Cité éducative et Avis du Conseil supérieur de l’éducation (septembre 2003)

Après lecture de la version abrégée de l’avis (disponible ici), voici les extraits que je retiens comme les plus pertinents dans le contexte du projet de faire de Québec une cité éducative.

Retenons aussi, de façon plus générale, que c’est un excellent document, dont les avis sont tournés vers les actions concrètes. Je me permets d’ailleurs d’espérer que le nouveau ministre de l’Éducation se distinguera de ses prédécesseurs péquistes en acceptant de commenter publiquement l’avis qui lui est adressé par les membres du Conseil supérieur de l’Éducation. [Mise à jour: mon voeux s’est réalisé! Constatez-le par vous même ici…]

L’ÉDUCATION DES ADULTES PARTENAIRE DU DÉVELOPPEMENT LOCAL ET RÉGIONAL (extraits de la version abrégée)

Sur l’intention du Conseil en formulant cet avis

« Lier l’éducation des adultes et le développement des régions, telle est l’intention du Conseil supérieur de l’éducation dans son avis intitulé L’éducation des adultes : partenaire du développement local et régional [notamment dans le but ] d’apporter un éclairage sur le rôle actif que peuvent exercer les établissements d’enseignement en matière d’éducation des adultes, pour le bénéfice du milieu local et régional. » (page 3)

« Dans son analyse, centrée sur le secteur de l’éducation des adultes dans le système formel, le Conseil a voulu se pencher sur les moyens mis en oeuvre par les établissements d’enseignement pour favoriser le développement local et régional. La plus grande liberté d’action dont ils disposent estelle utilisée à cette fin? Si oui, comment? » (page 4)

« …le Conseil a voulu mettre en évidence la place et le rôle qu’exercent les établissements d’enseignement dans la nouvelle dynamique locale de concertation. » (page 7)

Sur les notions de croissance et de développement économiques

« Croissance et développement ne sont pas synonymes. La croissance, dans le sens où nous l’entendons, fait référence à l’accroissement des activités de production de biens et de services tandis que le développement implique l’engagement d’une société toute entière et touche à tous les aspects de la vie d’une communauté, avec des effets durables dans ses dimensions économique, sociale, culturelle environnementale et politique (Prévost, 1994). Le développement ne consiste ni plus ni moins qu’en la recherche du mieuxêtre pour tous (Sabourin, 1996). » (page 5)

« Les défis sont ceux d’un développement local durable, par le soutien à l’entrepreneuriat, y compris en économie sociale, dans un contexte de mondialisation. » (page 7)

Sur la notion de ville et région apprenantes
(faisant référence en cela à ce très important document de l’OCDE, dont il est fait mention ici)

« Empruntée aux théories sur l’innovation et les systèmes d’innovation, la notion de ville et région apprenantes est de plus en plus présente dans les stratégies de développement régional. Elle est définie en ces termes :  » Les villes et les régions apprenantes ont en commun la volonté clairement affichée de placer l’innovation et l’apprentissage au coeur de leur stratégie de développement. Elles cherchent à stimuler l’activité économique en combinant selon des modalités diverses l’apprentissage à vie, l’innovation et l’utilisation créative des technologies de l’information et de la communication.  » (Larsen, 1999) » (page 18)

Sur le défi qui se pose aux établissements d’enseignement dans le contexte économique que l’on connaît

« Pour les établissements des trois ordres d’enseignement, l’enjeu de leur participation se pose en ces termes : ils peuvent limiter leur participation à un rôle de prestataires de services d’éducation et de formation ou ils peuvent aller au-delà, en étant proactifs et partie prenante des orientations et des actions en matière de développement local et régional. » (page 4)

« Selon le Conseil, il y a tout avantage à ce que, dans le cadre de leur mission éducative, les établissements d’enseignement explicitent le rôle qu’ils entendent exercer pour contribuer au développement local et régional à l’enseignement régulier comme en formation continue. » (page 9)

Sur la politique d’éducation des adultes et de la formation continue

« La Politique gouvernementale d’éducation des adultes et de formation continue accorde une place centrale à la demande de formation. Susciter son expression constitue en effet une visée générale des orientations gouvernementales :  » Bien gérer la demande de formation comporte deux dimensions : créer les conditions pour que les besoins de formation s’expriment dans toute leur diversité et [ Š] veiller à ce que l’offre de formation traduise les aspirations individuelles et collectives. Dans un contexte d’apprentissage tout au long de la vie, il ne suffit plus de simplement répondre à la demande explicite. Il faut aller au-delà et chercher par des mécanismes pertinents à éveiller cette demande.  » (Québec, 2002) » (page 12)

