AIVE 2004: Cérémonie d’ouverture

Animateur:

Raffaele Niri
Journaliste pour « la Repubblica »

Intervenants:

Luca Borzani
Adjoint à la Culture (Politiques Culturelles, Musées, Bibliothèques, Théâtres, Projet Ville Educatrice) de la Ville de Gênes

Marina Subirats i Martori
Adjoint à l’Education et à la Culture de la Municipalité de Barcelone
Président Délégué de l’Association Internationale des Villes Educatrices

Enrico Da Molo
Administrateur Délégué de la Société Gênes 2004

Lorenzo Caselli
Membre du Comité de Gestion de la Compagnia di San Paolo
Président de la Fondation pour l’Ecole de la Compagnia di San Paolo

Paola Pozzi
Adjoint au Système Educatif et des Politiques des Pareilles Opportunités de Turin
Réseau Italien des Villes Educatrices

Quelques notes:

Le maire de Gênes rappelle que des événements violents se sont déroulés dans sa ville à l’occasion du Sommet du G8 (à Québec, on connaît aussi!). Cette expérience a marqué l’administration municipale, qui a compris à cette occasion que les processus de mondialisation ne doivent pas avoir seulement pour effet de « donner plus de pouvoir à des organismes extérieurs à la ville », mais aussi être une invitation faite aux citoyens de « se réapproprier la personnalité de la communauté qu’ils forment ensemble ». C’est dans la suite de cette réflexion que Gênes a décidé de poser sa candidature pour le congrès qui s’ouvre aujourd’hui.

Le congrès sera l’occasion de présenter 150 projets, issus de 133 villes, d’une trentaine de pays. L’animateur souligne « qu’il n’y a pas de petites et de grandes expériences. il y a seulement des projets ».

L’angle culturel est celui qui ressort le plus fortement des présentations.

L’intervention du maire de Barcelone est la plus percutante. J’en retiens quelques éléments:

– Il fait remarquer que le congrès a lieu à un endroit où, historiquement, on échangeait des marchandises, mais qui, depuis quelques années, a été converti en espace d’échanges de connaissances. Cela lui semble une puissante image des changements qui affectent actuellement le développement des villes.

– Il souligne que l’augmentation du phénomène de la migration pose de façon aiguë le défi de la cohabitation et des valeurs qui rendent possible cette cohabitation. Ceci serait particulièrement vrai « aux latitudes méditerranéennes ».

– Il raconte habilement que dans la plupart des pays occidentaux, la culture de masse a été au XXe siècle un phénomène fortement lié à l’industrialisation et à l’existence du mouvement ouvrier. Les gens apprenaient souvent à lire dans un cadre associé à leur travail, notamment sous l’influence des syndicats. Au XXIe siècle, on se trouve dans des conditions très différentes et les formes de culture qui dominaient traditionnellement nos sociétés sont plongées dans une crise d’identité. Les médias sont en train de remplacer le mouvement ouvrier comme vecteur de la culture populaire. Or, la qualité de la cohabitation dans les villes dépend largement de la culture de base que partagent les citoyens et de la manière dont nous trouvons collectivement des solutions aux défis posés par l’urbanité… le plus grand étant sans aucun doute celui de l’intégration. Il présente cela comme une inévitable phase de transition pour les villes… une phase qui dure depuis deux décennies et qui durera sans doute encore deux autres décennies.

– Il rappelle dans ce contexte que le mouvement des villes éducatrices a été initié dans le but d’approfondir une réflexion sur comment l’éducation peut être un élément qui structure la cohabitation dans des villes qui changent. C’est pourquoi le mouvement des villes éducatrices, particulièrement par ses congrès, est un lieu exceptionnel pour discuter de l’intense phase de transition avec laquelle nos villes sont aux prises, de partager quelques idées, nos soucis et nos préoccupations. La situation actuelle est aussi intéressante que difficile.

– Il termine en émettant le souhait « que de notre rencontre puisse naître un parcours ». Belle formule.

Autre intervention dont je retiens particulièrement l’esprit, celle de Lorenzo Caselli de la Compagnie di San Paolo, une importante fondation qui oeuvre essentiellement dans les domaines culturel et éducatif dans la ville de Gênes et ailleurs en Italie.

M. Caselli souligne que dans une ère marquée par la pensée unique, le thème qui nous rassemble, « une autre ville est possible, est un thème aussi nécessaire que subversif. La tenue du congrès confirme que la ville est plus que jamais un espace d’éducation et un lieu de transformation de l’identité dans la mesure où c’est elle qui permet de « concilier la mémoire et le sens de la perspective ». L’éducation doit être la clé de voûte de tous nos raisonnements et si les jeunes sont aujourd’hui les destinataires de nos actions, il faut faire d’eux le plus rapidement possible des protagonistes à part entière.

Dans une ville fragmentée, il faut selon lui « réorganiser la liberté et la responsabilité » à partir de projets et d’expériences concrètes.

Il conclut en affirmant que « la ville, c’est l’éternel projet de vivre ensemble ».

Quelques observations

– Les intervenants font régulièrement appel à l’expression « à nos latitudes ». Intéressant… c’est sans doute une attitude ou un point de vue européen…

– L’historien Brodel suggérait que la Méditerranée est « le continent liquide ».

– À Gênes, on parle de « urban regeneration » (oui oui, en anglais!). Il me semble qu’il aurait aussi été intéressant de parler de urban generation.

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