D’hier à aujourd’hui, l’AQUOPS… et nous!

Dans le contexte où l’AQUOPS lutte pour sa survie, j’ai proposé à Marcel Labelle ‹ qui est un des fondateurs de l’association ‹ de partager avec moi quelques réflexions sur les origines de l’association, sa pertinence aujourd’hui et ainsi que sur les formes qu’elle pourrait adopter dans l’avenir. Je reproduis ici, avec sa permission, l’essentiel de notre conversation.

CLÉMENT LABERGE: Est-ce que tu peux me décrire dans les grandes lignes le contexte qui t’as mené à mettre sur pied l’AQUOPS avec Francis Meynard et Normand Vinet en 1981? Quelle réflexion vous a alors mené à fonder l’association?

MARCEL LABELLE: Il m’apparaît utile de rappeler quelques faits historiques avant de décrire les motivations qui ont mené à la création de l’AQUOPS.

Il faut se souvenir que l’apparition de l’informatique scolaire a commencé il y a près de 40 ans. J’y étais. Les conditions matérielles et les raisons pédagogiques pour justifier son emploi en classe étaient pratiquement inexistantes à cette époque. C’est grâce à quelques innovateurs que le développement des technologies à l’école s’est produit. On remarquera aussi, qu’il s’est fait en bonne partie en classe avec des enseignants.

Il est important de comprendre aussi le contexte qui nous a amenés à fonder l’AQUOPS comme un réseau d’entraide et un mouvement de revendication auprès du MEQ. Il est à la source de nos motivations. J’en retiens particulièrement neuf éléments.

1- Vers les années 1970, il y a eu au Québec un courant d’inspiration américaine prônant l’apprentissage de la programmation en BASIC ou en Logo dans certains cours de mathématiques au secondaire. Le but était de valoriser l’algorithmique comme approche pour résoudre des problèmes. Logo valorisait entre autres deux choses: une approche procédurale pour la résolution de problèmes et la réalisation de projets venant de l’élève. Le Québec a suivi, supporté notamment par le laboratoire de pédagogie informatique (LAPIN) du MEQ et par quelques commissions scolaires.

2- Durant cette même période, les expérimentations en classe se faisaient sur une base volontaire et selon les moyens financiers des commissions scolaires par quelques adeptes de la programmation. La plupart était des enseignants de mathématique. Les expériences étaient variées et l’on pouvait parler de développement sauvage, car il n’y avait ni programme d’études, ni consignes précises, ni encadrement pédagogique. Le rationnel pédagogique n’était pas bien développé. Il n’y avait que des mordus qui découvraient l’informatique et la souplesse de l’outil. Les valeureux pionniers de cette époque vous parleraient des pouvoirs amplificateurs intellectuels de l’informatique. L’approche par projet s’est imposée par nécessité plus que par intérêt pédagogique.

3- Durant l’année scolaire 1974-1975 apparaît le premier cours d’initiation à un langage de programmation comme cours donnant des crédits aux élèves (programme local approuvé par le MEQ). Certains critiques de l’époque jugeaient l’approche du cours un peu trop mathématique et auraient souhaité de la résolution de problèmes dans différentes disciplines ou sur des sujets en dehors de la mathématique.

4- Le nombre limité d’appareils dans les classes (un, parfois deux ou trois pour toute l’école), l’absence d’encadrement pédagogique, la nécessité de regrouper les enseignants et de partager l’expertise ont donné naissance à un premier regroupement à l’intérieur du Groupe des responsables de la mathématique au secondaire qui se nommait le Comité informatique du GRMS. C’est ce groupe qui a organisé les premiers colloques annuels en informatique. De 150 à300 personnes assistaient annuellement à ces rencontres (1974-1981). Le MEQ suivait de très près ce développement. Il y avait aussi un autre organisme qui travaillait en étroite collaboration avec le MEQ et la Fédération des commissions scolaires sur d’autres volets informatiques à l’école. C’est ce qui a donné naissance à la société GRICS.

5- La revendication d’un programme d’études en programmation auprès du MEQ a servi à regrouper davantage des enseignants. La Direction des programmes ne voulait rien entendre. Pour elle, cela signifiait un programme de plus à la grille horaire déjà chargée et des crédits budgétaires spécifiques supplémentaires. Il n’en était pas question. C’est l’intervention d’un député de l’Union Nationale de l’époque qui a persuadé le directeur général du Développement des programmes de nous recevoir.

6- Une rencontre en juillet 1980 avec le Directeur général de la direction des programmes marque le début de l’orientation multidisciplinaire de l’informatique au primaire et au secondaire. Il accepte de créer un nouveau programme d’études: Introduction a la science de l’informatique (ISI), puis, il nomme un responsable des applications pédagogiques de l’ordinateur (APO) pour l’ensemble des disciplines.

7- Pendant ce temps au Québec, le pouvoir politique était peu sensible au développement de l’informatique scolaire. Principalement en Amérique et en Europe, au cours des années 1970 il y a eu un développement considérable en informatique scolaire: les langages interactifs sur ordinateurs centraux que l’on pouvait utiliser à distance avec des terminaux. On parlait de systèmes à temps partagé. Plusieurs dizaines de personnes pouvaient simultanément utiliser le même ordinateur central grâce aux lignes téléphoniques. Puis l’apparition des micro-ordinateurs a suscité un plus grand intérêt. On avait vite compris que la démocratisation de l’informatique passerait par l’utilisation d’un plus grand nombre d’appareils par classe.

