Façonner sa vision du monde… avec les TIC!

Allocution préparée pour le deuxième colloque sur les technologies de l’information et de la communication de la Fédération des établissements d’enseignement privés.

2 décembre 2003 ‹ Hôtel des Seigneurs, Saint-Hyacinthe


Notes :

1. Ce texte est rédigé en orthographe rectifiée.
Pour plus d’information à ce sujet : http://www.druide.com/points_de_langue_18.html

Mise à jour (4 mai 2004): lire aussi à ce sujet le communiqué de presse publié par l’Office de la langue française le 3 mai 2004.

2. Le texte est également disponible en format pdf.

Mesdames,
Messieurs,

J’ai pensé commencer cette journée avec un bref retour en arrière. Question de nous rappeler qu’à certains moments de notre histoire, il est important de mettre à jour notre vision du monde. Qu’il est essentiel d’accepter qu’un regard neuf soit parfois nécessaire pour surmonter les défis qui se présentent devant nous.

J’ai choisi de nous ramener presque 80 ans dans le passé. En 1925. Le frère Marie-Victorin exprimait alors dans les mots suivants son inquiétude de voir les Québécois être absents du monde scientifique :

« Une question angoissante se pose en ce pays, disait-il : Y aura-t-il une science française en Amérique ? […] Parce que nous, les Canadiens français, nous sommes pour bien peu de chose dans toute cette marche en avant des découvertes scientifiques et dans tous ces reculs d’horizon. Le monde scientifique a marché sans nous ; il nous a laissés si loin derrière lui que nous l’avons perdu de vue et que beaucoup de nos compatriotes cultivés le croient petit et de mince importance parce qu’ils le voient de trop loin. La grenouille dans sa mare ignore le grand océan dit le proverbe japonais. C’est un peu notre cas. »

Je constate avec vous, ce matin, que l’inquiétude du frère Marie-Victorin ne s’est pas réalisée. Il y a aujourd’hui, au Québec, plusieurs universités importantes, des centres de recherche de tout premier ordre et des entreprises qui emploient des milliers de scientifiques dont la réputation dépasse largement nos frontières. Il n’y a aucun doute, le Québec contribue à l’aventure scientifique.

Mais si les inquiétudes du frère Marie-Victorin ne se sont pas réalisées, ce n’est pas parce qu’elles n’étaient pas fondées. C’est plutôt parce qu’il a su lire avec lucidité les tendances de son époque, qu’il a su exprimer avec vigueur sa vision d’un Québec moderne et parce qu’il a eu le génie d’incarner cette vision dans de nouveaux lieux de formation (comme le Jardin botanique de Montréal), de nouveaux outils de formation (tels que la Flore laurentienne) et des réseaux d’apprentissage originaux (notamment l’Association canadienne française pour l’avancement des sciences et les Cercles des jeunes naturalistes).

Vous le devinez bien, si j’ai choisi d’ouvrir ma conférence avec cette citation du frère Marie-Victorin, ce n’est pas pour nous congratuler de notre réussite dans le domaine scientifique. C’est plutôt parce que j’entretiens au sujet des nouvelles technologies les mêmes angoisses que le frère Marie-Victorin en regard des sciences.

Je pense qu’il faut être préoccupé à l’idée que les Québécois soient exclus du monde technologique qui se dessine à l’horizon, parce que nous comprenons peut-être mal les enjeux qui accompagnent la naissance de la culture de réseau.

C’est un risque qui deviendra encore plus grand si nous ne comprenons pas, comme éducateurs, les leçons qui émergent des projets phares de la culture de réseau. Je pense ici particulièrement à Linux, bien sûr, mais aussi à SETI@Home, qui est moins connu, à Napster, à Slashdot et à quelques autres.

Il ne sera évidemment pas possible de parler aujourd’hui de tous ces projets. Je vais donc me concentrer sur quelques-uns d’entre eux pour illustrer la nécessité de bien comprendre les forces qui se manifestent derrière ces projets et comment les valeurs qui mobilisent leurs créateurs sont en train de transformer en profondeur la société dans laquelle nous vivons et à laquelle nous devons préparer les enfants qui nous sont confiés.

Pour y arriver, j’ai choisi de développer la suite de ma présentation en trois parties, en fonction des trois éléments du thème de notre colloque : « Façonner sa vision du monde ».

La première partie portera sur LA VISION qu’on se fait du monde, entre autres à travers le prisme des technologies de l’information et de la communication.

La deuxième partie portera sur LE MONDE, tel qu’il a été influencé par l’avènement de la culture de réseau.

Et la troisième et dernière partie, à laquelle est associé le verbe FAÇONNER, portera sur les changements qu’apportent les technologies à notre façon d’entrer en contact avec le monde, et par le fait même à notre rapport à l’apprentissage.

Première partie : LA VISION

Parlons donc d’abord de l’influence que notre vision du monde peut avoir sur notre capacité d’aider un élève à s’en façonner une, plus personnelle, par l’entremise de la relation pédagogique.

