La découvrabilité des contenus culturels francophones

J’ai accepté d’animer dans les prochains jours le Rendez-vous France-Québec sur la découvrabilité en ligne des contenus culturels francophones, qui a lieu cette semaine dans le cadre de MTL Connecte.

  • Quatre conférences;
  • Huit tables rondes;
  • Vingt quatre intervenants;
  • Et quatre périodes d’échange et de réseautage avec le public.

Ça promet! — et tout ça est gratuit, il n’y a qu’à s’inscrire.

Le Rendez-vous est organisé dans le cadre la stratégie commune du Québec et de la France pour favoriser la découvrabilité des contenus culturels francophones.

J’espère que nous aurons l’occasion de faire émerger des exemples inspirants de tout et même d’identifier quelques nouvelles pistes à suivre. Les séances préparatoires me rendent très optimiste.

Ci-dessous, quelques informations additionnelles sur la programmation.

***

MTL Connecte lance la toute première édition des Rendez-vous France-Québec sur la découvrabilité.

Quatre journées thématiques regroupant des acteurs culturels et du monde de la recherche québécois et français.

L’objectif est de créer un cadre d’échanges professionnels permettant la réflexion autour de problématiques communes, le partage de bonnes pratiques, et la présentation de projets innovants entre des acteurs culturels français et québécois.

MARDI 12 octobre — La découvrabilité au cœur de la transformation des organisations culturelles

  • Conférencier: Jean-Gabriel Minel, du Ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance de France
  • Panel 1: Joindre son public via des outils adaptés, avec Patrick Kearney (Le REFRAIN), Thibault d’Orso (Spideo) et Martin Bilodeau (Mediafilm)
  • Panel 2: Le marketing numérique, le référencement, l’exploitation des données : des outils indispensables pour la découvrabilité des contenus, avec Isa Mailloux (Musée de la Civilisation) Catherine Gentilcore (Opéra de Montréal) et Vincent Castaignet (Musicovery).

MERCREDI 13 octobre — Se démarquer sur les marchés étrangers par une meilleure découvrabilité des contenus francophones

  • Conférenciers: Hélène Zemmour, de TV5MONDE et Benoit Beaudoin, de TV5 Québec Canada
  • Panel 1: Bien se positionner sur les marchés étrangers grâce à l’analyse de données d’usage, avec Jacynthe Plamondon-Emond (InTempo/Amplitude Distribution), Quentin Deleau (Unifrance) et Edouard Reinach (Adviso).
  • Panel 2: S’adapter aux spécificités territoriales : quelles barrières et quels outils?, avec Jean-Christophe J. Lamontagne (h264), Gilles Freissinier (Arte) et Sylvia Cibien (Eurovod).

JEUDI 14 octobre — La métadonnée sans frontières

  • Conférencier: Christian Roy, de A10s
  • Panel 1: L’exploitation des métadonnées au service de meilleures interopérabilité et structuration de l’organisation, avec Pascal Dumont-Julien (MétaMusique), Isabelle Reusa (Videomuseum) et Frédérique Joannic-Seta (Bibliothèque Nationale de France).
  • Panel 2: Les métadonnées au service d’une meilleure visibilité des contenus et d’une plus grande reconnaissance des artistes, avec Frédérique Dubé (Productions Rhizome), Louise Brunet (Culture Laval) et Eudes Peyre (Réunion des Opéras de France).

VENDREDI 15 octobre — Les défis à venir pour la découvrabilité en ligne des contenus francophones

  • Conférencière: Catalina Briceno, de l’Université du Québec à Montréal
  • Panel 1: Mesurer la découvrabilité, entre théorie et pratique, avec Joëlle Farchy (Université France Paris 1), Jean-Robert Bisaillon (Iconoclaste musique) et Benoit Beaudoin (TV5 Québec Canada)
  • Panel 2: L’innovation au service de la découvrabilité des contenus francophones, avec Destiny Tchéhouali (Université du Québec à Montréal), JB Piacentino (Edtech One) et Loic de Visscher (RTBF).

Pour s’inscrire et pour l’horaire précis des événements, c’est ici.

Robibase et Tamis

J’avais commencé le mois de juin en écrivant ici tous les jours… puis je me suis fait prendre par d’autres choses… et voilà que ça fait déjà plus d’une semaine que je n’ai pas écrit… Le temps file!

Parmi les projets qui m’occupent actuellement, il y a Robibase — un projet exploratoire autour des extraordinaires vidéos de Damien Robitaille. J’ai écrit un court texte sur l’origine du projet sur le site d’A10S.

Il y a aussi Tamis, qui entre dans une nouvelle phase extrêmement stimulante, qui s’appuie, lui aussi, largement sur la richesse de Wikidata et sur le potentiel que les données qu’on y trouve représentent pour augmenter la découvrabilité de contenus culturels. Des livres en lien avec la ville de Québec, dans le cas qui nous intéresse. On vient de publier le premier d’une série de textes pour expliquer les travaux qui sont en cours.

C’est pas mal le fun de voir ces deux projets prendre forme!

