De fils xml-rss à fils web… (et pas plus geek!)

Martin Lessard a commenté in extenso mon coup de gueule de la fin de semaine dernière. Sa réaction m’inspire quelques nouvelles réflexions.

Comme je l’ai déjà dit, je suis bien d’accord pour laisser tomber l’acronyme. Va pour fil web d’ici à mieux.

En ce qui concerne les trois conditions qu’il présente comme nécessaires pour que le grand public adopte, je suis à peu près à l’aise avec cela.

Toutefois, pour « les trois choses à ne pas oublier », là, je ne suis pas du tout. Je pense qu’il fait l’erreur de croire que les newcomers feront le même usage des fils web que les early adopters.

– Je ne pense pas qu’il faut être devant son ordinateur plusieurs heures par jour pour profiter des fils web.

– Je ne pense pas non plus qu’il faut avoir besoin de consommer *beaucoup* d’information.

S’il est vrai que ce sont les info freak qui ont contribué le plus au développement des agrégateurs et des fils web… plusieurs expériences me montrent que même des « consommateurs d’information » tout ce qu’il y a de plus « dans la moyenne » peuvent bénéficier des fils web. Mieux encore… plusieurs voient de l’intérêt dans les fils web non pas pour « recevoir » ou « traiter » plus d’information mais plutôt pour mieux organiser l’information qu’ils utilisent déjà.

Encore hier, j’ai vu les yeux d’un enseignant s’illuminer non pas à l’idée de recevoir les manchettes du Devoir, celles du NY Times, les plus récents textes de mon carnet, de celui de Mario Tout de go ou n’importe quel autre… mais simplement, tout simplement, parce que cela permettait d’imaginer un site Web d’école où quand un prof met à jour la page de sa classe… ça pouvait automatiquement se répercuter sur la page d’accueil de l’école. C’est’y pas assez simple ça?

Je pense que notre principal défi n’est pas d’imaginer des moyens d’amener le commun des mortels à apprendre à utiliser les fils web comme nous l’avons fait, mais d’imaginer quels sont les usages qu’eux en feront… et de développer des outils pour rendre ça rapide et facile.

Je ne pense vraiment pas qu’il est nécessaire d’être geek pour profiter des fils web. Je pense plutôt que notre geekitude (!) nous handicape actuellement beaucoup pour imaginer la suite. Il faut apprendre à adopter de nouvelles perspectives sur cette technologie… qui est tout ce qu’il y a de plus simple quand on y pense bien!

7 réflexions sur “De fils xml-rss à fils web… (et pas plus geek!)

  1. Que pensez-vous d’enfileur? :) De fil en aiguille, grâce à l’enfileur, l’information peut se répandre plus facilement et ainsi aider à tisser, entre autres choses, de nouvelles pièces réflexives.

    Bon, d’accord, ça fait un peu OLF, mais avouez que le concept y est! ;-)

  2. Clément a raison d’affirmer que « notre geekitude nous handicape. » Le but ultime de la technologie est de simplifier l’activité humaine tout en optimisant la relation avec les pairs (univers social) et avec la nature (univers). Pour cela, il faut des experts qui, idéalement, mettent leur imagination au service de la communauté. Ceux qui se complaisent dans leur geekitude sont des réfugiés dans un monde parallèle.

  3. Très jolie, la suggestion de Stéphane. J’aime bien enfileur pour l’image qu’elle évoque et pour son lien avec la toile.

    Néanmoins, je suis d’accord que « ça fait un peu OLF ». Je ne suis pas sûr que ça fera consensus. Fil web est plus évocateur. Je vois d’ici les yeux écarquillés des non-initiés dans une conférence qui entendent parler d’enfileurs. Et puis c’est plutôt rébarbatif pour un geek, non ?

  4. En ce qui me concerne, je ne crois pas du tout être un geek, loin s’en faut. Pourtant, j’ai installé hier une aggrégateur sur mon appareil parce que, ce que je comprends de sa fonction, c’est qu’il peut me servir de vigile web. Et justement parce que je ne suis pas geek, j’espère que l’outil me permettra, non pas d’accéder à plus d’information, mais de passer MOINS de temps devant mon écran.

    Je me dis également qu’à l’usage, j’aurai des idées intéresantes comme celle de l’enseignant qui a vu tout de suite l’utilité pour la page d’accueil du site d’une école.

    Par ailleurs, si jamais je décide d’utiliser l’outil blogue avec mes élèves, je pense que l’agrégateur sera un outil indispensable pour maintenir une surveillance rapide et efficace de l’activé carnetière de mes élèves.

    Non, je ne crois pas qu’il faille passer beaucoup de temps devant son écran ou consommer beaucoup d’information pour avoir l’usage des… fils web.

    Je viens d’ailleurs, à l’instant, d’avoir l’idée suivante. Demander à des élèves d’utiliser un agrégateur pour surveiller un certains nombre de site dans un champs d’activité qui les intéresse pour produire un ? deux ? articles par mois? étapes? à publier sur le site web de la classe ? le blogue de la classe ?

    Suis-je geek là? Non. Enfin, je ne crois pas.

  5. Voila ça marche !
    Je ne peux être que d’accord avec ta réplique, Clément

    Résumons nous: le ‘fil web’ s’utilise de trois façons:

    (1) comme fil de presse o`u les infogeeks puisent une matière première (ce qui était mon pêché de geekocentrisme);

    (2) comme système ‘de mise à jour automatique’ o’u des producteurs de contenu s’évitent des tâches routinières (comme ton exemple et celle d’André),

    (3) comme système de ‘notification’ o’u un utilisateur fait de la veille (comme l’exemple d’André).

    Je préciserais que dans le cas du troisième, ‘veille’ est pris au sens très large et ma mère pourrait faire de la ‘veille’ sur les dernières photos de son petit-fils mises sur Internet.

    D’ailleurs je crois que c’est là, sur ce troisième point que se trouve le phénomène qui va provoquer l’adoption de masse : au lieu d’envoyer des tonnes de courriels de photos du dernier nés ou des dernières vacances, le photo-blogs permettera au commun des mortels de voir d’un coup d’oeil qui dans la famille a mis à jour son site/journal/carnet…

    Dans ce cas, le changement de paradigme à surveiller sera l’abandon progressif du ‘inbox’ comme ‘agrégateur’ de ‘nouvelles’ (peut-être à cause des spams) pour le voir traverser vers le navigateur grâce à des outils comme Lektora par exemple ou LiveBookmark de Firefox…

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