Que restera-t-il de cette semaine?

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Au terme d’une semaine complètement folle — invraisemblable, inimaginable, il y a encore à peine dix jours — j’ai senti le besoin de laisser la maison s’apaiser, de réduire l’éclairage, de me servir un petit verre de whisky, de mettre un peu de musique et décanter un peu tout ça. Pour me reconnecter. Pour prendre un tout petit peu de recul — ne serait-ce qu’une petite heure.

Que restera-t-il de cette semaine?

Assurément quelques sources d’espoir: pour plusieurs années on ne pourra plus jamais dire que quelque chose est impossible. On a réalisé cette semaine tellement des choses qu’on disait impossibles: techniquement, financièrement, légalement, politiquement. On a découvert que tout se pouvait si on le voulait vraiment — ou s’il le fallait vraiment. Et ça, c’est une immense avancée! Un déblocage inouï!

Plusieurs sources d’inquiétude: quel sera l’état de l’économie mondiale dans quelques semaines? Dans quelques mois? Je pense que ce n’est pas le moment de trop élaborer sur ça.

Beaucoup d’inconnus aussi: on est en train de perdre bien des repères: personnels, professionnels, politiques, locaux et internationaux. L’impression d’un effondrement. Dans quel état ressortiront les différents pays? Les équilibres mondiaux? Assisterons-nous à la chute de l’empire états-unien? Rien n’apparaît plus impossible. Un nouvel équilibre entre la politique et l’économie? Comment la globalisation se transformera? Quels impacts cela aura sur nos habitudes, sur notre vie quotidienne?

On n’est pas sortis du bois…

***

J’ai l’impression que la question la plus déterminante à ce stade-ci est de savoir si, au sortir de tout ça, dans quelques mois, ce sont plutôt les nouvelles contraintes qui influenceront notre avenir ou si ce sont plutôt les nouveaux possibles.

Est-ce que notre avenir apparaîtra encore plus compliqué qu’avant parce que tout cela nous aura appauvris et divisés ou si, au contraire, cela nous aura permis de nous libérer de certains des blocages qui nous empêchaient inconsciemment de nous émanciper?

Dans le premier cas, la pandémie aura plombé notre avenir pour longtemps alors que dans le second elle nous aura peut-être, au contraire, ouvert de nouveaux horizons. Je choisi d’être optimiste.

Je crois que c’est ça, au fond, qui se joue actuellement sous nos yeux — et c’est probablement ce pourquoi je suis si fier de constater l’état de notre État. Il est là: actif, puissant, efficace.

Le leadership que manifeste le trio formé par le Premier ministre Legault, le Dr Arruda et la ministre McCann est inspirant. Tout comme l’action concertée de tout le gouvernement, de tous les député.e.s et de tous les élu.e.s de partout au Québec.

Et que dire de la réaction exemplaire de (presque) toutes les Québécoises et tous les Québécois? — sinon que c’est vraiment très agréable de se sentir tous et toutes très solidaires!

Je veux croire qu’on peut en sortir plus forts.

C’est pour ça qu’on doit rester à la maison jusqu’à nouvel ordre: pour pouvoir en ressortir plus forts, plus ingénieux et plus innovateurs. Pour être mieux équipés pour relever ensemble les prochains défis qui nous attendent — en particulier ceux qui sont liés aux changements climatiques.

Il faut continuer! On est bien parti!

Je ne voudrais être nulle part ailleurs qu’au Québec par les temps qui courent. On travaille fort et on travaille bien pour faire face au virus — on ne le regrettera pas!

Alors juste avant d’aller me coucher, j’ai surtout le goût de prendre le temps de dire «Bravo nous!» pour cette première semaine de crise.

Faut pas lâcher — aussi longtemps qu’il le faudra.

Y nous aura pas ce virus-là!

3 commentaires

  1. Oui, Clément, si l’on n’en meurt pas cette fois, on pourrait en sortir plus fort. Une occaion à saisir ! Penser autrement, etc.. Meilleures pensées de Paris. Michèle Turbe

  2. Bonjour Clément, hier soir, je me suis couché triste. La cause ? Deux reportages de R-C, celui du Téléjournal Québec de 18h et celui de 22h sur la chaine pancanadienne, où nous avons eu une petite idée des deux vitesses de la communauté éducative. Celle du privé où les élèves suivent des formations à distance soutenus par leurs enseignants (du marketing subliminal et qui ne coûte rien), avec leurs ordinateurs personnels (souvent des Apple, les plus chers des portables), et les élèves du public qui suivent la direction donnée par le ministre « d’être en congé ». La réaction de parents du privé qui tiennent à ce que leurs ados se préparent aux examens du ministère. Et celle de parents du public qui me semble représenter en partie par l’enseignante de 5e année de l’article du Soleil du mercredi 18 mars, contente qu’elle était que les jeunes n’aient pas, pour un moment, de pression sociale. Elle allait jusqu’à dire qu’elle était payée pour jouer avec ses enfants. Dans une téléconférence que je tenais hier avec deux directeurs d’écoles secondaires de la région de l’Abitibi, on me disait que le réseau de tétécoms de leur école ne pouvait être assez puissant pour l’ouvrir aux élèves et que, de toute façon, beaucoup de leurs élèves n’avaient pas d’ordinateurs personnels à la maison. Deux réalités qui se distancent au fil du temps. Je crois qu’au sortir de la crise, la fracture sociale n’en sera que plus grande. Et c’est ce qui m’attriste.

  3. Prodigieusement exprimé! Je suis avec vous à deux cents pour cent. J’ai ressenti une grande fierté cette semaine de faire partie d’un si beau peuple. Comprenez-moi bien, tous les peuple sont beaux, car en fait, les humains n’en forment qu’un lorsqu’ils cessent de voir les différences illusoires qui les divisent. Mais c’est un peu comme la fierté qu’on ressent quand notre équipe a gagné. Nous nous comprenons.
    Merci d’avoir mis les mots justes sur le sentiment de beaucoup, je le crois.
    Bonne suite et bonne santé pour vous et les vôtres.
    Frédéric Gagné

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