Au sujet des libraires

Virginie Clayssen, dans un commentaire, à la suite d’un de ses textes:

« …je conteste cette idée qu’il y aurait une partie “noble” au métier de libraire, qui concernerait son rôle de recommandation, et une partie “vile” qui serait l’aspect commercial de son travail. Un libraire se doit de faire prospérer son commerce, c’est ce qui lui permet de continuer à exister, c’est ce qui le fait exister dans la cité. Oui, c’est un marchand. Et alors ? »

Je suis évidemment tout à fait d’accord.

11 commentaires

  1. Moi, ce qui me dérange, c’est lorsqu’on transforme la partie noble en partie vile… par exemple, dans certaines grandes surfaces, lorsqu’on essaie de me duper avec des coups de marketing présentés sous la forme de coups de coeur…

    À l’inverse, je crois qu’il y a des commerçants de livres qui sont nobles. Lorsque, par exemple, je rentre à la librairie Pantoute, je me sens accompagné par un libraire pour faire un achat.. pas poussé par un vendeur pour mousser des ventes…. :-)

  2. Je ne réagirai évidemment pas aux commentaires taquins de Carl et Marc, ce serait inutile. Merci de votre clin d’oeil…

    Plus sérieusement, merci André de ton commentaire, que je partage largement. Il ne suffit évidemment pas de vendre des livres pour prétendre au titre de libraire. Tu as raison de le rappeler.

    J’apprécie autant que toi les services de la Librairie Pantoute… elle fait d’ailleurs partie de mon plaisir de retrouver le quartier Saint-Roch depuis trois semaines. J’ai continuer de visiter régulièrement sont site pendant mon aventure parisienne… mais ce n’est jamais comme fréquenter le lieu en tant que tel.

    Par curiosité, est-ce qu’Internet influence les achats de livres que tu fais aujourd’hui? Si oui, de quelle façon?

  3. «Par curiosité, est-ce qu’Internet influence les achats de livres que tu fais aujourd’hui? Si oui, de quelle façon?»…

    Réponse : non

    Je ne dit pas jamais.. mais présentement, j’ai un cercle d’amis et amies qui sont très stimulants pour me faire découvrir autant la littérature que le texte d’information et de réflexion…

    Pour l’instant, ceci me suffit amplement.

    J’essaie cependant d convaincre le plus grand nombre de ces personnes à passer à LibraryThing (http://www.librarything.fr/ ) pour ne pas avoir à attendre de les rencontrer pour être au courant de leurs lectures et découvertes.

    Et toi, Internet influence tes achats ?

  4. Il est plus facile de caricaturer en décortiquant les dimensions d’un rôle (côté noble et côté vil ici) que de reconnaître la valeur relative d’un rôle en tenant compte de sa globalité (vivre dans le gris, sachant que rien n’est blanc et rien n’est noir). Fragmenter le rôle de la sorte est plutôt stérile. L’un ne peut vivre sans l’autre.

    La réelle question à se poser est: qu’est-ce qu’un libraire (comme tu le soulignes Clément) et ensuite :
    1- est-il possible encore d’être libraire (ou pour combien de temps)?
    2- Quelle est notre responsabilité comme citoyen (ou amoureux de notre libraire)?

  5. @André: Internet influence certainement mes achats. J’aime beaucoup aller voir ce que les gens ont pensé d’un livre avant de l’acheter. Je suis quelques blogues et sites littéraires. J’utilise les outils de « mises en relations » de livres (comme l’extraordinaire Librarything, effectivement… et babelio.com, etc.). Et plus généralement, quand j’entends parler d’un livre, il m’arrive fréquemment de le « googler » avant de me rendre en librairie ou de l’acheter en ligne. En France, on avait des études qui montrait que près de 50% des acheteurs de livres consultaient régulièrement le Web avant d’acheter…

    @Philippe: il ne fait pas de doute dans mon esprit qu’il est toujours possible d’être libraire aujourd’hui… mais le métier va changer, il n’y a pas de doute (comme celui d’éditeurs, d’ailleurs!). Il sera toujours nécessaire qu’il y ait des intermédiaires entre les éditeurs et les lecteurs, des gens capables de discernement, de recommandations, de services personnalisés, etc. Une partie de cela pourra être soutenu par diverses technologies, certes, mais devant l’embarras du choix, l’aide d’un être humain pour baliser ses lectures apparaît utile à long terme. Ce sont les simples « vendeurs de livres » qui trouveront cela le plus difficile…

