Faire de Québec une cité éducative

26 janvier 2004

Bienvenue aux gens en provenance d’ici. Pour vous situer, le texte suivant a été publié dans Le Soleil il y a plus d’un an. Le projet a beaucoup avancé depuis… notamment sous l’impulsion de la Chambre de commerce de Québec, qui organise le 24 février prochain un forum économique avec pour thème « Québec, cité éducative ». Pendant ce temps, je continue à promouvoir l’idée auprès d’une foule de personnes, de tous les milieux, et à lire, et écrire sur le sujet. N’hésitez pas à communiquer avec moi pour obtenir plus d’information: claberge@ixmedia.com

Extraits d’un texte cosigné avec une vingtaine de personnes et soumis au quotidien Le Soleil le 21 mars:

«…il existe actuellement à Québec une réelle opportunité de formuler, à court terme, un projet de société basé sur l’apprentissage et l’innovation. (…) Pour être le levier de développement socio-économique que nous souhaitons, le projet de faire de Québec une cité éducative doit être plus qu’un slogan ou qu’une marque de commerce. Il devra s’incarner rapidement par la réalisation d’initiatives précises, ancrées dans la réalité du milieu.»


[TEXTE COMPLET]

Faire de Québec une cité éducative?
Et comment !

« La ville, surtout lorsqu’elle sait rester à la taille de l’homme, contient, avec ses centres de production, ses structures sociales et administratives, ses réseaux culturels, un immense potentiel éducatif, non seulement par l’intensité des échanges de connaissances qui s’y opèrent, mais aussi par l’école de civisme et de solidarité qu’elle constitue. » (Apprendre à être, UNESCO, 1972)

Dans son intervention devant les membres de la Chambre de commerce de Québec, le 11 mars dernier, le président du Comité Québec capitale et président de l’Université du Québec, Pierre Lucier, proposait de faire de Québec une cité éducative en misant sur « la nouvelle économie, la formation, la recherche et l’innovation ».

Au même moment, une cinquantaine de représentants des secteurs publics et privés de l’éducation, de la culture, des technologies de l’information et du développement régional parcouraient ensemble une partie de la Nouvelle-Angleterre dans le cadre d’une mission favorisant le métissage intersectoriel autour des enjeux éducatifs soulevés par la nouvelle économie (www.rima2004.org).

Beaucoup plus que le simple fruit du hasard, cette coïncidence illustre à notre avis de façon remarquable qu’il existe actuellement à Québec une réelle opportunité de formuler, à court terme, un projet de société basé sur l’apprentissage et l’innovation.

Québec, ville d’éducation

Québec est depuis très longtemps une ville d’éducation. C’est d’ailleurs peut-être ce qui nous a fait perdre de vue pendant de nombreuses années l’extraordinaire et incomparable richesse de la région à cet égard.

Pratiquement fondée par deux communautés religieuses dont la mission était avant tout éducative, Québec se développe depuis toujours au rythme de ses principales institutions d’enseignement. C’est plus vrai que jamais aujourd’hui, avec l’Université Laval, l’Université du Québec et plusieurs autres établissements d’enseignement collégial, secondaire et primaire, tant publics que privés, qui sont à l’avant-garde internationale de leurs domaines respectifs.

Par habitude, on décrit depuis des années Québec en tant que ville administrative, touristique et de recherche… en oubliant le plus souvent de mentionner son caractère éducatif. Pourtant, nous croyons qu’une lecture attentive des données statistiques les plus récentes indiquerait clairement que le volume d’activité économique lié à l’éducation, en son sens large, dépasse largement chacun de ces secteurs, pris en compte isolément.

Pour nous en convaincre, nous n’avons qu’à penser à tout ce qui concerne les activités d’enseignement et de prévention, les services de loisirs, les bibliothèques scolaires et municipales, la formation en entreprise, la formation continue, les musées, services de gardes, etc. Sans oublier la valeur éducative indéniable des librairies et des espaces culturels tels que les théâtres, et sans compter les salons, congrès et événements locaux et internationaux qui sont de plus en plus nombreux à se tenir à Québec et que l’Office de tourisme décrit, à l’occasion, comme une forme de tourisme éducatif.

Mais si la richesse socio-économique de la région au regard de l’éducation est indéniable, il faut bien admettre que les principaux acteurs concernés travaillent encore très souvent en vase clos, chacun dans leur monde, isolés par le quotidien. Ils ignorent la plupart du temps qu’ils sont des acteurs de premier plan pour construire la ville où nous désirons vivre et que nous souhaitons présenter au monde comme un modèle d’intégration de l’apprentissage au tissu urbain.

Apprendre partout, tous les jours

Pour être le levier de développement socio-économique que nous souhaitons, le projet de faire de Québec une cité éducative doit être plus qu’un slogan ou qu’une marque de commerce. Il devra s’incarner rapidement par la réalisation d’initiatives précises, ancrées dans la réalité du milieu.