Et puisque nous sommes dans un contexte de réforme et que nous sommes rassemblés ici autour d’un thème qui correspond presque mot pour mot à l’une des trois visées du programme de formation (qui sont, rappelons-le, la construction d’une vision du monde, la structuration de l’identité et le développement du pouvoir d’action), commençons donc par voir comment les documents officiels peuvent influencer notre lecture du sujet.

On peut lire en page huit du programme du premier cycle de l’enseignement secondaire que « le programme propose de soutenir le développement intégré de savoirs en puisant aux sources disciplinaires tout en les reliant à la réalité telle que la perçoivent les jeunes [et] qu’il est primordial que tous les acteurs de l’école demeurent à l’affût des occasions d’accompagner les élèves dans les nombreux questionnements qui contribuent à l’expression et au façonnement de leur vision du monde ».

Vous conviendrez avec moi qu’on ne peut qu’être d’accord avec pareille intention. Mais quand on connait la place qu’occupent les technologies dans la vie des jeunes de 5 à 17 ans (et bien après !), comment peut-on raisonnablement penser remplir ce rôle si nous ne disposons pas d’une culture technologique adéquate ?

Comment pourrais-je aider un enfant à élaborer pour lui une vision du monde qui intègre de façon convenable la réalité des technologies de l’information et de la communication, si ma propre vision du monde est désuète, voire complètement dépassée à cet égard ?

Est-ce qu’on peut, par exemple, prétendre avoir une vision du monde adéquate pour aider des enfants à construire la leur si on ignore qu’avec un appareil aussi petit que celui-ci (le Clié UX50 de Sony), qui se vend actuellement pour moins de 1 000 $, il est possible d’envoyer et de recevoir des courriels ; de consulter Internet dans à peu près toutes les moyennes et grandes villes d’Amérique du Nord ; d’enregistrer une personne à son insu pendant plusieurs heures ; de prendre des photographies d’une qualité étonnante, sans être vu, et de les faire suivre instantanément à quiconque en appuyant discrètement sur un seul bouton ? (Comme quoi même les scénaristes de James Bond devront bientôt rivaliser d’imagination avec la réalité !)

Je pense que pour aider un élève à se construire une vision du monde adéquate au regard des TIC, il est indispensable de savoir qu’un tel appareil existe. De savoir qu’il transforme complètement notre rapport à la vie privée. De savoir qu’il fait en sorte qu’on ne peut plus présumer de la confidentialité d’une discussion ou d’une rencontre. D’être conscient qu’il réduit presque à zéro le temps qu’il faut pour rendre publique une information accompagnée d’images, voire de séquences vidéo.

Et que si nous désirons permettre aux élèves de se façonner une vision personnelle du monde, une vision qui tient compte de l’omniprésence des nouvelles technologies, il faut d’abord que nous prenions conscience de notre propre rapport à ces technologies, voire de notre grande ignorance à leur sujet.

Je ne vois pas comment on peut espérer développer chez les élèves une vision éthique de la consommation si nous agissons encore comme s’il n’y avait pas dans toutes les classes du Québec des ados parfaitement capables de trouver sur Internet (illégalement il va sans dire !) tout ce qu’ils désirent au chapitre des jeux vidéo, de la musique et des films, soit l’essentiel de leur « consommation culturelle ».

Et de la même manière, je ne vois pas comment on peut prétendre à l’éducation à la citoyenneté si nous ne savons pas que les rouages mêmes de la démocratie auxquels nous souhaitons initier les élèves sont en train d’être profondément bouleversés.

En fait, la principale question qui m’intéresse aujourd’hui pourrait être formulée ainsi : qu’est-il essentiel de savoir, aujourd’hui, pour posséder une vision du monde susceptible d’éclairer des décisions pédagogiques au sujet des technologies de l’information et de la communication ?

Voyons-y d’un peu plus prèsŠ

Deuxième partie : LE MONDE

On l’a dit, Internet a changé le monde. Mais en quoi Internet a-t-il changé le monde, justement ? Est-ce parce que, moyennant quelques dollars, il permet de jeter un regard voyeur dans le loft de Guy Cloutier ? Parce qu’il permet de télécharger des fichiers musicaux gratuitement ? Parce qu’il permet de magasiner un grille-pain, même la nuit, même le dimanche, même en pyjama ? Ou encore, comme on se plait souvent à le dire, parce qu’il constitue la plus grande bibliothèque du monde ? Je serais tenté de répondre que c’est à la fois tout cela et rien de tout cela.

Tout cela parce que l’impact d’Internet sur les médias, sur la culture populaire et sur le commerce de détail est indéniable… mais rien de tout cela parce qu’à mon avis, il ne s’agit là que d’épiphénomènes, de manifestations de forces beaucoup plus puissantes qui s’activent derrière la technologie. Il y a derrière Internet beaucoup plus que des pages Web ; il y a des gens, qui ont des convictions et des valeurs, puissantes, qui à travers la technologie façonnent le monde dans lequel nous vivons. Parfois de façon très surprenante.