Autre projet qui m’occupe: mon objectif de courir un demi-marathon d’ici la fin de l’été! Ça va bien: j’ai fait 16,5 km hier, sur un parcours qui comportait pas mal plus plus de dénivellations qu’à l’habitude, avec des vents parfois impressionnants et une grosse chaleur humide.

Ça aussi, ça progresse!

Après l’effort, à l’ombre sur la Promenade Champlain

Cinq ans…

En relisant certains des textes publiés sur mon blogue en juin 2016, je constate à nouveau à quel point le contexte social et politique peut changer en cinq ans. Ce texte, en particulier:

Ce texte me rappelle que le Parti Québécois était à ce moment plongé dans une nième course à la chefferie (et dire qu’il y en a eu une autre depuis!).

Les candidats étaient Alexandre Cloutier, Véronique Hivon, Jean-François Lisée, Martine Ouellet — et Paul Saint-Pierre Plamondon tentait encore de réunir les conditions pour être, lui aussi, candidat.

Cinq ans plus tard:

Alexandre Cloutier est secrétaire général et vice-recteur à l’UQAC et il préside le Comité sur la reconnaissance de la liberté académique.

Jean-François Lisée commente l’actualité politique sur diverses tribunes.

Martine Ouellet vient de lancer un nouveau parti politique.

Véronique Hivon poursuit son excellent travail de députée.

Et Paul Saint-Pierre Plamondon, qui a terminé avec un peu plus de 6% du vote des membres en 2016, est maintenant chef du Parti Québécois.

C’est fou d’même!

***

Je continue de penser que les idées que Véronique Hivon défendait dans le cadre de cette course à la chefferie étaient les plus importantes — et qu’elles ont toujours la même pertinence.

Je résumais ainsi:

« il faut aborder les choses autrement, incarner une autre façon de faire la politique, réformer le système électoral, stimuler la démocratie locale, favoriser la participation des citoyens, etc.

[Il faut favoriser] l’engagement d’un plus grand nombre (…) c’est une approche qui est à la fois plus stimulante et plus prometteuse si on veut vraiment sortir du cycle des défaites. »

Plus de démocratie, plus d’ouverture, moins de centralisation, plus de transparence. J’y crois encore.

Et je continue de penser que c’est particulièrement indispensable si on souhaite faire du Québec un pays. La confiance en soi, individuelle et collective, et l’engagement sont des conditions préalables à l’émancipation.

Je fais maintenant l’hypothèse que c’est en donnant d’abord forme à cette autre politique au niveau municipal qu’on pourra réussir à la faire naître ensuite au niveau national.

***

Le texte évoquait le départ de la vie politique de Pauline Marois, en juin 2014.

J’ai justement eu une pensée pour elle, ce matin, en lisant ce texte. Encore merci pour tout, Mme Marois.

La façon de le faire

Lecture du Devoir avec un café au soleil, à proximité des fines herbes ce matin. Un bonheur.

J’en retiens particulièrement cette réflexion de la présidente-directrice-générale d’Hydro-Québec:

C’est moins le fait que le Québec atteindra ses cibles [climatiques] qui va changer le monde que la façon dont on va le faire. Ça peut devenir une inspiration pour les autres : comment on a mis nos efforts en commun pour atteindre cette cible.

Sophie Brochu

Ça me semble important, parce que ça vient rappeler que la contribution de chacun peut varier dans l’immense défi planétaire qui consiste à faire face aux changements climatiques.

Bien sûr que l’empreinte carbone du Québec est pratiquement insignifiante par rapport à celle de pays comme les États-Unis ou la Chine — mais ça ne veut pas dire qu’il est vain de travailler à la réduire.

Je pense, moi aussi, que la conscience de ça doit, au contraire, nous amener à réaliser que notre responsabilité est peut-être surtout de trouver des façons ingénieuses et ambitieuses pour réduire collectivement nos émissions de gaz à effet de serre — des façons de faire qui pourraient être reproduites ailleurs, où leur portée, leurs effets, pourraient être décuplés.

Ça suppose évidemment de sortir des sentiers battus, d’innover, de ne pas se laisser freiner par le fait que « ça n’a jamais été fait avant » — comme on a su le faire, dans une foule de domaines, lors de la Révolution tranquille. On doit retrouver cet état d’esprit.

Ça met aussi en évidence qu’il est indispensable de trouver le moyen de donner un sens à nos gestes, à nos choix et, plus encore, à nos projets. Il faut trouver des façons d’en faire des récits inspirants, pour toutes celles et ceux qui vivent ici — et beaucoup plus largement.

***

C’est peut-être par un effet de contraste avec les propos de Sophie Brochu… mais trouvé vraiment dommage qu’il n’y ait pas beaucoup de ce genre d’inspiration, dans le Cahier Lire.

L’idée était pourtant fantastique: offrir carte blanche à sept auteurs et autrices pour réfléchir à l’après-pandémie. Mais ouf — j’ai trouvé que le portrait qui s’en dégageait était bien sombre.