Cela représentera un défi important, pour lequel nous pouvons heureusement compter sur les expériences de plus de 200 villes qui tentent actuellement d’atteindre des objectifs semblables, et qui se sont regroupées au sein de l’Association internationale des villes éducatrices (www.edcities.bcn.es »), dont Québec pourrait être la première ville membre au Canada.

À titre d’exemples des activités et des programmes autour desquels prend forme le caractère éducatif des villes membres de l’AIVE, mentionnons :

– des projets de collaboration entre écoles et musées;
– des collaborations entre services d’urbanismes et facultés d’architecture;
– des projets éducatifs réalisés à l’occasion de la restauration d’un cours d’eau urbain;
– des activités de découverte de l’horticulture offerte dans les parcs et jardins publics;
– les expériences de conseils municipaux pour enfants, pour aînés, etc.;
– l’existence de jardins communautaires en milieu urbain;
– la création d’itinéraires thématiques de découverte de la ville à l’intention des citoyens et des touristes;
– les élections virtuelles pour enfants à l’occasion de scrutins municipaux;
– les activités estivales pour enfants (de type : « camp de jour »);
– les mises en communs d’activités éducatives par les musées;
– les programmes de stages ou d’insertion en milieu de travail;
– le soutien à l’entrepreneuriat, etc.

Plusieurs expériences et programmes éducatifs répertoriés dans la banque de l’IAEC trouvent déjà leurs équivalents à Québec. Plusieurs autres pourraient servir d’inspiration pour le développement de nouvelles activités. La ville pourrait également déjà soumettre à l’attention des villes membres de l’AIVE plusieurs expériences et programmes innovateurs qui ont actuellement cours sur son territoire et qui n’attendent qu’à être mis en valeur.

Québec est une ville bien branchée où non seulement il fait bon vivre… mais où il fait également bon apprendre, tous les jours de sa vie, quelle que soit la manière, à l’école ou dans la rue. Il faut le dire plus, y travailler, continuer d’innover en ce sens.

Il faut bien commencer quelque part…

À l’instar de Pierre Lussier, nous croyons que Québec a avantage à adopter le modèle de la cité éducative afin d’être en mesure d’assurer à ses citoyens un avenir prometteur, dans le contexte d’une économie mondialisée; une économie qui repose de plus en plus sur le savoir et l’information.

Mais pour espérer atteindre nos objectifs, le projet devra toutefois être très clairement formulé, s’avérer rassembleur et bénéficier d’un leadership efficace.

Afin de rassembler ces conditions, nous invitons donc le Maire de Québec:

– à intervenir officiellement pour énoncer le caractère éducatif de la ville et pour valoriser le rôle de tous ceux et celles qui oeuvrent, d’une manière ou d’une autre, dans le domaine de l’éducation;

– à faire ce qui est nécessaire pour que Québec devienne rapidement membre de l’Association internationale des villes éducatrices;

– à mettre sur pied une équipe de travail dans le but d’assurer le leadership politique du projet, favoriser sa diffusion dans la population et réaliser un inventaire des ressources et des compétences disponibles pour sa réalisation.

Et finalement, parce que le projet de faire de Québec une cité éducative n’aura la force que nous lui souhaitons que s’il est le fruit d’une réflexion élargie, d’un réseautage fonctionnel des écoles, des musées, des entreprises et des organismes de toutes natures, nous invitons également tous ceux et celles qu’il interpelle à ajouter sans tarder leur vision à la nôtre.

ONT COSIGNÉ CE TEXTE :

Clément Laberge, directeur veille et stratégie, iXmédia
Mario Asselin, directeur, Institut St-Joseph
Ana-Laura Baz, muséologue
Francis Bélime, vice-président, EducExpert
Luc Bienvenue, président, Bienvenue Welcome multimédia & Internet
Jean-Sébastien Bouchard, éditeur, Éditions du Griffon d’argile
René Bouchard, directeur général de la Capitale nationale, Société de développement des entreprises culturelles (SODEC)
Claude Camirand, directeur du service des technologies, Musée de la civilisation, et président du comité organisateur, Rencontres Internationales du Multimédia d’Apprentissage
Nathalie Chantal, enseignante
Carl-Frédéric De Celles, Président, iXmédia
Michel Desbiens, enseignant
Michel-Frédérick Gagnon, Spécialiste en ingénierie pédagogique, École des langues vivantes, Université Laval
François Guité, enseignant
Christine Hamel, étudiante, Université Laval
Kevin Kelly, président, Le Groupe Symbioz Ressources Humaines
Thérèse Laferrière, professeure, Faculté des sciences de l’éducation, Université Laval
Jean Savard, membre du conseil d’administration et secrétaire du comité de direction, Association Internationale Francophone des Aînés
Denys Lamontagne, Directeur, Thot / Cursus

Texte soumis au quotidien Le Soleil le 21 mars 2003

2 comments

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