8- Durant ces années, certains courants pédagogiques auraient voulu que l’on développe des programmes d’ordinateurs pour l’enseignement de diverses disciplines au primaire et au secondaire. Il n’y avait pas beaucoup de logiciels pédagogiques (didacticiels) durant les années 1970. Cette vision était souvent proposée par des constructeurs d’ordinateurs centraux et quelques universitaires. Cependant, l’expérience en classe nous a vite convaincus qu’il ne fallait pas trop favoriser cette approche. Plusieurs raisons ont contribué à la rejeter: coûts élevés de développement, une approche pédagogique contraignante, les élèves se lassaient vite de ces petits logiciels. Il ne faut pas oublier qu’à cette époque, le graphisme sur ordinateur n’existait pas. Voir défiler du texte à la grandeur de l’écran ou du papier était vraiment ennuyant pour les élèves. Il fallait faire preuve d’imagination et partager ses découvertes avec d’autres enseignants. L’approche par projet s’est alors imposée comme une solution viable par nécessité. Toute l’approche pédagogique autour de ce concept s’est développée sur le terrain et non à l’aide des recherches ou développement qui pouvaient se faire par les universitaires. Il faut toutefois mentionner deux centres d’importance: le MIT avec Seymour Papert et Logo, puis le XEROX PARC avec Alan C. Kay et Smalltalk qui ont influencé des enseignants au Québec. Ici, le programme PERMAMA de TELUQ a servi à former quelques centaines d’enseignants durant les années 1970.

9- Le développement d’une pédagogie pour favoriser l’intégration des technologies de l’information s’imposait. Le perfectionnement des maîtres était plus que nécessaire. Les universités à cette époque n’étaient pas préparées à ce flot incroyable de demandes des enseignants. Il fallait suppléer avec une nouvelle formule.

C’est dans ce contexte que les éducateurs québécois ont pu, pendant près de quinze ans, apprivoiser les usages de l’ordinateur à l’école. La direction générale des moyens d’enseignement (SGME suivi par la DGME et la DRD) avait quelques personnes qui suivaient de près les différentes expérimentations et publiaient quelques comptes rendus dans la revue BIP-BIP. Cette revue a largement contribué à faire connaître l’expertise qui se développait au Québec et ailleurs. Ces mêmes personnes (Guy Chevalier, Francis Meynard, Normand Pinet et Louise Dubuc) nous ont souvent invités à créer une association. Le MEQ avait besoin d’un interlocuteur et de promoteurs de l’informatique scolaire. Pour le MEQ, l’utilisation d’enseignants pour perfectionner leurs pairs apparaissait comme une formule efficace et surtout économique.

Nous avions donc deux motivations principales au moment de la création de l’AQUOPS. La première était la nécessité de former un mouvement de pression ou de revendication auprès du MEQ et du gouvernement du Québec. Elle s’explique facilement par le désir d’obtenir plus d’équipements informatiques, plus de logiciels, plus de formation, plus d’encadrement pédagogique, plus de financement, etc. La deuxième était la nécessité de partager l’expertise des pionniers de l’informatique et de contribuer au perfectionnement des collègues.

C’est cette deuxième motivation qui a sans doute le plus contribué au succès de l’AQUOPS au fil des ans. L’AQUOPS est unique par la mission qu’elle s’est donnée de créer pour les enseignants des occasions de partager leurs expertises et d’établir un dialogue sur les manières d’améliorer leurs réalisations. Je ne connais pas d’autres associations semblables qui se sont donné une telle mission. Même si au début les télécommunications étaient souvent rudimentaires et très lentes, la culture de réseau avait fait ses débuts avec ses colloques annuels.

La réflexion qui nous a menés à créer l’AQUOPS était basée sur des exigences pratiques. Les fondateurs étaient tous des pédagogues motivés par l’amélioration de l’enseignement et de l’apprentissage. Nous désirions une réflexion pédagogique axée davantage sur le développement intellectuel de l’élève que sur des résultats académiques. Nous avons peu évoqué ces raisons profondes au cours des premières années afin de les articuler de façon convenable. C’est ce que nous avons fait entre 1988 et 1990, en publiant le document REPARTIR.

Ce sont les difficultés et les obstacles que nous avons rencontrés (et qui nous étaient parfois imposées le pouvoir politique) qui ont guidé notre réflexion sur les raisons et les manières d’utiliser les technologies à l’école. Nous sommes très fiers des résultats obtenus à cet égard, notamment grâce à l’AQUOPS

CLÉMENT: Je n’ai vécu qu’une partie de la période historique que tu survoles rapidement dans ta réponse, mais j’y reconnais plusieurs éléments de l’environnement dans lequel j’évolue aujourd’hui: conditions matérielles difficiles, peu de sensibilité des pouvoirs publics, appui universitaire insuffisant, besoin d’articuler un discours collectif au sujet du rôle des technologies de l’information et de la communication dans l’éducation.

Je remarque que pour relever les défis que vous aviez alors identifiés, vous avez cru qu’il fallait d’abord et avant tout créer un réseau d’entraide, basé sur le partage de l’expertise des pionniers.

Le développement d’Internet et de nombreux outils de communication et de collaboration ont évidemment beaucoup modifié les moyens dont nous disposons pour collaborer. Comment imagines-tu aujourd’hui un réseau d’entraide qui pourrait favoriser le développement professionnel des enseignants dans le domaine des technologies de l’information de la communication?

MARCEL: Je ne pense pas qu’il y ait de modèle unique. Il y en a autant qu’il y a de groupes. Il y a toutefois des éléments communs à tous ces réseaux d’entraide.

