Que penser de « l’affaire Boisclair »?

Sachant que j’appuie l’équipe de Pauline Marois dans la campagne au leadership du Parti Québécois, des amis me demandent ce que je pense de « l’affaire Boisclair ». J’y réfléchis à voix haute.

Pour le moment, trois choses me préoccupent dans cette histoire:

1. S’il est vrai que la consommation de cocaïne peut relever de la vie privée, il me semble qu’il en est autrement lorsque celle-ci survient pendant qu’une personne occupe des responsabilités politiques importantes. Le fait qu’André Boisclair ait pu consommer de la cocaïne « pendant sa jeunesse » n’influencera pas mon choix dans la course à la chefferie, mais s’il a consommé alors qu’il était ministre, c’en sera autrement.

2. Si ce qu’il y a dans le placard d’André Boisclair peut le rendre vulnérable aujourd’hui, dans le contexte de la course à la chefferie, qu’en sera-t-il lorsqu’il sera éventuellement chef? Les vrais adversaires de la souveraineté ne seront-ils pas bien plus vicieux avec cette nouvelle que ses adversaires circonstanciels d’aujourd’hui? Est-ce que le Québec y gagnera?

Mais surtout, comme éducateur:

3. Quand André Boisclair se défend en disant qu’il n’a fait que comme tous les jeunes québécois… je m’inquiète. Je m’inquiète parce que mon entourage n’est pas comme ça et parce que, comme parent, cela brouille profondément le message éducatif que tente d’envoyer à mes enfants. Cette banalisation ne m’aide pas du tout à jouer mon rôle de parent. Je ne m’attends pas à ce que tous les politiciens soient de parfaits modèles pour mes enfants, mais je souhaite qu’ils mesurent bien l’importance des messages qu’ils envoient aux jeunes québécois et à ceux et celles qui les aident à grandir.

Je continue à réfléchir… en trouvant bien dommage que le débat public prenne cette tournure à un moment dont nous pourrions profiter pour élaborer un peu plus/mieux notre projet de société.

7 réflexions sur “Que penser de « l’affaire Boisclair »?

  1. J’ai bien aimé la chronique de Vincent Marissal dans la Presse de ce matin. Il dit en substance que, malgré ce qu’on lui reproche, si on commence à se demander ça pour Boisclair, faudrait aussi se poser la question pour bon nombre de députés et ministres qui ont déjà maintes fois exercé leur fonctions en état notable d’ébriété.

    On pourrait faire un parallèle avec Gilles Baril qui a déjà consommé de façon notoire, et qui avait changé son comportement. http://www.assnat.qc.ca/fra/Publications/debats/journal/ch/020515.htm

    Pourquoi lui et pas Boisclair ?

  2. Je suis content, Clément, que tu soulèves la question… Je me proposais moi-même de l’aborder. Ce n’est pas que la course au PQ me passionne — loin de là —, mais cette histoire me pousse à réfléchir et mon opinion est, sur ce point, très changeante… Au sujet de tes réflexions, le point 1 me semble intéressant… D’un autre côté, je suis d’accord avec le commentaire de M. St-André. Et que dire des politiciens qui visitent les AA?

    Pour ce qui est du point 2, c’est une question de stratégie qui ne me concerne guère. Je n’ai personnellement pas le droit de voter pour le chef du PQ et cette question n’aura aucun impact sur MA décision lors des prochaines élections (dans la mesure où je ne voterai pas pour le PQ) ou même lors d’un éventuel référendum (dans la mesure où j’ai bien peur que je demeure — pour l’instant du moins — souverainiste malgré les passe-temps d’un quelconque chef). Je comprends toutefois que la question se pose (et doit se poser) aux militants du PQ.

    Quant au point 3, je crois être d’accord avec toi. Je dis je crois, parce que je ne suis pas sûr. D’en faire un plat est-ce dire que c’est inacceptable et du coup risquer de faire fuir le jeune qui voudrait partager son expérience dans l’espoir d’avoir de l’aide? De ne pas en faire cas, est-ce à dire que c’est banal? La chose demeure criminelle. Et il n’y a pas de justification morale possible. Et puis, le bonhomme était ministre… Ça me fait penser à l’histoire du Premier ministre Campbell en Colombie-Britannique, arrêté pour conduite avec facultés affaiblies. Il me semble cependant que son cas était autrement plus sérieux! Et si Boisclair s’était fait prendre alors, est-ce que ça aurait dû le discréditer pour toujours? Tout comme l’histoire Svend Robinson…

    Au départ, je me disais, peut-être que ça peut laisser entendre une certaine sensibilité envers la réalité des toxicomanes… Peut-être est-ce une bonne chose en ce sens. Tout comme un politicien qui souffre d’alcoolisme risque d’être plus sensible à cette réalité… Je n’ai a priori rien contre, bien au contraire… Des politiciens qui laissent paraître leur humanité peut être intéressant.

