Un quartier (et une ville) à construire ensemble

Je reprends ici le texte et les images que j’ai utilisés pour la présentation que j’ai faite un peu plus tôt dans le cadre des travaux relatifs à l’orientation 4 du plan d’action de Québec Horizon Culture.

Quelques liens ont été ajoutés dans le texte pour permettre l’exploration de certaines de mes sources d’inspiration. Les crédits photos ont également été ajoutés en annexe aux images projetées.

2009.02.17 — Mise à jour: On peut revoir la présentation sur cette page (cliquer sur Orientation 4, à droite de l’image, puis glisser à 31:14)

Un quartier (et une ville) à construire ensemble

Présentation Clément Laberge, travaille dans le quartier Saint-Roch depuis 2002, avec une interruption de quelques années où il a eu la chance de travailler à Paris. Il est vice-président chez De Marque, où il est responsable du développement d’une plateforme d’édition numérique destinée aux éditeurs québécois.

Note — Les chiffres entre crochets [ ] renvoient aux images projetées pendant l’intervention.

[1] Bonjour,

J’ai choisi de vous raconter une histoire qui se passe entre aujourd’hui et quelque part autour de 2025 dans un Saint-Roch qu’on dessine ensemble depuis ce matin — comme si tout ce qu’on s’est dit était déjà devenu réalité.

C’est l’histoire de deux enfants — appelons-les… Christine et Régis — à tout hasard! [2]

Enfants, Christine et Régis fréquentent Saint-Roch, chacun de son côté, avec leurs parents, pour ses parcs pleins de surprises, son extraordinaire bibliothèque et ses théâtres. L’animation est partout dans le quartier, hiver comme été. Ils sont d’autant plus attachés à ce quartier qu’ils ont été régulièrement invités à participer à son aménagement.

[3] Ados, ils sont revenus dans le quartier pour ses cinémas ultra-modernes, mais aussi pour ses espaces complètement flyés qui ont été créés par plusieurs commerces, où ils peuvent faire leurs travaux scolaires tout en apprivoisant le monde du travail.

[4] Devenus professionnels, ils ont profité de la vie trépidante des restos, des bars et des scènes où se produisent des artistes de toutes les générations. Ils ont aussi pris part à ce qui est devenu une tradition dans le quartier: laisser une note en quittant la table au restaurant pour transmettre un message ou une invitation à l’intention de la personne qui prendra cette place au repas suivant [ici en version techno].

C’est d’ailleurs comme ça que Christine et Régis se sont rencontrés la première fois. [5] Elle avait laissé une note sur laquel était inscrit: « j’écris un livre, j’aimerais qu’il soit multimédia et qu’au fil de la lecture il se transforme en jeu vidéo ». Entrepreneur, Régis a été séduit par l’idée.

Au fil des ans, grâce à des moyens aussi simples que celui-là et grâce à quelques mesures d’aide, presque toutes les entreprises du quartier ont tissé des liens avec les créateurs [6] et tout le monde se demande comment ça pouvait être autrement dans l’ancien temps — ça stimule tellement la créativité et la capacité d’innover de tout le monde!

Plusieurs années plus tard, Christine et Régis ont eu la chance de parcourir le monde [7] et de rapporter un peu de sa diversité dans le quartier — qui a aussi accueilli des créateurs et des intellectuels de partout — [8] et ils constatent que ce qui aura surtout fait la différence dans leurs vies ce sont les rencontres qui n’auraient probablement pas pu avoir lieu ailleurs que dans ce quartier un peu fou.

Je pense que s’ils étaient avec nous aujourd’hui, ils nous demanderaient de ne pas perdre de vue que même si les petits entrepreneurs et les créateurs sont rarement en mesure de faire de grandes annonces comme celles qu’on a pu entendre avec plaisir aujourd’hui, il faut se rappeler que ce sont d’abord et avant tout les rencontres et les gestes qu’on peut poser ensemble au quotidien qui auront le plus d’impact pour faire de Saint-Roch ce dont nous rêvons — et à travers lui faire de Québec une ville plus ouverte que jamais sur le monde. [9]

Merci.

Note: des liens pourront s’ajouter dans les prochains jours. Je tenterai ainsi d’enrichir le texte à partir des réactions et des suites de l’événement.

