Réforme scolaire à Taiwan

Texte intéressant dans le Taipei Time en rapport avec la réforme scolaire en cours à Taiwan. On en apprend peu sur la nature de cette réforme, mais on découvre que là-bas aussi, on la dit parfois aussi improvisée. C’est toutefois l’angle d’analyse proposé par l’auteur de l’article pour défendre le modèle éducatif traditionnel de Taiwan qui a attiré mon attention:

Reformists believe that our traditional education method is a « cramming-style » method, which makes students adopt rigid learning methods without learning creativity. […]

[But] the creativity of an economy, in fact, lies in an environment that allows people — especially young people — to live according to their ideals and bravely realize what they really believe. […]

Hence, the following scenario is often seen here: a young employee chooses to leave his company due to a difference of opinion. When he leaves, he creates a new company, or even founds a more successful enterprise compared to the previous one. […] Thus young people are able to say « No » to their supervisors because it’s easy to start a new business. This is exactly the driving force behind the nation’s prosperity and creativity.

This theory can also explain why the overall creativity of Europe is relatively low — in spite of its « inspirational-style » education. It’s difficult for young people in Europe to leave their companies and start their own businesses. They can only be obsequious, or even curry favor with their supervisors. […]

We can say that one of the biggest mistakes of education reform is the lack of all-round and in-depth comprehension of our own characteristics. We are especially not confident of many of our own systems. As a result, we blindly strive to learn from advanced countries.

In fact, this problem occurs not only in our education reforms but also in many other areas — for example, the Labor Standards Law (???), the skill-certification and social welfare systems that Taiwan copied from the West. »

Je ne sais pas si c’est tout à fait complet comme analyse (va pour les caractères entrepreneurs, mais pour les autres?), mais le fond me semble intéressant. D’autant que le manque de confiance dans ses moyens qui amène à copier les autres en présumant que « c’est forcément mieux à New York ou à Paris » est un réflexe qui se manifeste aussi régulièrement chez les Québécois.

One comment

  1. Les questions soulevées sont intéressantes.

    Au niveau collégial, au Québec, deux cours sont périodiquement remis en questions par certains étudiants : les cours de français et les cours de philo. Selon des amies oeuvrant dans ces deux domaines (au niveau collégial), il y a une caractéristiques commune, et frappante, qui est fréquemment observable chez les étudiants dans ces deux cours : la difficulté à se décentrer de sa propre subjectivité/expérience.

    Ceux souffrant le plus fortement de cette lacune sont souvent ceux-là même qui sont les plus récalcitrant à ces deux cours. Dans un cas comme dans l’autre, c’est plus souvent qu’autrement le correcteur qui est attaqué plutôt que le contenu « réel » de la correction. Par exemple, il n’est pas rare qu’un étudiant remettant un texte contenant un trop grand nombre de fautes, avec un vocabulaire approximatif, plusieurs sophismes et distorsions cognitives, va tout simplement insinuer que sa mauvaise note relève simplement du fait que « le prof ne pensait pas comme lui » (et ce, même dans des cours de français). Évidemment, les professeurs ne sont pas dupes. Ils sont conscient qu’ils doivent composer avec ce facteur et éduquer à ce niveau autant qu’en ce qui a trait aux compétences explicitement visées par les devis ministériels. Ceci fait aussi partie de leur tâche et la plupart l’assume fort convenablement.

    Idéalement, cette « fausse perception » devrait se corriger au cour du cheminement de l’élève dans ces deux cours. Un des bénifice corrolaire est que l’étudiant devrait aussi acquérir des capacités de distanciation critique, d’analyse et de synthèse. Ces savoir-faires et savoir-êtres, en particulier la capacité de décentrement, devrait notamment permettre à l’étudiant (et bien sûr, subséquemment, à l’adulte en tant qu’acteur social autant qu’en tant que travailleur/professionnel/entrepreneur) d’orienter sa réflexion pour tenter de savoir « ce qui en est » (ou, dans certain cas, ce qui « devrait être » ou « serait possible »), plutôt que de simplement tenter « d’avoir raison » ou « de (se) rallier la majorité ».

    L’acquisition de ces « savoir-faires » et « savoir-êtres » ne sont pas étranger au développement de la créativité, d’une pensée libre (c’est-à-dire une pensée critique, informée, articulée et argumentée, qui ne prend pas simplement le contrepied de la majorité et ne fait pas qu’aveuglément s’opposer aux consensus sociaux…)et, dans une certaine mesure, de l’entrepreuneuriat.

    Peut-être, c’est là qu’une hypothèse, est-ce que les motivations sous-jacentes à la méfiance ainsi que la remise en question des cours de français et de philo au collégial ne sont pas étrangères au manque de décentrement qui incite à la simple réitération du même des manières de faire/penser de plusieurs québécois, ainsi que le manque de confiance en ses moyens (et de développement de ses ressources personelles et intellectuelles, pour rendre ses possibilités effectives) conduit certaines personnes à simplement copier des modèles « déjà tout fait ailleurs » (même si ces modèles sont justement adapté à l’environnement social de ce « ailleurs »)…

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