L’utilisation d’Internet, par exemple, me semble essentielle. Le courriel est évidemment ce qu’íl y a de plus simple. Grâce à lui, on peut échanger dans un premier temps par courriel sur n’importe quoi: trucs pédagogiques, blagues, photos, vidéos, liens Internet intéressants, des questions, des appels à l’aide, des scénarios, des trucs, des logiciels, des invitations à se rencontrer. On doit partager ses joies et ses peines. bref, il faut une vie dynamique comme si on était dans un même lieu. Il faut recruter de nouveaux membres, il faut animer ces échanges. Il faudra parfois solliciter ceux qui interviennent moins souvent. Dans tous les cas, il faut surtout éviter que le groupe devienne un salon d’experts. La devise d’un groupe d’entraide devrait être « ce que l’on sait ont le partage et ce que l’on ne sait pas, on le demande ».

Je pense aussi que les membres du même groupe doivent se rencontrer en dehors des heures habituelles de travail autour d’un BBQ ou d’une bonne bière pour se montrer des nouveautés et pour s’expliquer les comment et les pourquoi. C’est souvent l’occasion de poser des questions à ceux que l’on considère comme experts dans un domaine et parfois pour organiser des projets collaboratifs. Ce modèle s’inspire beaucoup de celui d’Howard Rheingold que tu retrouveras à l’adresse suivante : http://www.rheingold.com/vc/book/

Rheingold n’a pas une formation d’éducateur. Il est journaliste et il raconte très bien la naissance d’une communauté virtuelle. Je sais qu’il existe une version française de son livre, mais je ne rappelle pas du titre. Si tu t’intéresses à l’histoire des ordinateurs, il a aussi écrit un livre que je trouve fascinant: Tools for thoughts.

J’aimerais bien te donner un autre exemple avec la participation des élèves.

Je crois profondément que la culture de réseau se développe d’abord et avant tout dans des projets précis et circonscrits dans le temps. Prenons l’exemple de la classe qui se construit une base de données, soit sur les plantes (genre Herbier Marie-Victorin). Celui qui lance l’idée, invite d’autres classes à participer. Les échanges s’établissent entre profs et aussi entre élèves. Ce n’est pas la même dynamique, mais ça fonctionne si un certain leadership est présent. Le groupe vit et meurt selon les besoins. C’est souvent correct comme cela.

Un autre exemple que j’ai vu, c’est la construction d’une base de données pour entretenir les ordinateurs désuets. Comment retrouver l’information pertinente? Comment résoudre certains problèmes rencontrés par d’autres? Comment se constituer un outil d’échange. J’ai vu des élèves de l’île-du-Prince-Edouard échanger des problème et solutions avec d’autres jeunes de la Nouvelle-Écosse ou du Nouveau-Brunswick. Les échanges sont pratiques et forts utiles. Les jeunes se sentent appréciés même s’il ne se connaissent pas. Ils savent collaborer mieux que bien des adultes.

J’aimerais que l’AQUOPS s’inspire de ces exemples et joue un rôle actif dans le développement de cette culture d’entraide permanente à distance.

Et toi, Clément, que je connais comme quelqu’un d’impliqué en éducation depuis longtemps (on s’est d’ailleurs rencontré d’abord à l’AQUOPS!) et qui représente surtout le milieu des entreprises qui ont une variété de solutions à proposer au milieu scolaire, quels sont à ton avis les attentes de ce milieu par rapport à l’AQUOPS? Sont-ils les mêmes qu’il y a vingt ans?

CLÉMENT: C’est vrai que je fais maintenant partie du milieu des entreprises, mais de là à dire que je représente ce milieu… je ne crois pas. D’abord, peut-être, parce que l’entreprise est pour moi essentiellement un moyen et pas du tout une fin en soi. J’y suis parce que je pense que c’est un des leviers les plus efficaces aujourd’hui pour faire avancer la réflexion sur le rôle des technologies dans l’apprentissage. C’est d’ailleurs pour cela que j’aime dire que je suis un enseignant en exil dans le monde des affaires. Il faut aussi dire parce que je n’ai pas vraiment de solutions à proposer au milieu scolaire… seulement de l’aide à offrir, de l’accompagnement. J’ai un profil un peu atypique, mais je veux bien répondre à ta question parce qu’elle me semble vraiment très pertinente.

Il faut d’abord dire que ça ne va pas très bien non plus au pays de ceux qu’on appelle aujourd’hui les « éditeurs de contenus numériques » (je déteste cette appellation!). Leur association se cherche aussi des moyens d’action, la mobilisation des membres est difficile, comme le dialogue avec les pouvoirs politiques. Dans ce contexte, je pense que ceux et celles qui ont des produits ou des services à offrir au milieu scolaire souhaitent essentiellement deux choses de l’AQUOPS.

La première attente est certainement que l’AQUOPS anime avec leadership la réflexion des enseignantes et des enseignants sur le potentiel des technologies de l’information et de la communication dans un contexte d’enseignement ou d’apprentissage. Les entreprises ont besoin que cette réflexion existe, qu’elle soit permanente et qu’elle soit animée par des gens dont la crédibilité et la légitimité sont évidentes pour les enseignants. Ce sont les fruits de cette réflexion, appuyée par l’action gouvernementale, qui définissent dans les faits le marché de ceux et celles qui désirent offrir des produits ou des services aux écoles.

