Je m’interrogeais l’automne dernier sur les disctinctions qu’il convenait d’établir entre les concepts de ville éducative, de collectivité ingénieuse /smart community et de ville numérique.
Je n’ai pas encore pris le temps de compléter mes recherches pour le troisième concept, mais une rencontre avec la Chambre de Commerce m’a donné l’occasion, il y a une dizaine de jours, de préciser un peu ce qui a trait aux deux premiers… En vrac:
SMART CITY – COLLECTIVITÉ INGÉNIEUSE
Définition générale:
« A Smart Community is a community that has made a conscious effort to use information technology to transform life and work within its region in significant and fundamental, rather than incremental, ways.
« [a community] using information technology as a catalyst for transforming life and work to meet the challenge of the new millennium. »
Ou, de façon un peu plus historico-technologique:
« Unlike towns and cities of an earlier era, built along railroads, waterways, or interstate highways, smart communities will be build along information highways — broadband systems of communications connected to every home, office school, library and health care facility in the region and through the World Wide Web, to millions of other institutions across the globe. »
Source: http://www.smartcommunities.org/
Au Canada:
« Les collectivités ingénieuses sont des villes et des villages qui se dotent d’une stratégie pour mettre les technologies de l’information et des communications au service de leur population, de leurs institutions et de leur région d’une façon novatrice. Elles tirent le meilleur parti des occasions que leur offrent les nouvelles technologies pour stimuler la croissance des entreprises et améliorer les services de santé, l’éducation et la formation professionnelle. »
Source: http://smartcommunities.ic.gc.ca/
En particulier: http://smartcommunities.ic.gc.ca/faq_f.asp#947976862344
Et: http://smartcommunities.ic.gc.ca/documents/about_f.as
Devant une définition aussi large, l’Estrie veut prétendre à ce titre, Montréal également, etc.
Au Canada, une dizaine de projets-pilotes en ce sens sont en cours, dont un en Mauricie. Edmonton prétend à ce titre depuis plusieurs années comme en témoigne son site:
http://www.smartcity.edmonton.ab.ca/
Un congrès…
Il sera beaucoup question de smartcities à Ottawa, du 29 au 30 avril:
http://www.expocorpinc.com/smartcity/nonie/index.html
CITÉ (VILLE) ÉDUCATIVE
Un peu d’histoire:
« Les Villes Educatrices est un mouvement initié en 1990 par le 1er Congrès International des Villes Educatrices, qui a eu lieu à Barcelone, lorsqu’un groupe de villes représentées par leurs autorités locales a pris comme objectif commun celui de travailler ensemble à des projets et des activités destinés à améliorer la qualité de la vie de leurs habitants, en partant de leur implication active à l’utilisation et à l’évolution de la ville même. »
C’est donc un projet axé sur l’implication des citoyens dans leur milieu, par tous les moyens possibles.
Source: http://www.edcities.bcn.es/fra/fra_1_fs.htm
Une définition officielle… qu’on aurait avantage à simplifier
« [une cité éducative] englobe des institutions formelles, des interventions non formelles dont les objectifs pédagogiques sont pré-établis ainsi que des projets ou des expériences qui surgissent de manière contingente ou qui sont nés de critères commerciaux.
La ville éducatrice est un système complexe en évolution constante et peut avoir des expressions diverses, mais elle donnera toujours la priorité absolue à l’investissement culturel et à la formation permanente de sa population.
La ville sera éducatrice lorsqu’elle reconnaîtra, exercera et développera, outre ses fonctions traditionnelles (économique, sociale, politique et de prestation de services), une fonction éducatrice, lorsqu’elle assumera une intentionnalité et une responsabilité dont l’objectif sera la formation, la promotion et le développement de tous ses habitants, en commençant par les enfants et les jeunes. »
Mais plus concrètement…
Je pense qu’on peut résumer sur le fond ce qu’est une cité éducative en disant que c’est une ville où l’idée de permettre aux citoyens d’apprendre (le plus souvent possible, en tous lieux, sur tous les sujets) et de participer à la vie communautaire est omniprésente.
C’est une ville où les entreprises privées disposent de ressources éducatives (formation continue) privilégiées, ou les relations entres les écoles et les entreprises sont saines et intenses, où les collaborations entre les organismes culturelles et les écoles sont riches et nombreuses, etc. C’est une région où on accepte que l’école est indispensable mais insuffisante pour assurer le développement socio-économique d’une communauté et qui mise sur la synergie entre tous pour favoriser la qualité de vie de l’ensemble des citoyens (et donc des conditions privilégiées pour les entreprises, un taux de chômage faible, etc.)
C’est une ville qui mise sur la qualité de vie et sur les possibilités d’épanouissement personnel (par l’apprentissage formel et informel) pour attirer des travailleurs qualifiées, des immigrants, et pour favoriser la culture, le multilinguisme, etc.
CONCLUSION
…l’idée de collectivité ingénieuse est très technocentriste. Je pense que c’est une approche qui vieillira plutôt mal à mesure que toutes les villes et régions du Québec, du Canada et du monde se trouveront branchées à haute vitesse. C’est une approche qui se défini le plus souvent par les moyens utilisés pour réseauter les gens. Je préfère personnellement réseauter les gens sur la base de projets partagés, d’une vision, d’un projet de société…
…l’idée de cité éducative est justement plutôt centré sur un projet de société et moins sur des moyens ou des technologies présumés « les meilleurs » pour atteindre les objectifs. C’est une approche qui mise sur le développement d’attitudes et d’aptitudes qui favorisent l’innovation dans une communauté ? et pour cela vise à faire de l’apprentissage, partout, tous les jours, à tous les âges, une priorité. Dans une cité éducative, l’apprentissage est une valeur fondamentale parce qu’elle est nécessaire à l’innovation, et donc au développement d’une ville-région dans un contexte de mondialisation où l’économie repose de plus en plus sur le savoir et les services à très haute valeur ajoutée.
Il n’y aura pas de cité éducative sans developpement durable
http://www.villesnumeriques.org/developpement_territorial_durable/index_developpement_durable.htm
http://www.arenotech.org/site_RVN/developpement_territorial_durable/index_developpement_durable.htm