Bureaux du temps…

François Cardinal publiait hier dans La Presse un éditorial intitulé « Je suis en r’tard » dans lequel il aborde le problème de l’organisation de la ville qui n’a pas suivi l’évolution du rythme de la vie des gens qui l’habitent.

« C’est ainsi qu’on ne peut visiter un concessionnaire automobile le samedi. Que les banques ferment à 15h. Que les horaires des trains de banlieue ne conviennent qu’aux travailleurs de 9 à 5. Et que les garderies ferment parfois leurs portes avant celles des bureaux. »

Au-delà des exemples, pas tous bien choisis à mon avis, c’est un problème réel que l’éditorialiste soulève. Un problème insidieux parce qu’on en vient trop souvent à l’accepter simplement parce que « ben coudon c’est comme ça que la vie est faite ». Pourtant, non. Il faut garder le réflexe de se demander pourquoi il en est ainsi… et de chercher des solutions ingénieuses (j’allais dire audacieuses) pour changer ce qui pourrit la vie de tellement de familles tous les jours.

C’est précisément ce qu’ont fait de nombreuses villes européennes, que cite d’ailleurs François Cardinal, en mettant sur pied des « bureaux du temps »:

« [Il s’agit] d’une table de discussions mise sur pied localement et qui réunit citoyens, usagers, patients, commerçants, élus, fonctionnaires, etc. [dans le but] de mieux planifier les horaires des entreprises, institutions et commerces selon les attentes des citadins. »

En Italie, par exemple, toutes les communes de plus de 30 000 habitants doivent aujourd’hui obligatoirement avoir un bureau du temps.

Quand j’ai entendu parler des « bureaux du temps » dans la revue des éditoriaux de la radio de Radio-Canada (sous l’habile direction de Françoise Guénette) je me suis demandé où j’avais déjà entendu parler de cela… et là, déclic, j’ai trouvé! Eh oui… c’est au coeur du réseau international des villes éducatrices que cette idée a d’abord pris forme et s’est rapidement répandu! J’ai d’ailleurs assisté il y a quinze jours, à Gênes, à une présentation de la ville de Bolzano à ce sujet… L’initiative de cette ville est d’autant plus intéressante qu’elle implique les enfants dans le processus.

La bonne nouvelle, c’est qu’on apprend dans cet éditorial que le ministre Claude Béchard prévoierait intégrer dès l’automne une obligation semblable dans la très attendue loi sur la conciliation travail-famille!

Ce sera certainement un dossier à suivre… qui illustre bien que l’idée d’une « cité éducative » fait son chemin et qu’il est pertinent pour nous, Québécois, Nord-Américains, de nous laisser inspirer par cette vision de la ville qui, pour reprendre les mots de François Cardinal, est « plus qu’un espace anonyme dans lequel on plante rues et bâtiments […] un lieu où interagissent hommes et femmes […] qui devrait se développer en fonction des besoins des citoyens et non l’inverse ».

C’est une conviction que partagent les villes membres de l’AIVE depuis 1990, qui est au coeur de la charte de l’association dont je pense que Québec peut être fière d’être membre.

2 commentaires

  1. Fort intéressant. Ça me fait penser à cette notion d’urbanisme où il est question du rythme dans la ville. Plus exactement, comment le fait de privilégier une philosophie d’aménagement modifie le rapport à l’espace et du fait même au temps. Mais bon, je m’éloigne… ;c))

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