L’actualité éducative « comme à la télévision »

De beaux souvenirs ce matin et une grande fierté devant l’innovation dont notre « petit réseau » sait faire preuve…

Voir cette discussion, qui a mené au ticker (fil de presse) qu’on voit au haut de cette page

…et qui me rappelle le réseau éducation Québec, que nous avions mis en place en 1998 et qui était tout à fait dans cet esprit. Une petite technologie simple, ouverte, de partage d’information d’un site éducatif à l’autre.

Ceci dit… je suis moins sûr qu’à cette époque que c’est la meilleure façon de faire circuler l’information, mais ça, c’est une autre histoire!

Creative Commons

Exploration approfondie ce soir de la license Creative Commons, dont j’avais entendu parler, sans me donner la peine de comprendre. J’aurais dû. C’est particulièrement important dans le domaine de l’éducation.

Ça devrait faitre l’objet de présentations à tous les élèves, dans toutes les écoles, à l’occasion de quelque chose comme une initiation aux droits d’auteurs. Surtout dans un contexte d’utilisation intensive et de créations de documents numériques. Quelques documents disponibles sur le site s’y prêteraient bien s’ils étaient traduits et légèrement adaptés.

Dans ce texte de présentation en français… on apprend qu’une version française (pour la France) est en préparation (il y a aussi ce texte, en français, pour mieux comprendre). Malheureusement, rien de semblable au Canada… pas même en anglais.

Mais l’esprit est là… et clairement exprimé, particulièrement dans la version human-readable summary

De plus, il est très simple de déterminer la license qui nous convient. Clic, clic, clic. Voilà!

Les Baldwin

Je découvre dans Le Soleil d’aujourd’hui un commentaire sur Les Baldwin, un livre de Serge Lamothe, publié à l’Instant même. En plein mon genre de livre! D’ici à ce que je le lise, je retiens un passage de l’entrevue avec l’auteur, parce qu’il me fait penser à la dynamique des carnets:

« Pour moi, l’écriture tire profit d’une communauté de parole, c’est-à-dire qu’on ne peut pas écrire déconnecté de tout ce qui a été écrit avant. C’est sûr que j’ai toujours eu du plaisir à faire des clins d’oeils. Des références? Évidemment, Kafka, cité en exergue pour certaines raisons, Borges, Monthy Python, Azimov, la science-fiction… mais ce sont des choses que je réalise a posteriori. C’est en relisant que je les découvre véritablement. C’est en parlant avec un lecteur attentif. ».

Ce processus de « relecture aidée du lecteur attentif » est au coeur des carnets il me semble.

Il y a une autre entrevue avec l’auteur, par Stanley Péan, sur le site de la Librairie Pantoute.

Leadership: be, do, learn

« Being a competent leader requires that you have the skills and knowledge to reach your goals. […] I think of my leadership in terms of who I am (be), what I know and can do (do), and what I need to know in order to continue to be effective (learn). These three touchstones‹be, do, learn‹frame what I know about leadership. »

Source: James D. Bruce, « So, I Want You to Lead Š »: Advice to a New Leader, EDUCAUSE Review, vol. 38, no. 6 (November/December 2003): 10­11.

Un autre extrait: « To be an effective leader, you must have character. Who are you? What are your values? What is your worldview? »

Ce qui me fait penser que les carnets sont particulièrement utiles au développement du leadership parce qu’ils peuvent aider à développer cet essentiel caractère (à se doter d’une personnalité, pourrait-on aussi dire). Les carnets m’aident à savoir qui je suis. À confronter les valeurs qui me rassemblent ou qui me distinguent de ma communauté, à définir mes rapports avec autres membres de la communauté. Écrire dans un lieu public et réseauté… c’est forcément apprendre à se forger une identité.

À cet égard, les carnets sont un creuset qui peuvent à la fois servir à mieux se connaître soi-même, à se définir par rapport à sa communauté et à s’intégrer dans celle-ci comme un acteur avec des objectifs précis, à la fois personnels et communautaires. D’où, peut-être, l’émergence du leadership.

Et le mot de la fin: « To lead effectively, you must face each day as an active learner. »

Livre, photocopillage, économie, culture, éducation…

René réagit à un texte de Gilles Pellerin publié dans Le Devoir à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Il nous invite à bien distinguer les motivations qui nous font dénoncer le photocopillage (la réflexion conviendrait aussi bien à la musique et aux mp3).

Son point de vue est particulièrement intéressant parce qu’il illustre bien qu’on ne gagne pas à mélanger les arguments économiques et les arguments culturels ou éducatifs dans ce genre de réflexions et de discours. Ce sont des perspectives qui se complètent mais qui ne doivent pas se confondre.

« Ce qui me gêne par ailleurs dans l’amalgame commun des dénonciations actuelles, c’est de confondre droit d’auteur et propriété intellectuelle. Les deux notions sont clairement liées, mais ici encore, c’est la seule dimension économique du premier terme qui s’impose. […] La dénonciation du photocopillage et du téléchargement est entièrement fondée sur des arguments économiques et donc sur une rhétorique de la culpabilisation. Si l’on veut prôner le livre, c’est d’abord comme objet de culture qu’il faut le présenter.

Vers la fin de Rescol…

« Parallèlement, certaines initiatives du programme Rescol seront abandonnées. Ces programmes sont : Rescol à la Source, Compétence.ca, Collections numérisées du Canada, Camps de l’innovation et de l’entrepreneurship, Semaine des technologies de l’information du Canada et RéseauBiblio. En outre, le Bureau des partenariats internationaux sera dissout et nous considérons transférer certaines de ses fonctions à d’autres directions générales du ministère.

