Je vais tenter de formuler le plus spontanément possible mes réflexions au terme de ma participation au congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ)… parce que sinon la semaine se mettra en marche et je n’aurai probablement plus la chance de le faire.
Peut-être est-ce un peu provoquant… mais qu’importe!
Primo. J’ai beau essayer de me convaincre du contraire depuis deux jours, je n’y arrive pas. Il m’apparaît tout bonnement incompréhensible qu’un journaliste ne connaisse pas l’existence des carnets et, pire encore, celle des fils xml-rss. Qu’il ne fasse pas appel aux ressources de cet univers, soit, c’est dommage, mais qu’il en ignore jusqu’à l’existence, ça non… vraiment, je ne comprends pas! Dans le cas des responsables de salles de rédaction (rédacteurs en chef, éditeurs, etc.) c’est tout bonnement inacceptable.
Secundo. À l’heure où la FPJQ dénonce (avec raison!) l’obstruction systématique de certains ministères et sociétés d’État devant les demandes d’information, il me semble qu’il y a lieu de faire plus que de crier, de faire appel à la commission d’accès à l’information, etc. C’est une attaque bien trop conventionnelle. Déjà vue. Les parades sont nombreuses et bien maîtrisées.
Vaudrait bien mieux que la FPJQ encourage à la mise en place de nouveaux modes de circulation de l’information (voire même qu’elle y contribue activement!). En plus de dénoncer, il faudrait investir dans des moyens qui permettent aux organismes publics et privés de mieux rendre compte de leurs activités. Quand les organismes communautaires qui sont sur le terrain pour appliquer les programmes du ministère de l’Environnement, par exemple, auront tous un carnet web dans lequel il rendront compte de ce qu’ils observent, réalisent chaque jours, les journalistes dépendront un peu moins des fonctionnaires! Ce jour-là, il sera possible pour un journaliste de suivre de façon régulière ce qui se passe sur le terrain de façon beaucoup plus précise, avec des points de vues beaucoup plus nombreux, et des répondants beaucoup plus variés. Et de suivre tous les jours des centaines de sources s’ils le souhaitent.
L’audace porterait même la FPJQ à investir dans le développement d’une solution open source qui permettrait facilement à semblables organismes de publier un carnet. Ou encore, elle pourrait donner de la formation dans ce domaine aux organismes qui le désirent. J’en rêve. Ça ce serait innovateur comme moyen de réagir à l’obstruction gouvernementale!
Tertio. Je suis habitué (malheureusement!) d’entendre dire que les enseignants sont « épouvantablement » en retard dans l’utilisation des technologies, qu’ils sont même « en arrière de la société à laquelle ils doivent préparer les jeunes, etc. ». Eh bien je peux dire qu’en fin de semaine, un enseignant tout ce qu’il y a de plus dans la moyenne n’aurait pas eu de complexe à ce sujet. Sur les technologies, la formation continue des journalistes est vraisemblablement aussi déphasée que celle des enseignants. Comme quoi, quand on se regarde, on se désole, quand on se compare, on se console!
Une idée. Celle de Martine Pagé (qui animait aussi un atelier sur les carnets dans le cadre du même congrès). Pourquoi ne pas mettre en place un carnet collectif spécialement consacré aux carnets / blogs et au journalisme? S’ils y a des intéressés (écrivez-moi!), je me propose d’offrir gratuitement (via Opossum) l’hébergement, une interface de base et des accès pour les contributeurs potentiels.
Un clin d’oeil. Un journaliste qui demande, lapidaire: « oui, mais c’est quoi la différence entre citer ma belle-soeur et citer un blogueur? »… voulant probablement laisser entendre que pareils quidams ne méritent pas son attention (ou celle de ses lecteurs). Disons d’abord que c’est pas très gentil pour sa belle soeur… mais surtout, quoi penser d’un pareil mépris quand on connaît les énergies que les médias mettent à faire des « micros-trottoir / vox-pop »… M’enfin, la peur de la nouveauté sans doute!
Ca m’a donné envie de regarder ce que faisait la presse française
Côté Libération :
Deux journalistes publient leur blog et l’accès à ces deux blogs se fait de la page d’accueil du quotidien.http://www.liberation.fr/page.php?Article=175198
Du côté du Monde, les lecteurs sont invités à créer leur propre blog (service payant) : http://www.lemonde.fr/web/blogs/0,2-3506,48-0,0.html
Plus d’une dizaine de journaliste tiennent un blog. Voir celui, collectif, des correcteurs du journal qui donne la parole à un métier mal connu des lecteurs.
http://correcteurs.blog.lemonde.fr/
Mais pas encore de fil RSS…
Rien encore côté Figaro, ni encore de la presse régionale (mais je dois avoir raté des choses)…
Ca avance…non ?
« Un journaliste qui demande, lapidaire: « oui, mais c’est quoi la différence entre citer ma belle-soeur et citer un blogueur? »… »
Tiens donc, la spécialisation des réticences. Avant, on disait: quelle fiabilité attribuer à ce qui se trouve sur Internet? Maintenant: quelle fiabilité attribuer à ce nouveau machin?
Faudrait-il voir là une progression, les gens ayant compris (pour une légère part) que ce n’est qu’une question de support? (Encyclopedia Britannica est valable, sans considération de support; qu’est-ce qu’on fait avec l’opinion de M. Untel? on vérifie, grands dieux, si c’est un expert, comme on aime tant les citer dans l’information aujourd’hui, ou si c’est un quidam… méthodologie 101, misère!)