Qui aurait cru, par exemple, qu’un jeune Finlandais allait provoquer une véritable révolution dans le monde informatique en demandant simplement à des amis leur opinion au sujet d’un logiciel qu’il avait commencé à programmer dans ses loisirs ? Ou encore qu’un jeune « dropout » américain allait faire trembler la puissante industrie du disque en mettant au point un mécanisme permettant de partager très simplement des fichiers musicaux ? C’est pourtant ce qui est arrivé avec Linux et Napster, deux des projets auxquels je vous propose que nous consacrions quelques minutes.

Commençons par Linux

C’est en 1991 que débute l’histoire de Linux. Linus Torvalds est alors âgé de 21 ans. Un matin du mois d’aout, il fait parvenir le message suivant à une liste de discussion pour programmeurs : « Hello à tous. Je travaille pour l’instant sur un système d’exploitation gratuit (ce sera un passetemps et non une occupation professionnelle). J’aimerais que vous me donniez vos impressions positives ou négatives sur ce travail ».

En lançant son message, Linus Torvalds ne se doute pas un seul instant qu’il vient d’amorcer une véritable révolution (une révolution qu’il qualifiera d’ailleurs lui-même par la suite « de révolution accidentelle »). Or, au fil des mois qui ont suivi, son système d’exploitation s’améliora rapidement, en particulier grâce aux commentaires des membres de la liste de discussion. Peu à peu, le logiciel prend forme, devient plus robuste, intègre des améliorations proposées par d’autres programmeurs, professionnels ou amateurs, qui se joignent au projet bénévolement, sans rien demander en retour. Linus Torvalds n’est plus seul à programmer son logiciel et il agit de plus en plus comme coordonnateur en intégrant progressivement les bouts de code que des programmeurs anonymes habitant les quatre coins de la Terre lui font parvenir tous les jours. C’est devant cet engouement qu’il prend ce qui allait devenir sa plus importante décision.

Devant les questions de gens qui lui demandaient combien il faudrait payer pour avoir le droit d’utiliser Linux, il décide de refuser de marchander son logiciel. « Je ne voulais pas d’argent pour plusieurs raisons, raconte-t-il. […] J’avais le sentiment de marcher dans les traces de toutes ces générations de scientifiques et d’intellectuels qui ont fondé leur travail sur celui de leurs prédécesseurs « hissés sur les épaules des géants », comme l’a si bien dit Newton. Non seulement je voulais partager mon travail pour que d’autres puissent y trouver de l’intérêt, mais je voulais aussi recevoir l’avis des autres. Cela n’avait aucun sens de faire payer des gens qui pouvaient éventuellement m’aider à améliorer mon travail. […] Je ne voulais pas vendre Linux. Je ne voulais pas non plus en perdre le contrôle. Ce qui signifiait que je ne voulais autoriser personne d’autre à le vendre non plus. J’ai donc fait en sorte que cela soit clair dans l’avis de droits d’auteur que j’avais joint aux fichiers sources de la première version […] [on pouvait y lire] : « vous êtes autorisé à utiliser mon système d’exploitation gratuitement tant que vous ne le vendez pas. Si vous effectuez une modification ou apportez une amélioration, vous devez la rendre disponible à toute personne […] Si ces règles ne vous conviennent pas, vous n’avez pas le droit de récupérer le code source ni d’en faire quoi que ce soit. »

Linux serait donc ce que nous appelons aujourd’hui un logiciel libre. Pas le premier, car déjà à cette époque la licence GPL (pour « General Public License ») qui est le contrat le plus commun dans le domaine du logiciel libre existe déjà depuis plusieurs années. Mais Linux allait devenir le navire amiral du logiciel libre, celui par lequel le rêve est devenu réalité.

Au cours des années qui ont suivi, d’amélioration en amélioration, Linux est devenu un des systèmes d’exploitation les plus puissants qui soient. Jusqu’à menacer Windows, de Microsoft, qui mène actuellement une véritable croisade contre Linux à l’échelle de la planète, et en particulier dans les pays du tiers monde qui sont évidemment séduits par l’idée de pouvoir compter sur la collaboration de dizaines de milliers de programmeurs pour enfin pouvoir informatiser leurs services publics, et leur réseau d’éducation en particulier.

On retient souvent de Linux que c’est un logiciel gratuit. C’est à peu près vrai. Mais cela n’explique pas son importance. Ce qui importe dans le monde du logiciel libre, ce n’est pas le prix, c’est l’ouverture du code source. C’est le fait qu’on puisse voir sous le capot, savoir comment il fonctionne, y apporter des améliorations, l’ajuster à nos besoins… et ne pas dépendre d’une entreprise qui peut décider de faire ce qu’elle veut des logiciels qu’elle nous vend.

