J’ai reçu dans les derniers jours quelques questions d’une collaboratrice qui travaille avec l’équipe qui élabore le nouveau programme de français pour le secondaire.
Après quelques éléments de réponses (ci-bas) je lui ai proposé de soumettre ses questions à la carnetosphère pour poursuivre la réflexion de façon élargie. Elle a accepté… À vous!
Comment les élèves peuvent-ils être amenés, donc motivés, à utiliser les ressources propres à la révision de textes en contexte web?
Je pense qu’il n’y a que des « lectorats authentiques » qui peuvent amener cette motivation. Notre créativité pédagogique et notre ingéniosité médiatique doit être toute consacrée à la genèse d’espaces d’écriture qui rendent possibles pareils lectorats. Les moyens traditionnels n’y parviennent pas… il y a des pistes avec des outils comme les carnets Web… c’est là la source de mon intérêt pour cet univers (les fils xml-rss sont la clé de l’affaire si tu veux mon avis… il est *indispensable* de comprendre ça dès que possible pour *tous* les pédagogues… et je ne mets aucune nuance là-dessus).
Quels sont les contenus propres à la discipline français que les enseignants peuvent penser insérer dans leur enseignement pour aider les élèves à réviser, peaufiner leurs textes, les rendre plus efficaces avant de les mettre en ligne ou les envoyer par courriel?
grammaire du texte: notion de destinataires (lecteur patient ou impatient), structure (volume indéfinissable pour le lecteur), titres et intertitres, caractères, longueur des paragraphes, notion de page-écran, priorités de présentation des aspects, etc.
C’est la partie « facile » au sens où je pense que tout cela pourra être vu assez « techniquement » (comme on le fait aujourd’hui pour les concepts équivalents dans l’univers imprimé) à partir du moment où nous aurons des lecteurs significatifs à offrir aux élèves.
grammaire de la phrase: notion d’hyperlien, longueur des phrases, etc
Là il me faudrait des détails… je ne suis pas certain que les distinctions entre « l’écriture Web » et « l’écriture traditionnelle » sont si essentielles. Je serais porté à maintenir la distinction strictement en terme de destinataire et de contexte de lecture. Mais ça reste largement à réfléchir pour moi.
Attention de ne pas tomber dans le piège de faire un « melting pot » de toutes les formes d’écriture dans un univers numérique. Les règles d’une écriture efficace dans un courriel, dans les pages d’un média électronique, dans un carnet personnel, dans un forum de discussion, etc. me semblent bien différentes. Parfois plus différentes d’un de ces environnements à l’autre que du numérique à d’autres formes plus familières, dans le monde de l’imprimé. J’en fais l’hypothèse du moins. Dolores Tam serait ton ultime référence sur le sujet…
-lexique
-autres.
Ici aussi… une bonne discussion avec Dolores Tam s’impose (http://www.francopee.com/carnet/). Je pense que tu adoreras.
Aussi, le logiciel dont je te parlais. Particulièrement intéressant pour le changement de paradigme qu’il propose au regard du concept même de traitement de texte: http://carnets.ixmedia.com/osmoze/archives/002113.html
(Tu peux cliquer sur chacune des images pour avoir de courtes démonstrations des principales fonctions du logiciel. Et c’est « 100% made in Québec »)
De la forme, mais surtout du fond
Changer de paradigme au niveau d’un traitement de texte, c’est cesser de prendre la forme (ou la surforme: les couleurs, la sorte de police, etc) pour le fond…