J’hésite encore

Il y a une corde qui est apparue il y a quelques jours à travers une haie de cèdres sur la rue Cherbourg. Ça fait trois fois que je passe devant et que j’hésite longuement.

Est-ce que je tire dessus ou pas?

Et qu’est-ce qui va arriver si je tire dessus?

Est-ce que cette corde a été mise là pour moi? Pour me tenter? Pour m’inviter à la réflexion?

Y a-t-il quelque chose à l’autre extrémité? Une porte? Une cloche? Un mécanisme étrange qui pourrait initier une réaction un chaîne?

J’imagine une grande nappe blanche tomber comme un parachute sur une longue table, des chaises se relever sous l’action de ficelles reliées à des poulies installées dans les arbres, un orgue de barbarie se faire soudainement entendre, des pétales multicolores virevolter sur l’ensemble et le propriétaire de la maison sortir, vêtu en majordome, avec un ensemble de coupes de champagnes sur un grand plateau d’argent. — Enfin, vous voilà!

Alors, la prochaine fois, je tire ou pas?

Lumière matinale

Quand je suis passé sur la rue Lavallée ce matin, le soleil effleurait la butte qui mène au Parc Saint-Geneviève.

C’était magnifique, les pissenlits avaient des allures de petits réverbères.

Un peu plus loin, une belle ombre a attiré mon attention.

Je ne réalise que maintenant que c’était l’ombre d’un cèdre projetée… sur un réverbère!

Y’a un réverbère tout au fond de moi

Qui éclaire chacun de mes pas

Ariane Moffat, Réverbère

Les choses éphémères

Je suis abonné à l’infolettre Bulletin.fr depuis sa création. C’est chaque fois un plaisir de recevoir cette dose d’optimisme et de curiosité.

J’ai reçu hier un hors-série appelé Le dico des mots extraordinaires. Dans la section Les mots de la nature, ce mot — ce texte:

🌸 Mono no aware 物の哀れ

Au Japon quand vient le printemps, les sakura, les célèbres cerisiers, commencent à fleurir. Les Japonais feront alors hanami : ils se réuniront sous les arbres pour pique-niquer et contempler les fleurs. Ces festivités sont empreintes de l’esprit du Mono no aware, un concept japonais mêlant esthétique et spiritualité, que l’on peut traduire ainsi : la douce mélancolie des choses éphémères.

Bulletin, Hors-série #2, 25 mai 2021

La douce mélancolie des choses éphémères: je pense que c’est un peu ça que j’essayais de décrire il y a quelques jours.

Apprendre à apprécier — mieux: à savourer — les choses éphémères. Ça m’est évidemment revenu à l’esprit ce matin en voyant la délicate tige de cœurs saignants qui m’attendait près de la porte au retour de ma courte promenade matinale.

Et que dire de cet oiseau, formé par le reflet du ciel et des arbres dans une flaque d’eau laissée par la pluie?

Temps et lieux

« Une phrase qui nous revient n’a jamais la même couleur qu’à sa naissance, comme une peau devient parchemin et finit en tambour. »

Amusante coïncidence: après avoir écrit le texte d’hier (Le temps et le lieu), je me suis souvenu que Roland Giguère avait publié un recueil de poésie intitulé Temps et lieux.

J’y suis retourné farfouiller un peu. Plusieurs beaux textes, somme toute assez sombres, comme l’ont malheureusement été ses dernières années.

On y trouve aussi, à la toute fin, un ensemble de sérigraphies que j’aime beaucoup — malheureusement reproduites en noir et blanc.

Cela m’a donné l’occasion de retourner voir les merveilleuses sérigraphies de Roland Giguère qui ont été numérisées en grand nombre par BAnQ — on peut les parcourir ici.

Ce matin, j’apprécie particulièrement celle-ci — qui fait un beau clin d’œil à nos activités de la fin de semaine:

Source: BAnQ numérique

Le temps et le lieu

Magnifique temps ce matin. Petit café. Le calme dans la cour. Les oiseaux qui s’éveillent. Les chats qui se prélassent au soleil. Et les myosotis qui envahissent élégamment le terrain.

