De retour du Conseil national

cnpq2015

Tout juste revenu du Conseil national du Parti Québécois, je m’accorde un moment pour prendre spontanément quelques notes, en vrac, et pour les partager ici. Je le fais d’abord à l’intention des quelques centaines de personnes avec qui j’ai partagé la fin de semaine, mais tant mieux si cela peut intéresser un peu plus largement (désolé si tout n’est pas clair pour ceux qui n’étaient pas à Laval). Je le fais de manière à pouvoir y revenir plus facilement dans les prochains mois, bien sûr, mais aussi pour les soumettre dès maintenant à la discussion.

Je dois confesser d’entrée de jeu le plaisir (coupable) que j’éprouve généralement dans une assemblée comme un Conseil national. Je l’avoue: j’adore l’application des codes de procédure. J’ai toujours perçu ça comme une sorte de grand jeu et considéré l’animation des assemblées comme un art. Je ne m’en lasse généralement pas.

Sauf qu’hier après-midi les délibérations étaient clairement un peu longues… très longues… trop longues même, pour tout dire! Au point où cela m’a amené à m’interroger sur l’utilité de tous ces efforts et de tout le temps consacré à quelques propositions qui n’allaient, de toute façon, n’engager vraiment personne ni aucune instance du parti.

Peut-être que j’étais plus fatigué qu’à l’habitude, mais quand même moi je ne trouve plus ça drôle, c’est qu’on est probablement entré dans une zone dangereuse pour la motivation des troupes — et encore plus dangereuse si on est sérieux dans notre désir d’augmenter le nombre de personnes qui appuient notre parti et la cause qu’il défend.

Pour cette raison, je pense qu’il est devenu nécessaire d’identifier des moyens concrets afin de simplifier notre fonctionnement et le rendre plus attrayant et plus efficace. Quelques pistes intéressantes me semblent heureusement émerger de nos travaux de la fin de semaine.

Parmi ces pistes:
  • Il faut certainement faire (encore) plus confiance aux membres. Leur permettre de dire régulièrement ce qu’ils pensent en leur offrant de nouvelles occasions de le faire. La démarche de consultation qui a été menée dans les circonscriptions au cours des derniers mois est un bel exemple de cela. Il faut aller encore plus loin: en faire un processus continu et y convier des non-membres. Tirer profit du web et des réseaux sociaux pour le faire, aussi.
  • En contrepartie, il m’apparaît indispensable de trouver une manière d’encadrer plus efficacement l’utilisation des droits de parole lors des assemblées. Il est évident que certaines personnes abusent de ce privilège et que cela se fait trop souvent au détriment des autres. On doit trouver une façon acceptable de composer avec les abonnés au micro. C’est délicat, je le sais, mais c’est un défi qu’on doit trouver le moyen de relever.
  • Dans cet esprit, et (re)connaissant la culture du parti, il faut que nous apprenions aussi à mieux évaluer ce qui doit faire l’objet d’une proposition en bonne et due forme dans une assemblée. Il n’est pas nécessaire de débattre de tout à la première occasion. Dit clairement: certaines proposition ne devraient pas se rendre sur le plancher. Parce qu’on le sait bien, si on soumet une proposition il ne faut pas se surprendre qu’il y ait des amendements: on ne sait tout simplement pas s’en empêcher. Apprendre à se concentrer sur l’essentiel est aussi très important. J’espère que le travail de réforme des règlements du parti nous offrira l’occasion de se pencher aussi sur ce genre de choses. C’est un travail exigeant qui n’est pas très sexy, mais il est absolument fondamental — et c’est d’autant plus important que nous nous engagerons bientôt dans la longue démarche qui nous amènera au prochain congrès.
  • Il faut également encourager davantage les initiatives spontanées des différents regroupements qui existent au sein du parti — et plus largement dans la société civile. Il faut reconnaître que notre succès repose sur notre capacité à coordonner l’action des gens d’affaires pour l’indépendance, des écolos souverainistes, des femmes pour faire un pays, etc. (en guise d’exemples, évidemment!). Il est inutile d’essayer de les piloter ou, pire, de les contrôler — il faut reconnaître leur autonomie, les encourager et les soutenir dans leurs actions. Ce sera bien plus efficace. À cet égard, les exemples que François Larouche nous a présentés en fin de journée samedi devraient très rapidement se transformer en plan d’actions pour le parti.

Bien vaste chantier tout ça me direz-vous. C’est vrai. Mais ce n’est rien devant tous les autres défis qui nous attendent pour faire du Québec un pays. Alors, autant se retrousser les manches et s’y attaquer dès maintenant.

3 commentaires

  1. les membres qui vont au micro devraient prendre l’habitude de s’auto censurer lorsqu’ils sont pour répéter successivement les mêmes choses que leur prédecesseur.
    c’est pas pour empêcher les appuis à ces derniers mais plus en signe de respect pour l’assistance. surtout lorsque rien n’est ajouté sur la question.
    c’est une culture d’organisation à mettre en place je sais. on perd beaucoup de temps à se répéter. un moment donné faut arrêter de vouloir s’écouter. c’est aussi une question de pertinence.

  2. Je citerai le président d’assemblé en disant que quand il n’y a personne à l’autre micro, inutile d’en rajouter.

  3. Les amendements pour décider si nous sommes pour les jeunes, moins pour les jeunes, plus pour les jeunes que pour les vieux, écolos, progressistes, réactionnaires, libéraux ou sadomasochistes on devrait laisser ça à la maison. C’était lourd de chez lourd.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s