Écrire aux députés… réfléchir… proposer!

Il y a une semaine, j’écrivais une lettre à Agnès Maltais, députée de Taschereau et Michel Després, député de Jean-Lesage et ministre du Travail. Rédigé très spontanément, mon texte visait à réagir à un passage de la période de questions à laquelle je venais d’assister à l’antenne de Télé-Québec… un passage qui m’avait beaucoup déçu.

Moins de vingt-quatre heures après leur avoir fait parvenir ma lettre, par courriel, je recevais une réponse plus que convenable de Mme Maltais. Une semaine plus tard, je suis toujours sans réponse (ni accusé réception) de M. Després. Sans doute suis-je un peu trop impatient… Quoi qu’il en soit, je reprends un peu plus bas ma lettre ainsi que la réponse de Mme Maltais, qui m’y a autorisé.

Après avoir écrit aux deux députés, je me suis longuement interrogé pour identifier ce qui m’avait fait réagir aussi promptement à cette période de questions… qui n’étaient pourtant pas si différente de toutes les autres!

Je pense finalement que c’est simplement parce que je crois *beaucoup* dans le potentiel de la région de Québec et que je suis convaincu qu’on pourrait faire tellement mieux en favorisant une meilleure concertation entre les acteurs. Peut-être aussi parce que j’estime que les élus devraient « donner l’exemple » en favorisant cette concertation (malgré le rôle ingrat que le parlementarisme peut parfois leur confier). C’est possiblement aussi parce que je suis un peu impatient de voir prendre forme les mécanismes qui permettront à la cité éducative de se mettre en place… c’est vrai!

Dans le même contexte, et à travers quelques rencontres faites au cours de la semaine, j’ai (re)pris conscience à quel point nous gagnerions collectivement à mieux utiliser quelques technologies très simples (carnets, fils rss, agrégation, etc.) pour stimuler les échanges d’information qui sont nécessaires au développement social et économique de la région. Le rôle des technologies pour soutenir le développement d’une ville est de plus en plus évident. Mais attention, pas n’importe quelles technologies! Il suffit de technologies simples, ouvertes, peu coûteuses, et à la portée de tous: entreprises comme OBNL, gouvernement comme groupes populaires, etc. Surtout pas de grosses affaires centralisatrices… plutôt tout le contraire! Et ces technologies existent… même dans la région, où elles fonctionnent déjà… mais de façon encore nettement trop marginale! Pourtant, il ne manque pas grand-chose pour « faire un grand pas ».

En faisant mieux circuler l’information, de façon plus organique, entre un nombre accru d’intervenants ont pourrait probablement avoir des résultats spectaculaires rapidement. Déjà, plusieurs exemples indiquent la voie à suivre (à Québec, et ailleurs).

Et tiens… puisque je demande aux gens de toujours rester constructifs dans leurs interventions dans la chose publique, et que j’ai interpellé un peu cavalièrement M. Després et Mme Maltais… je pense que je vais me permettre de leur proposer une rencontre informelle afin de leur présenter brièvement ces technologies, leur fonctionnement, ce qu’elles signifient, ce qu’elles permettent et l’usage qu’on pourrait en faire, ensemble, pour stimuler le développement de la région. Pas un trip techno… quelque chose de très pratico-pratique, collé à la réalité du terrain.

Deux heures devraient amplement suffire pour faire un grand tour de la question… avec de nombreux exemples… suivi d’un remue-méninge par rapport aux suites à donner à la rencontre. Seul objectif: nous donner des points de repères communs sur l’utilisation qu’il serait possible de faire des technologies de l’information et de la communication pour développer la région. Tout ça, en dehors de tout intérêt partisan.

Ce sera ma contribution printanière au développement de la région…

=====/ lettre adressée aux députées /=====

De: claberge@ixmedia.com
Objet: Réaction à la période de question
Date: 5 mai 2004 01:20:57 GMT-04:00
À: ministre@travail.gouv.qc.ca, amaltais@assnat.qc.ca

Monsieur Després, député de Jean-Lesage
Madame Maltais, députée de Taschereau

Je viens de regarder la rediffusion de la période de questions à Télé-Québec… en particulier le passage où vous vous êtes relancé questions et réponses dans un remarquable dialogue de sourd au sujet des besoins de la région de Québec en terme de développement économique. Je ne peux tout simplement pas éviter de vous exprimer ma déception de constater que nous en sommes rendu là dans la teneur du discours politique. Cela dit, rassurez-vous, ma démarche n’est pas partisane… c’est d’ailleurs pourquoi je vous écris à tous les deux.

Je tiens à vous signaler qu’il y a actuellement dans la région des centaines, voire des milliers, de personnes qui travaillent d’arrache-pied pour réinventer la ville de Québec… pour en faire une ville capable de faire face aux défis que lui pose les transformations du monde économique et politique aux plans régional, national et international. Dans les rues, dans les centres communautaires, dans les petites, les moyennes et les grandes entreprises. Dans les organisations publiques et parapubliques, municipales, provinciales, fédérales. Dans les écoles, les cégeps, les universités. Et j’en passe! Ces gens, quelles que soient leurs orientations politiques, ont besoin de votre soutien. Ils ont besoin de savoir que vous les appuyez dans leurs efforts, même si vous ne placez pas les priorités aux mêmes endroits qu’eux. Nous avons besoin de savoir que vous êtes à nos côtés, les manches ben r’troussées, pour faire face aux défis. Je sais que vous savez, et je ne doute pas de vos convictions et des sources de votre engagement politique… mais à vous écouter parler cet après-midi… je me suis dit qu’il n’était sans doute pas inutile de vous le rappeler.