Le myosotis est aussi appelé « ne m’oubliez pas » — Larry Hodgson raconte dans ce texte deux légendes qui expliqueraient l’origine de cette appellation populaire.

Le myosotis dans La Flore Laurentienne (version numérisée par BAnQ)

***

À la suggestion d’un ami, j’ai aussi pris le temps de regarder ce matin Le temps et le lieu, un film de Bernard Emond, tourné en 1999, à Saint-Denis-de-la-Bouteillerie (le film peut être regardé sur le site des Films du 3 Mars). Résumé:

En 1936, l’anthropologue américain Horace Miner passait un an dans le village de Saint-Denis de Kamouraska avec Agnès, sa jeune épouse, pour y observer la vie traditionnelle des cultivateurs canadiens-français. Plus tard, il publiait St.Denis, a French-Canadian Parish, un livre qui est devenu un classique de la sociologie au Québec.

Soixante ans après le séjour de Miner, un cinéaste marche sur les pas de l’anthropologue et cherche des traces de ce qu’il a vu.

Le Temps et le lieu, site de la Coop vidéo

On peut aussi consulter le livre de Miner sur le site des Classiques des sciences sociales.

Au sujet du chemin de la grève, où nous sommes allés à quelques reprises, Ana et moi (et où nous comptons bien retourner!), Miner écrit:

Cette « grève » jouit d’une certaine renommée dans la région et constitue un site de plein-air et de pique-nique apprécié. Une famille de Montréal et deux de Québec y ont leur chalet en permanence. Le sénateur de l’endroit y a son chalet d’été, un peu à l’écart des autres. À part lui, les paroissiens qui fréquentent la plage appartiennent en général à des familles de journaliers. Ils y vont pour se récréer, même si le curé désapprouve ouvertement cette conduite. Seuls les visiteurs de la ville vont se baigner et leurs maillots de bain indécents font scandale 1. La paroisse est contre la plage et méprise les paroissiens qui y fraternisent. Les commérages répandent des histoires de beuveries, d’arrestations et de visiteurs qui vivent avec les femmes des autres. Le curé s’élève en chaire contre les actes commis à la plage et menace d’employer la violence à l’endroit des magasins qui vendent de l’alcool en contrebande. La plage constitue pour le cultivateur son seul contact avec des modes de vie différents et les aspects indésirables que cela occasionne sont l’objet d’attaques continuelles.

Horace Minier, Saint-Denis un village québécois (1939), page 51 de l’édition pdf.

Mais pour revenir au film de Bernard Emond… je dois dire que j’ai particulièrement apprécié le témoignage de monsieur Martin, qu’on peut voir à 9:30. Je lui laisse d’ailleurs le mot de la fin:

Moi j’ai toujours aimé le beau (…) c’est effrayant ce que j’aimais le beau… les beaux champs, la belle musique, les belles fleurs (…) j’aimais le beau moi… Je ne sais pas ce que ça veut dire… je ne sais pas si c’est une mauvaise affaire d’aimer le beau. (rire)

Monsieur Martin, agriculteur à Saint-Denis
Monsieur Martin

La responsabilité des déchets

Cet article du Soleil montre bien le ridicule de la situation de la gestion des déchets au Canada et au Québec:

L’industrie du plastique intente une poursuite contre le gouvernement fédéral

Il me semble que le moment est venu de faire porter aux entreprises la pleine responsabilité des produits qu’ils mettent en circulation — c’est à dire jusqu’à la disposition de tous les déchets associés — y compris les emballages. Ce sont des coûts indirects que les entreprises devraient assumer complètement.

C’est aussi le moment aussi d’exiger que les produits qu’on achète soient plus facilement réparables, comme vient de le faire la France, selon ce qu’on apprend dans cet article de L’actualité:

Il nous faut un indice de réparabilité

Un pas à la fois

Ça fait déjà quelques semaines que j’ai revu la forme de mon blogue pour me permettre d’y écrire plus librement: parfois sans photos, des textes plus courts, des réflexions plus variées — voire de simples observations.

