Le texte qui suit rassemble les notes que j’avais préparées pour ma participation à une table ronde sur les carnets Web qui avait lieu ce matin dans le cadre du congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Évidemment, tout n’a pas nécessairement été présenté de cette façon… et plusieurs améliorations resteraient à apporter au texte.
J’ajouterai dans les prochaines heures [note: c’est fait, ici!] quelques réflexions personnelles (qui s’ajouteront à celles de Mario) ainsi qu’une liste de liens qui pourront être utiles aux visiteurs, en particulier ceux qui pourraient visiter le site après avoir participé à la table ronde.
Note: j’utilise de temps à autre le terme « carnet » d’autres fois « blog » c’est un peu le titre de l’atelier (Blogueurs ou blagueurs) qui m’invite à le faire…
BLOGUEURS OU BLAGUEURS
Participation à une table ronde de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.
Québec, 4 décembre 2004
Autres intervenants: Benoît Munger, responsable des carnets du quotidien Le Devoir et Paul Wells, journaliste et bloggeur pour MacLeans.
Animateur: Patrick Lagacé, Journal de Montréal.
PRÉAMBULE
J’aimerais commencer en disant que si on se consacrera sur les carnets Web (les blogs) ce matin, il faut bien dire que ce n’est pas le seul phénomène innovateur qui prend actuellement forme sur le Web et qui interpelle les journalistes. On est à un moment où il se développent des outils d’écriture collaborative, de co-construction de documents, de mise en commun de références qui sont absolument incroyables. De nouvelles pratiques relatives à la propriété intellectuelle aussi, qui vont transformer notre rapport à l’information. Les dix dernières années d’Internet ne sont rien par rapport à ce qui s’en vient, à très court terme. En ce sens, les carnets représentent seulement la pointe de l’iceberg… l’endroit par où les changements se manifestent en premier.
Cela dit, ce matin nous nous concentrerons sur les carnets Web, les blogs, et c’est déjà beaucoup… parce que pour moi, il y a bel et bien « Internet avant les carnets Web » et « Internet après les carnets Web ». Enthousiasme naïf? Peut-être… voyons voir!
UN BLOG, QU’EST-CE QUE C’EST?
Comment on peut reconnaître un carnet Web?
C’est un site Web, généralement composé de courts textes, présentés de façon chronologique. Les textes les plus récents en haut, et plus on redescend dans la page, plus on revient dans le temps.
Les textes qu’on y trouve ont généralement un ton très personnel.
On y remarque souvent (pas toujours) un calendrier et une liste de liens suggérés qui présente le voisinage intellectuel de l’auteur.
Qui sont les bloggeurs?
Même si on parle souvent des carnets comme un phénomène en soi, il faut bien dire qu’il y a plusieurs types de carnetiers:
– Il y a d’abord eu les diaristes… qui font échos à leur quotidien.
– Il y a les gens, comme moi, qui tiennent un carnet dans une logique de « gestion des connaissances » (mon carnet est un carnet de notes personnelles ouvert aux gens qui réfléchissent à des thèmes semblables aux miens).
– Il y a aussi évidemment les gens qui publient un carnet avec des intentions journalistiques.
– Et il y a de plus en plus de carnets motivés dans une logique de relations publiques, par des élus, des organismes, des partis politiques, etc.
Il y a évidemment aussi des carnets individuels, des carnets collectifs… des carnets de projets et des carnets institutionnels.
Qu’est-ce qui distingue un carnet Web d’un site Web ordinaire?
Un carnet Web c’est d’abord et avant tout un outil de publication ultrasimplifié. Il n’est pas nécessaire de connaître le html ou quelqu’autre jargon technique pour publier un carnet. Il suffit d’entrer un mot de passe, qui nous donne accès à un formulaire de publication où on inscrit un titre, le texte à publier, on clique sur un bouton et le texte est en ligne. Bingo.
Un carnet Web c’est aussi, le plus souvent, un site qui se distingue par la possibilité que les visiteurs ont de commenter les textes. Presque tous les carnetiers invitent les gens à commenter leurs écrits, publiquement, dans le but d’amorcer une conversation sur le sujet. Parce que les commentaires s’inscrivent à la suite du texte, et que les autres visiteurs peuvent réagir à l’ensemble.
Justement pour renforcer la dimension interactive des carnets, il s’est aussi développé au fil des derniers mois tout un ensemble d’outils pour soutenir la mise en réseau des carnetiers et de ceux qui les lisent… au point où on en est aujourd’hui à parler des carnets comme d’un « social software ».
Sans entrer dans les détails pour le moment, disons qu’il faut au moins savoir qu’il existe dans l’univers des carnets des outils qui font en sorte que quand quelqu’un publie un texte sur son blog, le texte est instantanément porté à l’attention de ceux et celles qui s’intéresse au sujet. Et beaucoup plus efficacement que pourrait le faire une simple « liste de diffusion ».