    Notre responsabilité citoyenne (individuellement) à l’égard des libraires? J’oserais dire, de façon un peu provocatrice: aucune! C’est un service dans un système économique. Un système qui me semble important, voire indispensable, mais je ne suis pas certain qu’il faille le voir sous l’angle des responsabilités — pas du point de vue des « citoyens » ou des « lecteurs » en tout cas (du point de vue de l’éditeur, acteur intéressé dans la « chaîne du livre », ce serait un peu différent).

    Ou alors je comprends mal ta question… que voulais-tu dire?

  6. Clément,

    Mon commentaire sur la responsabilité est en fait une question: devrions-nous voir comme nécessaire ou importante la survie des libraires ou constituent-ils seulement une fonction dans un système économique, fonction qui sera vraisemblablement caduque avant longtemps.

    Pour ma part j’y trouve encore plusieurs fonctions qui cherchent toujours leur équivalent dans les autres façons de distribuer le livre:
    -L’interaction synchrone : voir ce que les autres regardent, parler au libraire, aux autres clients, etc.
    -La découverte de titres grâce aux choix fait par le libraire dans la disposition des livres sur les îlots et les présentoirs (choix qui par ailleurs est « local » et peut refléter la vision et la culture du libraire ).

    Je ne sais pas, mais il m’est souvent plus facile de découvrir un roman ou un livre d’art dans une librairie physique que dans une librairie virtuelle. L’inverse est par contre vrai pour d’autres catégories de livres (affaires, musique, etc.).

    Alors, ma réponse à la question sur la responsabilité relative à la préservation de la « fonction » libraire: tant que les nouveaux modèles ne vont pas permettre de remplacer les fonctions auxquelles je tiens chez le libraire du coin, je me fais un devoir d’y acheter le plus de bouquins possible (le préférer aux grandes chaînes).

    Je me rends compte en écrivant que ce propos recoupe quelques idées présentées dans un poste il y a quelques semaines sur mon blogue. Tu l’as peut-être lu? :
    http://www.grisvert.com/philippe/?p=5

    A+

    p.

  7. @Philippe: J’avais lu le texte sur ton blogue. Je n’étais toutefois pas retourné pour lire les commentaires. Je suis d’accord avec Jean-Sébastien sur le fait que la transformation est souvent un révélateur de ce qui compte vraiment.

    Ce sont d’ailleurs sans doute les libraires qui comprennent cela et qui acceptent de s’adapter pour tenir compte du développement d’Internet qui sauront le mieux assurer la pérennité de leur rôle dans le monde du livre. À l’inverse, je suis extrêmement perplexe sur les initiatives comme Zoomii.ca qui veulent « reproduire l’expérience de la librairie ».

    Je pense que nous sommes d’accord sur l’essentiel. Je crois comme toi que le libraire est un acteur indispensable dans l’écosystème du livre et la librairie est un des lieux où il peut jouer ce rôle. Internet en est un autre.

    Je suis évidemment prêt à dire que ma responsabilité, comme lecteur, comme consommateur et comme acteur « de la chaîne du livre » c’est de contribuer à faire en sorte que ce rôle soit constamment valorisé et, en particulier, rémunéré adéquatement.

    Je privilégie donc aussi l’achat de livres auprès d’un libraire plutôt que dans les grandes chaînes, bien sûr, mais que chez les magasins qui vendent des livres sans les connaître, sans pouvoir formuler des recommandations et sans chercher à connaître leurs clients.

    Mais c’est bien le libraire que je privilégie, pas le fait que le livre que je souhaite soit dans magasin qui a pignon sur rue. Concrètement: je préfère acheter un livre par Internet sur librairiepantoute.com que dans une « librairie » de gare ou d’aéroport.

    Je me permets de penser que tu es du même avis…

  8. Stéphane Michalon sur le rôle du libraire:

    « A mon avis le métier de libraire a toujours du sens même avec l’édition numérique : mettre en scène à un moment donné et dans un lieu créé une offre intelligente. »

    Vu cité ici:
    http://www.archicampus.net/wordpress/?p=275

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