Que lit Stephen Harper?

Une idée géniale de Yann Martel… décrite ici… le site Web correspondant ici…

On fait la même chose avec le prochain ministre de l’éducation?

6 commentaires

  1. Quelle bonne idée!
    Je vais suggérer également de leur envoyer la programmation des Journées de la culture qui auront lieu les 28, 29 et 30 septembre prochain afin de découvrir l’ampleur de l’offre culturelle au Québec et d’expérimenter quelques activités.

  2. Je ne voudrais pas faire exprès pour casser votre élan d’enthousiasme, mais si autant de personnes n’ont pas pris l’habitude de la lecture, c’est justement parce qu’on leur a lancé un Tolstoï pour les «partir». L’intention est géniale, mais l’idée de faire le choix des lectures à la place de celui qu’on veut émouvoir me semble discutable. Interroger M. Harper sur ses passions et l’aider à identifier des auteurs qui lui auraient fait découvrir des trésors me semblerait un bien meilleur filon. Enfin…

  3. Je te trouve très sévère Mario. Étonnament sévère.

    Évidemment qu’il serait préférable pour Yann Martel de s’asseoir avec Stephen Harper et de pouvoir l’interroger sur ses passions pour l’aider à identifier des auteurs et des oeuvres qui conviennent à ses intérêts et à sa situation — comme un bon bibliothécaires ou un bon libraire. Bien sûr. Mais à défaut…

    Eh bien à défaut, Yann Martel se propose d’utiliser les livres pour amorcer un dialogue avec le Premier ministre, non pas en lui assenant un ouvrage ou un autre, mais en prenant prétexte du choix d’un ouvrage pour l’inviter à réagir sur « une certaine conception de la politique » — parce que c’est bien ce qui sous-tend le choix de l’oeuvre.

    À la limite, qu’il le lise ou non — en entier ou seulement quelques pages, aujourd’hui ou dans dix ans, qu’il en découvre l’existence ou qu’il en ait déjà fait son livre de chevet — importe peu. C’est la possibilité du dialogue rendu possible par le choix de l’oeuvre qui m’intéresse d’un point de vue éducatif.

    Je serais Stephen Harper (de grâce épargnez-moi!) je répondrais sans hésiter à Yann Martel — quitte à tenter de reprendre le leadership du dialogue en le réorientant sur une autre piste, vers d’autres lectures, en fonction d’autres intérêts, retournant vers le provocateur (!) le défi de « s’ouvrir à une autre façon de voir le monde ».

    Et franchement, quoi que soit la réponse (ou l’absence de réponse!) de Stephen Harper, n’est-ce pas aussi une belle expérience d’éducation citoyenne et à la chose politique à travers la littérature? Il me semble…

    Cela dit, est-ce que tu n’as vraiment aucune suggestion de lecture à transmettre à la nouvelle ministre de l’Éducation? Ou est-ce que tu juges réellement vain l’idée de lui en transmettre (publiquement?) quelques-unes accompagnées d’explications?

    Alors explique-moi!

  4. «Ulcéré par l’attitude totalement désintéressée, mais ô combien révélatrice, du chef conservateur lors d’une cérémonie «superficielle» soulignant les 50 ans du Conseil des arts du Canada, l’auteur lui enverra un livre toutes les deux semaines tant qu’il sera à la tête du pays. (source)

    Voilà l’élément déclencheur de l’initiative Clément. Quelle est l’intention derrière le geste de M. Martel? Mon petit doigt me dit que c’était d’obtenir de l’attention de la part du P.M.: «J’avais envie de crier: « Est-ce que nous ne valons rien, bande de philistins »? Est-ce que vous croyez que nous ne sommes que des parasites qui se nourrissent à même le dur labeur de nos chers citoyens?» (même source).

    Sévère moi? Peut-être, je ne sais pas. J’avoue qu’au départ, c’est le choix de Tolstoï qui m’a frappé. Ensuite, je me suis demandé ce qui avait bien pu le motiver à proposer ce livre en premier. Je me suis documenté sur les événements en amont et j’en suis venu à penser que finalement, c’était la façon de banaliser le secteur de la culture littéraire qui l’avait fait réagir. Je peux me tromper.

    Je ne suis pas contre l’idée d’engager un dialogue avec le P.M. par le biais des livres, mais cette idée de semer la valeur «culture» par ce geste ressemble trop à ce que j’ai vu tout jeune et que je vois encore trop souvent. Des gestes du genre «je vais vous dire ce qui serait bon que vous lisiez pour vibrer à mon diapason».

