Avancer ensemble, avec sens

C’est dur la politique — très dur même. Particulièrement quand le climat social est tendu et que les médias sociaux carburent à la polarisation des opinions et laissent libre cours à des excès de toutes sortes.

C’est dur, mais c’est beau aussi — très beau même!

La semaine qui vient de se terminer a certainement été une des plus difficiles depuis deux ans. Complexe par les enjeux qu’il a fallu aborder, périlleuse par les risques qu’elle comportait, et éprouvante émotivement pour tout le monde. On a eu le vertige, on a pleuré et on a ri — ensemble.

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Je pense qu’on a aussi bien passé à travers parce qu’on a réussi à cultiver le sens à travers la tempête.

On a réussi à garder le cap sur le pourquoi.

Et on a assumé la vulnérabilité qui accompagne l’audace.

La politique, c’est une aventure d’équipe. L’énergie passe des uns aux autres — parfois des rôles plus discrets vers les plus visibles, parfois à l’inverse.

Ça fonctionne quand la cohésion et la solidarité sont maintenues. On y a mis beaucoup d’énergie cette semaine. Avec succès, je pense.

Le cabinet, le caucus, le maire — chacun a été là pour les autres, à un moment ou un autre.

Les échos médiatiques de la politique ne sont souvent que la pointe de l’iceberg — le plus gros du travail, ce sont les efforts qu’on consacre à cultiver ce qui nous lie les uns aux autres.

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J’ai été ému cette semaine de voir le maire, les conseillères et les conseillers — et toute l’équipe — encaisser les résultats d’un sondage.

J’ai été impressionné par leur capacité à se soutenir — et à rebondir.

Je l’ai été encore plus par la solidarité avec laquelle ils ont encaissé une deuxième claque sur la gueule deux jours plus tard.

J’ai été fasciné par la dignité du maire à l’occasion d’un point de presse où il a réussi à témoigner avec autant d’éloquence que d’humilité de la dimension humaine de la politique (regarder en particulier à partir de 2:35; puis à partir de 19:40).

J’ai été renversé par les manifestations d’appui et de bienveillance à l’égard de l’équipe qui se sont spontanément exprimée, de toutes sortes de façon au cours de la semaine — comme quoi les médias sociaux peuvent heureusement être les vecteurs du meilleur comme du pire.

J’ai aussi été épaté par le soutien spontané d’un réseau d’alliés, certains discrets, certains plus visibles, qui ont choisi de prêter main-forte à l’équipe pour traverser la tempête — parfois même s’ils n’étaient pas d’accord avec nous sur tout. Parce que le courage stimule le courage. Merci!

Et j’ai été incroyablement fier de lire ce matin le message inspirant porté par celui que j’accompagne tous les jours dans ses fonctions — et ça, même avec un genou par terre, au terme d’une semaine éprouvante.

Pour le dire avec un clin d’œil à Quai d’Orsay, en trois mots: dignité, sens, leadership.

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Je n’écris pas souvent ici depuis que je suis directeur de cabinet — la discrétion que m’impose mon rôle ne s’y prête pas tellement. Mais aujourd’hui, ça me semble essentiel de témoigner de la fierté que j’ai de faire partie de cette équipe incroyable.

Une équipe qui a montré cette semaine qu’elle sait passer à travers une tempête et trouver le moyen d’en sortir la tête haute, en s’appuyant sur un inestimable réseau d’alliés.

Une équipe qui s’est constituée progressivement au cours des deux dernières années et qui sait continuer à évoluer, par l’ajout de nouveaux membres qui sont venus enrichir les réflexions et inspirer d’autres façons d’agir.

Une équipe qui fait toujours de son mieux et qui accepte de se transformer pour durer, en restant guidée par les objectifs qui lient chacun de ses membres.

Je tiens à lever publiquement mon chapeau à cette équipe parce que c’est grâce à elle que je peux travailler tous les jours au genre de politique que j’ai décrit dans plusieurs textes sur ce blogue depuis vingt ans… en croyant souvent que c’était utopique! Eh ben non! On est là et on le fait!

Tout n’est pas parfait, bien sûr. On fait des erreurs, évidemment. Et on apprend, encore. Mais, comme le dit mon cousin, on continue d’avancer, ensemble, avec sens.

Et ça, c’est infiniment précieux.

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Plusieurs amis m’écrivent ce matin pour me demander comment je me sens après cette dure semaine.

C’est comme ça que je me sens. Très fier.

Fatigué, mais fier.

Surtout fier.

Photo: oeuvre de Geneviève DeCelles

5 réflexions sur “Avancer ensemble, avec sens

  1. Oui , grand merci pour ce partage.
    J’ai été sidérée par la décision populiste du gouvernement.
    Je vous souhaite du courage solidaire ..comme vous le faites déjà.
    Lise-Marie Delagrave

  2. Merci, Clément, pour ces commentaires à chaud. Je veux exprimer toute la reconnaissance envers Bruno et toute son équipe pour
    leur détermination et leurs convictions. Je suis fier d’être à leur côté, sachant qu’ils sont guidés par des valeurs fondamentales: la lutte aux changements climatiques, la solidarité sociale, le respect des citoyens, l’importance d’avoir une vision à long terme.

    La politique est rarement un long fleuve tranquille. On reconnaît les leaders à leur capacité de faire face aux crises, avec force et cohérence.
    C’est ce dont nous avons été témoins cette semaine.

    Cette crise ( oubli notoire de Claude Villeneuve) me rappelle celle de 2004 où le gouvernement libéral d’alors a imposé aux villes centre un référendum pour permettre la fusion des villes de banlieues ( ce qui avait été acquis de haute lutte). Jean-Paul L’Allier et son équipe ont dû reprendre le flambeau pour empêcher la perte d’une réforme réclamée depuis si longtemps. Ils ont triomphé et personne, même les plus farouches opposants, ne contestent la réussite de cette réforme exigée par le maire de Québec.

  3. Bonjour Clement,

    J’ai été impressionné par la dignité du maire dans la mauvais claque qu’il a reçu de François Legault. Je crois que cet évènement va le renforcer. Et finalement affaiblir Legault.

    Amicalement,

    Jacques

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