Si Microsoft interpelle systématiquement toutes les administrations publiques du monde qui se laissent tenter par Linux, c’est moins parce qu’ils perdent chaque fois plusieurs millions de dollars, que parce qu’ils savent très bien qu’en adoptant le logiciel libre, on acquiert peu à peu une autre vision du monde. D’où l’importance d’initier les enfants à la technologie, mais avec lucidité, en nous rappelant chaque fois qu’aucun choix technologique n’est politiquement neutre. En privilégiant une technologie plutôt qu’une autre, on adhère plus ou moins directement à une vision du monde.

En démontrant qu’il est possible de développer avec succès un logiciel aussi complexe qu’un système d’exploitation, de façon décentralisée et non hiérarchique, uniquement en faisant appel à la collaboration de milliers de personnes qui ne se connaissent à peu près pas, qui n’ont pas les mêmes intérêts et qui sont à peu près toutes bénévoles, Linus Torvalds a fait bien plus que narguer Bill Gates. Son projet ne marque rien de moins qu’une étape déterminante dans l’histoire de l’humanité. Il faut le savoir ! Grâce à lui (et aux milliers de gens qui ont cru en son projet), nous savons dorénavant que des réseaux informatiques peu couteux et des moyens techniques dérisoires peuvent soutenir des formes de coopération et d’entraide d’une envergure qu’il était jusqu’à tout récemment impossible d’envisager.

Évidemment pour se façonner une vision du monde qui intègre cette dimension récente de l’histoire humaine, il faut savoir que Linux existe, et qu’il a démontré que la collaboration à grande échelle, avec l’aide des réseaux informatiques, ça marche. Et ça marche ! Aujourd’hui, des milliers de logiciels sont développés de la même manière que Linux, démontrant jour après jour qu’il ne s’agissait pas d’un simple accident de parcours et que dans un univers où les réseaux sont omniprésents, la collaboration est plus puissante que la compétition à laquelle se livrent les grandes sociétés du logiciel.

Est-ce à dire qu’il faudrait installer Linux dans toutes les écoles ? Bien sûr que non. Ce serait une interprétation un peu simpliste de la situation, parce qu’il y a bien des raisons qui peuvent justifier le recours à d’autres technologies. Mais il m’apparait indispensable pour des pédagogues, aujourd’hui, de connaitre au moins dans les grandes lignes l’histoire de Linux et ce qu’elle nous apprend sur le pouvoir de la collaboration dans un monde où les réseaux sont omniprésents.

Le succès du célébrissime Napster a aussi d’importantes leçons à nous apprendre…

Huit ans après Linux, Shawn Fanning lance Napster. Grand amateur de musique, son objectif est très simple : il veut permettre aux internautes de s’échanger facilement les fichiers musicaux qui se trouvent sur chacun de leurs disques durs.

Le procédé qu’il met en place est relativement rudimentaire. Il programme un logiciel qui aura pour effet de créer un réseau d’ordinateurs qui, en se connectant virtuellement l’un à l’autre, permettant à chacun de consulter le disque dur de tous les membres du réseau. En d’autres mots, en branchant mon ordinateur à celui de Roger, qui lui est relié à celui de Marie, je peux consulter le contenu de l’ordinateur de Marie. C’est ce qu’on appelle une infrastructure poste à poste (ou peer to peer).

Comme dans le cas de Linux et de la licence GPL, qui est à la base du logiciel libre, Napster n’est pas le premier logiciel à faire appel à un fonctionnement poste à poste. Plusieurs des protocoles qui permettent le fonctionnement d’Internet reposent sur ce principe. Mais Shawn Fanning aura été parmi les premiers à le rendre disponible au grand public… avec l’efficacité qu’on connait !

L’important dans ce cas, c’est de comprendre que notre rôle comme éducateur n’est pas tant de faire en sorte que les élèves connaissent Napster ‹ ils n’ont de toute façon pas besoin de nous pour le connaitre ! ‹ mais plutôt de leur faire découvrir que derrière Napster, il y beaucoup plus que des fichiers musicaux… Il y a une remarquable démonstration de la façon dont une idée à la fois très simple et très subversive, le partage, peut prendre des dimensions insoupçonnées dans un monde ou la technologie facilite la mise en réseau des personnes.

Je pourrais faire un survol semblable pour Amazon, eBay, Yahoo, Google et bien d’autres, pour illustrer à quel point chacune de ces technologies a un profond impact sur notre monde, mais je me limiterai à un dernier exemple, qui m’apparait particulièrement important, celui de SETI@home.

Le projet SETI@home a pris forme en 1996, mais n’a vu officiellement le jour que quelques mois après Napster, en 1999. L’idée de David Anderson et Dan Werthimer, est encore une fois plutôt simple. Ils se consacraient alors à la recherche d’intelligence extraterrestre. Et comme ils ne disposaient pas d’un ordinateur assez puissant pour traiter toutes les données que leur procurait leur radiotélescope, ils ont fait le projet de diviser la tâche d’analyse des données en dizaines de milliers de plus petites tâches et de soumettre chacune de ces tâches à des centaines d’ordinateurs personnels.