J’ai toujours perçu la réflexion du milieu et l’action gouvernementale comme les deux partenaires d’un tango. Si un des danseurs ne se présente pas, ou se traîne les pieds, c’est toute la danse qui en souffre. C’est ce qui me fait dire qu’il est peut-être trop facile de simplement mettre le compte les difficultés actuelles de l’AQUOPS sur le manque de leadership gouvernemental. Est-ce que par nous choix et notre discrétion, nous n’aurions pas pavé la voie à l’inaction que nous dénonçons aujourd’hui? Je le pense. Je pense que plusieurs autres représentants du monde des entreprises le pensent aussi et souhaitent que l’AQUOPS soit beaucoup plus présente sur la place publique, et ce, quelles que soient les positions qu’elle pourra choisir de défendre.

La deuxième attente des entreprises à l’endroit de l’AQUOPS concerne sans doute la tenue du colloque annuel. C’est un moment de rencontre indispensable. Un point de contact privilégié entre l’offre et la demande dans le domaine des « contenus numériques ». Je ne pense toutefois pas qu’il faille nécessairement maintenir la forme actuelle du colloque. Ni qu’il faille obligatoirement rejoindre chaque fois des milliers de personnes. Il faut sans doute repenser tout ça aussi. Il me semble que l’occasion est bonne.

Mais pour que tout cela soit possible, il faut d’abord que l’association retrouve de sa légitimité en rétablissant un contact beaucoup plus étroit avec ses membres et s’assurant un financement stable et prévisible. Comment aviez-vous envisagé le financement de l’AQUOPS à ses débuts? Et comment crois-tu possible de réaliser cet objectif aujourd’hui?

MARCEL: J’avoue que la question du financement est pertinente, mais complexe. Cependant, je n’ai pas de solution magique à proposer. Il faut revoir et analyser les activités et chercher la rentabilité le plus rapidement possible. Augmenter les revenus et diminuer les dépenses, mais comment y arriver?

Au début, le financement était essentiellement basé sur le membership. Le meilleur moyen, à l’époque, consistait à payer sa cotisation lors d’un colloque annuel. Ainsi, on réglait des problèmes de gestion. Tous les membres payaient en même temps. On a vite compris que l’organisation d’un colloque annuel pouvait faire vivre l’AQUOPS avec le strict minimum et parfois un peu plus: personnel de secrétariat, frais de déplacements des bénévoles, coûts des lignes téléphoniques, achat et entretien d’ordinateurs et du matériel de consommation, etc. Bref, les dépenses devaient êtres réduites au minimum. Toutes activités organisées par l’AQUOPS devaient faire ses frais. S’il fallait payer une ressource pour une activité de perfectionnement, les frais devaient êtres payés par les participants à l’activité. Il faut aussi dire qu’il a eu beaucoup de bénévolat. Souvent, les pionniers de l’époque perfectionnaient les enseignants avec les ordinateurs empruntés qu’ils apportaient sur place. Ça aidait à réduire les dépenses.

L’AQUOPS tenait beaucoup à son indépendance et à la liberté de ses actes. Le financement provenant du MEQ était le bienvenu. Mais, nous nous ne sentions pas liés dans nos décisions par une subvention. La plupart du temps, l’argent du MEQ provenait d’un contrat effectué par l’AQUOPS.

Lorsque nous avons fondé l’AQUOPS le 2 décembre 1981, nous étions une trentaine de personnes qui cherchaient à rendre service et à faire la promotion des utilisations de l’ordinateur en classe. La recherche d’un modèle économique visant la viabilité de l’association ne faisait pas partie de nos premières préoccupations. Cela nous a vite rattrapés par la suite.

L’organisation et le succès de notre premier colloque en avril 1983 a changé bien des choses. Nous attendions 400 participants. Notre estimation était basée sur les inscriptions du comité informatique du GRMS (150-300). Nous avions sous-estimé l’impact de la participation du ministre de l’Éducation, Monsieur Camille Laurin qui avait accepté de faire la conférence d’ouverture. Nous avons eu près de 1000 participants au Loews Concorde à Québec et nous l’avons appris au moment de l’arrivée des congressistes. Nos dépenses étaient basées sur 400, nos revenus provenaient de 1000 personnes. Le bénéfice était important malgré certaines dépenses imprévues.

Par la suite, il y a eu d’autres sources de revenus: subvention du MEQ, commandites de fabricants d’ordinateurs et de logiciels ou de livres, annonces publicitaires dans la revue Le Bus, frais d’exposants, projets de recherche et j’en oublie peut-être.

Pour ceux qui ont suivi de près l’évolution de l’AQUOPS au cours des 24 dernières années ont vu l’arrivée des ordinateurs à l’école en grand nombre. Le perfectionnement des enseignants était devenu un besoin considérable. Les ressources manquaient terriblement. C’est pourquoi, les colloques ont toujours été très populaires et ont généré suffisamment de revenus pour engager du personnel à plein temps et pour augmenter les services aux membres. Par exemple, la revue Le Bus était distribuée gratuitement à tous les membres inscrits. À chaque année, le conseil d’administration faisait ses prévisions de dépenses et de revenus selon le nombre d’inscriptions au colloque. Les besoins de perfectionnement ainsi que le soutien technique et pédagogique étant croissants, le nombre de participants augmentait autant. Parfois les dépenses étaient plus lourdes et entraînaient des difficultés financières. Il y a eu au moins un redressement important au cours des années, mais pas aussi difficile que celui de cette année.

