Univers parallèles

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Nous étions tous rassemblés — après plus deux ans de travail. Elle s’adressait à nous par un message préenregistré au contenu très prévisible, sorte de langue-de-bois-aux-accents-de-lendemains-qui-chantent.

— Merci pour votre bon travail (cela a été très utile pour justifier mon inaction jusqu’à présent), je vais maintenant étudier votre rapport (pendant plusieurs mois) et formulerai éventuellement (allez savoir quand?) des recommandations à mes collègues (en vous rappelant que plusieurs autres dossiers sont évidemment prioritaires). Dans tous les cas, soyez certains que tout cela n’aura pas été fait en vain (mais qu’il n’y aura probablement aucun budget additionnel pour répondre à vos recommandations — beaucoup trop nombreuses, de surcroît).

Sur le coup, j’avais trouvé que la scène, à la limite du fantastique, avait des allures de 1984 — mais avec le recul c’est un autre livre que cela me rappelle aujourd’hui: Le matin des magiciens, de Louis Pauwels et Jacques Bergier.

Dans la préface, Louis Pauwels dit:

« …le fantastique, à nos yeux, n’est pas l’imaginaire. Mais une imagination puissamment appliquée à l’étude de la réalité découvre que la frontière est très mince entre le merveilleux et le positif, ou, si vous préférez, entre l’univers visible et l’univers invisible. Il existe peut-être un ou plusieurs univers parallèles au nôtre. Je pense que nous n’aurions pas entrepris ce travail si, au cours de notre vie, il ne nous était arrivé de nous sentir, réellement, physiquement, en contact avec un autre monde. »

C’était à cela que j’avais assisté cet après-midi là, je pense: un instant de contact, absurde, avec un autre monde, inavouable.

Et je ne peux pas me sortir ce souvenir de la tête en relisant le texte de Michel Dumais Leaders numériques recherchés.

Je suis dubitatif ce soir, mais il faut continuer d’y croire… alors, il faudra bien se retrousser les manches encore une fois — avec une nouvelle approche et une conviction renouvelée — parce que notre avenir en dépend.

Cent fois sur le métier…

Un commentaire

  1. Je comprends et partage ton doute. Je crois sincèrement que nous manquons cruellement de courage pour assumer les changements que nous aimerions voir arriver. Courage dans l’établissement de nos projets politiques, mais surtout courage dans nos capacités de se mobiliser, courage de nos élus d’assumer l’exigence du changement, courage de la société civile de sortir de « son confort et de son indifférence » pour être solidaire et participant aux projets de changement et aux risques qui y sont associés. La source du courage est desséchée. Il faut trouver moyen de la réalimenter.

    Et cette sécheresse n’est pas exclusive aux Québec. Nos sociétés occidentales sont trop coincées dans leur équilibre fragile et le jeu des puissants lobbys qui font tout pour conserver leurs petits et grands pouvoirs et privilèges.

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