À la recherche de cyberpédagogues

Note: Le texte suivant fait partie d’un ouvrage collectif, intitulé Les défis du cybermonde, qui a été réalisé sous la direction de Hervé Fischer et qui est paru en avril 2003 aux Presses de l’Université Laval.


APPRENDRE À PENSER AUTREMENT
pour imaginer un monde différent

Dans un texte qu’il signait pour Libération en 1995, Jean-Louis Gassée laissait entendre qu’il avait préféré inscrire ses enfants à une école sans ordinateur, mais dont les professeurs partageaient des valeurs et des convictions clairement formulées, plutôt que de les confier à une école dont les responsables se seraient laissé distraire par des ordinateurs derniers cris.

« L’espoir est tenace, disait celui qui dirigeait alors la division Produits d’Apple Computer, [et si], malgré les mécomptes, l’ordinateur continue d’apparaître [à plusieurs] comme la panacée éducative [il serait préférable de considérer] que les ordinateurs servent à tout sauf à l’enseignement, cela nous éviterait au moins de se tromper de problème ».

Huit ans plus tard, c’est à mon tour de devoir choisir une école pour mes enfants et de me questionner sur le milieu qui pourra contribuer à les rendre heureux, libres et solidaires dans un monde déjà profondément marqué par l’avènement des technologies numériques.

En relisant aujourd’hui son texte, je me dis qu’il n’avait pas tort. Entre un milieu d’apprentissage stimulant, mais unplugged, et un autre dont la principale qualité est d’être technologiquement up to date, je ferais probablement le même choix. Un doute subsiste toutefois dans mon esprit : des enseignants qui ne connaissent pas les nouvelles technologies de l’information et de la communication pourront-ils aider mes enfants à embrasser le monde complexe dans lequel ils se préparent à vivre ? Soudain, je m’interroge.

Je suis à la recherche de cyberpédagogues.

Une question de culture

Autant le dire tout de suite, la maîtrise technique des nouvelles technologies par les enfants ne m’inquiète pas un seul instant. L’école perd son temps en montrant aux enfants à utiliser un logiciel de traitement de texte. Il suffirait de les mettre en contact avec le logiciel dans un cadre stimulant.

Je m’intéresse bien plus à ce qui contribue à mettre les enfants en contact avec la culture qui préside au développement de la société numérique et dont la compréhension, même partielle, m’apparaît indispensable pour éviter d’en devenir un citoyen-consommateur contemplatif.

Qui aurait cru, il y a quelques années à peine, qu’un adolescent finlandais (taciturne de surcroît !) allait provoquer une véritable révolution dans le monde informatique en demandant naïvement à des amis de l’assister dans le développement d’un logiciel ? Ou que deux ados américains feraient trembler la puissante industrie du disque en mettant au point, dans le sous-sol de leurs parents, un mécanisme permettant de partager simplement (et gratuitement) des fichiers musicaux ? C’est pourtant ce qui est arrivé avec Linux et Napster.

Or, ils sont des dizaines comme Linus Torvald, Bill Bales et Adrian Scott à lancer chaque jour des idées et à initier des projets dans le but de s’approprier les nouvelles technologies. Ce sont pour la plupart des jeunes qui se foutent éperdument de ce pour quoi une technologie a initialement été conçue. Ils aiment avant tout explorer, sans contraintes, tout ce qu’il est possible de lui faire faire. Des jeunes à la pensée audacieuse qui, loin de se demander si ce qu’ils tentent est souhaitable veulent surtout relever un défi, goûter au plaisir d’avoir réalisé quelque chose de difficile, ou simplement montrer ce dont ils sont capables. Ils se savent engagés dans la découverte d’un nouveau monde sans vraiment se préoccuper du reste.

À moins de croire que les étonnantes entreprises de ces découvreurs sont simplement les fruits du hasard, on peut penser qu’elles sont plutôt engendrées par une culture dont les produits contribuent à remettre en question l’ordre établi ? une culture plus amorale qu’immorale, dans la mesure où elle est subversive sans en avoir véritablement l’intention. C’est à cette culture sibylline que doit s’intéresser la cyberpédagogie.

