Je voterai non…

Pour référence ultérieure, le texte d’opinion que je viens de soumettre au quotidien Le Soleil au sujet des référendums sur le démembrement de la ville de Québec.


—/ début /—

Referendums sur le démembrement de la ville de Québec

Je voterai NON!
Pour cultiver une vision positive de l’avenir

Depuis le début de la chicane il me semble évident qu’il faut soutenir l’existence de la nouvelle ville. Tellement, en fait, que je n’arrivais pas à formuler pourquoi il fallait le faire. Une évidence, que je me disais… Sauf que pour convaincre des gens, il faut avoir des arguments… et comme je compte bien convaincre mon entourage d’aller voter en faveur de la ville le 20 juin, j’ai dû chercher les sources de mes convictions pro-Québec. Et j’ai trouvé.

Je vais voter NON au démembrement de la ville de Québec parce qu’il est essentiel pour le développement d’une communauté qu’on cultive dans la population une vision positive de l’avenir, alors que les porte-parole défusionnistes cultivent plutôt une vision nostalgique du passé. Il suffit de porter attention aux mots et aux images qu’ils choisissent afin de faire valoir leur point de vue pour constater que ce qu’ils nous proposent, en fait, c’est de faire un voyage dans l’avenir en regardant dans un rétroviseur. Il aurait sans doute été possible d’articuler un discours positif en faveur du démembrement, mais il faut bien constater que les porte-parole actuels ont opté pour une stratégie basée sur la nostalgie.

Or cette nostalgie, si elle peut sembler sympathique à première vue, est loin d’être sans conséquence. Les économistes et les gens d’affaires le savent bien: la principale variable qui affecte le développement économique, c’est la confiance que les gens ont dans leur avenir. Beaucoup plus que d’hypothétiques baisses de taxes, c’est le fait de posséder une vision positive du futur qui amène les gens à investir dans leur communauté. Il n’y a que les médias (certains médias) qui ont avantage à nourrir les craintes de la population. Parce que la peur, l’anxiété et la nostalgie, ça fait vendre des tonnes de copies. Ces médias agissent de façon irresponsable en sabotant le débat public au lieu de l’alimenter de façon constructive à partir de points de vue contradictoires. Pour se payer de bons shows de radio, nous sommes en train d’hypothéquer sérieusement notre avenir en cultivant dans la population une vision chimérique du passé. C’était tellement mieux avant… n’est-ce pas?

Quoi qu’il en soit, et quelle que soit notre opinion, IL FAUT ALLER VOTER LE 20 JUIN, parce que le taux d’abstention à ce référendum risque de faire encore plus mal que le pourcentage obtenu par le « oui au démembrement ». Le taux d’abstention fera très mal parce qu’il nous révélera combien d’entre nous ne sont même pas prêts à consacrer trente minutes dans l’année pour contribuer au développement de leur milieu de vie.

Je suis très optimiste pour l’avenir de la ville de Québec ‹ et sur le fait qu’elle survive aux référendums sur le démembrement ‹ mais ce que je crains le plus de découvrir, le 20 juin, c’est le poids de l’indifférence. J’ai peur de réaliser qu’il y a un paquet de monde qui, au fond, se fouent bien de l’avenir de la ville que j’aime, celle où j’ai choisi d’établir ma famille, celle à laquelle je consacre tellement d’énergie. Il faut allez voter! Ne serait-ce que pour manifester votre appui aux centaines de personnes qui investissent leur temps et leur énergie dans le développement de cette ville.

Donc, il faut voter. Et personnellement, je vous invite à voter NON pour exprimer clairement la conviction que notre ville doit se bâtir sur une vision positive du futur ‹ une vision qui rendra les enfants fiers de répondre qu’ils habitent à Québec, une vision qui donnera le goût d’investir dans la région, une vision qui nous permettra d’envisager l’avenir le sourire aux lèvres plutôt qu’avec la rage au ventre.

Je ne peux pas croire qu’on se réveillera, le 21 juin, avec devant nous le projet de faire demi-tour. Ce référendum doit être un tremplin, pas un cul-de-sac. Il faut aller voter!

Clément Laberge
Arrondissement Sainte-Foy­Sillery

—/ fin /—

3 réflexions sur “Je voterai non…

  1. Tu m’excuseras, Clément, mais plus je lis les arguments des deux versants du débat fusions-défusions, plus je les trouve artificiels.

    Car les territoires des villes fusionnées (dans les cas de MTL, de QC, de Longueuil et de Lévis) le sont, artificiels.

    Pourquoi faire une fusion? Pour regrouper toutes les municipalités autour d’une ville-centre et en finir avec les guerres de clocher. C’était, à tout le moins, l’argument d’origine du PQ.

    Or, tant que l’ensemble des municipalités se retrouvant dans la zone d’influence des villes-centre ne seront pas regroupées en une seule, les fusions seront futiles. À Montréal, «une île une ville» n’est qu’un symbole creux tant que la grande ville ne s’étend pas au minimum au territoire actuel de la CMM. Idem à Québec qui devrait logiquement correspondre minimalement au territoire de la CMQ.

    Montréal ne se construit pas tant que Laval et Longueuil et Terrebonne et Châteauguay se font la guerre au sein de la CMM. Même problème à Québec, qui doit encore faire concurrence à Lévis ou à la Côte de Beaupré au sein de la CMQ. Dans ces circonstances, que Ste-Foy renaisse ou pas, c’est un détail mineur.

    Cela dit, c’est bien fait pour Andrée Boucher! ;-)

    Amicalement,

    Jean-Hugues Roy
    géographe

  2. Je suis assez d’accord avec toi Jean-Hugues, sur le plan du développement le concept de territoire est plus intéressant que celui de ville. Ill faudra conserver cela bien en tête pour la suite des choses et éviter de tomber dans le piège du « bon, on a une nouvelle ville, les choses iront mieux ».

    Reste qu’au cours des dernières années, les structures municipales et supra-municipales (communautés urbaines, etc.) ont montré (à Québec en tous cas) leur incapacité à agir en fonction d’un certains nombre de défis importants: étalement urbain, développement industriel, transport en commun, etc. Voilà pourquoi l’avènement d’une structure plus simple et capable de maintenir une cohérence plus grande sur un « territoire » plus étendu, me semblait (et me semble toujours) offrir des perspectives intéressantes pour l’avenir.

    Mais tu as raison (si je comprends bien ton message): il ne faut pas perdre de vue que c’est un moyen que nous avons choisi… pas une fin que nous avons atteint.

    Et si je n’ai pas compris le sens de ton message… j’apprécierais que tu précises davantage. Merci.

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