L’année la plus longue

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Je viens de terminer la lecture de L’année la plus longue, de Daniel Grenier (Le Quartanier). Un roman original, complexe, qui nous fait parcourir l’Amérique et son histoire. Cela m’a ramené par moment à la nouvelle Le Décret, de Marcel Aymé, qu’on retrouve dans le recueil Le Passe-Muraille.

L’année la plus longue | Le Quartanier | LesLibraires.ca

Ça m’aura pris un peu de détermination pour passer à travers les pages 100 à 200, mais ça valait le coup! Les cent dernières pages, en particulier, ont été un très grand plaisir de lecture.

Quelques extraits:

«Mais les documents sont contradictoires, et il est difficile de confirmer quoi que ce soit. Afin de retracer son histoire et de lui conférer un minimum de linéarité, il faudra parfois privilégier une piste au détriment d’une autre, en gardant entête la possibilité que des erreurs factuelles se soient glissées ici et là. L’honnêteté intellectuelle et le respect des sources nous obligent à ne jamais perdre de vue l’éventuelle incompatibilité entre l’horizon d’attente du conteur et la rigueur de sa démarche. On pense que c’est ce qu’Albert aurait voulu, même s’il est trop tard maintenant pour le lui demander.» (page 110)

«Dans la file d’attente en zigzag, quelques mètres devant lui, il a remarqué cette jolie femme aux cheveux attachés. Il a souhaité sans trop y croire se voir attribuer le siège à côté du sien. Elle était menue, tenait son passeport américain dans sa main droite et frappait en rythme sur sa cuisse. Elle portait des jeans délavés et un t-shirt blanc. De loin, Aimé ne pouvait pas voir si elle avait la chair de poule à cause de la climatisation, mais il regardait ses bras nus. Elle a frissonné soudainement, s’est penchée et a ouvert sa valise. Il y avait des centaines de personnes qui bougeaient autour d’Aimé, qui s’en allaient rapidement dans d’autres terminaux, ou qui sortaient pour trouver des taxis. Des gens étaient assis sur de longues banquettes blanches et fumaient en observant le vide. Elle a sorti un chandail de laine et l’a enfilé en faisant un geste souple pour en sortir sa queue de cheval et vérifier que l’étiquette était bien rentrée à l’intérieur. » (page 322)

«La lumière était quasiment liquide, on aurait pu s’en servir comme combustible.» (page 387)

Un livre qu’il est très probable que je relise dans quelques années.

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