À mon avis, il ne faut pas nécessairement changer le modèle économique de l’AQUOPS est probablement le même que celui qui a été développé au cours des années: inscriptions annuelles, subventions provinciale et fédérale, commandites d’entreprises, vente de services aux commissions scolaires, contrats de recherche, et autres. Pourquoi ne pas impliquer l’entreprise privée dans la vente de produits développés par l’AQUOPS? Je sais que la question est complexe. Peut-on vendre des produits financés par des subventions gouvernementales? Qui fait quoi? Sont-ils faits par le personnel de l’AQUOPS ou par des bénévoles? Quelle est la situation relative aux droits d’auteur? Quelle est la pertinence du produit? Est-il vendable? etc. Peut-on vendre des produits comme le fait la société GRICS? (Ce n’est pas une suggestion, c’est simplement une question). Les dépenses de l’AQUOPS sont relatives au maintien d’un secrétariat et à l’organisation de colloques et de développement de services ou de produits à vendre aux commissions scolaires.

La principale question est de savoir si cela est viable avec tous les services développés et offerts aux membres. La prudence exige que chaque activité s’autofinance. Il y a de très beaux projets que l’AQUOPS n’a plus les moyens de supporter à moins d’obtenir le financement nécessaire. Les principaux clients de l’AQUOPS demeurent les commissions scolaires et les bénéficiaires sont les enseignants. Il faut trouver une formule qui amène les commissions scolaires à payer le perfectionnement et les services obtenus. C’est un changement d’habitudes que l’on doit demander aux commissions scolaires car la gratuité des services n’est plus viable pour l’AQUOPS.

Quant au colloque, nous savons par expérience que sa formule actuelle peut apporter un financement relativement stable et régulier, mais il fait aussi courir à l’association des risques importants liés aux grandes variations de dépenses et de revenus. On pourrait peut-être suggérer d’autres formules comme des colloques régionaux moins lourds et moins coûteux pour les participants? Cela aurait-il comme effet d’augmenter le rôle de l’AQUOPS en région, mais de réduire la participation au colloque annuel? Pourrions-nous trouver de nouvelles formules en exploitant les télécommunications (webcast )? Je ne sais pas. Qu’en penses-tu?

CLÉMENT: Je ne sais pas trop. Je te posais la question très sincèrement. Chose certaine, il me semble nécessaire que les pouvoirs publics soutiennent de façon importante une association comme l’AQUOPS. Toutefois, il faut être conscient qu’il y a aussi une foule d’autres associations pédagogiques et qu’il faut aussi assurer une équité dans la distribution des deniers publics. Par conséquent, il me semble que pour être en mesure de procéder à un éventuel recadrage de la mission de l’AQUOPS, il faudra au préalable arriver à mieux nous définir dans le contexte éducatif québécois dans son ensemble.

À cet égard, je suis impatient de savoir comment tu perçois les liens (existants ou à inventer) entre l’AQUOPS et le RÉCIT. J’aimerais aussi savoir si tu crois que l’action de l’AQUOPS doit directement s’inscrire dans le contexte de la réforme du curriculum ou si au contraire l’AQUOPS devrait éviter de prendre position à ce sujet.

MARCEL: Plus j’y pense, plus je crois dans la formule de colloques régionaux. On peut même imaginer des colloques qui ont lieu simultanément avec échanges télévisuels à des moments précis et avec des ateliers choisis. La conférence d’ouverture, par exemple, pourrait être diffusée simultanément dans tous les lieux. Des panels de discussions, des démonstrations pertinentes avec ou sans exposants, des ateliers qui sont très en demande ou populaires pourraient être disponibles en webcast. On pourrait même imaginer un atelier de discussion avec des intervenants de plusieurs endroits au Québec. Une sorte de vidéoconférence. L’AQUOPS pourrait jouer son rôle de coordination des événements. Il y aurait toute une logistique locale, mais comme il ne s’agit pas de tous les ateliers, ça devrait être possible avec la main-d’oeuvre locale.

Avec cette formule, on diminue les frais de déplacements et de logements entre autres des participants. On peut imaginer que le nombre de participants dans les régions augmenterait. Le membership augmenterait et les revenus de l’AQUOPS aussi. On doit être capable d’exploiter les technologies à distance. Je pense aux communautés éloignées : celles des Îles-de-la-Madeleine, des écoles de la commission scolaire Kativik, de la Gaspésie, de l’Abitibi, de la Côte-Nord. Ces participants en région profiteraient bien sûr de l’expérience des grands centres et l’inverse est aussi vrai. Ces derniers vivent des expériences souvent uniques et ces personnes font preuve de beaucoup de créativité. La nécessité est souvent la mère de la créativité.

As-tu une idée des frais de déplacement de ces enseignants et les services que l’AQUOPS leur rendrait? Je crois qu’il faut tenter l’expérience. Il faudrait mettre le MEQ dans le coup. Et, justement, les RECIT pourraient contribuer davantage en intégrant quelques-unes de leurs activités à ces colloques régionaux. Enfin, ils sont mieux placés que moi pour signaler la pertinence de leurs rôles à l’AQUOPS.

Ta dernière question me stimule beaucoup. Je suis fermement convaincu que l’action de l’AQUOPS doit directement s’inscrire dans le contexte de la réforme. Quand on considère l’expérience des 24 dernières années en matière des TIC, il y a de nombreux exemples pour illustrer la réalisation de projets dans plusieurs disciplines. Il y a une expérience d’apprentissage de gestion de projets que l’on doit absolument communiquer aux enseignants qui s’initient à la réforme. Ce ne sont pas les seuls éléments, mais je retiens surtout ces deux-là. Je ne tiens pas à embarquer dans une discussion sur le constructivisme et ses dérivées. Il y a une question de pertinence et de dosage. Le professionnel de l’enseignement peut très bien faire les choix des moyens et des outils qui conviennent selon les élèves et les situations.

