Je poursuis avec mon rattrapage de la semaine. Je n’ai même pas terminé de vous raconter la journée de mercredi!
Étant conscient que ce serait difficile d’écrire mon texte du jour, j’avais apporté avec moi les trois boules colorées trouvées parmi les petits blocs. Tout d’un coup que…
Et une idée m’est passée par la tête. Pourquoi ne pas laisser l’Univers décider du texte d’aujourd’hui? Pourquoi pas solliciter l’imprévu? Pourquoi ne pas tendre la main à une contribution inconnue?
Devant le regard étonné de la dame qui attendait l’autobus avec moi, je suis monté sur le banc dans l’abribus, et j’ai laissé la boule rouge sur une poutre, bien visible, en hauteur.
Serait-elle encore là à mon retour le soir? Disparue? Remplacée par autre chose? Un message? Qui sait? J’ai mis du suspens dans ma journée.
Au retour…
… la boule avait disparu!
Il avait fallu pour ça que quelqu’un monte à son tour sur le banc. Et qu’en avait-il fait? Quelle explication s’était-il inventée pour expliquer la présence de cette boule rouge à un endroit aussi incongru? J’avais aussi mis du mystère dans la journée de quelqu’un…
On était maintenant lié par la boule. Mais de qui s’agissait-il? Tous les passagers du parcours 807 étaient suspects. Je ne regarderai plus jamais les passagers de la même façon. Dans quelle poche était ma boule rouge?
Jeudi matin j’ai eu envie de tenter le sort…
J’ai laissé une boule noire sur le panneau qui contient les horaires, de façon un peu plus accessible. Et je suis monté dans le bus.
Retour plus tôt que d’habitude jeudi après-midi à cause d’un rendez-vous chez l’optométriste. J’étais très curieux d’arriver à mon abribus.
La boule était toujours là, mais elle avait changé de couleur!
Elle était dorée!
Ou peut-être avait-elle été remplacée par une autre?

J’ai regardé derrière moi pour voir si quelqu’un m’observait.
Je l’ai (re)mise dans ma poche.
Et j’ai marché vers la maison en me demandant si j’étais l’auteur de cette histoire, ou si j’étais devenu un personnage dans l’histoire de quelqu’un d’autre…
On est samedi matin et je m’interroge encore.




