En démontrant qu’il est possible de développer avec succès un logiciel aussi complexe qu’un système d’exploitation, de façon non hiérarchique, uniquement en faisant appel à la collaboration de milliers de personnes qui ne se connaissent à peu près pas, qui n’ont pas les mêmes intérêts et qui sont à peu près tous bénévoles, Linus Torvald a fait bien plus que narguer Bill Gates. Son projet marque rien de moins qu’une étape importante dans l’histoire de l’humanité. Grâce à lui (et aux milliers de gens qui y ont cru), nous savons dorénavant que des réseaux informatiques peu coûteux ? littéralement accessibles à tous ? peuvent soutenir des formes de coopération et d’entraide qu’il était jusqu’à tout récemment impossible d’envisager.

Des influences bien réelles

Il est important de connaître Linux et Napster pour être en mesure d’imaginer le monde de demain (sans compter qu’il faudra être attentif à l’apparition des projets qui leur succéderont). Il est toutefois encore plus important, en particulier pour un enfant, de savoir que les nouvelles technologies ont le pouvoir de changer les règles du jeu lorsqu’elles sont utilisées d’ingénieuse façon… avec l’éclairage de la culture de ceux et celles qui les ont découvertes.

Il est d’autant plus important de comprendre cette culture qu’elle dépasse de plus en plus largement les frontières de l’informatique pour se diffuser dans l’ensemble des activités sociales, économiques et politiques sur lesquelles sont fondées notre société.

C’est forts des succès du monde informatique avec de nouvelles formes de collaboration que les militants dits antimondialisation organisent leur résistance à partir d’Internet et des Independant Media Centers. C’est aussi grâce à des modes de fonctionnement à la fois cohérents et décentralisés que des groupes de citoyens s’organisent pour assurer la qualité des cours d’eau de leur région, souvent avec une efficacité plus grande que celle des autorités promises à la centralisation. C’est aux mêmes sources que puise aussi (hélas!) le réseau Al Qaïda, dont les activités et le fonctionnement apparaissent tellement insaisissables à un gouvernement américain qui comprend mal sa culture (islamique intégriste, bien sûr, mais également numérique).

Pour le philosophe Pierre Levy, l’âge du numérique suppose carrément de nouvelles formes de participation politique ? qu’il désigne sous le terme de cyberdémocratie. Comment ne pas lui donner raison dans la mesure où les idées de quelques jeunes, d’abord fascinés par les nouvelles technologies, sont en train d’influencer profondément la joute politique actuelle… jusqu’au plan international?

Si les enfants d’aujourd’hui ne sont pas mis en contact avec la culture des jeunes précurseurs, on peut parier qu’ils auront beaucoup de difficulté à devenir autre chose que les téléspectateurs plus ou moins passif d’un intriguant spectacle. Brenda Laurel, pour qui l’éducation consiste à intégrer un nouvel humanisme dans la culture populaire, fait même de la cyberpédagogie une condition nécessaire au maintien de la démocratie.

À défaut que l’école aide les enfants à mettre les nouvelles technologies au service de la collectivité, il faudra se résigner à ce que l’âge du numérique soit soumis aux puissantes influences des quelques groupes dont les intentions ne seront sans doute pas toujours très claires et qui seront parfois bien loin de la recherche du mieux-être collectif.

Des cyber-espaces à la cité éducative

Dans ce contexte, le rôle des enseignants est plus essentiel que jamais. Ils se trouvent à devenir pour les enfants des médiateurs privilégiés entre le caractère involontairement subversif d’une culture amorale et l’indispensable recherche du bien commun.

Les cyberpédagogues sont ceux qui accompagnent les enfants afin de leur permettre de comprendre qu’il y avait derrière Napster (et maintenant Gnutella, Kaaza, Morpheus et les autres) bien plus que des centaines de milliers de fichiers musicaux gratuits. Il leur incombe de les aider à découvrir que même s’ils sont souvent utilisés à des fins illicites, les cyber-espaces auxquels donnent forme ces logiciels pourraient également être mis à profit pour faire face à des défis collectifs.

De la même façon, qu’ils devraient voir à mettre les enfants en contact avec le type de communauté qui a rendu possible le développement de Linux (le monde opensource) et avec de nouvelles manières de partager des idées et des documents (le peer-to-peer, en particulier), les cyberpédagogues doivent également accompagner les enfants dans la compréhension de ce qui fait de certains projets des phares de l’âge du numérique. À titre d’exemples, parmi les plus connus:

Amazon ? qu’il faut connaître pour saisir et développer une saine méfiance dans l’immense potentiel d’un système de bases de données couplé à la puissance des statistiques (qui, dans le contexte du magasin général de l’âge du numérique, n’a rien de théorique !)