Mais je n’ai rien écrit de plus. Syndrome de la page blanche? Peut-être un peu… mais surtout, beaucoup, beaucoup de temps consacré à marcher, courir, profiter du grand air. Souvent tôt le matin.

Presque 15000 pas en moyenne en avril, encore un peu plus en mai — ça fait le plus grand bien!

Sauf que le temps consacré à la lecture et à l’écriture en souffrent évidemment un peu…

Les Laurentides, tôt le matin, du haut de la rue Cherbourg

Brasser nos façons de faire

Le primaire devrait ressembler à un camp de vacances perpétuel, avec plus de plein air, de contacts avec les choses essentielles et tangibles. Pour faciliter ce type d’enseignement, le calendrier scolaire pourrait être inversé: les grandes vacances l’hiver, quand les déplacements sont plus difficiles et que, comme la nature, on se mettrait en latence. Le printemps, l’été et l’automne ont des journées plus longues et des températures qui rendent l’enseignement en plein air réaliste.

Il faut oser brasser nos façons de faire, c’est ça une révolution!

Je dis cela en demeurant consciente que le changement ne se fait pas du jour au lendemain. (…)

J’ai confiance dans les générations futures, je suis du côté de l’espoir.

Élisabeth Cardin, Stoppons l’effritement de notre relation au territoire, dans Caribou.

L’art de (me faire) marcher

« La marche est une activité ambiguë et infiniment fertile: elle est en même temps un moyen et une fin, un voyage et une destination. »

La citation est de Rebecca Solnit, dans L’Art de marcher — un livre dont je ne connaissais pas l’existence avant d’en recevoir un exemplaire par la poste hier midi.

Le livre était accompagné d’une note de la libraire (la calligraphie me suggère le féminin), qui m’indique que le livre est un cadeau et qui est complétée par ces quelques mots, retranscrits par sa main:

« Un livre parcours pour tes pérégrinations d’écrivain! Joyeuse année 2021! Un lecteur. »

Rien d’autre!

J’ai pensé que la librairie d’origine pourrait m’offrir un indice: Papeterie des Hautes-Rivières, à Mont-Laurier… Mais non, parce que je sais que les membres de la coopératives des librairies indépendantes du Québec mettent leurs stocks en commun lorsque c’est nécessaire pour pouvoir répondre rapidement à une commande. Dans ces cas, c’est la librairie qui dispose d’un exemplaire qui fait l’envoi. Et selon ce que je peux voir sur le site des LIQ, c’était le seul exemplaire disponible dans tout le réseau, alors… je ne peux rien en conclure!

Mon hypothèse est qu’une des personnes qui a lu mon calendrier de l’avent marché — et peut-être, plus encore, cette histoire de paquet anonyme — veut ajouter au mystère.

…et nourrir du même coup ma réflexion en prévision du tour du monde à pied que je viens tout juste de commencer — à Uashat.

J’aime ça — j’aime vraiment beaucoup ça!

Merci cher lecteur, très grand merci!

« Ce sont les imprévus, les incidents inattendus entre les jalons officiels d’un parcours qui donnent son sens à la vie » (Rebecca Solnit)

Bricolages

Un ami m’a fait réaliser dans les derniers jours que quand j’ai quitté Facebook, j’ai aussi délaissé le compte Instagram (qui y était lié) et que je n’ai pas fait de suivi avec les gens qui me suivaient à cet endroit. L’ami avait perdu ma trace…

Je ne suis jamais revenu à Facebook (et je n’en ai toujours pas l’intention!), mais pour Instagram c’est différent. Je me suis rapidement créé un autre compte parce que c’est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour nourrir mon imagination quotidiennement. Je suis surtout abonné à des comptes d’artistes et d’artisans (et quelques amis, évidemment). C’est un espace qui me fait du bien.