Sur les besoins de la main-d’oeuvre, l’éducation à la citoyenneté et le développement économique

« Parce que les établissements sont nécessairement influencés par les politiques et mesures de développement socioéconomique des dernières années, ce volet de leur intervention prédomine nettement. La formation liée à l’emploi et à la croissance des entreprises occupe en effet le premier rang et de loin. Pour le Conseil, ce constat n’est pas nouveau. Il rappelle donc que dans ses finalités l’éducation doit demeurer sensible à la conjoncture économique et aux besoins de la main-d’oeuvre. Mais quand il est question du développement durable des villes et des régions, la promotion des valeurs éducatives et de l’éducation à la citoyenneté, l’accès du plus grand nombre au savoir, à la culture et à l’information, le développement continu des connaissances générales et professionnelles, bref la prise en considération des besoins éducatifs des personnes dans toutes ses dimensions ne semblent pas occuper une place suffisante dans les préoccupations des organisations. » (pages 10 et 11)

Sur les clés d’un développement régional dans lequel l’éducation des adultes jouera un rôle plus important

« Quelques notions et principes pour soutenir la réflexion […]:

– adopter une définition ambitieuse du développement;
– tenir compte de l’importance accrue d’un pouvoir local dans un nouveau modèle de développement en émergence;
– s’appuyer sur les formes que revêt le partenariat;
– prendre acte du choix gouvernemental d’opter pour la responsabilisation des structures locales et régionales. »
(page 5)

« […] Le Conseil établit une typologie de ces actions [celles des établissements d’enseignement] :

– une contribution par l’offre régulière de formation;
– une contribution par l’offre régulière de formation qui s’insère dans un projet particulier;
– des recherches appliquées et le transfert des savoirs dans la pratique;
– la participation à divers organismes du milieu engagés dans le développement local et régional;
– une contribution qui déborde parfois de la stricte mission éducative des établissements. »
(page 10)

ET, FINALEMENT, TROIS RECOMMANDATIONS, SUR LES ONZE QUE COMPTE L’AVIS

Recommandation 2

« Considérant que l’engagement dans le développement socioéconomique régional fait partie de la mission éducative des établissements et du ministère de l’Éducation;

considérant qu’il importe de reconnaître explicitement le secteur de l’éducation comme agent de développement des collectivités locales et régionales,

le Conseil recommande au ministre de l’Éducation d’inscrire dorénavant dans la planification stratégique du Ministère une orientation visant à mettre en place les conditions qui favorisent l’engagement des commissions scolaires, des collèges et des établissements universitaires à titre d’agents de développement socioéconomique et socioculturel des régions, à l’enseignement régulier comme à l’éducation des adultes et à la formation continue. À cet effet, le ministre de l’Éducation devrait préciser dans son plan stratégique les actions qu’il entend mettre en oeuvre pour donner suite aux engagements pris au Rendez-vous national des régions. » (page 22)

Recommandation 4

« […] le Conseil recommande au ministre de l’Éducation de constituer un fonds d’initiatives régionales en éducation des adultes, à des fins de développement local et régional. Les ressources de ce fonds devraient spécifiquement être affectées au prédémarrage et au démarrage de projets de développement local et régional dans lesquels l’expertise en éducation des adultes constitue un apport. » (page 24)

Recommandation 5

« […] le Conseil recommande que s’organise un événement particulier pour alimenter la réflexion sur l’apport de l’éducation des adultes au développement local et régional. Il pourrait s’agir, à titre d’exemple, d’un forum national ou de forums régionaux. L’objectif est d’amener les acteurs du développement, dont le secteur de l’éducation des adultes, à se mobiliser en vue d’établir en partenariat des priorités d’action en éducation des adultes liée au développement socioéconomique et socioculturel des régions. » (page 25)

…recommandation qui m’amènera à rassembler une autre série d’extraits de l’avis du Conseil qui ne sont pas sans relations avec la tenue possible, au printemps, d’un forum économique régional au coeur duquel devrait se trouver le projet de faire de Québec une cité éducative. À suivre…

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