Heureusement, il y a le texte de Michel Jean au sujet d’une certaine confiance retrouvée par les Innus.

Les communautés innues sortent de la crise sanitaire avec le sentiment qu’elles peuvent décider de leur destin. Qu’elles en ont donné la preuve. Alors que le Québec semble comprendre que les pensionnats autochtones ont fait des victimes sur son territoire aussi, peut-être que les choses seront différentes désormais. Je l’espère.

Michel Jean

Les autres textes sont de Alain Farah, Chloé Savoie-Bernard, Yara El-Ghadban, Samuel Archibald. Il y a aussi une courte bande dessinée de Jean-Paul Eid et Diane Obomsawin.

***

Il ne s’agit évidemment pas de présenter le monde d’après de façon exagérément optimiste, voire candide. Il me semble qu’il s’agit plutôt d’essayer de porter sur celui-ci un regard qui prend forme à partir des possibles.

Il me semble qu’il faut essayer de profiter de l’occasion de ce grand brouhaha pour faciliter la formulation de nouvelles utopies… ce qui n’empêche évidemment pas de nier les difficultés qu’il faudra relever pour les réaliser.

Au fond, c’est peut-être un auteur ou une autrice de science-fiction qu’il manquait pour compléter le Cahier Lire.

En tant que lecteur, la science-fiction est une sorte de répertoire des possibles, qui met en scène des mondes envisageables. Les objets techniques utilisés dans ce cadre n’ont peut-être pas de pertinence au regard des connaissances actuelles mais ils ne sont souvent qu’un prétexte pour mettre des humains dans une situation qui ne se produirait pas sans eux. Se pose alors la question de ce qui se passerait s’ils existaient. C’est le fameux questionnement “Et si… ?”. 

Roland Lehoucq, dans Usbek & Rica

Les fraises…

Ce qui est beau avec la curiosité (et l’imagination) c’est que ça nous amène parfois à des apprentissages imprévus et surprenants.

Comme cet après-midi où, croquant dans une fraise, je me suis demandé (à haute voix — je n’ai peur de rien!) si c’était par l’action de mes dents que l’air était entré pour la première fois dans le trou qui se trouvait au centre du fruit.

Je sais, c’est une réflexion étrange.

N’empêche… la question se pose: est-ce qu’avant que je morde dans la fraise cette « caverne », était vide? Est-ce que la fraise est étanche? Je présume que non. Mais qui sait? Et sinon, sans être étanche, est-ce que c’est espace est stérile? Ou, s’il y a de l’air à cet endroit, est-ce que sa composition est la même que le milieu dans laquelle la fraise a grandit? Ou celle de l’épicerie? Combien de temps il faut pour renouveler l’air au centre d’une fraise?

J’ai donc fait, rapidement, quelques recherches ce soir. Je n’ai pas encore trouvé de réponses à mes questions, mais j’ai trouvé autre chose. Et c’est bien pire!

J’ai appris que la fraise n’est pas un vrai fruit!

C’est un faux-fruit!

Dans les faits, ce sont les akènes, ces petits points durs à la surface de la fraise, qui sont les véritables fruits du fraisier. La partie charnue, qu’on mange avec tellement d’appétit, n’est qu’une excroissance destinée à les porter.

Vraiment?!?

Au sens botanique du terme, les « vrais » fruits des fraisiers sont en fait les akènes, ces petits grains secs disposés régulièrement dans des alvéoles plus ou moins profondes sur les fraises. Ils sont de couleur verte à brune, et renferment chacun soit un ovule (non fécondé), soit une graine (ovule fécondé) qui contient elle-même un germe.

Wikipédia

***

Et dire que ça fait plus de 25 ans que je suis au cœur d’un vigoureux débat qui a pour objectif de déterminer si les bananes ont des pépins (je prétends qu’évidemment elles en ont!).

Voilà que les fraises ne seraient pas le fruit et que ce sont leurs pépins (les akènes sont-ils des pépins?) qui seraient le véritable fruit?

J’espère que cette nouvelle découverte (j’allais dire révélation!) ne va pas compliquer encore plus les choses…

Lupin

Ce matin je suis retourné faire un tour des Lacs Laberge à la course — en partant de la maison. Aussi magnifique que mercredi… Et je m’approche de mon objectif de courir un 15 km d’ici la fin juin (en route vers un demi-marathon d’ici la fin de l’été).

Dans quelques minutes, direction Jardin Roger-Van den Hende pour contempler la floraison de milliers de pivoines d’une centaine de variétés.

Et au retour… on entreprendra la nouvelle saison de Lupin !

Une journée toute de nature et de fleurs!

Conférence au Rendez-vous des bibliothèques publiques

J’ai eu le plaisir de faire une intervention, hier matin, dans le cadre du Rendez-vous des bibliothèques publiques du Québec.