    Je suis par ailleurs très sensible à l’idée avancée par Mme Payette, je crois, qui soutient que si c’eût été de Pauline Marois dont il était question, nous réagirions autrement violemment. Je crains en effet que cela aurait sans doute été le cas. Nos attentes quant aux femmes sont si différentes… D’un autre côté, je me demande s’il ne vaut pas mieux justement être conciliant avec tous que d’être intransigeant avec tous.

    Bon… mon commentaire est éclaté (et long)… c’est bien l’indice qu’à ce sujet, mon opinion est loin d’être faite. Je me demande…

  3. Doit-on pardonner à un individu qui a fait une erreur, qui la reconnaît et qui prend les mesures requises pour la corriger? Absolument.

    Doit-on pardonner une erreur que l’individu banalise, trouve naturelle, commune sans importance, et qui de plus, constitue l’un des fléaux les plus dramatiques de notre société? Qui est un acte criminel? Jamais. Jamais je ne prendrai le parti d’un individu qui banalise la consommation de drogues surtout une drogue comme la cocaïne.

  4. Et si jamais il devient Premier ministre et si de plus il réussit à gagner un référendum sur la souveraineté. Le voyez-vous, avec un passé «récent» de toxicomane, essayer de convaincre les États-Unis que le Québec est maintenant un pays souverain? Qu’il faut maintenir les liens économiques?

    Hum… pas sûre.

  5. Je ne pense pas que monsieur Boisclair soit l’homme de la situation au Québec. Certes, tous les humains ont commis des erreurs dans leur parcours, mais nous nous devons d’exiger d’un futur premier ministre et d’un chef de nation une réputation et une maturité sans reproche.

    Le fait de ne plus conommer maitenant n’est pas la preuve que l’homme est à l’abri d’une rechute possible. Le Québec n’a pas la capacité de prendre ce risque. Il en va de l’avenir de toute notre société québécoise.

    Avons-nous l’excuse trop facile quand notre choix est plutôt émotionnel que rationnel?

  6. BATTRE CHAREST- GAGNER LE RÉFÉRENDUM – RÉALISER LA SOUVERAINNETÉ
    La souverainneté du Québec est un projet de grande envergure et sa réalisation peut être rendue difficile par les manoeuvres du reste du Canada et par les entraves venant de fédéralistes québécois qui voudront se venger de la perte des privilèges qu’ils avaient au niveau fédéral. Pour faire face à cette adversité nous avons besoin d’une personne reconnue et respectée pour sa grande expérience politique ainsi que sa capacité et sa détermination à réaliser l’indépendance politique du Québec. Depuis le début Mme Marois a démontrée de façon éclatante sa force calme et sa tenacité face à sa position défavorable dans cette course à la chefferie. Si les membres du Parti Québécois veulent gagner la prochaine élection et avoir une chance de gagner le prochain référendum, ils n’ont d’autres choix que Mme Marois parce qu’elle est la seule personne reconnue comme valeur sûre par l’ensemble de la population. Même les jeunes favorables à André Boisclair doivent se rendre à l’évidence qu’il n’a pas suffisamment fait ses classes et qu’il inspire une certaine méfiance dans une couche importante de la population.
    Voyons si les Péquistes veulent vraiment battre Charest et se donner un pays.

    BOICLAIR LA PLANCHE DE SALUT DE CHAREST
    SI VOUS SAVIEZ JUSQU’À QUEL POINT LES LIBÉRAUX DE JEAN CHAREST ET LE MILIEU DES AFFAIRES SOUHAITENT LA VICTOIRE D’ANDRÉ BOICLAIR. ILS SE FROTTENT LES MAINS DE PLAISIR À L’IDÉE DE DÉMOLIR CET ANCIEN MINISTRE QUI SE GELAIT À LA COCAINE AU POINT DE NE PLUS RETROUVER SON AUTO.

  7. Que penser de « l’affaire Boisclair »?

    Je ne sais pas pourquoi certaines personnes se sentent offusquées, si elles n’aiment pas les politiciens, qui sont dans ce film, pour ce qui ait de Boisclair on a déjà entendu plus des stupidités venues de l’Angleterre en 1939 (Français – Anglais) 1939-1945) Puis, de la part de monsieur de 95 ans Jean Chrétien, depuis sa naissance… !

    M. Millan

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