système de représentation proportionnelle

« […] un autre exemple de la nécessité d’un système de représentation proportionnelle […] Aucun parti n’a reçu sa juste part de sièges. […]

Le cas le plus significatif est sans doute celui du NPD qui, malgré 15,7% des voix, n’a reçu que 6,2% des sièges. Le Bloc, quant à lui, a reçu 12.4% des voix et 17.5% des sièges: avec moins de voix, le Bloc récolte donc près de trois fois plus de sièges que le NPD! […]

Dans chacune des provinces et des territoires, le parti qui a remporté le plus grand nombre de sièges est sur-représenté. Le cas le plus flagrant de distorsions dans les provinces se retrouve en Saskatchewan où 42% des voix a donné 93% des sièges au Parti conservateur.

[…] il aura fallu 111 386 votes au NPD pour obtenir un siège, comparativement à 40 340 votes pour le Parti conservateur, 36 662 votes pour le parti Libéral et 30 925 pour le Bloc Québécois. »

Source: Communiqué de presse du Mouvement pour une démocratie nouvelle, 30 juin 2004.

12 comments

  1. Il faut tout de même un peu se méfier de la « proportionnelle », pour deux raisons:

    1. Un parlement ne doit pas seulement être représentatif de la population, il doit aussi être fonctionnel, ce qui beaucoup plus difficile quand il n’y a pas de « majorité ».

    2. La proportionnel n’est pas nécessairement plus représentative de la population. Israel, pour ses élections à la Knesset, utilise une système proportionnel pure. Chaque parti obtient un nombre de député proportionnel au nombre de vote qu’il a reçu. Ainsi: « les partis religieux restent minoritaires mais leur influence dépasse largement leur poids réel car les grands partis, qui n’enregistrent jamais de majorité absolue à la Knesset, sont obligés de les inclure dans des gouvernements de coalition. » (http://medintelligence.free.fr/ndlisr.htm)

  2. Ce qui a le plus attiré mon attention, lors des élections fédérales de lundi, ce n’est ni la victoire des libéraux ni l’imprécision des sondages, lesquels ne sont que des ondes de surface, non plus le débat sur la représentation proportionnelle, qui n’est qu’une vague de fond, mais plutôt la baisse croissante du taux de participation, signe d’un véritable courant de profondeur. (Voir la suite dans le commentaire de ce billet.)

  3. En effet, le système proportionnel permettrait de résoudre quelques-uns des problèmes rencontrés par le système actuel. Le système proportionnel est en vigueur dans quelques pays de l’Union européenne, et d’une certaine façon chez nos voisins du Sud, mais je ne crois pas qu’il s’agisse de la solution idéale pour accroître le taux de participation.
    Nous devons plutôt nous débattre à essayer d’inculquer une quelconque cutlture politique chez les jeunes – dont je fais partie – qui sont la plupart du temps ceux qui ont le taux de participation le plus faible. Une stratégie utilisée par un parti lors des élections a été de communiquer avec toutes les personnes qui avaient écrit un courriel à ce même parti pour leur rappeler l’importance d’aller voter le jour des élections.
    Un projet intéressant s’est déroulé lors de la période électorale, il s’agit du projet Vote Étudiant 2004 (http://www.studentvote2004.ca/francais/index.html) qui permettait aux jeunes du secondaire et parfois du primaire de voter, lors d’un scrutin fictif. Peut-être que si la chose était plus répandue, le taux de participation serait plus élevé.

  4. En effet, le système proportionnel permettrait de résoudre quelques-uns des problèmes rencontrés par le système actuel. Le système proportionnel est en vigueur dans quelques pays de l’Union européenne, et d’une certaine façon chez nos voisins du Sud, mais je ne crois pas qu’il s’agisse de la solution idéale pour accroître le taux de participation.
    Nous devons plutôt nous débattre à essayer d’inculquer une quelconque cutlture politique chez les jeunes – dont je fais partie – qui sont la plupart du temps ceux qui ont le taux de participation le plus faible. Une stratégie utilisée par un parti lors des élections a été de communiquer avec toutes les personnes qui avaient écrit un courriel à ce même parti pour leur rappeler l’importance d’aller voter le jour des élections.
    Un projet intéressant s’est déroulé lors de la période électorale, il s’agit du projet Vote Étudiant 2004 (http://www.studentvote2004.ca/francais/index.html) qui permettait aux jeunes du secondaire et parfois du primaire de voter, lors d’un scrutin fictif. Peut-être que si la chose était plus répandue, le taux de participation serait plus élevé.