C’est une intervention qui avait d’abord été planifiée au printemps 2020, puis à l’automne 2020… puis maintenant! La description avait même été rédigée… quelque part en 2019 ! La voici:

De l’autre côté du miroir

On peut aborder le défi de la recommandation de lecture en bibliothèque en s’inspirant du miroir de la marâtre dans Blanche-Neige (« Miroir, Miroir, dis-moi qui est la plus belle… »). On peut aussi traverser à notre tour le miroir d’Alice, pour plonger dans un univers fascinant peuplé de réflexions sur la lecture, de collaborations et d’algorithmes. Mais pour pouvoir profiter de cet univers, il est essentiel de s’être bien préparé… et d’avoir mis de côté quelques mauvais réflexes!

Dans cette présentation d’une trentaine de minutes, je souhaitais expliquer pourquoi il ne faut pas trop craindre l’intelligence artificielle et les algorithmes dans les bibliothèques — et dans le monde culturel en général. Qu’il faut, au contraire, se l’approprier, s’y engager, avec des idées claires sur la mission des bibliothèques et sur les objectifs qu’on poursuit.

Je voulais aussi mettre en évidence le fait que les bibliothèques ne vivent pas en dehors de l’univers culturel dans lequel évoluent leurs usagers. La transformation du web, et de son fonctionnement, changent inévitablement les attentes de celles et ceux qui fréquentent les bibliothèques — physiquement ou à travers les services qu’elles offrent en ligne.

En gros, le message que je voulais passer, c’est que les bibliothèques ont un rôle peut-être plus central que jamais à jouer dans un monde où on accède de plus en plus à la culture à travers le numérique. Et que pour pouvoir assumer pleinement ce rôle, il faut s’y engager, foncer, apprivoiser l’intelligence artificielle, jusqu’à s’en faire une force.

J’ai notamment utilisé l’exemple de Tamis, comme projet qui pourrait permettre certaines explorations / expérimentations au cours des prochaines années (de nouveaux textes seront d’ailleurs bientôt publiés sur le site de Tamis… parce que le projet continue d’évoluer!).

Vous trouverez ci-dessous, un lien vers le document qui a servi de support visuel à ma présentation, ainsi que l’essentiel de ce que j’ai pu dire (les numéros réfèrent évidemment aux pages de la présentation).

Vos commentaires seront évidemment les bienvenus!

***

De l’autre côté du miroir

Rendez-vous des bibliothèques publiques du Québec

9 juin 2021

Lien vers la présentation

[Page-diapo 1: l’événement]

[Page-diapo 2: le contexte]

[Page-diapo 3: page titre]

Bonjour tout le monde.

C’est un grand plaisir d’être avec vous ce matin pour vous proposer une courte réflexion dans le cadre d’un volet de l’événement qui s’intitule:

[4]

L’aide au lecteur, entre passion et algorithme.

Entre passion et algorithme.

[5]

Je trouve dommage qu’on donne l’impression d’opposer passion et algorithme. Mais je le comprends.

[6]

Ça fait appel à nos craintes, aux chambres d’échos et aux bulles de filtres dont on n’a tant parlé dans les dernières années — et qui ont eu toutes les conséquences qu’on connaît.

[7]

Quand on parle d’algorithmes, on pense aussi aux suggestions souvent insignifiantes que nous font plusieurs commerces en ligne: « les gens qui ont aimé ceci aiment aussi cela… ».

[8]

On fait aussi référence aux craintes pour notre vie privée et à toutes les pubs intrigantes qui nous sont envoyées sur les médias sociaux.

[9]

Quand on parle d’algorithme, on pense spontanément à tous ces mécanismes qui ne cherchent qu’à jouer avec l’image que nous avons de nous-mêmes, souvent pour nous manipuler.

C’est le miroir de la marâtre, de Blanche-neige.

Mais heureusement, il n’y a évidemment pas que ça.

[10]

Parce qu’un algorithme, au fond, ce n’est qu’une procédure, un programme, qui est guidé par une intention.

Et c’est l’intention qui compte.

[11]

Il faut s’intéresser aux algorithmes. Tenter de les comprendre. Pour ne pas se laisser manipuler.

C’est d’autant plus important que ce sont des algorithmes qui organisent le Web.

[12]

Quand on fait une recherche sur Google, ce qu’on obtient comme résultat est le résultat de plusieurs algorithmes.

[13]

À gauche, les résultats auxquels on s’est habitué au cours des vingt dernières années.

À droite, un encadré qu’on voit de plus en plus souvent…

Qui prend de plus en plus de place…

[14]

Qui occupe même tout l’écran sur un appareil mobile comme un iPad ou un iPhone.

Cet encadré témoigne d’un changement accéléré dans le fonctionnement du Web.

Google est de moins en moins un moteur de recherche.

Il est de plus en plus un moteur de recommandation.

Cet encadré regroupe les informations que vous recommande Google parce qu’il a compris que vous vous intéressez à Naomie Fontaine.

[15]

Et ce sera de plus en plus comme ça parce que les écrans à partir desquels on consulte le web sont de plus en plus petits… Ce qui fait que Google a de moins en moins le droit de se tromper dans ses recommandations.

Sur un écran d’ordinateur, Google pouvait nous présenter une dizaine de résultats, dans lequel on devait en trouver un bon pour être satisfait.