Malgré ça, j’avais un peu délaissé Instagram depuis quelques mois (manque de temps)… mais la famille m’a incité à m’y remettre dans le temps des Fêtes, et j’y (re)trouve le même plaisir. J’ai même recommencé à y publier quelques petites choses, des expérimentations très variées (et ça continuera de l’être!).

Je vois mon compte Instagram comme une sorte de babillard où je peux accrocher ce que je fais, qui m’inspire ou ce qui me plaît, sans aucune obligation de cohérence — aucune!

Si mon éclectisme vous intéresse: https://www.instagram.com/victorin_75/

Jours 19, 20, 21, 22, 23… et 24!

Le temps file — encore et encore. Les feuilles tombent. Les jours raccourcissent. Le climat politique est tendu. La pandémie continue. Mais on tient bon!

Semaine de débat présidentiel aux États-Unis. De vote aussi — beaucoup beaucoup de vote par anticipation, en particulier chez les jeunes. Signe positif pour une démocratie autrement bien malmenée. Signe d’espoir? Je reste optimiste pour le 3 novembre. 

Semaine de tension sur le front lexical aussi avec les débats provoqués par la réaction de certains étudiants au choix des mots utilisés par une professeure de l’université d’Ottawa.

Le débat m’a semblé bien mal engagé en début de semaine avec des excès de toute part. Mais en lisant les journaux aujourd’hui je me dis qu’il finit par prendre le bon bord: celui de la nuance et de l’humilité.

La nuance, comme nous y invite Boucar Diouf.

L’humilité, comme en fait preuve Patrick Lagacé, dans LE texte à lire aujourd’hui, à mon avis. 

Les textes sont très nombreux dans les journaux à ce sujet — avec des points de vue plus complémentaires que contradictoires. Ils nous offre de quoi réfléchir. Parce qu’il ne s’agit pas de se faire une idée sur le sujet, mais de cultiver une réflexion continue, individuelle et collective, sur tout ça. 

Pour s’engager dans une réflexion — avec une perspective réellement progressiste: pour faire advenir un progrès, réel.

Asséner des opinions ou condamner sans appel ne nous mènera à rien de bon, comme le décrit si bien Sarah Silverman

Finalement, je trouve que la semaine nous a permis de progresser, collectivement, sur cette question infiniment délicate. Je trouve ça encourageant.

Jours 17 et 18

Hier soir et ce matin j’ai lu L’Espèce fabulatrice, de Nancy Huston. 

Je me demande pourquoi je ne l’avais pas lu avant — tellement c’est une lecture essentielle!

Le livre explore le rôle fondamental du récit — et de la fiction — pour l’être humain. L’autrice explique comment notre identité est, en elle-même, un récit. Elle est le résultat de ce qu’on choisit de retenir de notre vie, de ce à quoi on a donné un sens.

C’est un livre sur l’importance du roman et de la lecture dans le développement de notre civilisation. L’importance de développer le plaisir de la lecture chez les enfants aussi, forcément.

Nancy Huston survole les raisons qui nous amènent à s’associer à des récits plus qu’à d’autres (histoire, religions, politiques, etc.), et comment les récits auxquels nous sommes confrontés influencent nos identités individuelle et collective.

C’est un livre très agréable à lire et qui jette un éclairage fascinant sur notre époque — et en particulier sur ces derniers mois/années, qui peuvent apparaître de plus en plus surréalistes. Il me semble plus pertinent encore qu’à sa publication, en 2008.

J’ai trouvé que l’Espèce fabulatrice amenait un éclairage fascinant sur:

  • Sur ce qui a pu aider Trump à accéder au pouvoir;
  • Sur la nature les mouvement conspirationnistes — aux États-Unis, mais au Québec aussi;
  • Et même sur les étranges convictions des flat earthers — par exemple.

C’est un livre qui aide à comprendre aussi pourquoi le discours scientifique, à lui seul, ne suffira pas pour susciter une mobilisation suffisante pour faire face aux changements climatiques — et pourquoi on aura absolument besoin des romanciers, et d’autres spécialistes du récit, pour y arriver.

C’est un livre profondément humaniste, que j’ai trouvé plein d’espoir.