Le Réseau des écoles innovatrices va être maintenu pendant la première partie de l’exercice financier en cours afin de permettre la mise en ¦uvre de l’étape finale de ce programme dans les écoles qui font déjà partie du réseau.

Étant donné les changements apportés à Rescol, son portail ne sera plus l’objet d’activités importantes. »

Source:

Jusqu’où peut-on aller pour défendre ses idées?

J’ai passé une soirée inoubliable vendredi au Théâtre du Trident avec la présentation de la pièce Aux portes du Royaumes de Knut Hamsun.

La pièce fait habilement réfléchir sur la liberté de pensée et sur les influences auxquels les libres-penseurs sont confrontées. Sur le prix de cette liberté également. C’est une oeuvre d’une grande puissance et le jeu de Hugues Frenette et Hélène Florent est exceptionnel.

Ma conclusion au sortir de la pièce: la « libre pensée » comme « une oeuvre individuelle » est une illusion destructrice. La « libre pensée » dans laquelle il faut croire et qu’il faut défendre et protéger est une « oeuvre collective ». Les idées qui changent le monde sont le plus souvent le fruit d’une construction collective, pas celle d’un être qui s’isole pour réfléchir.

Je pense qu’en s’obstinant à « penser seul », Ivar Kareno se fragilisait comme personne (le coût sur sa vie personnel était énorme!) et rendait aussi ses idées vulnérables (face à divers chantages).

Dans un monde aussi réseauté que le nôtre, sans doute vaut-il mieux « réfléchir tout haut », dans un espace collectif, et ajuster sa pensée aux échos suscités par la gestation de l’idée. Exposée de cette façon aux influences, il me semble que l’oeuvre du libre penseur est mieux protégée… parce qu’elle pourra être défendue par les nombreuses personnes qui l’auront vue naître, mais aussi parce qu’elle sera protégée des éventuelles concessions auxquelles leur auteur pourrait être invités pour diverses raisons.

La pièce aborde aussi la question des compromis qu’il peut être nécessaire de faire dans une vie au regard de ses valeurs ou de ses convictions. Une pièce très juste, qui met en scène un « choc » de personnages d’une rare intensité, tout en réussissant le tour de force de ne pas être pontifiant. Tout est en subtilité et on ressort de la pièce sans pouvoir vraiment dire lesquels des personnages ont eu raison et lesquels ont pu avoir tort. On est forcé de réfléchir… ce que je n’ai pas fini de faire!

C’est un très grand moment de théâtre que Marie-Thérèse Fortin nous avait programmé avant de partir pour Montréal. Au point où le metteur en scène, Claude Poissant, nous disait (avec raison) avoir l’impression de contribuer à la naissance « d’un classique ». Parce qu’aussi invraisemblable que cela puisse paraître, cette pièce n’a apparamment pratiquement jamais été jouée (en français du moins).

Merci Mme Fortin. Merci beaucoup. Et bonne chance avec le Théâtre d’Aujourd’hui.

Mise à jour du 9 janvier 2017 — les liens vers la pièce sur le site du Trident ne fonctionnent plus, mais le site du Devoir présente toujours une critique de la pièce, signée par Isabelle Porter.

Des chirurgiens qui jouent…

Le Soleil y faisait référence cette semaine, le carnet du MIT Technology Review nous en dit un peu plus ce matin… Les chirurgiens qui jouent avec des jeux vidéos sont plus habiles que les autres!

«… doctors who spent at least three hours a week playing video games made about 37 percent fewer mistakes in laparoscopic surgery and performed the task 27 percent faster than their counterparts who did not play video games. »

Pour en savoir plus: Scalpel, Sponge, Joy Stick…

Cher Robert…

Note: C’est avec une très grande déception que j’ai pris connaissance de la diatribe de Robert Bibeau au sujet de la conférence de Seymour Papert aux RIMA. Plutôt que de répondre au texte de façon trop impersonnelle et de risquer une escalade qui serait bien involontaire (merci Thierry!), j’ai jugé qu’il vallait mieux m’adresser directement à son auteur, que je connais un peu (d’où le ton familier!).

* * *

Salut Robert,

C’est avec un grand étonnement que j’ai pris connaissance du texte que tu as écris en réaction à la conférence que Seymour Papert a prononcée aux RIMA devant ce que tu décris comme une « galerie complaisante de disciples éplorés ». Je constate par ailleurs que c’est en fait à un texte de l’Infobourg que tu as réagis puisque tu n’étais pas présent aux RIMA et que le texte de la conférence n’a été publié nulle part jusqu’à présent. Cette nuance ne t’enlève évidemment pas le droit d’avoir une opinion sur le discours que Papert puisqu’on peut en trouver de nombreuses traces sur Internet.

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Bibeau sur Papert, d’après l’Infobourg

Réagissant à ce texte de l’Infobourg au sujet de la conférence de Seymour Papert il y a trois semaines dans le cadre des RIMA, Robert Bibeau se lance dans une diatribe à la limite du pamphlet, voire du procès d’intention.

Même si j’apprécie généralement les auteurs qui adoptent un style polémique, ce texte me semble déplorable à bien des égards. S’il est vrai que plusieurs éléments du discours que développe Papert depuis trente ans sont critiquables, on aide pas à comprendre la pensée de l’homme en faisant de toutes les critiques à son endroit un véritable salmigondis.

Commentaires plus complets à suivre… mais en attendant, j’aime beaucoup mieux le ton adopté ici (aussi très critique)… qui a donné lieu à cette conversation.