Sur un écran de iPad, cinq ou six.

Sur un écran de iPhone, trois ou quatre.

À partir d’une interrogation vocale, un seul.

Il n’a plus le droit de se tromper. Ses recommandations doivent être de plus ne plus pertinentes.

[16]

Ça s’accompagne d’autres changements… l’idée que les gens apprendraient à faire des recherches complexes de ce type relève maintenant du passé.

[17]

On s’attend maintenant à obtenir des résultats pertinents, complets et variés à partir de requêtes très simples.

[18]

C’est pour répondre à cette situation que Google développe sans cesse de nouveaux algorithmes, qui s’appuient de plus en plus sur ce qu’on appelle les données ouvertes et liées.

[19]

C’est en s’appuyant sur toutes ces sources de données ouvertes et liées que Google peut nous présenter ces encadrés d’information sur Joséphine Bacon.

[20]

Quand je cherche de l’information sur Daniel Boucher, les algorithmes de Google vont voir s’il y a de l’information à son sujet dans Wikipédia, dans Wikidata, dans IMDB, dans MusicBrainz, dans WorldCat… rapporte ce qui lui semble le plus pertinent et nous présente la synthèse.

[21]

Ce sont aussi des algorithmes de ce type qui font que c’est le pain aux bananes de Ricardo qui est à tout coup dans le haut des résultats.

[22]

Parce que les concepteurs du site de Ricardo ont pensé à bien décrire chacune des recettes non seulement pour les humains, mais aussi pour les algorithmes de Google.

Chaque ingrédient et chaque étape de la recette est décrit de façon normalisée, de manière à pouvoir être utilisé par les algorithmes. Autrement, Google aurait préféré ignorer la recette que de risque de se tromper en la présentant par erreur comme recommandation.

[23]

Et, de plus en plus, c’est la même chose si je cherche des « livres pour enfants sur les dragons » ou des « livres sur l’intimidation ».

Sauf que les résultats sont alors moins satisfaisants, entre autres parce que les éditeurs ont généralement moins bien décrit leurs livres que Ricardo ne l’a fait avec ses recettes.

[24]

Et c’est comme ça que tout notre univers numérique est en train de s’organiser.

C’est l’expérience qu’en ont les usagers des bibliothèques.

C’est comme ça qu’il s’attendent à ce que les choses se passent.

[25]

C’est ce qui fait qu’ils sont de plus en plus dépaysés par les interfaces qu’on leur propose…

Qui sont souvent complexes, qui ne présentent que des listes, qu’ils doivent préciser avec des méthodes qu’ils ne voient nulle part ailleurs.

[26]

Heureusement, on n’a pas à choisir entre le savoir-faire bibliothéconomie une et les algorithmes.

On n’a pas à sacrifier le service et la passion au profit des algorithmes. C’est un faux dilemme.

[27]

Au contraire, le défi auquel on fait face est de réussir à mettre les algorithmes au profit des bibliothèques et de leurs usagers.

Il faut que les algorithmes nous permettent de mieux connaître les usagers, pour pouvoir mieux les servir…

Il faut qu’ils nous permettent aussi de mieux connaître les livres et les documents qui composent la collection de la bibliothèque…

[28]

Enfin, il faut que les algorithmes nous aider à formuler plus facilement des suggestions plus pertinentes et plus satisfaisantes pour les usagers.

[29]

Et pour réussir ça, pour mettre en place cette magie, il est essentiel de se demander quel objectif on poursuit.

Quel objectif doit guider le travail des algorithmes.

Dans le cas d’Amazon, c’est facile: c’est vendre plus de livres.

Dans le cas de Netflix aussi, c’est de nous garder devant l’écran le plus longtemps possible.

Mais pour nous, en bibliothèque? Faire lire davantage? Faire découvrir de nouveaux livres? Amener les lecteurs à découvrir de nouvelles réalités? À lire des auteurs qui représentent une plus grande diversité de genre, ou ethnoculturelle?

[30]

Pour ça, un des défis qu’on a, c’est de mieux connaître les livres et les documents dès collections.

Parce que ce n’est pas facile de trouver des livres qui se passent près de la rivière Saint-Charles, ou des romans pour les amateurs de vins, ou un polar d’un auteur innu — par exemple.

Nos systèmes de classement et nos systèmes de gestion n’ont pas été pensés comme ça. Ils n’ont pas été pensés comme le web fonctionne aujourd’hui.

Heureusement, il y a des algorithmes qui vont pouvoir nous aider dans ça.

[31]

Le projet Tamis nous en donne un exemple.

[32]

Tamis est un outil qui analyse le contenu des livres, les images de la couverture, le texte — tout! — pour en ressortir des concepts, et divers éléments qui sont importants dans un processus de recommandation.

[33]

La couverture de ce livre, par exemple, est automatiquement associée à des couleurs et à des images.

[34]

L’analyse de son contenu permet de dire qu’il aborde certains concepts — qu’il parle de Genesis et de Pink Floyd aussi.