Le principe repose sur un mécanisme « d’abonnement » (gratuit): ainsi si je veux être avisé des mises à jour d’un carnet, je peux tout simplement m’abonner à son « fil xml-rss », qui constitue en quelque sorte un signet (bookmark) dynamique du site carnet. C’est probablement dans cela que réside le tout premier intérêt des carnets pour un journaliste. (Pour en savoir plus sur les fils xml-rss… cliquer ici.)
De plus, si quelqu’un commente sur son carnet un texte écrit par un carnetier, un lien sera automatiquement établi entre les deux textes, qui viendront ainsi nourrir une conversation virtuelle entre auteurs de carnets et lecteurs dispersés ici et là sur Internet.
Je ne peux pas passer sous silence non plus le fait que les mécanismes sur lesquels repose le fonctionnement des carnets font actuellement en sorte que les textes qu’on publie sur un carnet se trouvent invraisemblablement avantagés parmi les résultats d’une recherche dans Google. Et quand on connaît l’importance de Google sur Internet aujourd’hui, on comprend que cela fait aussi parti des raisons qui contribuent à l’intérêt qu’on porte aux carnets.
Le résultat de tout cela, c’est que l’information ne circule plus de la même façon dans Internet. Les carnetiers agissent désormais comme une espèce de pompes du système-Internet en mettant en évidence des informations parfois ignorées par les médias traditionnels et en s’offrant comme guide dans la sommes documentaire.
En ce sens, ce serait une erreur de se concentrer seulement sur l’un ou l’autre des carnetiers ou de limiter notre analyse à certains excès, inévitables, ici ou là. Ce sont les transformations de l’écologie de l’information qui requiert notre attention.
C’est important de signaler que le monde des carnets est aussi un incubateur technologique extraordinaire et que plusieurs des innovations qui s’y développent s’en échappent et viennent contaminer (positivement!) l’ensemble d’Internet… c’est le cas des fils XML.
– Tous les grands journaux américains et de plus en plus d’européens offrent à leurs lecteurs des fils XML;
– Un grand nombre de ministères fédéraux en offrent également (au Québec ce n’est sans doute qu’une question de temps);
– Plusieurs sites d’organismes publics et privés (associations, conseils d’établissements d’écoles, etc.)
Le résultat de tout ça se résume en un mot, essentiel pour résumer l’univers des carnets: CONVERSATION.
Cela a d’ailleurs toujours été dans la conversation que se développe la confiance, qui est à la base de notre intérêt pour les médias. Alors quand la conversation n’était pas possible (ou difficile) entre les journalistes et les lecteurs, on s’en passait… mais aujourd’hui, ça apparaît de plus en plus difficile de justifier cette distance.
La puissance des carnets, c’est le retour à la conversation. C’est le plaisir que les gens ont à pouvoir interagir avec les textes qu’ils consultent, de pouvoir constater, de visu, les sources d’un auteur de carnets, de pouvoir réagir à son texte et voir ses commentaires liés au texte original, etc. C’est l’univers du feedback qui définit le mieux les carnets. Une publication électronique titrait justement cette semaine « Et maintenant il va falloir discuter! »
Je suis bien conscient que vous n’êtes pas obligés de me croire et que vous auriez tout à fait raison de me dire que j’ai un point de vue de jeune enthousiaste baveux… mais je vous invite vraiment à porter attention à ce qui se passe dans cet univers parce que ce n’est pas assez d’en disserter, il faut y plonger, ne serait-ce que pour comprendre ce qui se passe là… c’est fondamental.
Je pense sincèrement qu’il faut le voir, sinon le vivre, pour le croire et pour comprendre vraiment les mécanismes qui sont au coeur de cet univers…
Parce que quand un enfant de 10 ans publie sur son carnet un résumé de lecture et que 48 heures plus tard l’auteur du livre vient spontanément ajouter un commentaire au bas du texte, et qu’une cinquantaine de personnes participent aussi spontanément à la conversation qui s’en suit… on est bien obligé de constater qu’il se passe quelque chose.
Même chose quand on écrit un texte à 19h et que le lendemain matin des Français, des Finlandais, des Américains… et des Québécois y font référence en intégrant nos réflexions aux leurs… et qu’on peut voir tout ça prendre forme d’heure en heure… alimentant évidemment en retour notre propre réflexion.
CONCRÈTEMENT… qu’est-ce que ça veut dire pour moi?
Concrètement aujourd’hui, mon information me provient dans probablement plus de 75% de carnet ou des sites qui font appel à des mécanismes d’interactivités semblables à ceux des carnets.
Simplement parce que chaque fois que j’ouvre mon ordinateur, un petit logiciel fait le tour de tous ces sites et m’en rapporte toutes les nouveautés, que je peux lire rapidement et auxquelles je peux instantanément réagir. C’est comme ça que je peux faire en 15 minutes le tour de plus de 200 sites tous les jours.
Les gens dont je lis les carnets régulièrement deviennent autant de filtres personnalisés sur le Web… quand ils trouvent quelque chose d’intéressant, je le sais, et si aucun d’eux n’aborde un sujet c’est probablement parce qu’il ne mérite pas mon attention.
