort si l’école ne l’a pas inculqué ? On ne rend pas service à la jeunesse en détruisant l’autorité du professeur et la légitimité du savoir. […] On ne rend pas service à l’élève de 4e auquel on demande d’écrire une autre fin au « Cid » comme s’il était le rival de Corneille. On ne rend pas service à la jeunesse en lui enseignant que tout se vaut. […]

L’école, dans le primaire et dans le secondaire, ce n’est pas la délibération, ce n’est pas le colloque permanent. L’école c’est la transmission des savoirs, des normes et des valeurs et au premier rang d’entre elles, de celle du respect.

Je veux une école du respect où les élèves se lèvent quand le professeur arrive […]

Je veux dire aux pédagogues que s’il ne faut pas écraser la personnalité de l’enfant, ni étouffer sa spontanéité, qu’il faut l’encourager à développer toutes ses potentialités, il ne faut pas pour autant renoncer à l’instruire.

Je n’ai pas d’opinion sur les candidats à la Présidence et je ne cherche même pas à m’en forger une. Je m’accorde cette fois seulement le droit d’observer, d’analyser, d’essayer de comprendre, d’apprendre. Mais devant pareil discours, sur un sujet aussi déterminant pour l’avenir d’une société, je ne peux qu’être désolé — et un peu inquiet.

5 commentaires

  1. Un jeune professeur me faisait remarquer il y a peu que, dans un collège de ZEP, le principal n’a pas le pouvoir d’exclure un élève, même dans le cas où cet élève s’est montré violent, ou dans celui où il a introduit de la drogue à l’intérieur de l’établissement. Tandis que dans un collège privé des plus huppés de la capitale, où les familles payent très cher les droits de scolarité, le principal a ce pouvoir, et il en use.

    Notre système d’enseignement a-t-il besoin de ‘plus d’autorité’, comme semble le penser – et le promettre – le candidat UMP à l’élection présidentielle? Ce n’est pas impossible… Mais il me semble qu’il a besoin surtout qu’on donne plus de liberté, et plus de responsabilité, aux équipes enseignantes.

    N’est-il pas étonnant que, dans notre pays, ceux qui s’affirment les plus ‘libéraux’ dans tous les autres domaines prennent bien soin de se montrer autoritaires en matière d’éducation?

    L’école serait-elle une sorte d’outre-monde où l’idéal de liberté s’épuise? Où même les plus libéraux continuent d’envier secrètement l’ancienne Union Soviétique?

  2. Zarkozy n’est pas libéral dans tous les autres domaines il l’est principalement en matière économique dans la version la plus dure et suicidaire, il l’est en matière de moeurs pour occuper les gens et les maintenir à un certain niveau, il ne l’est pas vraiment en matière religieuse : là il veut créer des communautés que l’on peut monter les unes contre les autres pour assurer son pouvoir. Il est incontestablement très dangeureux

  3. Incontestablement un fasciste de la pire espèce le Sarko.

    Celui qui veut casser les banlieus, pas comprendre ce qui pousse les jeunes à la révolte…non, briser toute résistance, et emprisonner les récalcitrants. Son idole, Georges W. Bush un autre débile de la même espèce.

    Voilà pour mon opinion sur l’un des candidats à la présidence de la France. En effet désolant avoir à choisir entre Le penne, sarko et Ségolène « je ne fais de mal à personne et je n’ai rien dit », « j’aime tout le monde et donnez-moi la présidence je vous direz ce que je penses après… »

  4. Robert,

    Je suis tenté de faire appel à ton expérience de la (difficile) modération des espaces publics sur le Web pour t’inviter à un peu plus de réserve dans ta manière d’exprimer ton opinion.

    La fascisme, c’est très grave — c’est un mot avec lequel l’histoire nous interdit de badiner.

    Pour maintenir des conditions idéales à la conversation je pense qu’il convient de se questionner par moment sur les intentions que l’on poursuit en formulant une opinion et sur les risques qu’il y a à s’exprimer sans réserve.

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