Un livre important. Un livre qui fait du bien.

***

Évidents échos entre l’Espèce fabulatrice et les propos d’Andrian Rivierre auxquels je faisais échos il y a quelques jours

Aussi au Petit manuel de résistance contemporaire de Cyril Dion, lu il y a deux ans. La page Wikipédia consacrée à l’Espèce fabulatrice m’apprend d’ailleurs que le livre aurait fortement influencé la scénarisation du film Demain, qui m’a beaucoup marqué en 2015.

Ça m’a aussi ramené aux échanges auxquels avait donné lieu ma participation à une rencontre de Ciné-Psy, en rapport avec le film Qu’est-ce qu’on attend?, en 2018…

…et, plus largement au mouvement des villes en transition, initié par Rob Hopkins, qui a récemment publié l’excellent From What is to What if (en français: Et si…on libérait notre imagination pour créer le futur…).

Très inspirant tout ça! 

Jours 2 et 3

J’ai bien pris quelques notes hier, mais je n’ai pas eu le temps de les organiser. Et je me suis dit en fin de journée qu’un défi 28 jours qui a notamment pour objectif de cultiver un peu de sérénité dans un automne difficile ne devait pas devenir une source de stress. Alors voilà… avec quelques heures de retard… deux jours en un!

***

14h30 — Sonos Global pulse, Dance/Électro internationale

C’est le chaos aux États-Unis: le président est atteint de la covid, il est maintenant à l’hôpital et les informations qui en émergent sont pour le moins confuses. 

Je ne peux pas cacher que je suis fasciné par tout ça… et que je consacre probablement trop d’attention à l’affaire (mais en faisant la vaisselle, pourquoi pas?). Je sens c’est l’histoire qui s’écrit et (surtout) les conditions de l’Après qui sont en train de prendre forme.

L’avenir est peut-être en train de s’éclaircir. Je veux le croire.

Je cherche le positif dans tout ça, par-delà la dimension spectaculaire des événements, et toutes les intrigues qui les accompagnent.

Il me semble de plus en plus évident que la pandémie et la crise politique sont étroitement liées — liées par le mensonge, les contrevérités et la manipulation. Elles se nourrissent de l’ignorance et de la détresse d’une part croissante de la population (et pas qu’aux États-Unis). La pandémie oblige les manipulateurs à forcer la note encore plus qu’ils en avaient l’habitude — et ça leur explose soudainement au visage.

Je pense que la négligence avec laquelle on aborde la crise climatique depuis quelques années s’explique aussi en partie de la même façon. 

On arrive peut-être enfin au bout de tout ça. 

J’en viens à espérer que balancier va reprendre sa course dans l’autre direction dans les prochaines semaines, que la vérité va reprendre ses droits et que la morale va redevenir déterminante dans la conduite des affaires publiques. 

Et avec un peu de chance, l’invraisemblable fin de règne de Trump, servira de puissant symbole pour la société québécoise — et nous pourrons éviter de tomber dans le même piège au cours des prochaines années.

  • Éviter que trop de gens s’estiment laissés pour compte;
  • Éviter de laisser les inégalités s’accroître;
  • Éviter ne négliger l’éducation scientifique;
  • Éviter que nos partis politiques, de gauche comme de droite, sombrent dans le populisme.

Cet après-midi, je regarde par la fenêtre; j’écoute Le p’tit jardin de Manu Chao, et je me redis: 

Un jour à la fois: il faut tenir bon, voilà peut-être enfin la lumière au bout du tunnel… là-bas, encore loin, mais quand même!

Voyage

Il y a quelques mois j’ai visité la forêt amazonienne, dans la région de Miriti Parana, en Colombie. Tout près du parc national naturel Yaigojé Apaporis.

C’est du moins ce que me laissent croire mes notes personnelles.

DayOne me laisse explorer mes notes de toutes sortes de façons: par date, évidemment, par une recherche par mots, ou par le lieu où les notes ont été écrites — lorsque le GPS du iPhone a pu l’identifier.