Concrètement, SETI@home a pris la forme d’un logiciel de protection d’écran, qui, au moment où vous ne vous servez plus de votre ordinateur (puisque l’écran tombe en veille), met une partie de son microprocesseur à la disposition des chercheurs. Et ça marche ! En distribuant la tâche globale entre des milliers d’ordinateurs et en recombinant les résultats obtenus, les programmeurs de SETI@Home ont rapidement pu compter sur un superordinateur virtuel d’une puissance supérieure à tout ce dont ils avaient rêvé auparavant.

Ça marche tellement bien en fait qu’après quatre ans, le projet se poursuit et que d’autres utilisations du concept ont déjà été mises en place, notamment pour la recherche sur le cancer, sur le génome humain et pour réaliser certains calculs de prévisions économiques particulièrement complexes.

S’il fallait retenir de Linux que dans un monde où les réseaux sont omniprésents la collaboration est plus forte que la compétition, et de Napster que le partage acquiert une puissance inégalée dans un monde branché, il faut retenir de SETI@home, que la mise en commun des ressources permet d’accomplir simplement des tâches d’une incroyable complexité.

En anglais, on dit que la culture de réseau, ou la culture à code source libre (« open source »), se résume en trois énoncés : Share the goal, Share the work, Share the results. Je serais tenté de traduire en français par : Mettre en commun nos objectifs, mettre en commun nos efforts, mettre en commun nos résultats.

Remarquez… ça nous ramène un peu aux inquiétudes du frère Marie-Victorin… parce que ces valeurs sont aussi celles qui sont au coeur de la culture scientifique. Ce n’est d’ailleurs sans doute pas un hasard si la culture « open source », ou la culture de réseau, est fortement soutenue par les communautés universitaires. C’est ce qui fait dire à plusieurs que la culture de réseau est une descendante directe de la culture scientifique. C’est également ce qui me porte à croire qu’il est aussi déterminant pour nous, et pour nos élèves, de comprendre dès aujourd’hui la culture de réseau que cela a été important pour les contemporains du frère Marie-Victorin de comprendre la culture scientifique.

Évidemment, vous l’aurez sans doute remarqué, les valeurs qui sont à la base de la culture de réseau sont aussi très proches de celles sur lesquelles se sont bâties plusieurs des institutions que vous représentez ici. Combien de patinoires ou de gymnases se sont construits, encore récemment, sur la base du partage et de la mise en commun ? Combien d’établissements ont été au coeur de remarquables opérations de partage et de mise en commun d’objectifs, de ressources et d’efforts à un moment ou l’autre de leur existence ? Tous ou à peu près.

Pourtant, malgré le fait que ces valeurs nous soient familières, nous n’avons pas encore véritablement intégré les technologies de l’information à notre vision du monde. Nous n’avons pas fini de constater qu’avant même d’imposer aux élèves la nécessité de manier le traitement de texte ou le chiffrier électronique, l’avènement des nouvelles technologies nous invite à remettre la confiance et le partage au coeur de leur vision du monde… pas seulement parce que ce sont de belles valeurs, mais parce que ce sont celles qui seront les plus utiles et les plus efficaces pour imaginer le monde dans lequel ils vivront demain.

Troisième partie: FAÇONNER

Avant de terminer cette conférence, je veux encore consacrer quelques minutes à aborder un peu plus concrètement la façon dont tout ça affecte notre quotidien, en tant qu’éducateurs.

On l’a dit plus tôt, il ne s’agit pas d’installer Linux dans toutes les écoles. Encore moins d’inciter les élèves à télécharger de la musique sur Internet ou à partir à la recherche des extraterrestres.

Ce qu’il faut retenir, avant toute chose, c’est qu’il est absolument essentiel que tous les élèves du Québec soient le plus tôt possible mis en contact avec la culture de réseau. Et qu’il y a plusieurs moyens de le faire. Mais qu’il est absolument indispensable que tous les élèves sachent qu’il est aujourd’hui possible d’accomplir des tâches incroyablement complexes si on sait faire appel aux technologies pour susciter la collaboration de centaines de milliers d’autres personnes. Les élèves doivent savoir que même leurs rêves les plus fous seront réalisables s’ils apprennent à utiliser les technologies pour solliciter la collaboration de leurs pairs, où qu’ils soient sur la planète.

Plusieurs projets pédagogiques s’offrent aux écoles qui désirent mettre leurs élèves en contact avec le genre de collaboration et de réalisation collective qui permet de découvrir les fondements de la culture de réseau.

Parmi les projets qui intègrent, à divers degrés, les technologies de l’information et de la communication, je pense entre autres :

  • Au modèle pédagogique de recherche-action pour la résolution de problèmes communautaires, proposé par Claude Poudrier au Cap-de-la-Madeleine ;
  • Aux activités de solidarité internationale qui sont offertes par le Réseau In-Terre-actif de Trois-Rivières ;
  • Je pense aussi aux collaborations entre experts de la biologie et des élèves du Québec et du monde entier qui sont rendues possibles par le Monde de Darwin, dans le cadre de Cyberscol, notamment grâce à Michel Aubé et à Robert David ;
  • Et à de nombreux autres projets de télécollaboration qui sont répertoriés par le site Prof-Inet et pour lesquels un soutien pédagogique est parfois même offert aux enseignants.
  • Je pense aussi à plusieurs projets qui sont proposés par le RÉCIT.

