Le Devoir publie ce matin un texte qui fera réagir bien des gens… En effet, un nouveau mode de redistribution des budgets a été imposé aux écoles de la Commission scolaire de Montréal cette semaine pour « faire en sorte qu’à l’avenir, les sommes […] destinées à créer des postes enseignants se traduisent effectivement en postes enseignants et en véritables services, et non plus transformées en papier, en ordinateurs ou en mobilier, comme c’est le cas actuellement».
Cela fait des années que des gens s’indignent des sommes croissantes qui sont consacrées aux ressources informatiques dans les écoles en disant qu’il vaudrait mieux engager plus de profs, d’orthopédagogues, etc. C’est un discours que je déplore par qu’il est trop simpliste quand il nous amènent à conclure qu’on a mieux à faire que d’acheter des ordinateurs. Il faut aussi nous interroger sur les coûts qu’il y aurait à ne pas avoir d’ordinateurs dans les écoles! Est-ce que ce serait une situation plus acceptable? Certainement pas.
Une société est un système très complexe, dont le système scolaire est une composante fondamentale. Et dans des systèmes aussi complexes, il est toujours démagogique de croire qu’on peut choisir entre deux choses comme si tout était noir ou blanc. Il nous faut plus d’enseignants et de spécialistes, certes, mais aussi des ressources informatiques parce qu’il est impensable aujourd’hui « d’apprendre à apprendre » sans faire appel aux réseaux auxquels l’ordinateur nous donne accès.
Loin de moi l’idée de dire que tous les investissements en ressources informatiques ont été pertinentes, qu’elles n’auraient pas pu être mieux planifiées ou distribuées d’une meilleure façon… mais il n’est certainement pas suffisant de simplement dénoncer ces dépenses. Pour que les critiques soient légitimes et constructives, il faut les compléter par des alternatives.
Le texte de ce matin amènera bien des gens à dire dans les prochaines semaines au sujet des ordinateurs dans les écoles « moi j’aime mieux avoir plus de profs »… Il ne faudra pas oublier de demander à ces personnes: « alors, tu lui vois quelle place à l’ordinateur dans l’école toi? Tu crois qu’on pourrait s’en passer? Quel prix es-tu prêt à payer pour cela? ».
C’est seulement dans cette zone de gris qu’une saine discussion pourra s’entamer.