Porter un nouveau regard

Presque trois mois depuis le dernier texte publié ici. Pourtant, bien peu de repos au cours de ces trois mois… le temps passe vite. Très vite. Trop vite? J’ai eu besoin au cours de cette pause de prendre des notes, d’écrire pour moi — privément. De lire aussi — de me laisser amener ailleurs. Puis, il y a eu deux semaines, ou à-peu-près, de vacances. Et me revoilà. Et le goût de communiquer qui revient.

Un goût suspendu par fatigue du regard, je crois. Comme le champ de vision tend à rétrécir avec la vitesse, à se refermer, à fuire — trop d’info, trop d’action, trop vite. Il ne s’agissait pas tant de ralentir, plutôt d’identifier de nouveaux points de repère.

Le goût de communiquer ici qui revient donc. Avec le recul, un peu de repos, un peu de dépaysement et de la lecture, surtout — des idées, des récits, de nouveaux regards. Un regard renouvelé.

Je vais essayer de garder simples les textes à venir ici — viser écrire sans trop me casser la tête. Revenir à l’écriture « pour moi » — à la réflexion à voix haute — celle que j’ai toujours souhaité être à la source de ma démarche bloguesque (rocambloguesque?).

* * *

Il y a eu, bien sûr, de nombreux textes, plusieurs discussions, bien des images, bien des parcours qui ont contribué à me ramener ici aujourd’hui. Notamment:

Aussi, plus particulièrement, au cours des derniers jours, la visite de l’exposition de Shepard Fairey au Institute of Contemporary Arts de Boston (une pure merveille!) et la lecture de l’Incendie du Hilton, de François Bon (présentation vidéo par l’auteur ici).

Hallucinante découverte de l’oeuvre graphique et de la démarche artistique, philosophique et politique de Shepard FaireyStreet Artist génial, notamment auteur du portrait de Barack Obama qui est devenu une véritable icône lors de la dernière campagne présidentielle aux États-Unis. Son oeuvre est magnifique, originale, engagée. Elle prend forme de puis vingt ans au coeur de la ville, littéralement. Elle consiste pour l’essentiel à interroger tous les messages qui nous sont adressés et à nous inviter à porter un regard plus actif/créatif sur notre milieu de vie.

Grand plaisir à lire aussi, pour conclure mes vacances, le nouveau roman de François Bon — qui se déroule à Montréal, une nuit qui précède un rendez-vous que René Audet et moi avions avec lui, l’automne dernier.  Chaque paragraphe de l’Incendie du Hilton est une invitation à voir la ville — et la vie qui s’y déroule — sous une autre perspective: à décoder l’anecdotique; à fixer l’esthétique de l’errance, de la déambulation, du mouvement. Une invitation à interroger le réel, le pouvoir des mots et des images, la manière de les écrire, de les communiquer, de les partager. Réflexion sur la ville, sur le récit, sur l’écrit, sur le livre. Sur mon quotidien aussi.

En concluant mes vacances par cette visite et cette lecture, j’ai eu la vive impression que  Shepard Fairey et François Bon me guidaient avec complicité afin que je mette un terme à cette période de retrait de la blogosphère. Comme s’ils avaient voulu me rappeler par leurs oeuvres que si on peut choisir de se laisser raconter le monde tel qu’il apparaît dans le regard des autres, il est bien plus amusant de le raconter à sa manière — devenant par le fait même auteur/acteur d’une nouvelle histoire, d’un nouveau monde.

Je m’y remettrai donc.

Lecture en cours, dans la même veine, mais d’un tout autre point de vue: The Political Mind, de George Lakoff. Fascinant.

3 commentaires

  1. merci, Clément, de l’accueil

    et bien sûr ta présence blog tellement indispensable, pour nous qui bénéficions de l’amitié directe

    comment penser qu’on puisse avancer dans nos recherches côté technique et édition sans que ce soit à visage ouvert, dans ces mini-ateliers que sont chaque blog ?

    et on tâchera de ne pas provoquer un incendie à chacun de nos prochains rendez-vous (dit-il avant de retourner aux valises)

  2. Oh, tu as lu Firmin. Moi j’attends avec grande impatience l’arrivée de ce livre au Québec. Comme a demandé Virginie: c’était comment?

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