On a l’impression depuis quelques semaines que c’est le président des États-Unis qui va déterminer notre avenir. On ne parle plus que de lui.
Le président fait tout pour envahir nos esprits. Et les médias, en particulier les médias d’information en continu, le lui rendent bien. Ça fait de la bonne télévision: il y a des rebondissements plusieurs fois par jour, des personnages apparaissent et disparaissent, il y a des bons et des méchants, c’est simple, c’est spectaculaire. Et c’est ce qu’il veut.
Sauf que ce n’est pas vrai.
Il faut se rappeler qu’on maîtrise encore notre destin. On a encore les moyens de déterminer notre avenir.
C’est ce qu’il aimerait qu’on oublie pour se soumettre plus docilement à sa logique.
Bien sûr que les actions du pays voisin conditionnent ce qu’on peut faire. Bien sûr que les tarifs, qui viennent de nous être imposés, vont forcer une transformation en profondeur de notre économie. Mais c’est aussi une opportunité.
Si on fait l’effort d’y rechercher les opportunités — au lieu de se contenter de réagir.
C’est ça qu’on devrait mettre de l’avant dans les prochaines semaines. C’est de ça qu’on devrait parler.
Il faut parler moins de Trump et plus de nous.
Il faut réagir moins et rêver plus.
C’est un moment pour se serrer les coudes. Un moment pour que l’État fasse preuve de souplesse et d’agilité. Il faut oser sortir des sentiers battus et — au risque de répéter ce que je disais dans un texte précédent — éviter de se diviser pour des désaccords secondaires, sur des nuances ou des « ce n’est pas encore assez bien ». On a un défi à relever ensemble, il faut s’unir.
Ce qui est en train de se passer est inédit. Ça comporte plein de risques. Mais le pire n’est jamais certain. Cela peut aussi être un moment extraordinaire… si on ne se laisse pas distraire indument par les frasques du président américain.
Il va falloir s’entraider, tous les jours, pour y arriver.
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Collage — Le Devoir de ce matin, avant / après.


Bon texte. Content de lire ça.