Il faut se servir des écueils de cette approche rencontrés par des enseignants d’expérience pour indiquer qu’il y a des possibilités et des limites à cette approche. Ce n’est pas parce que la méthode est bonne, qu’il faut l’essaimer partout. Le dicton populaire nous dit que si la crème fouettée est bonne, ce n’est pas nécessaire d’en mettre partout et d’en manger tout le temps. L’emploi judicieux de l’approche projet est un apprentissage nécessaire. L’identification des taches, leur répartition dans le temps, l’encadrement et le calendrier à respecter sont des apprentissages qui seront utiles dans bien des domaines par la suite. Crois-en mon expérience. C’est selon moi l’une des plus grosses lacunes rencontrées dans mon expérience professionnelle en éducation et ailleurs. Présentement, j’analyse des projets de séries d’émissions éducatives interactives. Je te confirme que celles qui sont les mieux réussies sont celles qui ont un gestionnaire de projets. Il n’y a aucun doute dans mon esprit. Apprendre à gérer un projet et à le rendre à terme dans les délais prescrits est devenu une nécessité.

Un autre aspect de la réforme est sans aucun doute l’approche par compétences et notamment les compétences transversales. Quand on considère le regroupement de pédagogues de différentes disciplines qui échangent grâce à l’intégration des TIC, on constate que ces personnes ont probablement développé un point de vue sur la question. Les enseignants qui travaillent avec des élèves qui réalisent des projets connaissent fort bien les possibilités et les limites de cette approche. Ils ont sûrement rencontré de nombreuses difficultés et sont probablement en mesure de proposer des solutions. L’AQUOPS a accumulé une expérience de 24 ans et même plus dans ce domaine. Elle doit profiter au système scolaire québécois. C’est une bonne porte d’entrée pour le perfectionnement des maîtres.

Et toi, que penses-tu du rôle de l’AQUOPS dans cette réforme? Je sais qu’il y a de la résistance et bien des difficultés qu’il faudra aplanir. Est-ce que l’association pourrait jouer un rôle en ce sens?

CLÉMENT: Je pense comme toi que la pertinence de l’AQUOPS est d’autant plus grande que nous sommes dans un contexte de réforme éducative qui invite les enseignants à collaborer davantage et à ouvrir l’école sur sa communauté. C’est sous ces aspects de la réforme, qui concernent d’abord les professionnels de l’éducation, que je me dis que l’AQUOPS a le plus grand rôle à jouer.

Sans en faire nécessairement le souhait à ce moment de la réflexion, il me semble qu’on pourrait imaginer un scénario où l’AQUOPS jouerait essentiellement un rôle de catalyseur en facilitant l’émergence de nouvelles pratiques, en favorisant la mise en commun et l’entraide, etc. Une mission qui s’arrêterait là où commence celle des services locaux du RÉCIT, qui consiste, il me semble, à appuyer directement, sur le terrain, les enseignants, notamment ceux qui pourront s’être laissé inspiré par les propositions issues de l’AQUOPS. Il me semble que le ministère de l’Éducation gagnerait d’ailleurs beaucoup à confier spécifiquement un rôle d’innovation à un organisme comme l’AQUOPS, qui ne lui est pas directement rattaché et dont les meilleurs coups pourraient être efficacement partagés dans le réseau à travers le RÉCIT, qui possède à la fois la puissance (et les contraintes) d’un réseau un peu plus institutionnel. D’ailleurs, ta proposition de colloques régionaux, organisés par l’AQUOPS avec la complicité du RÉCIT, m’apparaît ainsi prendre tout son sens. La contribution gouvernementale au fonctionnement de l’association aussi d’ailleurs. Je me demande ce que les principaux acteurs du RÉCIT penseront de ça (qu’ils ne m’en veuillent pas, tout ceci n’est encore qu’exploratoire!).

Dans tous les cas, je ne vois pas comment l’AQUOPS peut faire l’économie de s’engager dans la réforme. Parce que, pour moi, la présence de l’ordinateur et d’Internet à l’école, avec les coûts qu’elle comporte, n’est justifiable que dans le contexte pédagogique qu’amène la réforme. Sans quoi, on peut très bien s’en passer et investir tout cet argent dans bien d’autre chose.

En terminant, puisque tu nous as déjà maintes fois démontré ta capacité de « rêver efficacement », j’aimerais t’inviter à formuler trois voeux à l’intention de ceux et celles qui utilisent actuellement l’ordinateur au primaire et au secondaire. Qu’est-ce que tu souhaites aux gens qui, aujourd’hui, malgré les contraintes, poursuivent le travail de ceux et celles qui ont fondé l’AQUOPS? Et si tu le peux, ce serait bien que tu précises le rôle que pourrait jouer l’AQUOPS, comme association, dans la concrétisation de ces trois voeux.

MARCEL: Mes trois souhaits sont: une culture d’innovation reconnue; un réseau en lignes d’écoles qui collaborent; un financement adéquat de l’AQUOPS. Je m’explique.

