Bilan de lecture: Les Arts et la Ville

J’y faisais référence hier, le quotidien Le Devoir publie cette fin de semaine un cahier spécial sur Les Arts et la ville ‹ du nom d’une Coalition qui tient au même moment son colloque annuel à Sherbrooke. Des articles et des textes d’opinion issus de cet événement devraient également trouver leur place ici au cours des prochaines semaines.

En attendant, voici quelques extraits des principaux articles du document…

Sur le mandat des villes

« Il n’est ainsi plus de bon ton de croire qu’une ville n’aurait qu’un mandat étroit, où la gestion municipale se limite aux seuls aqueducs, au goudronnage et au bétonnage, à un enlèvement des ordures, à un service d’incendie, avec, à l’occasion, la construction d’un parc et de quelques zones de jeux. Aujourd’hui, il faut inclure une bibliothèque, ajouter des activités, de nature souvent culturelle, et surtout donner à la ville, à la paroisse, au village un caractère propre. » (Normand Thériault ‹ Vitalité des villes, viabilité de la culture ‹ page 1)

Sur la mise en valeur de notre savoir-faire

« Nous n’avons pas l’habitude de nous mettre en valeur. La préoccupation des gens d’ici, c’est l’exploitation des ressources naturelles avec lesquelles ils gagnent leur vie. Nous n’aimons pas beaucoup nous placer en évidence et nous croyons que ce que nous faisons est simplement ordinaire.» (Normand Thériault, citant Ginette Saint-Amand, mairesse de Trois-Pistole | Vitalité des villes, viabilité de la culture ‹ page 1)

Sur le développement durable, éducatif et urbain

« Culturellement, [la région du Pas-de-Calais] connaissait un solide retard. Il n’y avait en effet ni théâtre, ni bibliothèque, peu de livres et pas d’équipe artistique implantée […] Les choses sont en train de changer. « À partir de tous les constats quant à ce territoire, explique Chantal Lamarre, les difficultés, les handicaps, mais également les atouts, il s’agissait de développer de nouvelles politiques culturelles ouvertes sur le monde contemporain et axées sur la création et la créativité. Amener les gens à développer leur capacité d’initiative et de mobilité. Bref, s’attaquer à tout ce qui causait problème pour le renouveau de cette région. L’originalité de ce projet, quand même assez unique en France, c’est d’avoir composé une démarche de développement durable en lien avec le développement éducatif et urbain, ainsi qu’une action réelle d’opérateurs culturels. » » (Johanne Landry | Régions – La culture est une responsabilité collective | page 2)

Sur le potentiel limité d’Internet à créer des espaces culturels

« Cet attachement au lieu physique est aussi cher à Lise Bissonnette parce qu’elle croit qu’Internet, malgré son fabuleux potentiel, ne suffit pas à donner accès au monde entier du bout des doigts. « Le lieu est d’autant plus important dans le type de société dans laquelle nous vivons. Il faut recréer des endroits dans la ville où les gens se rencontrent parce que les lieux traditionnels de culture ne tiennent plus. Ce besoin de réseaux peut être satisfait par le milieu culturel, qui s’avère extraordinaire pour reconstituer des solidarités et des convivialités et aussi pour amener les gens à continuer à apprendre. » » (Madeleine Leblanc | Investir dans les équipements | page 3)

Sur l’expérience de la Maison Dauphine, à Québec

« À Québec, la Maison Dauphine vient de fêter ses dix ans. Cette corporation à but non lucratif a pour mission d’aider les jeunes de la rue. Son directeur général, Michel Boisvert, croit qu’il est possible d’utiliser l’art comme moyen de réinsertion sociale. « Les jeunes de la rue ont subi une brisure sociale, ils ont l’impression qu’ils ne peuvent rien faire de positif, explique-t-il. Ce sont des jeunes non formels, majoritairement autodidactes, qui développent des talents proches d’eux, donc principalement artistiques. » Pour leur permettre de s’exprimer et de canaliser leurs énergies, la Maison Dauphine leur fournit une salle de musique et des ateliers d’arts appliqués.

Pour la sixième année consécutive, elle organise une exposition dans des lieux publics. « Nous les poussons à développer leurs talents, mais notre objectif premier est de faire changer l’opinion publique, de prouver à la société que ces jeunes sont dignes de respect et, à ces derniers, que la société peut les accepter. » Ainsi, ils ont obtenu de la ville l’autorisation de peindre d’immenses fresques sur les piliers de l’autoroute Dufferin-Montmorency. « Les gens sont toujours étonnés de voir combien ils sont bons. Ils prennent conscience qu’ils peuvent faire autre chose que des graffitis », explique fièrement Michel Boisvert. Pour lui, la pauvreté économique est l’indice ultime d’une pauvreté sociale beaucoup plus profonde. L’art est donc un moyen de faire une place aux jeunes de la rue dans la société et de leur redonner confiance. Le volet artistique s’inscrit dans un vaste programme de revalorisation offert par la Maison Dauphine. » (Jessica Nadeau | La culture au service de la pauvreté | page 4)

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