Et pas juste parce que les mots sont présents dans le texte, parce que les algorithmes ont pu identifier qu’il s’agissait bien des groupes de musiques.

Il a aussi été possible d’identifier que le livre évoque des événements qui ont surtout eu lieu à Québec et à Montréal.

[35]

Tamis permet alors de lier ce livre avec d’autres dont le contenu aborde des sujets semblables.

[36]

Et éventuellement de dire à un lecteur qui s’est intéressé à ce livre sur l’histoire du rock progressif que les romans, et documentaires suivants font aussi écho à ce style musical.

[37]

Et parce que Tamis ne s’intéresse pas qu’à la présence du mot « Rivière Saint-Charles », par exemple, mais bien au concept associé, il pourra suggérer un livre associé à la Rivière Saint-Charles à quelqu’un qui cherche un livre sur une rivière de la région de Québec. Je pourrais aussi localiser les livres sur la carte en fonction des rivières concernées, etc.

Grâce aux données liées — comme Google le fait!

[38]

Parce que la Rivière Saint-Charles, comme Pink Floyd et Joséphine Bacon, sont décrits de façon détaillée dans Wikidata, et dans une foule d’autres sources de données ouvertes et liées.

[39]

Une foule d’organisations culturelles sont en train de s’intéresser aux algorithmes qui permettent d’exploiter Wikidata et d’autres sources de données liées.

Ça me semble évident que les bibliothèques doivent le faire aussi.

[40]

Il faut que la bibliothèque soit au cœur de toutes ces données.

[41]

On ne peut pas se fermer les yeux sur le potentiel des algorithmes et sur l’impact qu’ils ont sur la manière d’accéder à la culture.

[42]

Il faut qu’on trouve des façons de mettre ces algorithmes au service des bonnes pratiques en bibliothèques.

En revenant toujours à notre objectif.

[43]

Qui n’est pas de faire de l’argent, ou de stimuler la consommation, mais de faire lire et de faire aimer la lecture.

[44]

Il n’y a pas de raison pour que des Systèmes intégrés de gestion de bibliothèque (SIGB) modernes n’intègrent pas dans leur fonctionnement des algorithmes conçus spécialement pour ça.

[45]

Il ne s’agit pas de remplacer les bibliothécaires par de l’intelligence artificielle.

Au contraire!

Il faut plutôt rêver à une nouvelle génération de bibliothécaires augmentées!

Des bibliothécaires mieux outillées que jamais pour faire leur travail de médiation, avec encore plus de satisfaction — à la fois pour elles et pour les usagers!

[46]

Et c’est ce qui m’amène à Alice… et à l’autre côté du miroir.

Je pense qu’il est urgent qu’on change notre façon de voir l’intelligence artificielle et les algorithmes — il faut arrêter de les voir comme des mécanismes de manipulation — auxquelles la passion et la voix humaine seraient en tout temps préférables.

[47]

Il faut qu’on accepte de passer de l’autre côté du miroir.

Il faut qu’on arrête de voir une contradiction entre la passion et les algorithmes.

Il faut qu’on repense l’aide aux lecteurs AVEC passion ET algorithme.

Parce que c’est seulement comme ça qu’on va pouvoir donner aux bibliothèques la place centrale qu’elles méritent dans l’univers numérique.

[48]

Et je vais laisser le mot de la fin à Alice… en nous souhaitant d’avoir la même ambition qu’elle pour nos bibliothèques.

Ma parole, on dirait exactement les cases d’un échiquier ! (…) C’est une grande partie d’échecs qui est en train de se jouer… dans le monde entier… du moins, si ce que je vois est bien le monde. Oh ! comme c’est amusant ! Comme je voudrais être une des pièces ! Ça me serait égal d’être un Pion, pourvu que je puisse prendre part au jeu… mais, naturellement, je préférerais être une Reine. (…)

– C’est très facile. Si tu veux, tu peux être le Pion de la Reine Blanche (…) Pour commencer, tu es dans la Seconde Case, et, quand tu arriveras dans la Huitième Case, tu seras une Reine…

De l’autre côté du miroir, par Lewis Carroll

Course matinale

J’ai l’habitude d’aller marcher ou courir, tôt le matin, dans les environs de la maison. Quand j’ai un peu plus de temps, il peut arriver que je m’aventure jusqu’au Boisé des Compagnons pour courir un peu sous les arbres.

Ce matin, je devais sortir en voiture, alors j’en ai profité pour aller courir un tout petit peu plus loin: dans les sentiers de la Base de plein-air de Sainte-Foy.

Je me suis mis à courir vers 6h15 — par un très beau soleil. J’étais le premier dans les sentiers.

Comment je peux en être sûr? Facile!

Pour l’entièreté de mon premier tour des lacs, je me sentais comme dans un film d’Indiana Jones… traversant régulièrement les toiles d’araignées tissées de part et d’autre des sentiers au cours de la nuit.

Il y avait des insectes aussi dont la présence était remarquable… des nuées d’insectes… tellement que j’aurais facilement pu déjeuner en courant. Et je n’exagère pas!