Ce ne sont là que quelques exemples. Mais ce sont tous des exemples où la maitrise pratique des technologies est subordonnée à la découverte et à l’apprentissage de la richesse que représentent les réseaux de collaboration et d’entraide qui sont rendus possibles par cette même technologie. On parle de plus en plus de co-élaboration de connaissances pour décrire ce type de projets.

Il y a aussi bien des pratiques de plus en plus courantes dans les écoles, particulièrement au primaire, qui appartiennent d’une certaine façon à cette exploration de la culture de réseau. Je pense entre autres aux conseils de coopération, aux cercles de lecture et aux activités de philosophie pour enfants… Ce n’est d’ailleurs pas une coïncidence si ces projets s’inscrivent à la fois très bien dans la vision de l’éducation que propose la réforme et dans la culture de réseau.

Don Tapscott, l’explique très bien dans un brillant essai qu’il signait en 1998 et qui s’intitule Growing Up Digital. À partir de nombreux témoignages, il décrit avec précision ce que sera la culture de ce qu’il appelle la « net generation » ‹ celle dont sont issus les élèves qui sont actuellement dans nos classes. La culture, non seulement de ceux et celles qui possèdent des ordinateurs à la maison, mais aussi de tous les autres, qui même sans avoir un accès facile aux technologies, grandissent dans un monde qui est profondément influencé par la technologie.

La lecture du chapitre qu’il consacre à l’apprentissage est particulièrement intéressante. On y découvre entre autres pourquoi il est vain de se battre contre les propositions de la réforme au regard du socioconstructivisme et de la diminution du temps consacré à l’enseignement magistral, par exemple. Simplement parce que les jeunes qui côtoient les technologies depuis leur naissance et qui sont aujourd’hui dans nos écoles ont développé des réflexes qui rendent pratiquement impossibles à long terme des comportements allant à l’encontre de la culture de réseau. Collaboration, partage, mise en commun.

En ce sens, la réforme que nous vivons actuellement constitue un mouvement clairement associé à l’avènement des technologies de l’information et de la communication. Bien avant les décisions politiques, ce sont des tendances sociologiques très lourdes qui modifient le rôle de l’enseignant et placent l’action de l’élève au coeur de l’apprentissage.

Parmi les expériences qui m’ont personnellement convaincu de la réalité de ces tendances au cours des dernières années, il y a la découverte du monde de ce que les Américains appellent les « weblogs », qu’on appellera en français les cybercarnets.

Mon carnet est un espace personnel sur le Web que j’utilise pour noter quelques idées autour desquelles prend forme ma démarche personnelle d’apprentissage. J’y écris mes réflexions, des notes de lectures et j’y entrepose ce qu’autrefois je conservais dans mes signets. J’écris dans mon carnet d’abord et avant tout pour moi. Mais je le fais dans un espace public… parce qu’ainsi, je permets à d’autres personnes de côtoyer ma réflexion, d’enrichir la leur et d’enrichir la mienne par la même occasion.

Concrètement, quand j’écris un texte sur mon carnet, un mécanisme très simple informe des dizaines de personnes qui s’intéressent à des sujets semblables aux miens que je viens de publier quelque chose. De la même manière, chaque fois que j’ouvre mon ordinateur je suis informé des nouveaux éléments de réflexions qu’ont formulés des centaines d’autres personnes qui réfléchissent aux mêmes sujets que moi. Un nouveau type de conversation prend forme grâce aux carnets. Et en commentant mutuellement nos réflexions respectives, sans contrainte aucune, nous contribuons tous à ce que Pierre Levy a baptisé l’intelligence collective.

Les carnets permettent la mise en commun des objectifs, la mise en commun des efforts, et la mise en commun des résultats, dans le cadre d’une démarche personnelle d’apprentissage.

Il faut probablement constater, en la vivant, toute la puissance de ces outils pour arriver à y croire. Je ne vous demande donc pas de me croire sur parole. Mais quand on publie un texte un matin et qu’on trouve sur Internet quelques heures plus tard un commentaire au sujet de notre réflexion, qui a été écrit par un parfait inconnu en France… et que ce commentaire porte à notre attention un document sur lequel nous ne serions autrement jamais tombé, on comprend vite qu’il y a derrière ce mécanisme très simple une véritable révolution.

C’est après avoir fait cette découverte et l’avoir vécu pendant plus d’un an, avec intensité, que j’ai eu le gout d’explorer comment il était possible de mettre cette extraordinaire puissance de réseautage à la disposition des enfants du primaire… Et après une année d’efforts, c’est ce qui a donné naissance aux cyberportfolios qui sont utilisés cette année par les élèves de cinquième et de sixième années de l’Institut St-Joseph de Québec, et dont il sera question cet après-midi en atelier.

