Qu’aimeriez vous lire dans le journal le 17 février?

J’ai beaucoup d’échos, de vive voix, en rapport avec mon appel à tous au sujet de Québec Horizon Culture; également par courriel, mais très peu publiquement, ici, sur le blogue.

C’est même à croire qu’il n’y a que les médias traditionnels qui s’intéressent à l’événement jusqu’à présent… parce que pratiquement rien n’a été écrit sur le sujet dans la blogosphère — à l’exception de René Audet qui a interpellé publiquement ses collègues du CRILCQ et de l’ITIS: La culture à Québec… et notre engagement alors ? Extraits:

Loin de moi l’idéalisme d’une culture qui puisse exister sans infrastructures, sans soutien gouvernemental. Le financement est chose nécessaire, mais selon quelles orientations ? favoriser un développement général, au petit bonheur?

Quelle orientation pour un développement culturel à Québec ? Pour le dire autrement : qu’y aura-t-il de singulier dans cet élan insufflé à la culture dans la ville de Québec, qui la distinguera des initiatives culturelles de toute autre grande ville de la province, du pays ?

… quelle place souhaitons-nous prendre comme universitaires dans cette économie de la culture?

… comment arrimer la réflexion universitaire sur la culture à un milieu en pleine effervescence ? Comment jouer, comme universitaires et intellectuels, un rôle dans la cité lorsqu’il est question de développement culturel ? On nous donne, par cet événement, un possible droit de parole ; est-ce que nous nous en prévaudrons ?

Constatant cet après-midi que j’étais aussi tombé dans le piège de discuter avec lui de tout ça en privé, dans le confort du courriel, j’ai proposé à René que nous déplacions plutôt notre échange ici afin de permettre à d’autres personnes de prendre part à la conversation.  —  je profite de la même occasion pour lancer, en fin de texte, une idée simple pour brasser des idées en rapport avec Québec Horizon Culture au cours des prochains jours… c’est cette idée qui a inspiré le titre de ce texte.

Nous en étions donc à cette question, de René:

À y repenser, la vraie question dans tout ça, c’est : en quoi la ville de Québec aura une identité culturelle avec cette poussée financière? quelle est la singularité culturelle de Québec ? Grosse question… mais ce n’est pas une raison pour en faire l’économie!

J’ose une réponse à la question de René, en souhaitant que d’autres prendront aussi le relais:

La poussée financière n’est assurément pas ce qui procurera à Québec une (nouvelle) identité culturelle — ce n’est pas l’argent qui fait naître les idées et les oeuvres. Mais il est vrai que l’économie joue un rôle important quand vient le temps de les réaliser, de les mettre en oeuvre, et de les faire connaître, ici et ailleurs.

D’ailleurs, Québec a déjà une identité (identité culturelle: n’est-ce pas un pléonasme?) — qu’il serait sans doute utile d’arriver à mieux exprimer, à nommer. De quelle façon Québec est-elle différente de Montréal, de Boston, ou de Paris, au plan culturel?

Sans pouvoir décrire précisément cette identité,  j’ai envie de dire qu’il faut que nous la développions dans le sens de l’inspiration. J’ai envie que Québec devienne une ville de plus en plus inspirante — une ville où les auteurs, les musiciens, les comédiens, les cinéastes, les peintres, les sculpteurs et les architectes aient envie de venir passer quelques heures, quelques jours ou quelques mois pour laisser venir et laisser mûrir leurs idées — avant de repartir en témoigner partout dans le monde, sous une forme ou sous une autre. Une ville où on vient chercher l’inspiration.

Pour cela, la ville doit être plus folle: plus étonnante, plus diversifiée, plus innovatrice. Qu’il y en ait pour tous les goûts. Pour les jeunes et les moins jeunes. Pour cela, elle doit valoriser davantage l’entrepreneuriat — offrir aux gens qui ont des idées folles les moyens de réaliser leurs idées; et les mettre en valeur, partout dans la ville.

Il faut plus de vélos accrochés aux murs; plus de gros pots de fleurs dans les parcs; plus de moulins à images, plus de spectacles aux coins des rues et sur les toits, plus de lieux où se font des activités littéraires, des promenades, des galeries, de très petits, de moyens et de grands théâtres. Et quoi encore…

Des lieux de rencontres aussi, de toutes les tailles, conçus pour stimuler la créativité. Et des lieux d’accueil, pour des gens qui viendront de l’étranger pour nous interpeller et pour semer des idées exotiques. Plus de langues, de sciences et de technologies — et Internet accessible partout aussi parce qu’ils constituent dorénavant d’indispensables ponts vers le reste du monde, et vers le futur — et que cela fait rêver. Eh oui, ZAP Québec c’est aussi pour la culture! La ville doit partout réserver des surprises. Partout, des fruits de l’imagination; des oeuvres du corps et de l’esprit; des mots, des sons, des images, du mouvement.

Je suis profondément convaincu que les idées choisissent les villes inspirantes pour se concrétiser — et je suis tout aussi convaincu que ce sont les idées qui sont à la base de l’économie, et non le contraire. Je pense aussi que c’est une économie en santé qui permet d’élaborer des projets de société ambitieux et de continuer à avancer dans le sens du Bien commun.

Alors ne s’agit pas d’instrumentaliser la culture à des fins économiques.

Il ne s’agit pas non plus de mettre l’économie au service de la culture.

Il s’agit plutôt de reconnaître que ce n’est dans  la synergie de l’un et l’autre que peut se développer une ville, et  les humains qui l’habitent.

Alors oui: un regard économique sur la culture. Mieux: un regard entrepreneurial sur la culture.

Et pour moi, l’entrepreneuriat, ce n’est pas seulement « créer des entreprise »; c’est d’abord et avant tout une façon de voir le monde; comme quelque chose sur laquelle on a prise; qu’on peut modeler, qu’on peut transformer par notre action. Il faut qu’à Québec tout soit possible; que toutes les idées soient présumées bonnes, jusqu’à preuve du contraire. Pas l’inverse, comme ça été trop souvent le cas dans les dernières années.

C’est de cette façon que j’ai envie de lire les quatre orientations du projet de plan d’action de Québec Horizon Culture — comme une invitation à entreprendre; à oser entreprendre.

* * *

Je reviendrai sur tout cela d’ici le 16 février — pour essayer de formuler des propositions plus concrète — parce que je pense que c’est ce que je peux apporter de mieux dans ce contexte: un point de vue et des propositions. C’est aussi ce que je crois que la société est en droit d’attendre de tous les intellectuels.

Mais d’ici-là, je lance une idée, à René bien sûr, mais aussi à Ana, à Mario, à Carl-Frédéric, à François, à Jean-Sébastien, à Philippe, à Michaël, à Andrée,  aux lecteurs de Québec Urbain et à tous ceux qui accepteront de jouer le jeu.

Je propose que nous écrivions dans les prochains jours sur nos blogues respectifs le début du texte que nous aimerions lire dans Le Soleil du 17 février en rapport avec la tenue, la veille, de Québec Horizon Culture.

Ce pourrait être une façon simple de participer à Québec Horizon Culture pour ceux et celles qui ne pourront pas être physiquement présent.

J’ose même étendre l’invitation aux amis de Montréal qui ont leur mot à dire, il me semble, quand on parle de l’avenir de la Capitale: Martine, Yves, Sylvain, les autres… Qu’aimeriez vous lire dans La Presse ou dans Le Devoir du 17 février?

Si vous lisez ceci, que vous auriez envie de jouer mais qui n’avez pas de blogue, n’hésitez pas à coller votre texte au bas de cette page sous forme de commentaire. L’important c’est de partager!

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