Le projet SETI@home (ou d’autres qui s’en sont inspiré) grâce auquel des millions de personnes peuvent mettre la puissance inutilisée de leur ordinateur personnel au service de la science ? parce qu’il est important de savoir qu’en mettant en commun nos ressources informatiques personnelles, on peut arriver à réaliser des exploits que même des moyens techniques et financiers colossaux rendraient difficilement possible.

Slashdot, les Independant Media Centers et autres médias électroniques communautaires ? parce qu’il est indispensable de savoir que le modèle traditionnel des empires médiatiques et du rôle parfois complexe des journalistes n’est pas la seule manière de produire et de diffuser de l’information valable et pertinente. D’expérimenter aussi les forces et les faiblesses de chacun des genres.

Pour qu’ils puissent porter à l’attention des enfants l’oeuvre des précurseurs du cyber-espace, et les aider à en percevoir les relations avec leur existence et avec le bien commun, il faudra évidemment que les enseignants disposent de ressources inédites. Il leur faudra en particulier beaucoup de temps pour se frotter à la culture qu’on leur demande de vulgariser.

Avec ces ressources, ils pourront imaginer des contextes dans lesquels les enfants seront naturellement mis en contact avec de nouvelles formes de collaboration, de solidarité et de participation politique. De nombreux projets ont déjà montré qu’il est possible de le faire relativement simplement. Parmi ceux auxquels j’ai eu la chance d’être associé, mentionnons:


  • Un camp de jour technologique où des enfants ont pu découvrir qu’en mettant leur connaissance informatique au service de leur communauté, ils en devenaient des experts recherchés et appréciés ;

  • L’opération crayons, au cours de laquelle les enfants d’une centaine d’écoles ont fait la démonstration qu’ils pouvaient collaborer même sans se connaître en rassemblant plus de cent mille crayons de couleur qu’ils ont offerts aux enfants réfugiés de la guerre du Kosovo ;

  • L’opération crocus (inspirée du projet américain Journey North) a permis à d’autres enfants de constater qu’en partageant leurs observations sur le temps qu’il fait, ils pouvaient rendre perceptibles même des choses invisibles comme la montée du printemps sur le territoire du Québec ;

    Les travaux de centaines de personnes comme Mitchel Resnick, du Massachusetts Institute of Technology, mettent également à la disposition des enfants des outils pour découvrir des façons de penser autrement qui facilitent grandement le fait d’imaginer un monde différent. Son livre Turtles, Termites and Traffic Jams est un ouvrage essentiel de la cyberpédagogie.

    D’autres projets prennent actuellement forme, ici et là au Québec et ailleurs, avec le concours de centaines de cyberpédagogues en herbe. Au printemps 2003, par exemple, Si j’étais premier ministre, devrait permettre à des milliers d’enfants de découvrir que les nouvelles technologies rendent aujourd’hui possible de mettre en commun des idées, d’en faire collectivement le tri et d’identifier démocratiquement des pistes d’actions prioritaires ? un apprentissage démocratique essentiel.

    Toutes ces approches impliquent toutefois qu’on accepte de faire progressivement tomber les murs de l’école, parce que la cyberpédagogie n’a de sens que dans la cité ? au coeur des activités et des préoccupations de la communauté, là où le bien commun est beaucoup plus qu’un concept. L’école de la cyberpédagogie, est une cité éducative.

    * * *

    Me voilà donc à la recherche d’une école pour mes enfants.

    Comme Jean-Louis Gassé, j’éviterai sans aucun doute les écoles dont les enseignants se laissent chaque jour distraire par de nouveaux gadgets. J’éviterai aussi les écoles où on enseigne l’utilisation de Microsoft Word sous prétexte que c’est ce que les enfants utiliseront une fois sur le marché du travail. On y enseigne aux enfants à penser dans un monde qui n’existera bientôt plus.

    Au moment même où la société du numérique prend forme à une vitesse vertigineuse, je suis à la recherche d’une école dont les principaux acteurs connaissent suffisamment les nouvelles technologies pour comprendre que les enjeux éducatifs actuels sont d’abord et avant tout culturels et que la cyberpédagogie n’a rien à voir avec la maîtrise d’un ensemble particulier de logiciels.

    Je cherche une école qui prendra les moyens nécessaires pour habiliter de petits êtres humains à se côtoyer de façon libre et solidaire dans un cyber-espace qui, s’il a pris forme dans un univers essentiellement virtuel, est en train d’émerger dans le monde réel. Un monde où les règles du jeu reposent davantage sur la collaboration et la mise en commun des ressources que sur la compétition et la hiérarchie.

