Éduquer. Pour la vie! ‹ chapitre 1

Dans ma relecture aujourd’hui du premier chapitre de Éduquer. Pour la vie!, de Charles E. Caouette, je retiens les quelques extraits suivants:

« Il est de plus en plus déconcertant de voir que le système scolaire est lui-même balloté dans diverses directions. Ses dirigeants ne semblent avoir aucune vision globale, aucune philosophie cohérente de l’éducation et de la mission spécifique de l’école. […]

Quelle doit être la contribution spécifique de l’école […] en fonction du nouveau projet de société à élaborer et à réaliser ensemble ? […]

Il faut que la classe devienne un lieu de création collective du savoir. C’est personnellement et en interaction avec les autres que les jeunes doivent prendre le temps de découvrir et de recréer le savoir, et de lui trouver du sens. […]


Ce sont à la fois les valeurs de travail et d’argent qui vont se modifier; les préoccupations de mode de vie et de qualité de vie, tout particulièrement les préoccupations de signification de la vie, vont prendre le dessus, guider les revendications des travailleurs et de la population en général et influencer les politiques. […]

Il s’agit d’un projet collectif auquel il devient de plus en plus urgent de travailler, tous ensemble. Un si beau projet ne doit pas servir à endormir, à faire rêver ceux qui se sont résignés à un statu quo dont il se plaignent pourtant; l’espoir ne doit pas leur servir d’opium. […]

Il y a dans notre système scolaire une telle logique linéaire, une telle mécanique rigide que tout changement réel ne peut se faire sans bouleverser l’ensemble. Voilà pourquoi le statu quo est si durable dans notre système d’éducation. La très grande majorité des enseignants n’ayant jamais expérimenté d’autre type de pédagogie, tandis que ceux qui sauraient faire autrement ou qui voudraient tout au moins essayer sentent tellement la pression du milieu, des collègues, des parents, et la menace grandissante de l’évaluation faite par les autres qu’ils n’osent se marginaliser et innover. C’est cette observation qui m’a amené à dire que l’innovation consiste essentiellement à cesser de vivre des contradiction internes et à accepter de vivre des conflits externes. […]

À travers tous les changements qui se font présentement de façon désordonné dans notre société, l’éducation doit prendre les devants et assumer le leadership qui lui revient dans la construction d’une nouvelle société. L’école doit sortir de son isolement et faire comprendre aux jeunes les changements sociaux en cours […] elle doit les préparer à l’activité et à l’économie plurielles et leur en donner le goût. Elle doit aider les jeunes à développer un regard critique face à la mondialisation des marchés et aux risques que celle-ci comporte. […]

Note: il est intéressant de constater, dans le troisième extrait le rapport avec l’éthique hacker dans son rapport au temps et à l’argent (au travail). Aussi, dans le dernier paragraphe cité, le lien à faire avec le caractère inévitablement politique de l’éducation selon Freinet.

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