Mon premier souhait: une culture d’innovation reconnue

Afin d’améliorer l’apprentissage des élèves, il serait souhaitable que les écoles appliquent avec succès les grandes lignes de la réforme en intégrant les TIC de façon naturelle et cohérente dans les programmes d’études; que l’on identifie des écoles qui développent une culture d’innovation et n’hésitent pas à explorer de nouvelles stratégies afin de répondre aux besoins de leurs élèves. Dans ces écoles, la plupart du personnel enseignant devraient adopter des stratégies pédagogiques innovatrices et créatives. Ces pratiques inspirantes pourraient être filmées, documentées et mises à la disposition des écoles qui le désirent dans, par exemple, le cadre du projet Zoom.

Deuxième souhait: la création d’un réseau en ligne d’écoles créatives qui collaborent

D’abord, il serait aussi souhaitable que la collaboration soit une pratique courante dans les écoles. Les élèves pourraient collaborer les uns avec les autres en classe et avec l’enseignant-e, lorsqu’il s’agit de concevoir un projet dans le cadre des programmes d’études. Les enseignants-es pourraient collaborer les uns avec les autres pour les activités de planification, de mise en ¦uvre, d’évaluation et de réflexion portant sur les unités et les stratégies d’enseignement. Ils mettraient leurs efforts en commun pour trouver des occasions d’apprentissage axées sur des projets touchant plusieurs programmes. Les occasions de collaboration entre élèves et enseignants-es se feraient sentir jusque dans les autres classes, le domicile des élèves et la collectivité locale ou régionale. Pourquoi pas?

Le réseautage en ligne est un aspect important de la collaboration entre écoles. Il s’agit d’une occasion de partager ses connaissances sur les nouvelles technologies, de planifier des sujets d’étude, d’apprendre les uns des autres, de se renseigner auprès d’experts ou d’amener d’autres classes à participer. Il est aussi possible de se joindre à un réseau d’entraide, de poser des questions à des experts et d’obtenir la reconnaissance des pairs.

Afin de prolonger cette collaboration avec les autres écoles, il serait souhaitable de créer un réseau en ligne d’écoles créatives et motivées qui pourraient présenter et partager des pratiques innovatrices et collaborer entre elles, tirer des leçons les unes des autres et s’appuyer à titre de mentor entre elles ou avec toute autre école intéressée. Dans ce cadre, il me semble que les RECITs seraient mis à contribution avec plus d’intérêt et d’efficacité.

Troisième souhait: un financement adéquat de l’AQUOPS pour la réalisation des tous leurs projets.

Pour que l’AQUOPS puisse pleinement jouer son rôle, il serait souhaitable que l’AQUOPS puisse recourir à un financement récurrent et fiable à chaque année. Il devrait y avoir des formules de financement en provenance principalement du membership, des commissions scolaires, du ministère de l’Éducation du Québec, du ministère Industrie Canada, de commandites d’entreprises afin de susciter l’innovation. L’AQUOPS jouerait un rôle mobilisateur, rassembleur et catalyseur. Un réseau ne peut exister sans leadership et sans animateur. Il peut y avoir plusieurs réseaux au Québec. Souvent, l’organisation locale favorise la collaboration et les échanges. Il y a d’autres qui facilitent la diffusion de l’information sur une base élargie et entraîne une collaboration à plus grande échelle.

CLÉMENT: Merci beaucoup Marcel d’avoir accepté mon invitation à explorer comment, d’hier à aujourd’hui, l’AQUOPS, au fond, c’est nous!

Au terme de notre échange, je me permets de faire l’hypothèse que c’est un modèle plus décentralisé et une plus grande distribution des coûts et des investissements entre les membres-utilisateurs qui pourrait servir de guide pour le recadrage des actions de l’AQUOPS.

…une association que je j’imagine désormais, d’abord et avant tout, comme un réseau d’entraide et que j’aimerais sentir profondément inspirée par l’idée de « faire ensemble, toujours ».

6 comments

  1. Voilà un billet (un dialogue plutôt) qui risque de faire partie des « milestones » de notre petit monde des « edublogger » !

    Bravo à vous deux pour cette inspirante conversation dans le contexte de cette semaine bien spéciale pour l’AQUOPS.

    J’aime beaucoup la piste des colloques régionaux reliés entre eux par un événement commun ou une thématique commune ! Celle du réseau d’entraide doit faire partie d’une vision clairement formulée. Une phrase engageante et « punchée » pour les trois prochaines années du genre de : « Faire de l’AQUOPS un réseau d’entre aidants reconnu par un clic ! »

    Bon, ça peut sûrement s’améliorer… au fil de la discussion à poursuivre !

  2. Merci beaucoup messieurs !
    Ce billet extremement riche ouvre l’esprit et pose des questions pertinentes.
    Nous ne pouvons pas mettre une telle histoire et de telles idées de côté ! Merci de nous rappeler cela, ça nous encourage.