    Et si elle n’existe pas cette école, eh bien, il faudra l’inventer !

10 comments

  1. Au moment même où la société du numérique prend forme à une vitesse vertigineuse, je suis à la recherche d’une école dont les principaux acteurs connaissent suffisamment les nouvelles technologies pour comprendre que les enjeux éducatifs actuels sont d’abord et avant tout culturels et que la cyberpédagogie n’a rien à voir avec la maîtrise d’un ensemble particulier de logiciels.

    Considérant justement la vitesse vertigineuse et le maigre degré de cyberculture des la plupart des pédagogues actuels, n’est-il pas moins utopique de penser que la meilleure façon d’équiper les écoles serait de créer des petites équipes d’intervention, comprenant un pédagogue et un cyberexpert? Ainsi, les acquis respectifs de chacun viennent enrichir le projet et en peu de temps plusieurs petits projets pourraient se réaliser.

    Je n’ai pas une idée précise des objectifs pédagogiques d’une classe de quatrième année, mais j’ai la conviction que la lecture, l’écriture, la conversation, les échanges culturels, le développement des capacités de recherche et de synthèse, l’organisation du travail et le sens des responsabilité sont tous des connaissances qui pourraient FACILEMENT êtres enseignées et mises en pratique dans le cadre de projets internet qui demandent peu de moyens ($) et peu de temps à mettre en place… non?

  2. Merci Sylvain. Je suis tout à fait d’accord avec toi. Et il n’est pas du tout dans mon idée de dire que les « compétences » de la cyberpédagogie doivent être le fait de tous les enseignants (du moins pas aujourd’hui). Ce qu’il faut retenir à mon avis, c’est que nous devons nous assurer que les enfants soient toujours en contact avec des gens (ton cyberexpert?) qui sont en mesure de le guider dans cette culture.

    Merci de tes commentaires ‹ on s’en reparle.

  3. Bien le bonjour,

    Cela fait quelque temps que je consulte vos réflexions toujours intéressantes. J’ai même tenté de partir un WEBblog avec mes élèves de secondaire 1 (c’est le pourquoiapprendre à blogger… mort au feuilleton). Bon voilà mon propos…

    Pourquoi ne impliquer les jeunes, les élèves dans une critique et une analyse des méthodes pédagogiques utilisées… J’expérimente le tout dans mes cours d’initiation aux logiciels-outils (et oui malheureusement ! je suis bien d’accord avec vous (6e paragraphe). Un site web, des viewlet, des projets motivants (du moins je l’espère), mais surtout une tentative de faire réfléchir le jeune de secondaire 1 sur les méthodes de travail que ce dernier sélectionne par lui-même et tenter de faire réaliser à ces mêmes jeunes que le support importe oui, mais que les méthodes de travail sont importantes et transférables dans les autres matières…

    Du coup (et d’après mes premières observations chez les élèves peu intéressés par l’ordinateur) les élèves semblent oublier le média utilisé sauf pour le critiquer (ce qui est en soi génial !) Est-ce qu’il existe des papiers qui analysent mon observation… Est-ce une piste de travail intéressante ? Ce n’est qu’une obervation comme ça !

    Merci de vos réflexions…

    A la prochaine…

  4. On cite souvent Linux Torvald, Bill Gates, etc … mais on oublie souvent de parler de Tim Berners-Lee, le créateur du Web. Quel était la motivation de M. Berners-Lee ? Faire un truc techno, faire un réseau … La motivation était de rendre disponible gratuitement l’information pour tous sans tenir compte des contraintes technologiques. Cet homme a sa place au coté des grands de l’humanité.

    En ce qui concerne la technologie et l’école, pour ma part je ne laisse pas à l’école l’apprentissage de la technologie (ok mon cas, n’est pas la norme).

    L’école est là pour éduquer (grande vérité ;) ). La technologie dans ce cadre doit être simple, facile et ne doit pas accaparer les énergies, comme vous le mentionné. Cependant, les profs manquent de formation (de temps) et surtout de scénario, de plan, de recette et de matériaux utilisables.

    Pour la plate-forme que ce soit Windows, Linux, etc … c’est un débat stérile. Ces questions ne sont pertinentes lorsqu’on parle de $$$ et surtout de la disponibilités des outils. Ceux-ci sont importants. Avec quoi que je vais écrire et imprimer, avec quoi je vais communiquer, avec quoi je vais construire mon contenu et avec quoi je vais gérer ma pédagogie et ma classe.

