Frais de scolarité?

À Indicatif présent aujourd’hui: fascinante discussion où, contre toutes attentes, il y a unanimité sur le fait qu’on devrait bien plus se diriger vers la gratuité scolaire à l’université que d’envisager une hausse des frais…

Rafraîchissant!

6 réflexions sur “Frais de scolarité?

  1. D’accord pour la gratuité, mais comment vont se financer les universités? Une hausse des subventions du gouvernement!

  2. La gratuité, ce n’est qu’un côté de l’équation (l’argent qui entre par les frais + argent du gouvernement = argent nécessaire pour fonctionner). Le financement des Universités au Québec est pitoyable (à la fois les frais et l’argent gouvernemental). Encore chanceux que les professeurs aient encore la vocation pour continuer à faire des miracles avec si peu. C’est bien beau de dire que l’Université doit être accessible à tous et que les étudiants ne devraient pas payer, mais le vrai problème aujourd’hui c’est qu’il faut augmenter le financement d’une façon ou d’une autre et si ce n’est pas les étudiants, ce sera à travers les impôts. Sachant qu’une petite fraction de la population va à l’université ou a un diplôme (20%, Stats CAN) et que plus de 50% de le population n’a rien de plus qu’un diplôme secondaire, je me demande comment la population en general reagirait si on lui demandait de payer la facture pour les avocats, ingénieurs, médecins, philosophes, physiciens, etc…

  3. Daniel,

    On s’entend pour dire que le financement des universités est nettement insuffisant. On s’entend aussi pour dire que les frais de scolarité ne constituent qu’un des éléments de l’équation.

    Je ne suis toutefois pas d’accord sur la fin de ton intervention qui repose sur l’idée que la scolarité est un privilège individuel et, donc, que c’est à chacun de se l’offrir. Pour au moins deux raisons.

    D’abord parce qu’il se trouve que la société ne rétribue pas également les gens scolarisés et que si, dans les exemples que tu présentes il est aisément pensable que les gens puissent « rembourser » les frais engendrés par leurs études, il n’en est pas de même pour tout le monde.

    D’autre part, et c’est à mon avis le point le plus important, ce n’est pas que les gens qui étudient qui bénéficient d’un système scolaire efficace. La société entière jouit des avantages que procure une population éduquée (ils sont nombreux et maintes fois démontrés, je n’entre pas dans l’énumération ici).

    Ça me semble dangereux d’introduire dans ce débat l’idée que seuls les gens qui étudient devraient payer pour l’éducation. Comme dire que seuls les malades devraient payer pour les frais médicaux.

    C’est une question de valeurs et de leadership qui est à la base de cette situation. Sans personnalité politique pour « animer la réflexion sociale » sur les avantages de l’éducation (pour la société dans son ensemble), on bascule dans le modèle individualiste américain.

    Ce modèle n’est peut-être pas mauvais en lui-même, mais je lui préfère personnellement le modèle qu’on adopté plusieurs pays européens, où l’impôt sert de levier, et où les forces politiques font en sorte que les citoyens perçoivent bien les retombées des investissements qu’ils font dans l’éducation par l’entremise de leurs taxes et impôts.

    Je pense qu’il nous manque du leadership, d’abord et avant tout. Le financement suivra.

    La situation actuelle est une manifestation de l’abdication d’une partie de la classe politique devant la difficulté d’expliquer de phénomènes complexes tels que les retombées sociales et économiques de l’éducation.

    Je ne crois pas au désengagement de l’état, dans un domaine où la solidarité entre les citoyens est fondamentale.

  4. L’éducation a un impact positif sur la société et c’est pourquoi la société doit payer un partie de la facture. D’un autre côté, celui qui a le diplôme en bénéficiera beaucoup plus directement que le reste des gens qui n’ont pas eu sa formation. Je pense que c’est pourquoi il doit payer une partie de la facture. De plus, lorsqu’on paie de notre poche, on évite de perdre son temps.

    Entre un système gratuit de qualité moyenne et un système payant de qualité supérieure, je prend le système payant: d’abord et avant tout, je veux un bon système de qualité. Lorsque le système sera considéré comme très bon, on pourra commencer à refiler la facture au gouvernement. Pour l’instant,. il y a trop de financement à rattraper pour que la gratuité de l’éducation post-secondaire soit une priorité.

    Une note: Dans l’entrevue, les panelistes disent que le système américain public fonctionne très bien et que c’est un exemple d’un système gratuit. C’est faux que c’est gratuit: les frais de scolarité dans les universités publiques sont très élevés (environ $8000 de ce que Louis-Philippe dit).

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