  5. Je ne jetterais pas la pierre trop vite aux jeunes, pour ma part !

    Durant la campagne, il y avait des publicités pour inciter les gens à aller voter qui disaient à peu près «ce serait fou de ne pas vous exprimer lorsqu’on vous écoute»… Oui, mais si durant les +/- 4 ans de mandats ils ne se sentent pas ENTENDU, comment seraient-ils mobilisés à voter pour un parti ou un autre ?

    Un exemple. Il vient tout juste d’avoir un Forum sur l’avenir des cégeps (9 et 10 juin) : seules les personnes invitées par le ministère de l’Éducation pouvaient être présentes à ce Forum (9-10 juin). Or, sur un total d’environ 400 invités, il y avait seulement 4 profs et à peine 4 ÉTUDIANTS admis à être présent, mais par contre plusieurs gens du milieu des affaires/manufacturier…

    Est-ce que les jeunes y étaient pourtant indifférents ? J’ai lu la totalité des textes et des commentaires de http://www.forumcollegial.org/
    À un certain moment, on comprend que les étudiants du Cégep F-X-Garneau viennent d’être mis au courant de l¹existence du forum-virtuel; ayant pris connaissance de cette consultation, il y en a un bon nombre qui écrivent un commentaire pour donner leurs soutiens aux cours qui sont présentement obligatoires, en particulier pour l’éducation physique (en tant qu’éducation à la santé, prévention de l’obésité, etc.). Il y a alors un commentaire fait pour dire que c’est bien étrange tous ces jeunes qui prennent le temps d’écrire pour défendre leurs cours (les cours d’éducations physiques risquent très fortement d’être charcutés en même temps que les cours de philo)… En sommes, le commentaire insinuait que si les jeunes prenaient de leur temps pour défendre les cours actuels qu’ils croyaient important pour eux, alors s’était sûrement parce que leurs profs leur avaient dit de le faire, pas qu’ils puissent eux-mêmes se mobiliser une fois connaissant l’existence du forum (ces commentaires sont encore en ligne, si on veut vérifier). Misère, est-ce que j’ai besoin d’en dire plus sur cette stratégie de dénigrement de l’engagement des jeunes ?

    Ils ne peuvent pas être ENTENDU (je préfère garder la distinction entre «s’exprimer» et «être entendu») au sujet de l’éducation, mais par contre ils étaient invités à se prononcer au sujet des fusions/défusions (le jour de la fête des pères)Š

    Et durant la campagne électorale, de quoi a t-on parlé jusqu’à satiété ? De l’éducation ? Mais bien sûr que non ! On a parlé de la santé, de la santé, de la santé, fait un clin d’oeil aux industries pharmaceutiques, puis reparlé des listes d’attentes, puis on a parlé de la santé, de la santé, de la santé… (tiens, au sujet de la santé, ça me fait penser à ce texte : http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Reforme_de_la_sante–La_democratie_malade_de_la_sante_par_Jacques_Dufresne

    Alors non, je ne jetterai pas la pierre aux jeunes !

  6. Je ne jetterais pas non plus la pierre aux jeunes… Et sans aller jusqu’à dire que l’abstentionnisme est une attitude saine dans une démocratie, je pense qu’on doit faire l’hypothèse que cela illustre l’avancée d’une conception de la démocratie qui s’installe peut-être subrepticement dans nos sociétés (dans l’intérêt de ceux qui détiennent traditionnellement le pouvoir d’ailleurs).

    Quand on croit que la démocratie consiste à tenir une élection tous les quatre ans (ou qu’on agit comme tel), on ne peut pas se surprendre de voir baisser progressivement la participation aux votes. Les gens se rendent bien compte de la puérilité de l’exercice. Les élus font ce qu’ils peuvent pendant quatre ans, imposent leur « agenda » et, soudainement, font appel à nous pour cautionner leurs choix et, soi-disant, solliciter un nouveau mandat.

    Le cas particulier des jeunes est intéressant… parce que si pendant quatre ans on n’a abordé que très peu les sujets qui les touchent, et qu’on sollicite leur appui par la suite… on ne peut pas s’étonner qu’ils ne l’accorde pas! Et ce ne sont pas des campagnes de publicité du directeur général des élections qui changeront quoi que ce soit dans pareil cas… Il faudra plutôt pour cela que les politiciens changent de ton et « d’agenda », que les jeunes se sentent concernés par les débats pendant 48 mois ou à peu près. Idem pour les femmes, les autochtones, etc. tous des groupes qui votent de moins en moins semble-t-il.