La nouvelle publication de la FEEP, le Point e est également une publication exemplaire en ce sens parce qu’elle est basée sur un outil, SPIP, dont le code source est ouvert, et qui fait appel à des technologies à la fois très simples et très efficaces pour favoriser le réseautage de la Fédération dans l’ensemble des univers éducatifs québécois, canadien et international.

Les cybercarnets illustrent très bien comment, si les technologies posent aux écoles d’énormes enjeux par la culture nouvelle qui les accompagne, elles nous offrent aussi, comme éducateurs, des outils très simples et très puissants pour initier les élèves à la culture de réseau. Je ne vous en donnerai qu’un seul autre exemple, et ce sera mon tout dernier.

Il est de bon ton par les temps qui courent, de dénoncer la téléréalité et la manipulation qu’elle exerce sur les téléspectateurs, en particulier sur les plus jeunes. Parce qu’il faut évidemment constater qu’il n’y a rien de plus virtuel que la téléréalité. Tout y est scénarisé, réglé au quart de tour, du choix des concurrents après analyse psychosociale, jusqu’au choix des scènes qui seront retenues lors du montage.

Pourtant, on ne peut pas que déplorer le phénomène de la téléréalité. Parce qu’il y a aussi derrière cela aussi une expression de la culture nouvelle que décrit Don Tapscott dans Growing Up Digital. Les gens en ont assez d’être spectateurs, ils souhaitent participer, prendre part à l’action, influencer ce qui se passe à la télévision. Et tant que tout cela reste un jeu, on ne peut, il me semble, que trouver ça sympathique. Mais quand le jeu devient source de mystification, parce qu’on donne l’impression aux gens de participer, mais qu’en fait ils sont manipulés à des fins mercantiles… je trouve que d’un point de vue démocratique, le phénomène devient dangereux.

Comment donc, dans une perspective d’éducation aux médias, peut-on aider les élèves à ne pas se laisser mystifier par la téléréalité sans, en tant qu’éducateurs, perdre toute crédibilité, parce que les jeunes ne nous croiront pas si on se contente de leur dire que ce qu’ils aiment est bon pour la poubelle ? Comment est-ce que les technologies pourraient nous apporter une réponse au défi que pose l’intérêt des jeunes pour la téléréalité ? Je vais tenter de répondre à cette question par une anecdote…

J’étais l’été dernier au chalet d’un ami dans la région de Victoriaville. Par une journée splendide, sur le bord du lac, je me suis amusé à essayer de pêcher l’écrevisse… tant bien que mal. Parce qu’après m’être bricolé un filet avec un sac de plastique et une branche et m’être roulé dans la boue plusieurs fois… tout ce que j’ai réussi à faire, c’est un fou de moi ! Il a fallu plus de deux heures pour que j’attrape enfin l’écrevisse tant convoitée.

Comme un ami avait enregistré quelques images de toute cette catastrophe pour mon honneur, j’ai entrepris, une fois les enfants couchés, de faire un petit montage pour conserver un souvenir de la journée…

Mais le lendemain matin, quand j’ai présenté la vidéo à ma plus grande fille, et qu’elle m’a vu arriver sur le bord du lac, plonger le filet à l’eau et en ressortir miraculeusement, du premier coup, une écrevisse… elle a très bien compris qu’il y avait là mystification… et que ça ne s’était pas passé comme ça du tout ! Ce jour-là, elle a compris qu’elle ne pouvait pas se fier aux images que la télévision lui présentait… qu’il était possible de réécrire l’histoire avec des moyens très simples, une caméra vidéo, un ordinateur et quelques minutes.

Je pense que c’est en multipliant ce genre d’expérience, en donnant l’occasion aux élèves de faire de la vidéo numérique et de constater ce que la technologie permet de réaliser, qu’on pourra outiller les enfants pour qu’ils se façonnent une vision du monde bien personnelle au lieu d’accepter comme telle celle que d’autres pourraient leur offrir toute faite… avec peut-être une petite idée derrière la tête… Contre la téléréalité, ce sont des ateliers de créations vidéo qu’il faut opposer, pas davantage de discours théoriques sur la télévision elle-même.

Quand en 1931, quand sous l’inspiration du frère Marie-Victorin, le frère Adrien-Rivard et Marcelle Gauvreau ont mis sur pied les Cercles des jeunes naturalistes, ils étaient loin de se douter qu’en quelques mois, des dizaines de milliers de jeunes allaient partir à la découverte des sous-bois urbains et des campagnes pour apprivoiser la démarche et la culture scientifiques. Je pense que c’est un mouvement semblable que nous devons initier dans nos écoles, non pas en abandonnant ce qui a fait notre succès depuis des décennies, mais en multipliant les petits projets, comme ceux qui feront l’objet des quelque 32 ateliers auxquels vous êtes invités à participer aujourd’hui.

Si l’herbier de Marie-Victorin a été le moyen pour des centaines de jeunes d’apprivoiser la culture scientifique, c’est peut-être l’appareil photo numérique, ou la caméra vidéo ou encore les cybercarnets qui leur permettront d’apprivoiser la culture de réseau.