PS: Il faudrait penser à un « crash-course » sur l’information sur le net pour les journalistes… qui s’y colle? :-)
L’atelier que j’ai animé vendredi matin au congrès était un peu un crash-course, spécialisé dans la recherche sur les blogues. Il y a un besoin, ça, c’est sûr! Je vais discuter avec la FPJQ et différents médias dans le but de répéter cette formation. La page Web qui accompagnait l’atelier est ici.
http://www.martinepage.com/fpjq.html
Ce n’est pas un document très utile si on n’a pas suivi l’atelier mais je prévois poursuivre le développement de cette page.
Au moment où j’écris ces lignes, Anne-Marie Dussault fait son bilan du congrès à Indicatif Présent. Je n’ai pas entendu parler du Web…
Pour ce qui est de l’idée du carnet collectif, il y a de plus en plus de ressources sur le Web, même en français, concernant les relations entre le journalisme et le blogue, mais je crois qu’il est pertinent de se donner un espace québécois consacré à ce sujet.
Pour avoir traité avec de très très nombreux journalistes au cours de ma carrière de relationiste, il n’y a rien qui me surprend là-dedans.
J’ai un copain qui est affectateur d’une salle de nouvelles télé qui n’accepte même pas d’invitation de presse ou de communiqués par courriel. Sa réponse quand je lui demande son adresse de courriel: « Laisse faire ça, je ne l’ouvre même pas. »
:(
Carnet, conversation, journalisme et silence
Je ne serai pas présent au congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec(.pdf) qui s’est ouvert aujourd’hui à Québec. Pourtant, il est ouvert à tous, journaliste ou pas. Pourtant, je sais qu’il s’y passera des choses intéressantes…
Le B-A-BA des carnets Web…
Le nombre et la variété de nos expériences avec les carnets Web (blogs) se multipliant rapidement (individuel, scolaires, corporatifs, institutionnels, collaboratifs, etc.) il arrive de plus en plus souvent que nous soyons invités à donner de la forma…
Définir et comprendre les blogs
Ce court texte de Clément Laberge ne pourrait être plus clair pour définir simplement ce qu’est un carnet et comprendre les utilisations que l’on peut en faire. Je réutiliserai ce texte pour présenter les carnets aux étudiants de la prochaine session e…
Pour commencer, je tenais à te féliciter toi et tes collègues qui étaient présents pour exposer votre atelier. Très intéressant, je dois dire. Moi, étant étudiant, je n’avais encore jamais entendu parler des blogues. J’ai été très heureux d’en apprendre autant sur le sujet, lorsque je me dis que c’est seulement le titre de l’atelier qui m’a attiré.
Au cégep à Jonquière, on ne prône pas nécessairement les approches internet, on nous dit qu¹il est toujours mieux d¹avoir l¹information en direct, et que nous devons prendre contact avec de futurs interviewés par téléphone. Ce n¹est pas nécessairement quelque chose que j¹approuve. Je trouve que nous devrions tenter d¹utiliser les deux moyens. À propos de la cueillette d¹information, il est évident que pour écrire des articles, on ne peut pas seulement se baser sur des blogues. Pour ce qui est de joindre les gens, je suis pour écrire un E-mail d¹abord pour par la suite, faire un suivi au téléphone. De nos jours, nous devons nous servir de tous les moyens possibles pour communiquer les informations internet. Il est évident que les institutions d’éducation ainsi que les «vieux» journalistes devront s’adapter à cette source d’information.
Je crois personnellement que j’ai encore beaucoup à apprendre sur les blogues et les carnets, mais je crois aussi que cela va devenir un de mes outils indispensables pour ma future carrière de journaliste. Je crois qu’en consultant régulièrement les carnets, la véracité de l’information va venir toute seule. Il suffisait de le faire comprendre à tous lors de l’atelier.
Encore une fois merci pour toutes les bonnes informations transmises.
Le journalisme libéré
Pour faire suite aux réflexions critiques de Clément sur sa participation au congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, voici un autre exemple de néo-journalisme : The Daily Peg. Je suis tout aussi fasciné par le contenu que p…
Je cite Clément: « L’audace porterait même la FPJQ à investir dans le développement d’une solution open source qui permettrait facilement à semblables organismes de publier un carnet. Ou encore, elle pourrait donner de la formation dans ce domaine aux organismes qui le désirent. J’en rêve. Ça ce serait innovateur comme moyen de réagir à l’obstruction gouvernementale! »
Impensable ! La FPJQ doit rester parfaitement indépendante. Elle ne doit donner aucun soutien, pas même aux organismes les plus vertueux. Par contre, elle devrait fournir de l’information sur les blogues, avec liste à l’appui, sur son site Internet. Bonne idée.
Un article de Libération de ce samedi 11 et dimanche 12 décembre.
Un article de Libération de ce samedi fait le point sur le phénomène.
Le blog éducation de Libération
Saluons l¹arrivée du journal Libération dans la blogosphère. Tôt ou tard, nous aurons des agapes virtuelles de la francophonie. On ne s¹étonne pas qu¹un quotidien de gauche soit le première à faire le saut. J¹attire à votre attention le blog…
Quand blogueurs et journalistes diffèrent
Les journalistes de métier ont tendance à rabaisser les blogueurs, comme les comédiens de la scène dénigraient autrefois le cinéma. Néanmoins, les blogueurs voient souvent les événements sous d¹autres facettes. Un article du Globe and Mail rapporte com…
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