Un autre équilibre

J’ai écrit ici beaucoup moins que je ne l’aurais souhaité au cours des dernières semaines. Non par manque de sujets, d’inspiration ou même de temps (ça se trouve toujours quand on le veut vraiment) mais par effort de gestion de mon énergie. Avec, chaque jour, littéralement, une interrogation sur le choix que je faisais à cet égard.

Je n’ai jamais eu les neurones autant sollicités — tant par mon quotidien et par les défis nombreux et variés qui se présentent à moi. Ça surchauffe! — mais je me sens au meilleur de ma forme, en pleine possession de mes moyens, et je peux compter sur des gens extraordinaires comme compagnons de défis.

J’arrive à m’accorder du temps pour faire régulièrement un peu d’introspection — heureusement, parc que c’est plus que nécessaire! — mais je ressens le besoin de le faire un peu plus seul — dans ma tête — qu’à d’autres moments. Comme si à cette période de ma vie, les moments de réflexion dans l’isolement étaient devenus aussi rares et précieux que ne l’apparaissaient les véritables moments de réflexion collective avant l’avènement de la blogosphère.

J’ai besoin de plus de temps seul avec moi-même — sans possibilité d’être interpellé — afin de donner naissance à de nouvelles idées, à de nouveaux projets ou pour suivre de nouvelles orientations à ma manière.

Il y a eu un temps où j’ai ressenti la présence de la blogosphère comme une poussée vers plus d’audace — un temps où je me sentais poussé par elle à aller au bout de mes idées. Aujourd’hui, je crains plutôt l’inverse: que le besoin d’expliquer des idées pas mûres, prématurément formulées ici ou ailleurs, me force trop à nuancer, à défendre… à me laisser tenter par le conformisme. Or, j’ai plus que jamais le goût d’aller au bout de mes réflexions. Peut-être est-ce la peur? Un prétexte pour justifier le manque de temps? Une forme de renonciation? Je ne doute pas qu’il y aura des gens pour me le dire puisque sur ce sujet, je choisis de m’exposer ici, par ce texte.  ;-)

Je ne me coupe évidemment pas pour autant de toute l’intelligence collective qui se trouve dans ma blogosphère. Je continue à lire, beaucoup, et je vais évidemment continuer à contribuer à ce réseau, de diverses manières, au cours des prochains mois — mais probablement dans un nouvel équilibre, un autre équilibre.

2 commentaires

  1. Sage, sage décision.

    Depuis quand la réflexion ne peut-elle pas bénéficier d’un peu de silence et de recul? Je pense qu’il ne faut pas confondre « conformisme » et « recul nécessaire »…

    La blogosphère n’est pas différente de n’importe quel groupe: parfois il faut en sortir pour réfléchir parce que le niveau de bruit dépasse quelquefois celui du signal. Avec la multiplication des intervenants et des canaux, cela peut vite devenir cacophonique.

    Pas toujours, bien sûr, mais assez souvent pour ne pas se sentir coupable d’avoir besoin de prendre du temps, de l’espace et du recul pour soi il me semble…

    Bon silence!

  2. on sera patient ! – et grand respect pour ta discipline de gestion d’énergie – pour ma part, je suis conscient de la part usante d’Internet, contrebalancée par ce que j’y découvre et apprends, et du mal à bouger vers le curseur, même si quand même quelques heures sanctifiées pour la lecture (mais c’est irréversible : suivre la création d’aujourd’hui, Québec comme Fr, c’est sur le web, avec même curiosité et travail « dense » que Saint-Simon ou Proust le soir)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s