Pour en finir avec le cynisme systémique


Note: Ce texte est publié à l’occasion du 52e rendez-vous sandwich. Pour un rappel de l’origine de cette démarche, on peut cliquer iciLes cosignataires sont présentés au bas du texte.

POUR EN FINIR AVEC LE CYNISME SYSTÉMIQUE

Le Québec souffre d’un burnout politique. Un épuisement qui laisse beaucoup de monde désemparé devant une impasse sociale de plus en plus évidente.

Que faire devant ce constat? S’indigner chacun notre tour sur les réseaux sociaux? Se réfugier dans une partisanerie pire que celle qui nous irrite? Décrocher complètement pour se replier dans un confortable chacun-pour-soi? 

Il y a un an, une série d’événements nous a fait sortir de nos gonds: écoeurantite aiguë. Nous avons cru nécessaire de nous engager dans une démarche exutoire. 

Depuis un an, nous nous sommes réunis chaque vendredi devant l’Assemblée nationale, le temps de manger un sandwich en cherchant à résoudre ce dilemme.  

C’est une démarche exigeante, que l’on pourrait juger futile, mais que nous croyons utile, parce que la recherche d’une solution s’avère déjà une première façon de rester actifs et engagés. De ne pas sombrer. C’est un symbole. 

Toute l’année, les raisons de s’indigner se sont succédé, chaque semaine, l’une remplaçant la précédente… à un rythme si effarant qu’il fallait probablement un rendez-vous hebdomadaire pour le constater. L’année a été un feu roulant de raisons capables d’entraîner quelqu’un dans la lassitude et la perte de confiance dans le monde politique. Mais nous avons tenu bon.  

Chaque semaine, nous avons fait l’effort de transformer notre indignation en quelque chose de plus positif: en échangeant, en adoptant d’autres perspectives, en cherchant la lumière au bout du tunnel. C’est un rendez-vous qui nous a fait du bien, duquel nous sommes chaque fois repartis revigorés, et un peu plus sereins. Du même coup, nous avons un peu moins chialé sur les réseaux sociaux — ce qui est déjà pas mal comme résultat, parce que cela ne mène le plus souvent à rien. 

Après trente semaines, nous avons publié un texte pour interpeller élus et journalistes. Un texte qui a eu bien peu d’échos. Nous nous sommes parfois demandé s’il fallait en publier un autre, choisir des mots plus forts, plus polémiques ou provocateurs. Nous avons choisi de ne pas le faire pour ne pas alimenter les mécanismes négatifs que nous déplorons. 

Vingt-deux semaines plus tard, cette année de rendez-vous aboutit sur le constat que la dynamique politique est dans une impasse partisane au Québec et que la manière dont les médias (et notre usage des médias sociaux) s’en font l’écho a pour effet d’empirer la situation.  

Au moment où nous mettons un terme à cette séquence de cinquante-deux vendredis sandwich, on se dit qu’il serait peut-être utile d’envisager la mise sur pied de quelque chose comme une commission sur le cynisme systémique. Il est urgent de comprendre pourquoi notre désabusement prend plus de place dans l’espace public que nos espoirs et les projets qui sont censés les incarner.  

Autrement, le Québec court le risque de s’embourber de plus en plus profondément dans des débats qui n’ont rien à voir avec les défis réels auxquels nous sommes confrontés. La lassitude et le désengagement sont toxiques pour notre avenir. 

Vivement que des hommes et des femmes politiques assument un leadership dans cette nécessaire reprise en main de notre santé mentale collective. L’apport des médias est également indispensable pour que cette reprise en main soit possible. 

Mais il ne faut pas seulement attendre que le changement vienne des autres. Le réveil citoyen veut aussi que chacun de nous consacre un peu plus d’énergie à soutenir des projets inspirants et un peu moins à s’époumoner sur les sujets qui nous enragent. 

Vivement qu’on fasse de l’espace dans nos vies pour ces projets inspirants et que chacun d’entre nous puisse recommencer à se mobiliser POUR quelque chose plutôt qu’uniquement CONTRE quelque chose. 

C’est dans cet esprit que nous vous invitons à vous joindre à nous pour un dernier rendez-vous sandwich, le vendredi le 10 novembre, de 12h à 12 h 30 devant l’Assemblée nationale.  


LES SIGNATAIRES: 

Clément Laberge
Marie-Claude Côté
Marianne Kugler
Étienne Ferron-Forget
Louis Germain
Benoît Tardif
Marie-Claude Perron
Martine Rioux
Nathalie Perreault
Lynda Cloutier
Annie Morin
Marie Lavoie
Marjorie Ramírez
Marie-Hélène Vaugeois
Sylvain Bérubé

Et une vingtaine d’autres personnes qui sont venues manger un sandwich avec nous au moins une fois au cours des douze derniers mois. 

2 commentaires

  1. Je veux bien aller manger un sandwich mais ces simples actions ne suffisent pas. Je m’y suis rendu également il y a quelques semaines et je n’ai pas hésité à débourser $ 200.00 pour m’y rendre et manifester avec quelques 25 citoyens contre ces « faux élus » du PLQ à l’assemblée nationale. Je dis « manifester contre » car je ne vois pas comment mobiliser les citoyens pour des tonnes d’injustice commises à tous les égards lorsque le problème à la source de « nos problèmes collectifs » ce sont « ces pourris et ces faux élus » à qui « nous les citoyens » donnons la permission de nous varloper et de nous traiter comme des moins que rien et des déchets de la société.

    S’il y a une chose pour laquelle il faut « mobiliser et inciter les citoyens à prendre conscience», c’est bien sur la nécessité absolue d’exercer leur droit de VOTE en premier lieu et sur « un nouveau mode de scrutin » qui incitera les citoyens à reprendre confiance en son pouvoir décisionnel et en la démocratie des actions qui leur importent vraiment.

    Sans cela il n’y a aucun moyens qui vaillent et nous sommes voués alors à une dérive totale et un « cynisme citoyens » se sabordant eux-mêmes en rendant les armes d’avance sans même réfléchir aux moyens de se défendre. Un non-sens ! puisque ce sont les citoyens qui ont la force du nombre contre cette poignée de magouilleurs et de corrompus au pouvoir.

    Allons-nous leur laisser prendre des décisions fondamentales concernant NOS VIES et nous tourner vers le simple « cynisme citoyen » en guise de protestation ? Mais voyons ! nous serions« totalement infantiles et immatures » en tant que citoyens en continuant à nous laisser diriger par ces despotes méprisants et sans aucune conscience sociale.

    Lorsque LES CITOYENS se sentent abandonnés et floués par des politiciens au pouvoir la seule alternative qui leur reste est de se tourner vers le cynisme en raison des injustices trop grandes et d’une impuissance qui donnent l’impression que quoi qu’ils puissent dire, faire ou penser, leurs actions n’auront aucun impacts, ni aucune importance.

    Alors je dis « OUI » je suis POUR me battre CONTRE le cynisme et l’indifférence « en concertant nos actions ensemble sur les vrais enjeux » qui feront la différence au bout du compte !

    CITOYENS ! Mobilisons-nous et distribuons « nos tracts » afin de faire taire à jamais ces détracteurs abusifs et corrompus qui empoisonnent la vie citoyenne.

  2. L’intérieur des murs de l’Assemblée nationale n’ est pas suffisamment vaste pour un idéal démocratique.

    Dommage de mettre un terme à ce rendez-vous hebdomadaire.

    J’avais espérance qu’il se magnifie …

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