    Les phénomènes Linux et Napster sont trop jeunes pour que nous puissons juger de leur importance maintenant. Pourtant, je suis un partisant du phénomène open-source, mais je suis également pragmatique.

    Finalement, je suis plutôt d’accord avec votre conclusion.

  5. Bonjour,

    Comme toujours un texte qui pousse à la réflexion. Personnellement, je suis très préoccupé par le recul qu’on sent actuellement dans plusieurs écoles du Québec face à l’utilisation des TIC.

    Il faut, dans plusieurs écoles, une bonne dose de courage pour faire «marcher» les TIC. Michel Arcouet a raison de dire que pour intégrer la technologie à l’école, encore faut-il qu’elle fonctionne.

    Ce constat amène la réflexion suivante, qui n’est pas de moi (j’ai oublié de prendre note de l’auteur, mes excuses) :

    Les enseignants font des analyses coûts/bénéfices et l’intégration des TIC ne résiste pas toujours à cette analyse. En clair, tant que cela demandera autant d’efforts d’intégrer les TIC on se rabattra sur les anciens moyens d’enseignement.

    C’est peut-être ce qui rend les «cyberpédagogues» aussi rare.

    Je diffère d’opinion avec Sylvain qui veut accoler un cyberexpert à chacun des enseignants. Ce ne peut être qu’une solution temporaire. Les TIC ne pourront s’implanter d’une façon durable tant que les enseignants n’auront pas acquis un minimum de culture «informatique». Nous possédons tous des cultures acquises, l’informatique en est une autre…

    Mais c’est un autre sujet sur lequel je reviendrai plus tard.

    Continue à nous faire réfléchir, Clément, on aime ça.

    André Cotte

  6. Ce ne peut être qu’une solution temporaire.

    Exactement, c’est dans cet angle que je présente cette solution. Un bénéfice direct de cette approche est l’infusion de connaissance, dans les deux sens. Le cyberexpert (je n’aime pas ce terme, mais à défaut d’en avoir un autre) pourrait transmettre sa passion du médium et le pédagogue sa fougue pour la jeunesse et l’enseignement du savoir (je sais j’idéalise un peu).

    En réfléchissant au rôle du « cyberexpert » , je ne peux m’empêcher de penser aux ados de mon quartier. Ils sont souvent passionnés, très à l’aise avec le médium. De plus la valorisation qu’apporte le partage de leurs connaissances avec un « plus vieux » combiné avec un rôle de modèle pour les plus jeunes est excellent pour leur estime en construction…

  7. Excellent texte. Pour répondre à l’observation de Clément Gagnon, que faut-il faire pour pallier le manque de formation, de scénarios, de plans, de recettes et de matériaux utilisables?

    À mon avis, il faut que les pionniers, ceux qui se servent des nouveaux outils, en fassent des descriptions vulgarisées, à la portée des recrues. Qu’ils écrivent des guides et voient à leur diffusion rapide et efficace vers les gens qui en ont besoin. Cette nouvelle culture que nous bâtissons doit devenir la moins hermétique possible.

    L’un des meilleurs moyens à cette fin est à mon avis le réseautage social. Les outils disponibles aujourd’hui (je pense en particulier aux weblogs) permettent aux nouveaux venus de s’insérer facilement dans une toile interpersonnelle qui grandit chaque jour. D’une certaine façon, ces derniers sont susceptibles de fournir la contribution la plus utile à la croissance, parce que leurs besoins, questions et préoccupations déterminent ce qu’il doit y avoir dans les guides mentionnés ci-haut.

    Les réseaux d’aujourd’hui sont d’égal à égal; les enfants peuvent être vus comme nos pairs, et peuvent nous en apprendre si on les laisse monter la même selle que nous. L’intelligence collective d’une classe et d’un professeur dépasse celle d’un professeur seul.

    Mais les notions de classe et d’école elles mêmes semblent artificielles vues dans la perspective du réseau. Il peut y avoir des contacts plus fertiles entre membres d’organisations a priori disjointes qu’à l’intérieur de ces organisations.

    C’est pourquoi nous nous devons de voir grand, à la plus grande échelle possible. C’est peut-être contre-intuitif, mais les chances de succès sont plus grandes ainsi que si l’on se limite à des efforts circonscrits.

  8. Au fait, si quelqu’un pouvait me mettre en contact avec une personne à qui il ferait plaisir de traduire en anglais ce texte (gratuitement ou non), ça me rendrait service.

    J’aimerais beaucoup le soumettre à First Monday.

    Merci.

    Clément

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