Affamé de textes québécois, Antidote se nourrit grâce à la BNF et à Google

De toutes les notes prises au cours des Assises internationales de l’imprimé et du livre électronique (E-PaperWorld) la semaine dernière à Montréal, celles qui me reste le plus fortement à l’esprit concernent les interventions de Éric Brunelle, président de Druide informatique, éditeur de Antidote.

Monsieur Brunelle a beaucoup insisté sur l’importance de rendre disponible la littérature québécoise sous forme numérique — notamment afin d’en assurer le rayonnement à travers les outils linguistiques contemporains.

Il a évoqué le fait que Google Books est très utile à Druide pour enrichir et perfectionner Antidote en parcourant de ses algorithmes l’ensemble du corpus numérisé par Google — qui est malheureusement, selon ses dires, assez pauvre en oeuvres québécoises.

Il a aussi mentionné avoir déjà sollicité les éditeurs québécois afin d’avoir accès à leur fonds d’édition sous forme numérisée dans le but de pouvoir en tenir compte — et ainsi pouvoir mettre en valeur notre écriture à travers Antidote.  Cela s’est malheureusement conclu par un échec.

Encore plus invraisemblable, il a mentionné que Druide n’a jusqu’à présent pas pu tirer profit des efforts de numérisation de la BAnQ parce que celle-ci numériserait essentiellement sous forme d’images et/ou que les fichiers textes qui pourraient être issus de cette numérisation ne sont pour le moment pas accessibles. Druide doit donc se tourner vers les fruits du programme Gallica, de la Bibliothèque nationale de France, afin de répondre à ses besoins et continuer à enrichir et améliorer Antidote.

Cela fait bien réfléchir…

Parce que, non mais… merde!… qu’est-ce qu’on attend pour numériser notre littérature nationale sur le sens du monde? — pour en faire un véritable projet — avec toutes les ressources qu’exigerait un projet aussi ambitieux; un projet aussi nécessaire? Arggghhh

7 commentaires

  1. Si Druide distribue gratuitement ses logiciels, je veux bien lui passer mes livres. Mais tant qu’il y aura exploitation commerciale des contenus, je ne vois pas pourquoi les éditeurs et par conséquence les auteurs devraient nourrir gratuitement ces logiciels. Ça fait partie de ce qui est aussi reproché à Google.

  2. Mais Gilles, qui a parlé de gratuité? Pourquoi les éditeurs ne proposeraient pas des modalités (notamment financières) à Druide, et à d’autres? Est-ce qu’il ne peut pas y avoir des manières de faire en sorte que cela soit dans l’intérêt de tous?

  3. J’ai déjà reçu des demandes pour obtenir notre fonds afin de faire avancer la science et la connaissance. Le tout accompagné d’un beau gros vide.

    Tiens je te ramène à un billet écrit en 2007 : http://www.septentrion.qc.ca/gillesherman/2007/04/la_laine_des_moutons.html

    Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres : sociétés, universités, bibliothéques… Beaucoup veulent nos contenus sans aucun retour. Mettons que pour les années 1990-2010, l’argent a beaucoup été mis sur le contenant et peu sur le contenu.

    Bha, je dois couvrir une pettie déprim’

  4. «Mettons que pour les années 1990-2010, l’argent a beaucoup été mis sur le contenant et peu sur le contenu.» (Gilles Herman)

    Il me semble par ailleurs que, dans tout cela, on a aussi bien peu parlé des auteurs…

    Sur le strict plan monétaire, à dix cennes pour le dollar qu’empoche l’industrie du livre, je ne suis pas certain que c’est sur cet aspect qu’une bonne part des auteurs trouvent leur compte. S’ils vivent, il me semble que c’est parce que leur principale source de revenus est souvent ailleurs.

    Mais (heureusement), il n’y a pas que l’aspect monétaire. Il y a aussi une autre valeur pour les auteurs : une valeur symbolique. Or, moins leurs œuvres circulent, moins elles sont accessibles et moins les auteurs y trouvent leur compte sous cet aspect aussi (et ce, sans même parler du pilonnage ou des œuvres épuisées, mais non rééditées)…

    «Antidote», pour reprendre le cas à l’origine du billet, ce n’est tout de même pas un simple recueil compilant des citations, c’est une série de dictionnaires (et un conjugueur et…). Dommage d’apprendre que leurs sollicitations auprès des éditeurs québécois c’est «malheureusement conclu par un échec».

    Par-delà les éditeurs, je serais curieux de savoir combien d’auteurs québécois considèrent que ce serait *pour eux* une «perte» d’être cité comme exemple dans un dictionnaire – ou autre ouvrage de référence linguistique !

    Cordialement,
    Patrice Létourneau

  5. Bonjour
    Bravo pour vos billets
    Je voudrais savoir si vous utilisez les flux RSS personnalisés de Gallica 2 pour être au courant de la mise à jour sur ce repositoire de textes québecois ?

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