  3. Merci à vous deux pour votre billet que je qualifierais de « Grande Conversation » !

    Je tiens à préciser cependant que l’AQUOPS a toujours travaillé, depuis plusieurs années (par ses projets de R&D et en organisant ses journées thématiques lors du colloque), afin d’être une courroie de transmission interdisciplinaire du Programme de Formation. Le MELS en est-il conscient ? Faudrait leur poser la question. Nous avons toujours partager les valeurs de cette réforme et, ayant travaillé au Centre d’expertise Pédagogique, je peux vous assurer que l’équipe n’a jamais fait « l’économie de s’engager dans la réforme ». Nos formations,nos projets se sont toujours inspirés d’une utilisation simple, signifiante et réfléchie des TIC en classe. Plusieurs fois, nous avons tenté d’organiser un réseau entre enseignants de partout… mais comment ça se fait que ça ne fonctionne pas ? On s’y prend peut-être mal, on a pas l’expertise assez poussée mais on a toujours eu cette volonté. ZE lacune… (et je parle pour moi) provient peut-être du fait que beaucoup d’intervenants pédagogiques (conseiller pédagogique matières, direction d’école, etc.) n’adhèrent pas toujours et ne projettent pas nécessairement un grand intérêt pour l’intégration des TIC (c’est une constatation et non une charge contre eux!). Cette responsabilité doit être partagée, on doit commencer là le travail de réseau… mais, la vision TIC est souvent (encore) dévolue qu’aux animateurs de RÉCIT ou CP d’informatique dans les Commissions Scolaires.. et croyez-moi… on est pas beaucoup. Je crois que l’AQUOPS n’a jamais dérogé de sa mission d’aider les enseignants à intégrer les TIC… mais la majorité de ceux-ci sont-ils prêts ? J’interviens dans les écoles à tous les jours et plus ça change, plus c’est pareil. On a nos intervenants en TIC et quelques profs qui y croient parce qu’ils sont utilisateurs… mais lorsqu’on regarde les scénarios pédagogiques proposés par les professionnels… rares sont ceux qui proposent la télécollaboration, la recherche accompagnée et pertinente sur Internet, l’utilisation de la vidéo numérique… parce que ces intervenants (qui sont dévoués et surtout débordés par les interventions sur la réforme) n’ont pas le réflexe de le faire… Et que dire du leadership des gestionnaires (d’écoles et de services)…

    Oui, l’AQUOPS a joué et a toujours voulu jouer un rôle de facilitateur, de rassembleur… on ne demande que de continuer…

    Si vendredi, l’on venait à disparaître… je rêve quand même à un fourmillement de rencontres régionales (comme on fait chez nous en ce moment pour relancer les TIC au secondaire)et de CP qui travaillent en équipe disciplines et informatique(je pense, entre autre, à la CS des Affluents)et à plein d’usagers qui s’invitent à se visiter pour voir ce qui se fait ailleurs… tout ça avec en tête, le modèle que l’AQUOPS a toujours voulu mettre en place pour ses membres.

  4. Bonjour,
    J’hésite toujours à m’immiscer dans ce genre de discussions. Aujourd’hui, je tiens à vous souligner combien je me suis retrouvée à la lecture de vos échanges. J’ai retrouvé les prémisses de mes propres réflexions et évolutions professionnelles et pédagogiques. En fait, l’AQUOPS a été pour moi un révélateur, un catalyseur de mon engagement actuel à l’APSDS… À l’époque, je n’étais pas loin de penser que nos deux associations avaient des points de convergence et qu’un rapprochement était possible… Ma participation à différents congrès m’a par la suite déçue; il n’y a pas d’atomes crochus entre nous et les membres de l’AQUOPS: plus axés « machines », nous sommes, à l’opposé, ancrés dans le contenu. Nous utilisons l’outil – l’ordinateur – pour notre travail quotidien, nous dépannons souvent les profs, mais nous sommes aussi profondément attachés au monde de l’imprimé, très décrié à une certaine époque par l’AQUOPS et ses membres. J’ai décroché.
    Aujourd’hui, ma réaction aux difficultés de l’AQUOPS est pour le moins mitigée. Jugez-en.
    Notre association, l’APSDS, est en mode survie depuis l’an 2000. Nous travaillons tous comme bénévoles. Aucun personnel rétribué pour nous aider. Notre secrétariat est logé dans une maison privée. Nous vivotons avec un budget ne dépassant pas 12,000$ par année. Nous ne recevons aucune aide extérieure, ni du MELS, ni des CS, si ce n’est d’une coalition qui nous permet de garder la tête hors de l’eau et d’alerter le public sur la situation alarmante des bibliothèques scolaires.
    Aussi, en réaction à l’initiative de certaines commissions scolaires qui ont spontanément remis 10¢/élève à l’AQUOPS, j’ai suggéré à certains de nos membres de demander à leur école et commission scolaire de défrayer le coût de l’adhésion à notre association, soit 65$, de toutes les personnes qui travaillent dans le réseau des bibliothèques scolaires, parents bénévoles inclus.
    Une phrase a retenu mon attention: « … celles qui sont les mieux réussies sont celles qui ont un gestionnaire de projets. On pourrait extrapoler et parler d’actions pédagogiques, d’activités d’apprentissage ou de projet éducatif… Cela rejoint aussi notre suggestion de rapprochement émise dans le mémoire « Briller parmi les meilleurs » que la Coalition a remis au ministre de l’Éducation, et qui est ligne sur le site de la Coalition, à l’URL http://www.bibliothequesscolaires.qc.ca/
    Je partage mes réflexions avec vous, en congruence avec les objectifs de l’AQUOPS.
    Cordiales salutations.

  5. Fort intéressants cet historique et ce dialogue-débat à ciel ouvert; et en même temps révélateur. Je me permets d’y ajouter un point de vue de l’extérieur. Je comprends mal que l’AQUOPS n’en profite pas pour faire éclater ‘la coquille scolaire’ et développer une école plus communautaire, l’école de l’avenir à plus ou moins long terme (si l’école doit persister). L’école n’a-t-elle pas tendance à demeurer encore en 2005 une chasse-gardée (même en réseau…) Pourquoi ne pas promouvoir l’établissement ou le renforcement de la communication entre l’école et le milieu dans lequel elle est bâtie? Pourquoi les TICC et Internet ne deviendraient-elles pas un moyen de créer ou de développer une meilleure symbiose avec la communauté locale et régionale?

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