En 2004, me tenir informé c’est d’abord et avant tout établir une conversation avec des professionnels de l’information. Et je ne suis probablement pas le seul dans cette situation.
CONCRÈTEMENT… qu’est-ce que tout ça pourrait vouloir dire pour un journaliste?
Première chose importante à comprendre, c’est qu’il n’est pas nécessaire de publier un carnet pour se laisser interpeller par cet univers.
Je pense que les journalistes ne devraient pas voir les carnetiers comme des prétendants journalistes (même s’ils s’y trouvent effectivement quelques concurrents!) mais plutôt comme une nouvelle source d’information.
Pas tant directement pour les textes qu’il s’y publie, mais pour le reflet d’un milieu qu’il représente.
Il y a, juste au Québec, probablement une trentaine de carnets où les auteurs laissent quotidiennement des traces de ce qui se passe dans le milieu de l’éducation. Des carnets d’élèves d’enseignants, de directeurs d’école, de conseil d’établissement, de commissaires, etc. Il y a en France et aux États-Unis plusieurs carnets d’élus. Il existe à Québec un carnet qui rassemble une foule d’informations inédites sur le développement urbain…
Il est possible pour un journaliste d’utiliser ces espaces d’écriture comme source d’idées pour des reportages, comme autant « d’oreilles dans un milieu », de faire appel à leurs auteurs comme autant d’informateurs ou de personnes-ressources pour documenter un sujet. Sans compter que les rapports que les carnetiers entretiennent entre eux en dit beaucoup sur leur crédibilité et sur la pertinence de leurs propos.
Bien équipé, avec un agrégateurs de fils xml, il est aujourd’hui possible à un journaliste qui couvrirait le monde de l’éducation d’avoir chaque matin un rapport de ce qui grouille dans le milieu scolaire, à travers les yeux (et la plume) d’une cinquantaine d’acteurs de ce milieu. Des acteurs disponibles qui se feront le plus souvent un plaisir de répondre aux courriels que vous pourriez leur adresser.
À une encore plus grande échelle, des sites comme DayPop offrent de semblables lectures de l’actualité dans une foule de domaines.
En terminant, je me permets de formuler un souhait…
Je n’ai évidemment pas de leçon à vous donner…
Vous connaissez évidemment mieux votre univers que moi…
Je ne peux que suggérer à quoi les carnets pourraient vous être utiles dans l’immédiat…
Mais ce que je sais, hors de tout doute, c’est que pour garder confiance dans les médias pour lesquels vous travaillez, j’ai besoin de savoir de savoir que vous comprenez ce qui se passe dans l’univers des carnets et qu’à vous savez y puiser des renseignements.
Cette table ronde a piqué votre curiosité? Par où commencer pour aller un peu plus loin?
1. Télécharger un logiciel qui permet de s’abonner à des fils xml. Je vous suggère, dans l’ordre:
Sur Mac OSX: NetNewsWire Lite (gratuit)
Sur Windows: FeedReader (gratuit)
Sur le Web: Bloglines (gratuit)
2. Trouver quelques blog/carnets intéressants en fonction de ses intérêts. S’y abonner.
3. Observer. Voir un réseau prendre forme. Les interactions qui opèrent.
4. Se laisse surprendre par ce que vous allez observer.
5. Commenter, interpeller, interagir avec le réseau.
6. Établir la conversation…
7. Qui sait… lancer son propre carnet!
Tes conseils de conclusion font exactement écho à ceux que j’ai offerts durant l’atelier sur les blogues qui a précédé votre table-ronde! La relation entre un blogueur et ses lecteurs s’inscrit dans la durée. Il faut en suivre quelques uns pendant un moment pour bien saisir la dynamique.
Le B-A-BA des carnets Web…
Le nombre et la variété de nos expériences avec les carnets Web (blogs) se multipliant rapidement (individuel, scolaires, corporatifs, institutionnels, collaboratifs, etc.) il arrive de plus en plus souvent que nous soyons invités à donner de la forma…
Définir et comprendre les blogs
Ce court texte de Clément Laberge ne pourrait être plus clair pour définir simplement ce qu’est un carnet et comprendre les utilisations que l’on peut en faire. Je réutiliserai ce texte pour présenter les carnets aux étudiants de la prochaine session e…
Votre texte est très intéressant. Avec tous les espaces de publications où je peux écrire, devrais-je me considérer comme un bloggeur?
Dominick,
Tu es sans aucun doute un blogueur. Émérite, même, je dirais!
Je pense qu’au fond, ce qu’il faut retenir, c’est qu’un blogueur est d’abord et avant tout une personne qui a le goût de s’exprimer, qui souhaite être interpellée par les commentaires de ceux qui le lisent… et qui trouve le temps pour le faire!
Il me semble que tu corresponds à tout cela, non?
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j’ai vu récemment à la télé qu’un blogueur peut risquer la prison ou avoir des problèmes avec la justice….que faut-il faire pour eviter celà ?…merci
voila notre bolg