Prendre le temps


Guy m’a envoyé il y a quelques jours par courriel cette photo qu’il a prise dans le parc linéaire de la Narchez. La lumière et le calme qui s’en dégagent m’ont profondément touché. Je l’ai mise de côté, le temps d’y revenir.

J’ai reçu hier en cadeau L’homme qui marche, de Jirô Taniguchi. Je l’ai lu ce soir et j’y ai retrouvé la même lumière et le même calme qui m’avait touché dans la photo — qui m’est aussitôt revenue à l’esprit.

L’homme qui marche, c’est une bande dessinée aux images sobres, toutes en noir et blanc; une série de courtes histoires qui se lisent lentement; une ode à la contemplation — une invitation à prendre le temps de regarder, d’écouter, de goûter, sentir, de toucher tout ce qui est au cœur de notre quotidien. Un livre impossible à apprécier si on est pressé, stressé ou inquiet. Un livre de sérénité.

On pourrait croire qu’il ne s’y passe presque rien — le vol d’un oiseau, la découverte d’un coquillage, une pluie soudaine, une rencontre imprévue, une sieste sous un cerisier. Et pourtant!

Et pourtant, les détails de chaque image nous font découvrir tout ce qui nous échappe, tout ce qu’on perd, quand on se laisse envahir par l’empressement et qu’on néglige nos sens.

En tournant la dernière page, je me suis servi quelques gorgées de Bowmore, j’ai tamisé la lumière du salon, j’ai ressorti la photo que m’avait envoyé Guy et j’ai écrit ce texte dans le calme de la maison endormie.

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