Le frère Marie-Victorin par sa conception de l’éducation qui était basée sur l’apprentissage dans l’action et sur l’existence de réseaux collaboration et d’entraide, a été l’un des premiers, sinon le premier cyberpédagogue du Québec et il faudra un jour l’honorer pour cela.

Conclusion

Ce que j’avais le gout de vous dire aujourd’hui, au fond, c’est quelque chose d’assez simple… C’est que nous avons tous les repères pour aborder la culture de réseau… et aider les enfants à se façonner une vision du monde moderne, dans laquelle les technologies sont source de liberté plutôt que d’asservissement à la machine et aux contraintes du marché.

La première condition de notre réussite, c’est d’être conscient que c’est dans notre tradition de communauté éducative que se trouve notre meilleure guide dans cette aventure.

La deuxième condition de notre réussite, c’est de toujours garder à l’esprit que si la culture de réseau nous apprend que les ordinateurs peuvent être utilisés pour mettre en commun nos objectifs, nos efforts et nos résultats, cela n’est possible que lorsque les êtres humains qui les commandent partagent un certain nombre de valeurs et d’habiletés… que l’école a précisément le rôle de développer chez les enfants.

Si vous êtes ici ce matin, c’est que vous avez tout ce qu’il faut pour que dans vos écoles respectives les technologies aident les élèves à se façonner une vision personnelle du monde, qui leur permettra de devenir dès que possible des hommes et des femmes à la fois libres et solidaires.

Ce n’est pas par élitisme qu’il faut insister sur l’importance des technologies à l’école, c’est par humanisme. Parce que nous savons dorénavant que ces nouvelles technologies offrent aux élèves de nouveaux moyens d’aller à la rencontre de l’autre, d’apprendre à travailler en communauté, de multiplier les occasions de partager de l’information et de créer ensemble.

J’ai personnellement toujours cru que les technologies trouvaient leur juste place dans l’école quand elles contribuaient à en faire tomber les murs… et je pense que c’est plus vrai que jamais… L’avènement des technologies de l’information et de la communication nous invite à ouvrir la classe sur la cité, au sens où l’entendaient les Grecs.

Avec l’ordinateur, grâce à la culture de réseau, nous pouvons enfin rêver d’une salle de classe ouverte sur le monde, où toutes les ressources de la cité peuvent être mobilisées, où l’école peut enrichir la vie collective au même titre que la collectivité peut enrichir l’expérience que les élèves ont de l’école. Et c’est sur cela qu’il faut nous concentrer. Et pour faire des choix pédagogiques en conséquence, il faut que nous comprenions bien les fondements de la culture de réseau, tels que nous les révèlent les réalisations de Linus Torvalds, de Shawn Fanning, de David Anderson et de Dan Werthimer… et du frère Marie-Victorin !

Façonner sa vision du monde, c’est beaucoup plus qu’interpréter le monde tel qu’il est, c’est aussi acquérir sur lui un pouvoir d’action, et pour cela être capable de l’imaginer autrement. En ce sens, l’important pour les élèves que nous côtoyons, n’est pas tant d’avoir la capacité de prédire le monde de demain, mais bien d’acquérir la capacité de l’imaginer différent. Parce que c’est seulement dans ces conditions que l’on peut parler de liberté.

Je vous remercie.

Clément Laberge
claberge@ixmedia.com

10 comments

  1. Une bienvenue aux lecteurs du Devoir

    Je souhaite une bienvenue toute particulière aux lecteurs du Devoir qui arrivent ici à la suite de la lecture de ceci ! Voici quelques repères pouvant vous guider dans cette première visite sur ce cybercarnet. Les billets des jours précédents celui-ci …

  2. Une bienvenue aux lecteurs du Devoir

    Je souhaite une bienvenue toute particulière aux lecteurs du Devoir qui arrivent ici à la suite de la lecture de ceci (accès permis aux non-abonnés après 4 h du matin, ce lundi) ! Voici quelques repères pouvant vous guider dans cette première visite su…

  3. Bonjour!
    Simplement pour vous dire que votre texte tombe à point dans ma carrière d’éducateur qui s’interrogeait de plus en plus sur la vision la plus pertinente pour guider mes interventions principalement en ce qui a trait aux TIC. Je vous signale aussi que sur votre liste de projets «type réseau» un intéressant projet nommé ZAR (Zone d’apprentissage en réseau)est né l’an dernier à la CS des Sommets.
    Merci!
    CM

  4. Clément au menu du Café Pédagogique

    La conférence de Clément Laberge, prononcée au dernier colloque de la FEEP possède une vie utile prolongée… comme en fait foi cette version adaptée qui orne le portail de Café Pédagogique (#46). Bravo Clément !…

  5. Façonner sa vision du monde… avec les TIC!

    Conférence préparée par Clément Laberge et présentée en décembre 2003 dans le cadre du deuxième colloque sur les technologies de l’information et de la communication de la Fédération des établissements d’enseignement privés….

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