    À mon avis, le taux de participation commencera à remonter uniquement quand on redonnera de l’importance à une conception de la démocratie beaucoup plus active, qui se vit au quotidien, par l’entremise des journaux, des commissions parlementaires, dans la rue, dans les conseils de quartier, par le militantisme et dans le respect des institutions démocratiques. (je pense que je rejoins un peu en cela les idées de François, mais je n’en suis pas certain… je compte y revenir).

    Ce renouveau dans les pratiques démocratiques se produira sans doute seulement quand les partis politiques traditionnels réaliseront qu’ils ont BESOIN de l’appui des 40% d’abstentionnistes pour obtenir la légitimité nécessaire pour gouverner comme ils le souhaitent. Est-ce qu’une situation de gouvernement minoritaire est un pas dans cette direction? Peut-être bien… je n’en suis pas certain. Est-ce qu’une représentation au moins en partie « proportionnelle » contribuerait? Je le pense.

    Chose certaine, si « pour fonctionner » un gouvernement doit entretenir une conception de la démocratie aussi faible que celle qui nous envahit progressivement aujourd’hui… je pense que nos sociétés courent à moyen terme de graves dangers. L’exemple étatsunien me semble à cet égard particulièrement évocateur… La difficulté des « grands partis » à toucher toutes les régions du Canada également d’ailleurs.

    Alors, de grâce, misons donc sur les bonnes stratégies pour faire remonter le taux de participation aux élections: abandonnons la publicité et multiplions les « espaces publics de délibération », dans les écoles, dans les quartiers, dans les milieux de travail, sur le Web et in situ… Il faut encourager la prise de parole, susciter le débat, et faire en sorte que les élus aient comme principale tâche d’animer ces débats, d’identifier des pistes d’action et de favoriser les consensus au lieu de s’activer pour « contrôler l’agenda ».

  7. Complément dans Le Devoir du lundi 5 juillet, sous la plume de Bernard Descôteaux:

    « Les distorsions engendrées par notre mode de scrutin ne sont en rien un phénomène passager. Il faut se rendre à l’évidence que celui-ci ne correspond plus à la réalité sociopolitique du pays, qui est caractérisée par la diversité. Le temps est venu de faire les changements qui s’imposent, mais sans les précipiter. […]

    D’emblée, l’idée d’une représentation proportionnelle pure suscite de fortes réserves puisque celle-ci garantit l’instabilité du gouvernement, comme c’est le cas en Israël et en Italie. Dans un premier temps, il faut plutôt mener une réflexion active en procédant comme l’ont fait le Québec et la Colombie-Britannique, qui ont mis sur pied des groupes de travail dont le but est de dégager des consensus. Dans ces deux provinces, on se dirige non pas vers des changements radicaux, mais vers des correctifs. L’introduction d’un élément de proportionnalité pourrait permettre de compenser les distorsions du système uninominal. » (source: http://www.ledevoir.com/2004/07/05/58305.html)

    Dernière remarque: la démarche de la Colombie-Britannique semble particulièrement intéressante d’ailleurs.

    Et pour information/référence sur ce que signifie la représentation proportionnelle telle qu’on l’envisage/imagine au Québec, voir l’excellente série de vidéo sur le mode de scrutin préparée par le collectif « Femmes, Politique et Démocratie »:

    http://www.femmes-politique-et-democratie.com/ecole.html

    « Trois sous-documents thématiques permettent de mieux comprendre la mécanique du mode de scrutin proportionnel et les impacts sur les femmes ; de voir les effets de ce mode de scrutin dans d’autres pays. Des documents de formation citoyenne inédits, simples d’accès et porteurs de réflexions ! »

  8. Je ne visais aucunement à blâmer les jeunes dans mon commentaires, je ne faisais que rapporter des propos entendus…

    Mon propos vise surtout à rallier ceux, parmi mes amis, qui ne sont pas allés voter puisqu’ils ne comprennent rien à la politique et disent qu’un vote ne peut faire de différence. C’est surtout en ce sens que je crois important qu’il y ait une sensibilisation, non seulement auprès des jeunes, mais auprès de tous les gens qui se sentent délaissés par le processus électoral.

  9. Intéressant et stimulant article dans le numéro de juillet 2004 de le magazine Attaché (de US Airways), sur les différentes « justices » rendues par différents types de scrutins:

    http://www.attachemag.com/

    (désolé, pas d’adresse permanente). Ça pose la vraie question: quelle justice veut-on?

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