Renouvellement de l’espace politique

Cela fera une semaine demain qu’André Boisclair a remis sa démission comme chef du Parti Québécois. Juste une semaine.

Je ne suis pas tout à fait certain que ce qui s’est passé depuis est tout à fait sain. J’avais personnellement exprimé le souhait que le choix d’un nouveau chef soit précédé de discussions sur le projet de société qu’incarne le Parti Québécois, mais au bout du compte le résultat me convient très bien et je suis persuadé que Pauline Marois saura animer la mise à jour du projet qui pourrait un jour donner lieu à la naissance d’un nouveau pays — non comme une fin en soi, mais comme un moyen de réaliser certains éléments essentiels de ce projet. C’est ce projet qu’il faut faire naître, d’abord et avant tout. J’avais cru en Pauline Marois en 2005. J’y crois toujours — et plus encore — parce que je crois que les circonstances sont bien meilleures et qu’elles lui permettront bien mieux d’exploiter ses forces et ses talents.

Il faut être fait fort pour faire de la politique aujourd’hui… et les blogueurs sont particulièrement impitoyables. Avant même qu’elle ne soit officiellement nommée cheffe certains, dont Mario, doutent déjà de la longévité de Pauline Marois à la tête du Parti Québécois — certains allant même jusqu’à formuler des hypothèses frôlant le mépris (que ceux-ci me pardonne, je le pense sincèrement!) selon lesquelles Mme Marois serait aujourd’hui seulement choisie parce que les membres du parti « veulent se faire pardonner pour la dernière fois ». Franchement! Est-ce qu’on ne peut pas lui reconnaître ses compétences, lui laisser sa chance… et la juger sur ses résultats?

Bien entendu que ce parti est impitoyable pour ses chefs! Bien entendu qu’il n’est pas normal d’oublier, pour ainsi dire, un chef en moins d’une semaine; bien entendu que Pauline Marois pourrait aussi être dévorée par le parti (est-ce qu’elle ne l’a pas déjà été quelques fois?). Et alors? N’est-il pas normal qu’un parti qui défend auprès des Québécois un projet aussi ambitieux que de fonder un pays soit aussi exigeant avec ses chefs? Bien sûr! Et c’est une évidence que le rôle de chef du Parti Québécois est plus exigeant que celui de chef du parti libéral ou de l’ADQ. Heureusement, aie-je même envie de dire!

Je l’ai dit hier dans un commentaire sur le blogue de Mario: je souhaite que ce qui ressemble de plus en plus à un couronnemment ne nous privera pas de discours importants — suivis d’actions concrètes — sur le plan de l’éducation, sur la place de l’entrepreneuriat et de l’innovation dans le développement économique, sur l’environnement, sur les relations internationales, etc. Il ne faut pas que le consensus qui s’est exprimé cette semaine ait pour effet de reléguer au second plan l’expression des points de vue — même divergents (surtout divergents!) — et qu’il autorise, au contraire, des échanges encore plus approfondis.

Je compte d’ailleurs pour cela sur Mme Marois — notamment afin trouver la meilleure manière de faire appel à Joseph Facal, qui vient de passer à deux doigts de replonger dans la vie politique.

Ces deux là sont, de mon point de vue, deux des plus indispensables acteurs du renouvellement de l’espace politique québécois.

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