Je peux ainsi survoler la carte du monde du bout des doigts, zoomer, et voir les endroits où j’ai pris des notes. Pays, villes, quartiers, rues…

C’est comme ça que j’ai découvert, avec étonnement, mon expédition colombienne du mois de février.

J’aurais peut-être noté ça dans mon sommeil? Si on prend une note pendant un rêve, est-ce qu’elle est inscrite à l’endroit sur la planète où le rêve se déroule?

Je me suis dit qu’il devait bien y avoir sur le Web quelques photos et vidéos de la région de Miriti Parana et de la rivière Apaporis, et que ça m’aiderait à faire remonter des souvenirs à ma mémoire…

J’ai vu de superbes images. Des vidéos fascinantes. J’ai découvert des insectes et des fleurs magnifiques, J’ai vu des gens qui ont une vie bien différente de la mienne. J’ai appris que la rivière Apaporis est encore plus longue que le fleuve Saint-Laurent. Je me suis rappelé le défi que posent les changements climatiques.

Mais pas de souvenirs de mon voyage.

C’est pourtant bien écrit: note prise le 17 février à 0h00, au point géographique 0.0000000, -71.3119202 alors que vous écoutiez Pulperie, de Dany Placard.

J’aurais pris cette note directement sur l’équateur? Précisément à la longitude de Québec? C’est un peu louche. Comme si mon téléphone était tombé sur la carte, en ligne droite, directement sur l’équateur.

Je sais que c’est peut-être seulement une erreur. J’aime mieux faire d’autres hypothèses, mais ça reste possible. D’autant que la note que j’ai prise ce jour-là est particulièrement laconique:

Journée sans histoire: travail à la maison.

Ce qui est fantastique c’est que erreur ou pas, je l’aurai bel et bien fait ce voyage, virtuellement: aujourd’hui, le 5 juillet 2020.

***

Ce texte est le sixième d’une série de textes pour lesquels je m’inspire des notes que je prends quotidiennement depuis maintenant plusieurs années.

C’est aussi le huitième texte de mon défi #100daystooffload.

D’une Hillary à l’autre

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Au cours des derniers jours Ana et moi avons regardé la mini-série Hillary.

J’en ai appris beaucoup sur la jeunesse d’Hillary Rodham Clinton, sur ses premiers engagements et sur ce qui l’a progressivement amenée dans l’univers de la politique partisane avec le Parti Démocrate.

La série est très bien faite. Et il n’y a aucun doute: Hillary Rodham Clinton est une femme exceptionnelle. Son parcours est vraiment fascinant. Et le résultat de tout ce parcours est terriblement frustrant. Heureusement, l’ensemble reste inspirant.

À plusieurs moments sans la série, le jugement qui est posé sur Hillary, la femme politique, m’a fait penser à celui que j’ai entendu — trop souvent — au sujet de Pauline Marois en campagne électorale. Un insupportable double standard, qui va devoir cesser si on veut contribuer à progresser comme société.

J’ai d’ailleurs très hâte de lire la biographie de Pauline Marois. Le livre devait être publié ce printemps, mais le lancement a été reporté à l’automne, conséquence de la pandémie.

Et pour revenir sur Hillary, je découvre ce soir dans le New Yorker qu’une biographique fictive à son sujet sera publiée cette semaine. L’histoire a pour titre Rodham et décrit un monde où Hillary se serait séparé de Bill Clinton après ses études en droit au lieu de le marier. Elle poursuit ainsi un parcours bien différent jusqu’à sa candidature à l’élection présidentielle de 2016.

Je pense qu’on peut dire que c’est une uchronie — un mot que j’ai appris en fin de semaine dans une série de textes du Journal de Québec sur les 40 ans du référendum de 1980.

Revisiter le passé. S’amuser à réécrire l’histoire. Faire l’exercice d’imaginer un avenir différent — plus stimulant.

Je pense que c’est aussi un peu pour ça aussi qu’on célèbre la Journée nationale des Patriotes. C’est ce sens-là que je vais lui donner en tous cas —  cette année aussi.

On en a bien besoin par les temps qui courent!