Dialogue sur les besoins de l’école (et les revendications syndicales)

Jean-Robert Sansfaçon dans un éditorial, vendredi, dans Le Devoir:

« …même si la réduction de deux élèves par classe dans toutes les écoles du Québec peut sembler raisonnable à première vue, une telle mesure, qui exigerait l’injection de centaines de millions par année, ne constitue certainement pas le meilleur moyen de soutenir les enseignants aux prises avec des élèves en difficulté. En cette matière, le mur-à-mur serait du pur gaspillage.

Si la CSQ est sérieuse dans sa recherche de solutions, elle abandonnera cette revendication pour concentrer ses énergies sur l’augmentation du nombre de professionnels, le respect du maximum d’élèves par classe, trop souvent dépassé contre compensation financière, et la reconnaissance de la présence de cas plus lourds dans le calcul de la tâche des enseignants. Toutes les classes de toutes les écoles du Québec ne présentent pas le même degré de difficulté; le nier sous prétexte d’équité dans le traitement de tous les enseignants équivaut à saupoudrer les ressources rares au lieu de s’attaquer au problème. » (Source: Que veut la CSQ?)

Johanne Fortier, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, dans une réplique à Jean-Robert Sansfaçon, aujourd’hui:

« Nous accordons à tous le droit à leur opinion, mais l’article fait l’étalage de différents faits erronés que nous sommes dans l’obligation de rectifier. […]

Considérant les disparités socio-économiques des écoles du Québec, nous voulons réduire de cinq le nombre d’élèves par classe dans les écoles situées en milieu défavorisé et de trois par classe dans les autres milieux. […] Il va de soi que le fait d’avoir moins d’élèves par classe permet d’avoir plus de temps à consacrer à chacun des enfants.

Je me permets d’inviter M. Sansfaçon à visiter les classes […] Je me permets de croire que cela le fera changer d’idée. » (source: Ce que veulent les enseignants)

Réponse de l’éditorialiste, publiée à la suite de la réplique:

« […] Quant à votre invitation, je vous en remercie, mais il me semble que les quinze années passées dans l’enseignement m’autorisent à commenter vos revendications et à lire entre les lignes d’un discours syndical qui m’est très familier. D’ailleurs, n’est-ce pas ce discours et surtout les pratiques qui l’accompagnent qui sont pour une bonne part à l’origine du drame qui frappe aujourd’hui nos écoles publiques au profit de l’école privée ? »

Ouch! D’un côté, heureusement que les syndicats sont là pour défendre le système scolaire et ses ressources… mais d’autre part, qui peut nier qu’il y a aussi un peu de vrai dans cette accusation?

Chose certaine, c’est un échange qui me parle beaucoup étant donné que le conseil d’établissement dont je fais partie a récemment mis sur pied un comité spécial pour dénicher très rapidement des ressources supplémentaires pour aider les élèves et les enseignants. Parce que les ressources actuelles sont insuffisantes dans cette école, ça c’est indéniable, période de négos ou pas!

Le comité fonctionne très bien, avec l’excellente collaboration de parents, d’enseignants, d’une professionnelle et de la direction d’école et même avec l’appui des commissaires concernés… mais on se rend bien compte qu’il y a des variables systémiques dans l’équation. C’est un très gros chantier!

Une réflexion sur “Dialogue sur les besoins de l’école (et les revendications syndicales)

  1. j’ai besoin d’idées pour faire de l’écle un véritable outil de connaissances.selon toi.quelles sont tes idées pour une école de qualité?

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