Mais, malgré ça, quelle belle course dans les sous-bois! La température était parfaite! Le soleil entre les arbres, les ombres, les reflets sur les lacs. J’ai même vu des canards, un castor, une marmotte — en plus des écureuils et des tamias.

Il y avait quelques autres matinaux: un homme équipé comme s’il partait parcourir les Alpes, un autre qui s’était déplacé pour déguster son p’tit déjeuner McDo face au lac, une photographe ornithologue.

Tout le monde était souriant.

Il faut dire qu’avec une vue pareille… il était difficile de ne pas être émerveillé!

Base de plein-air de Sainte-Foy

Imaginer demain

Le monde d’après la pandémie. Je tente de l’envisager, d’en dessiner mentalement les contours et, à mon grand étonnement, par un soudain défaut d’imagination — moi qui, d’habitude, n’en manque pourtant pas —, j’en suis incapable.

Mélikah Abdelmoumen

Un autre très beau texte de Mélikah Abdelmoumen dans Le Devoir de ce matin.

On se disait justement la même chose dans les derniers jours, Ana et moi, dans une de nos longues promenades dans le quartier: « il va falloir travailler fort en mauzuss pour que demain ne soit pas juste la reprise de nos bonnes vieilles habitudes d’avant la pandémie… le nouveau demain ne va pas se concrétiser tout seul. »

Sur une base individuelle, je pense qu’il est normal qu’on retourne rapidement vers « l’immense édifice du souvenir » décrit par Mélikah. Tellement de choses nous ont cruellement manqué.

C’est dans une dynamique collective que j’aspire encore à ce qu’on puisse tirer profit de la crise pour changer des choses, pour tirer des leçons, pour avoir le courage de s’attaquer à des réformes en profondeur.

Je ne me fais pas d’illusion, ça ne viendra pas tout seul. Les changements devront être portés, avec vigueur, par des gens capables de susciter l’adhésion, de convaincre de la nécessité de ces changements, et d’amener les gens à se retrousser individuellement les manches pour les concrétiser. C’est du domaine de la politique.

Les hommes et les femmes qui ont exercé le pouvoir pendant la crise sont évidemment épuisés. Cela me fait penser que ce ne sera probablement pas eux, pas elles, qui seront les mieux placés pour proposer des changements importants. Le retour au calme, à quelque chose qui ressemble au statu quo, leur apparaîtra probablement salutaire. Il faut les comprendre.

Pour que ça change, il faudra vraisemblablement que de nouvelles personnes, plus reposées, proposent ces changements — et qu’elles décident de les incarner politiquement.

J’y crois. Je pense que c’est encore possible d’imaginer un avenir différent, qui pourra donner un sens à tous les efforts que nous avons faits depuis 18 mois.

J’ose même espérer que cela pourra donner lieu à des élections particulièrement stimulantes dans les prochaines années. Il n’en tient qu’à nous.

Cela ne nous empêche pas de s’accorder quelques semaines pour se contenter de sourire un peu!

Ce jour-là, je me promenais, et les gens, retrouvant l’espoir, se souriaient en se croisant sur le trottoir — même avec les yeux pour ceux qui portaient un masque. Des sourires comme on n’en voit presque jamais, et une lueur dans l’œil qui ne mentait pas.

Mélikah Abdelmoumen

En complément:

Panneaux de circulation retirés, près du boulevard Hochelaga, à Québec

Le rêveur

Hier après-midi j’ai visionné Le rêveur dans son bain, un laboratoire théâtral présenté par le Théâtre Tout à trac, avec le TNM.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Ce sont les enfants qui m’avaient offert la pièce en cadeau.

Le début était un peu lent, mais après quelle créativité! J’ai adoré! Un hommage à la création, sous toutes ses formes. Et un hommage au théâtre aussi — un hommage particulièrement percutant dans le contexte de la pandémie.

J’ai beaucoup apprécié que la pièce se construise devant nous — que la pièce témoigne de la conception de la pièce. J’ai trouvé que ça contribuait à notre engagement, à notre participation, même en webdiffusion.

C’était magique de voir prendre réellement forme une bande dessinée sur une scène (ingénieux!), de voir apparaître les premiers dessins animés, et de voir repris (et expliqués) les premiers effets spéciaux du cinéma…

J’ai passé vraiment un très beau moment. Ce n’est certainement pas le dernier spectacle de Tout à trac auquel j’assisterai (ça vaut la peine de faire le tour du site Web).

La webdiffusion du Rêveur dans son bain se terminait malheureusement hier. J’espère que le TNM pourra la remettre à l’affiche d’une prochaine programmation Web… dans un avenir pas trop éloigné.

« Ce silence! Ah, ce silence! Le théâtre, ce beau grand vacarme de silence collectif »

Normand D’Amour, dans le rôle du rêveur

La logique des lieux

Des amis ont attiré mon attention sur deux projets fascinants ce matin.

Le premier projet, découvert dans Sentiers, est une exploration de l’aménagement urbain de l’Italie à partir de l’intelligence artificielle.

