Pour éviter que la richesse de la conversation entreprise là ne se perde dans mes archives, je reprends ici la réponse faite à Mario à la suite d’échanges entre Serge, lui et moi.
—/ début /—
Mario, quand tu dis qu’il faut « continuer à innover, prudemment, mais assurément », je partage évidemment ton point de vue. J’ai toutefois le goût d’ajouter qu’il faut surtout conserver une préoccupation pour le « partage de l’innovation » et pour faire en sorte que les contextes dans lesquels on innove favorisent la participation périphérique légitime ‹ cet essentiel mouvement par lequel des observateurs deviennent progressivement des acteurs du changements. Je pense que c’est cette préoccupation qui distingue les innovations efficaces et les « éternels projets pilotes »… dont nous avons une déplorable habitude au Québec.
D’autre part, je me permets d’ajouter que j’ai depuis plusieurs années la ferme conviction que tout le monde a le goût d’innover — comme tout le monde a le goût d’apprendre. C’est essentiel à l’être humain.
Cette conviction a beaucoup influencé mes choix dans les dernières années. Au point où je ne vise plus aujourd’hui à être un innovateur, mais à être un « créateur d’espaces d’innovation ». Mon objectif n’est plus moi-même d’innover, mais d’arriver à rassembler ici et là des conditions qui permettent aux gens que je côtoie d’oser prendre des risques, de (re)découvrir le plaisir de l’audace, etc. Les innovateurs ne sont pas rares… ce sont les conditions propices à l’innovation qui le sont. C’est cette rareté qu’il faut combattre.
Je pense qu’il est important d’avoir cette idée à l’esprit pour éviter de nous tromper quand vient le temps de poser des actions qui ont pour but la transformation du monde dans lequel nous vivons.
Mieux vaut faire confiance aux gens et leur offrir un contexte favorable à l’innovation plutôt que de leur indiquer une voie à suivre et devoir par la suite les convaincre de nous suivre.
—/ fin /—