    J’ai trois fils Clément. Si tu savais l’énergie que j’ai mis pour qu’ils lisent. J’ai tenté le coup des achats de papa. J’ai essayé de deviner ce qu’ils aimeraient. Je les ai épiés, j’ai cherché du côté de leurs passions, je les ai emmenés avec moi bouquiner. J’ai raconté des lectures personnelles, je leur ai lu quelques trucs (en bas âge), je me suis intéressé à ce qu’ils lisaient, j’ai laissé traîné les journaux en leur racontant une portion de nouvelle que je savais piquante côté curiosité et surtout, je leur ai donné l’exemple de quelqu’un qui bouffe beaucoup de livres. Je pourrais te parler de toutes ces discussions avec des profs, avec des gens dans ma famille… j’en passe.

    Mes trois fils lisent beaucoup, le petit dernier énormément. Vraiment beaucoup. Je n’ai jamais été inquiet pour leurs études à partir du moment où je les voyais prendre plaisir à lire. Il n’y a pas plus grande satisfaction pour moi que de les regarder lire.

    Mais je suis convaincu que j’aurais pu tout gâcher avec l’attitude de M. Martel. Je le sais parce que j’ai tenté le coup avec mes deux plus vieux. Je le sais parce qu’à l’école, j’ai vu comment le choix des lectures était DÉTERMINANT dans le développement du goût de lire…

    Pour suggérer un livre, il faut vraiment sentir qu’à l’autre bout, il y a soif potentielle de ce livre et la marge de manoeuvre est vraiment très mince. J’ai entendu tellement de fois au pensionnat les gars et les filles me parler de ces lectures imposées ou suggérées qui enlevaient le goût de lire.

    Tout ça pour te dire Clément qu’avant d’expédier quoi que ce soit à la nouvelle ministre, j’essaierais vraiment de savoir qui elle est, ce qu’elle aime et ce qui aurait des chances de créer une étincelle.

    Tolstoï pour M. Harper??? Je peux me tromper, mais je crois que la démarche de M. Martel n’avait pas réellement de rapport avec le fait choisir le bonhomme tel qu’il est dans le sens de partir de ce qu’il aime, de ce qui l’intéresse, de ce qui pourrait lui donner ce goût de la culture.

    Je suis sévère maintenant, tu peux le dire. Je crois que les choix de deux semaines en deux semaines vont être le reflet de ce que M. Martel voudrait que M. Harper soit!

    J’espère me tromper.

    On dit à Ottawa que M. Harper est un intellectuel (c’est Michel C. Auger qui dit ça vers la fin de ce billet). Froid, mais très versé dans la réflexion et le cérébral. Il ne serait pas cultivé? Peut-être. Je ne sais pas. Il semble avoir eu peu de considération pour cette cérémonie soulignant les 50 ans du Conseil des arts du Canada. Soit. Maintenant, on fait quoi?

    Plus j’y pense, moins je vois de sens à cette stratégie de lui balancer un livre aux deux semaines…

    Mais je vais beaucoup m’intéresser aux choix de M. Martel. L’initiative va me passionner, MOI! Je ne crois pas que M. Harper va apprécier, lui.

  5. Il y a erreur d’interprétation mon cher Mario… je n’ai jamais cru que la « méthode Martel » était la bonne méthode avec des enfants. Là-dessus, je partage tout à fait ton témoignage et j’ai la même attitude que toi par rapport à mes propres enfants.

    Si j’ai trouvé, et si je trouve toujours, l’idée de Yann Martel intéressante, c’est dans un contexte politique, avec l’idée de faire en sorte que la littérature occupe une place dans la sphère publique que l’actualité ne lui offre plus depuis bien longtemps.

    Je ne me fais pas d’idée sur le fait que Stephen Harper se mettra systématiquement à lire les ouvrages que lui suggèrera Yann Martel mais j’aimerais beaucoup être surpris et que le Premier ministre renverse l’exercice en répondant à l’écrivain avec ses propres suggestions.

    C’est le type de créativité/réactivité que j’aimerais retrouver chez un Premier ministre — bien plus encore qu’une connaissance de l’oeuvre de Tolstoï ou de quelqu’autre auteur en particulier.

  6. En lisant cette section du site de l’initiative de Yann Martel ce soir Clément, je me suis dit qu’il faillait que je mette un bémol à ma critique :

    «But he [Stephen Harper] must have moments of stillness. And so this is what I propose to do: not to educate—that would be arrogant, less than that—to make suggestions to his stillness.»

    Je donne la chance au coureur et je souhaite que cela provoque ce que tu décris…

    Je reprends quelque peu les arguments utilisés ici et poursuit ma réflexion dans ce billet.

    En passant, tu savais que si on tape «Que lit Stephen Harper» dans Google, c’est ici qu’on arrive en premier?

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