Je ne peux pas parler pour les autres, mais comme jeune entrepreneur qui tente par tous les moyens de contribuer au développement de la région de Québec, de toutes sortes de manières, je dois vous dire que je n’étais pas très fier de vous cet après-midi. Je sais bien que la période des questions c’est aussi un jeu partisan. Je comprends très bien tout cela. Mais je n’ai pas le coeur à cela. Il faut changer d’attitude…

Qu’est-ce qu’on s’en fout de savoir qui de vous deux à tort ou à raison… c’est de leadership dont on a besoin!

Nous avons besoin de savoir que même si vous n’êtes pas du même bord et que vous ne partagez pas la même vision des moyens à prendre, vous partagez l’objectif de développer la ville… et que vous êtes prêts à travailler ensemble pour qu’on y arrive. Vous savez, dans une classe, même au primaire, on n’aurait jamais accepté le ton que vous avez adopté cet après-midi… J’allais parler d’enfantillages, mais ce serait injuste pour les enfants. Avec la réforme on insiste aussi beaucoup, par les temps qui courent, sur le développement des habiletés qui sont nécessaires au travail en collaboration. Et collaborer, je vous rassure, ça ne veut pas nécessairement dire « penser la même chose ». Ça veut surtout dire travailler ensemble, dans le respect, parce que nous partageons certains objectifs.

Malgré le ton qui laisse sans doute paraître un peu d’exaspération, je sais bien que n’ai pas de leçon à vous faire. Je n’ai pas non plus la prétention de savoir mieux que vous ce qui est bien pour la région de Québec, et je sais que ma conception de la politique est sans doute encore bien naïve. Je pense toutefois que c’était mon devoir de citoyen de vous exprimer à quel point j’avais été déçu par vos échanges de cet après-midi. Je m’attendais à mieux de la part d’élus à qui on a confié des rôles importants pour le développement de la Capitale.

Je vous invite à lire ou à relire la transcription de vos échanges d’aujourd’hui avant de me répondre, si vous choisissez de le faire. Le texte est ici, aux deux tiers de la page environ:

http://www.assnat.qc.ca/fra/37legislature1/Debats/epreuve/ch/040504/1430.htm

Madame Maltais, Monsieur Després, je vous assure en terminant de mon plus grand respect et de la très grande estime que j’ai pour les fonctions que vous occupez actuellement. C’est précisément ce respect et cette estime qui m’ont amené à vous exprimer aussi candidement ma déception. Je souhaite que vous l’ayez compris.

Merci d’avoir pris le temps de me lire.
Et merci pour votre engagement au service des citoyens du Québec.

Clément Laberge
Québec

P.S. Si vous n’y voyez pas d’objection, j’aimerais publier cette lettre, ainsi que vos réponses éventuelles, sur mon carnet web dans le but de susciter une discussion constructive sur les manières d’améliorer la collaboration entre ceux et celles qui contribuent au développement de la région de Québec… une collaboration informelle, pour laquelle vous êtes d’essentiels catalyseurs. Vous pourrez prendre connaissance de mon carnet Web à cette adresse: http://carnets.ixmedia.com/remolino. Encore merci.

=====/ réponse d’Agnès Maltais /=====

De: amaltais@assnat.qc.ca
Objet: RE : Réaction à la période de question
Date: 5 mai 2004 10:32:01 GMT-04:00
À: claberge@ixmedia.com

M. Laberge,

Je suis très consciente que la période de questions est un exercice tout aussi frustrant pour les téléspectateurs et téléspectatrices que pour les acteurs de cet épisode parlementaire. Mais si le style n’est pas toujours du plus édifiant, et varie selon les humeurs et les auteurs, veuillez croire que JE NE JOUE PAS quand je déplore le manque de leadership des libéraux dans la région de la Capitale nationale. Je suis véritablement inquiète devant le démantèlement de plusieurs leviers de développement que nous avions patiemment construit pour le bien de ces mêmes personnes qui vous tiennent à c¦ur comme à moi.

Je vous invite à vous placer dans ma situation. Je vis dans cette ville et dans cette région par choix et je vis au quotidien, dans mon comté, les impacts des soubresauts du développement. Quand les gens perdent leur travail et s’appauvrissent, quand l’espoir de «se replacer», selon l’expression populaire, disparaît, je le vois. Ca défile dans mon bureau.

Depuis un an, je demande aux libéraux de bouger, de montrer leurs couleurs, d’appuyer les leaders locaux et de se mouiller sur les projets. La rivière Saint-Charles est en attente de sa deuxième phase, le projet Alcoa est abandonné, on investit à Mont-Tremblant mais on ridiculise le Mont Saint-Anne… Enfin, bref, vous pouvez lire la liste des projets sur la glace dans ma question. Même la SODEC, dont vous parlez dans votre Forum, est vidée de sa tête dirigeante, il ne reste plus qu’un comptoir postal. Résultat: ce matin, on perd Lorraine Boily, directrice du Bureau du Film, dans la plus grande indifférence, et plus personne de la SODEC n’est là pour la défendre.

J’ai relu la période de questions; faites la même chose en oubliant le combat: lisez le texte et regardez la rélité sur le terrain. Donnez-m’en des nouvelles ensuite, je serai à l’écoute de vos commentaires.

Quand à la collaboration entre élus, sachez que nous travaillons ensemble sur bien des plans, entre autre sur les stratégies de développement du capital de risque. Mais mon rôle dans un système parlementaire britannique est de faire pression sur le gouvernement pour qu’il bouge dans la région. Si je ne parle pas, ce ne sera pas le caucus libéral qui le fera, solidarité ministérielle oblige. Je ne leur en fais pas reproche personnellement, ce sont des hommes et femmes politiques respectables. Mais si je ne dénonce pas cette situation, qui le fera, alors ?

Agnès Maltais

=====/ fin /=====

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