Les chercheurs ont entraîné des algorithmes pour apprendre des paysages italiens à partir de deux millions de photos. L’application qui en découle permet de construire des paysages fictifs inspirés par l’aménagement et l’esthétique de l’Italie. C’est fascinant!

L’idée d’entraîner des applications à partir de sous-ensembles de données délibérément spécifiques (ici, des paysages italiens) me semble très intéressante pour mettre en valeur des caractéristiques peut-être méconnues ou mal comprises au sein de ce sous-ensemble. On pourrait faire la même chose avec des contenus culturels — des livres, ou de la musique, par exemple.

Le deuxième projet, signalé par René, est une analyse de l’orientation des rues dans les grandes villes du monde. La représentation graphique des résultats, à elle seule, mérite qu’on s’y attarde:

De voir, en un clin d’œil l’orientation générales des rues, mais aussi la diversité — voire le fouillis! — des rues, est fascinant.

Ça me fait aussi réaliser que parmi les villes que j’ai visitées, ce ne sont certainement pas les plus cartésiennes qui m’ont laissé les meilleurs souvenirs.

Probablement normal puisque nous sommes des touristes qui marchent. En voiture, probablement que ç’aurait été tout autrement.

Villes cartésiennes, villes de voitures? Villes éparpillées, ville de marcheurs?

Croquis

J’aime plonger au hasard dans les archives de mon blogue. J’y trouve chaque fois, parmi les centaines de textes publiés, des choses dont je ne me souvenais pas du tout.

Quand l’envie m’en prend, je vais généralement dans le bas de la page d’accueil et je choisi un mois au hasard dans les archives. Et pouf! je retombe aussitôt dans ce qui m’occupait l’esprit à cette période (pour le meilleur et pour le pire! — parce que certains textes vieillissent évidemment beaucoup moins bien que d’autres!).

Ce matin, c’était juin 2014.

Et là, surprise, je suis tombé sur une série de croquis dont je ne me souvenais plus du tout! Il sont regroupés ici.

Et je me dis qu’il va bien falloir me remettre au dessin, au collage, à la linogravure — au bricolage de façon générale…

Ça adonne ben, l’été arrive à grand pas!

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Mise à jour: Capucine s’est rappelé que j’avais ouvert à l’époque un compte Instagram pour accueillir ces croquis. Il y en a donc plusieurs autres à cet endroit…

Vestiges

Il y avait un escalier à cet endroit quand j’étais petit. Il n’y en a plus. Les marches ont été avalées par les racines.

Je me souviens encore de la première fois où j’ai réussi à prendre un élan assez grand pour passer par-dessus les quatre marches d’un coup avec mon BMX. Un moment de gloire! Il n’y avait malheureusement personne pour me voir, et on n’avait rien pour filmer nos exploits à cette époque… mais j’ai réussi. Je le jure!

La partie haute du sentier, asphaltée, est toujours là mais il n’y a presque plus personne qui passe par-là. Le gazon est en train de le faire disparaître à son tour.

Je pense que la seule raison d’emprunter ce sentier là maintenant, c’est aller faire un tour dans ses souvenirs.

La seule destination qu’il permet d’atteindre, c’est l’enfance.

Parc Sainte-Geneviève

Le pin

Dans le bas du parc Sainte-Geneviève il y a un vieux pin. Je suis pas mal sûr qu’il était déjà là quand j’allais jouer au terrain de jeu — à sept ou huit ans. C’est l’arbre que je préfère dans tout le parc.

Il est encore plus beau qu’à l’époque.

En perdant progressivement des branches, il s’est trouvé à révéler la trajectoire sinueuse qu’il a suivi jusqu’à aujourd’hui.

Une trajectoire qui témoigne des parties de cache-cache de plusieurs génération d’enfants, des cascades imprudentes des skateux, des jumps de BMX (je plaide coupable)… et de la recherche des balles après des coup de circuit, finalement tombées hors ligne.

C’est le gardien du parc — de mon parc.

Magique

Il faisait un temps absolument magnifique pour aller marcher tôt ce matin. Ciel d’un bleu impeccable, très forte humidité… il y avait de la magie dans l’air.

On pouvait même aisément imaginer des personnes qui attendaient l’autobus… là où il n’y en avait pas.

Près de l’église Sainte-Geneviève, des affiches annonçaient un tournage un peu plus tard aujourd’hui. Dans la paroisse où j’ai grandi? Eh ben! mais quoi donc?

— Un film avec des magiciens, sans doute!, que je me suis dit.

De retour à la maison, l’hypothèse semble vouloir se confirmer!

J’apprends dans Le Soleil que le tournage de La bataille de Farador commençait dimanche, à Québec, et qu’elle se poursuit dans les prochains jours.

Je ne peux pas être sûr que c’est ça (à moins d’y retourner ce midi?), mais il me semble que ça fitterait dans la magie du jour.

Mise à jour: Il s’agissait bien du tournage de La bataille de Farador. Preuves à l’appui: