Le groupe de travail chargé de l’examen de Télé-Québec a rendu public son rapport hier après-midi. Intitulé « Télé-Québec – Priorité à l’écran », le document de 168 pages propose clairement de recentrer les activités de Télé-Québec sur la télédiffusion ‹ atténuant même au passage son rôle de producteur.
Malgré ce que son titre aurait pu laisser croire, il est aussi très clair que si le gouvernement retient les recommandations du groupe de travail, « l’autre télévision » délaissera presque totalement « l’autre écran », celui de l’ordinateur. En effet, le groupe propose que soient délaissées toutes « les activités dites non institutionnelles [qui] sont plus communément appelées les services éducatifs de Télé-Québec. » Une des raisons qui justifierait l’abandon des « services éducatifs » serait le maintien d’une approche [strictement?] informelle de sa mission éducative (ce avec quoi je suis, en principe, plutôt d’accord).
Le groupe de travail est par ailleurs d’avis que « pour les citoyens qui financent la Société par leurs impôts, c’est ce qui est porté à l’écran qui importe. Le reste est accessoire. ». Ce qui signifierait vraisemblablement, si le gouvernement partage cet avis, la fin de Carrefour-éducation, à tout le moins dans sa forme actuelle.
On peut d’ailleurs lire parmi les recommandations:
[Le groupe recommande] que les services éducatifs hors programmation de Télé-Québec soient restructurés selon l’une ou l’autre des hypothèses suivantes :
– en les constituant en entités distinctes au sein de Télé-Québec, structurellement séparées et devant s’autofinancer, sur le modèle d’Allô prof. Il appartiendra aux partenaires naturels de tels services (dont le MEQ) et à leurs bénéficiaires (commissions scolaires, écoles et autres établissements d’enseignement) de décider des sommes qu’ils sont disposés à investir pour perpétuer et développer ces services ;
– en les transférant à d’autres organismes ou institutions où ils s’inscriront clairement dans leur mission fondamentale, comme la Bibliothèque nationale (qui a une mission de diffusion nationale de documents multimédias) ou Canal Savoir (qui a pour mission spécifique l’éducation formelle) ou d’autres encore (distributeurs privés de documents éducatifs) qui, seuls ou en partenariat, seraient éventuellement intéressés à prendre le relais.
Même s’il y a en principe bien du positif à tirer de ces deux scénarios, je dois dire qu’ils m’inquiètent quand même un peu.
Ils m’inquiètent parce que dans tous les bouleversements, le manque de financement (et de vision, dans une certaine mesure) dont nous avons souffert au cours des dernières années dans le domaine des nouvelles technologies et de l’éducation, Carrefour Éducation a souvent été, dans les coulisses, une source de leadership. Pas toujours un véhicule aussi rapide et léger que je ne l’aurais souhaité, mais quand même un facteur qui nous a permis de garder le cap. Le cap sur les contenus, sur la non-duplication des ressources, sur des normes qui peuvent contribuer à la pérennité des ressources, sur la convergence des efforts non sur celui des profits et des revenus publicitaires.
C’est surtout que, quand on a très peu, ce qu’on a est particulièrement précieux…
Alors pour moi, la question que pose le rapport du groupe de travail, en est d’abord une de leadership. D’où viendra ce leadership s’il ne vient plus de Télé-Québec?
Parce que, même si j’ai régulièrement souhaité au cours des dernières années que Télé-Québec exerce un leadership encore plus actif, plus efficace et plus visible (surtout). Et même si j’aurais évidemment aussi très souvent souhaité que le MEQ exerce lui-même ce leadership…j’ai toujours su qu’il y a avait au moins Carrefour Éducation pour assurer le strict minimum.
Voilà pourquoi il me semble qu’avant que Carrefour Éducation ne devienne orphelin parce qu’il ne correspondrait plus avec le « nouveau mandat » de Télé-Québec, et que le ministère de l’Éducation ne s’interroge sur son engagement dans le projet, je me dis qu’il serait important que nous fassions collectivement le portrait des besoins auxquels réponds Carrefour Éducation (et les services éducatifs en général). D’autant plus qu’à peu près aucun organisme associé au monde scolaire n’a présenté de mémoire au groupe de travail (oubli? désintérêt? mauvaise compréhension du mandat?).
Et tant qu’à y être, pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour refaire la liste des besoins pour laquelle nous aurions besoin d’une aide/leadership gouvernemental et pour lesquels c’est actuellement « le grand vide »?
Et une fois partie… ce serait certainement intéressant de colliger par la même occasion quelques renseignements sur les coûts de ces services par rapport à leur leur utilisation (fréquentation des sites, des services de Carrefour-Éducation, etc.). Où en sommes-nous avec la fréquentation des sites Web éducatifs au Québec?
Quelqu’un ouvre un wiki pour ramasser toute cette information?
Comme toujours, l’analyse de Clément, est pertinente. Le problème est bien circonscrit. Reste au milieu scolaire à s’exprimer.
Je serai heureux de contribuer avec des données factuelles au wiki proposé.
André Cotte
Coordonnateur de Carrefour éducation
J’offre une page sur mon Wiki pour colliger les réflexions des gens. Je suis tout à fait d’accord avec toi Clément. Je profite même de l’occasion pour souligner, comme l’AQUOPS l’a fait l’an dernier par la remise d’un prix CHAPO, le superbe travail de rassembleur d’André Cotte. Carrefour éducation est aujourd’hui un incontournable pour les enseignants. Il faut non seulement le préserver mais lui donner des moyens plus important pour étendre son champ d’action.
À suivre sur le Wiki….
Merci Clément
l’adresse du Wiki :
http://recit.cadre.qc.ca/wikini/
Voici copie d’une lettre que je viens d’envoyer à madame la ministre
> Lise Beauchamp avec copie conforme au bureau du ministre de
> l’Éducation
>
>
> Madame la ministre,
>
> voici une première réaction en ce qui concerne le rapport qui vous a
> été remis le 21 février 2005 par le Groupe de travail chargé de
> l’examen de Télé-Québec,
>
> ..et à une question que j’ai reçue à partir d’une liste à laquelle
> je suis abonné…
>
> Où en sommes-nous avec la fréquentation des sites Web éducatifs au
> Québec?
>
> …et comme suite à ce que je retiens du rapport qui a été déposé
> sur la recommandation 25.
> ————————
> « Que les services éducatifs hors programmation de Télé-Québec soient
> restructurés
> selon (en ce qui me concerne) l’hypothèse suivante :
>
> * en les constituant en entités distinctes au sein de Télé-Québec,
> structurellement
> séparées et devant s’autofinancer, sur le modèle d’Allô prof. Il
> appartiendra aux
> partenaires naturels de tels services (dont le MEQ) et à leurs
> bénéficiaires (commissions
> scolaires, écoles et autres établissements d’enseignement) de décider
> des
> sommes qu’ils sont disposés à investir pour perpétuer et développer
> ces services »
> ————————-
> Sur cette recommandation, je dirais que le MEQ devrait en profiter
> pour rapatrier les services suivants: Allo Prof, village Prologue,
> Carrefour Éducation et certainement certains autres qui de toute
> façon sont déjà subventionnés en partie par le MEQ.
>
> D’injecter également tous les différents budgets des différentes
> mesures
> (par exemple les 500 000$ dévolus à la mesure 30054) et tous les
> autres budjets spéciaux au développement web de manière à ce que
> Allo Prof, village Prologue, Carrefour Éducation et pourquoi pas
> Prof en ligne (:-qui lui ne reçoit aucune subvention:-) soient
> intégrés dans le personnel des CS ou du MEQ et que tout cela soit
> étendu au RECIT afin d’officialiser enfin la ressource humaine
> derrière le fonctionnement de ces services web.
>
> Autrement dit, utiliser les budgets, actuellement dévolus à la partie
> web de télé-québec, pour les investir dans une véritable structure
> de ressources humaines en ligne administrée par les commissions
> scolaires en s’assurant que les contenus soient disponibles mais,
> surtout, pour qu’on continue à créer des contenus à la fois avec les
> élèves et les profs en classe de par leurs actions sur le réseau.
>
> Faire en sorte que ces services deviennent intra-scolaire plutôt
> qu’extra-scolaire comme c’est le cas présentement sans véritable
> coordination de la part du MEQ.
>
> Bref, faire une étude sérieuse de tous les budgets liés au
> développement web , les rapatrier sous un guichet unique et ouvrir
> des postes en conséquence à la façon des RECIT de manière justement à
> assurer une pérennité pour qu’on arrête de quémander des ressources
> TIC dans les milieux.
>
> Je suggère donc à la lumière de la recommandation 25 du rapport de,
>
> – reconnaître que l’intégration des TIC est un service direct
> distinct à l’élève,
> – d’amender le régime pédagogique à l’effet de rendre obligatoire
> l’intégration des TIC dès le 2e cycle de l’élémentaire,
> – d’établir une liste de rappel des enseignants ressources TIC,
> – de remettre entre les mains des différentes CS conjointenent avec
> le MEQ par les RECIT la redistribution de ces ressources humaines
> de manière équitable,
> – d’allouer les ressources nécessaires en ce qui a trait à cette
> intégration en fonction d’un ratio comme c’est la cas pour les RECIT,
>
> Clairement , c’est l’occasion rêvée pour le MEQ de donner son aval à
> l’intégration de toutes ces ressources humaines qui travaillent
> depuis des lustres à accompagner, à développer , à encadrer, à
> assurer, à créer la télépédagogie et il y a, peut-être là madame,
> une avenue intéressante à explorer…
> …et il ne faut pas oublier non plus la numérisation…en
> ligne…des contenus que commence à entreprendre les différentes
> maisons d’édition.
>
> merci beaucoup madame Beauchamp de l’attention que vous porterez à ce
> message
> et veuillez agréer mes salutations les plus distinguées.
>
> a+