9 commentaires

  1. Je comprends ton enthousiasme, mais j’aimerais apporter un bémol. Je vais le faire sous la forme d’une autre histoire, celle de deux enfants dont les grands-parents vivaient tous (ça doit bien faire huit grands-parents, quoique si on ajoute les parents des beaux-parents qu’ils ont connu dans leur courte vie…) dans Saint-Roch en 2009. Curieusement, ils s’appellent aussi Christiane et Régis. Un de ces grands-parents leur a raconté l’autre jour l’époque où il était possible de vivre dans Saint-Roch même si on était pas riche. Vous aurez compris que ces enfants ne vivent pas dans ce quartier compètement revampé grâce à celui qui fut maire de Québec au début du 21e siècle. Il y a même un parc qui porte son nom, le parc Labeaume, là où jadis dominait un HLM, tout près des condos de L’Église, ces magnifiques condos construits dans l’ancienne église Saint-Roch. En fait, tout le secteur a complètement changé. Le grand-parent en question y va de temps à autre mais il n’y reconnait plus personne.

    Pas forcément pour le pire, ces changements. Le quartier est demeuré à petite échelle, c’est juste que les familles et individus peu fortunés qui y vivaient en 2009 ont dû partir un à un, à mesure que la gentrification douce (un nouveau concept pour désigner ces quartiers où se côtoient petits entrepreneurs, créateurs et amants d’un monde plus vert, plus bio) a progressé. Saint Roch s’est ouvert sur le monde, mais une bonne partie du monde qui y vivaient à dû s’ouvrir à de nouveaux horizons, dans un quartier pas si loin finalement.

    Il parait que le maire de Québec de 2025 a un rêve pour cet autre quartier. Faut-il s’en réjouir?

    Post scriptum: j’ai vécu sur la rue Saint-Joseph Est, sur la rue du Roi, et je vais bientôt habiter sur la rue du Parvis (en face du Jardin Saint-Roch). Je pourrais me réjouir de savoir que Saint-Roch va changer dans les prochaines décennies mais je suis inquiet pour toute une partie de sa population qui risque d’en faire les frais. J’aurais aimé qu’on mette les sous qu’il faut pour préserver intégralement la mixité du Quartier et améliorer la qualité de vie de ces femmes (souvent monoparentales) et ces hommes qui n’ont aucun moyen de se défendre contre le progrès. Leurs enfants risquent fort de devoir grandir ailleurs…

  2. Salut Clément,

    J’ai un commentaire un peu plus personnel… J’ai suivi la progression de la journée en webdiffusion et ton précieux 3 minutes. Il va falloir que tu me donnes des cours de dessin, le côté art, tu l’as! Non mais sérieusement, c’était vraiment une bonne intervention, comme toutes les autres de votre groupe que j’ai trouvé engagé et proactif.

    Bravo et je crois que l’énergie, les idées et engagements des participants aux niveaux public, parapublic et privé ne peuvent que se concrétiser dans l’avenir pour une richesse culturelle et aussi des réseaux de collaborations ouverts et structurés dans notre belle ville de Québec!

  3. Dommage que je n’aie pas pu assister à vos présentations, j’aurais certainement eu la même réaction que Luc Martin ;-) Mon bémol ne concerne certainement pas votre enthousiasme et je soupçonne même que tu partages mes craintes.

  4. De la projection dans l’avenir, du rêve, ce sont bien des éléments essentiels pour dynamiser Québec. Moi, ça me parle. J’embarque Clément!

  5. J’ai assisté à la présentation d’hier (rafraîchissant votre apport, Clément. Plus pertinent que la critique des texte de chanson, la statue des Patriotes, les poèmes ou les chansons à micro fermé). Je m’installe dans Saint-Roch avec trois autres éditeurs dans les prochaines semaines. J’en suis fier et heureux. Reste à voir maintenant à qui je m’adresse de façon concrète pour en faire part à la ville et montrer mon appui à la revitalisation culturelle (sans animation 3D malheureusement). Je reste ouvert… et perplexe à la suite de la journée d’hier. On verra bien.

  6. Merci. Une des bonnes interventions de la journée. Et un message qui va à l’essentiel. La suite de toutes ces annonces à QHC va effectivement dépendre des rencontres et des nouveaux projets qui émergeront de notre bouillon de culture local. Ça explique d’ailleurs pourquoi je sors de ma caverne depuis quelques heures. J’ai envie que ça bouge et d’aider à faire bouger. C’est ça ou je change de ville; mais ça ne me tente pas de changer de ville.

    À part ça, heureux d’apprendre ci-dessus qu’Alto s’installe dans St-Roch.

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