Pourquoi je ne devrais pas acheter un iPad

Je vais très certainement m’acheter un iPad, mais le pamphlet que publie aujourd’hui Cory Doctorow pour m’en dissuader est vraiment remarquable. Extraits:

I believe — really believe — in the stirring words of the Maker Manifesto: if you can’t open it, you don’t own it. Screws not glue. The original Apple ][+ came with schematics for the circuit boards, and birthed a generation of hardware and software hackers who upended the world for the better. If you wanted your kid to grow up to be a confident, entrepreneurial, and firmly in the camp that believes that you should forever be rearranging the world to make it better, you bought her an Apple ][+. (…)

The model of interaction with the iPad is to be a « consumer » (…)

The way you improve the iPad is to buy iApps. Buying an iPad for your kids isn’t a means of jump-starting the realization that the world is yours to take apart and reassemble; it’s a way of telling your offspring that even changing the batteries is something you have to leave to the professionals. (…)

Gadgets come and gadgets go. The iPad you buy today will be e-waste in a year or two (less, if you decide not to pay to have the battery changed for you). The real issue isn’t the capabilities of the piece of plastic you unwrap today, but the technical and social infrastructure that accompanies it.

If you want to live in the creative universe where anyone with a cool idea can make it and give it to you to run on your hardware, the iPad isn’t for you.

If you want to live in the fair world where you get to keep (or give away) the stuff you buy, the iPad isn’t for you. (…)

Je reviendrai par ailleurs sur un autre de des arguments de Cory Doctorow la semaine prochaine. Celui-ci:

The iStore lock-in doesn’t make life better for Apple’s customers or Apple’s developers. As an adult, I want to be able to choose whose stuff I buy and whom I trust to evaluate that stuff. I don’t want my universe of apps constrained to the stuff that the Cupertino Politburo decides to allow for its platform. And as a copyright holder and creator, I don’t want a single, Wal-Mart-like channel that controls access to my audience and dictates what is and is not acceptable material for me to create.

À suivre…

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7 commentaires

  1. La pomme s’empoisonne un peu plus avec chaque nouvelle technologie Apple. C’est malheureux. Ce que Doctorow dénonce s’inscrit dans l’excellente thèse économique défendue notamment par Yochai Benkler dans The Wealth of Networks. J’étais un fan d’Apple; je ne suis plus qu’un utilisateur.

  2. L’argumentaire de Doctorow est effectivement plein de bon sens, mais avec bémol. C’est vrai que j’ai beaucoup appris à essayer de faire fonctionner des bouts de codes que je transportais sur des disquettes ou des cassettes, ou à «rabouter» des bouts de fils «null modem»… Par contre, ce n’est pas dit qu’il ne sera pas possible d’apprendre des choses avec l’iPad: on pourra développer des applications web fantastiques pour l’iPad, sans approbation de personne à Cupertino.

    Ceci dit, s’il y avait aujourd’hui, cette semaine, une alternative sérieuse à l’iPad, avec une approche ouverte, je la choisirais. Mais pour l’instant… ce sera un iPad pour moi aussi.

    Pour lire un avis contraire à celui de Doctorow, avec un contre argumentaire, il y a Joel Johnson, chez Gizmodo: http://gizmodo.com/5508286/cory-doctorow-you-are-a-consumer-too

  3. L’argumentation de Doctorow aurait pu être reproduite sans en changer un mot à propos de l’iPhone. Quiconque a utilisé cet outil a pu vérifier la vanité de telles généralités. Vieille histoire: le Leica, qui a révolutionné la photo, était accueilli en 1930 comme un gadget par les professionnels de la profession. Il faut s’y faire: le monde n’est pas fait que d’ingénieurs, mais aussi d’usagers qui ont une capacité à rebondir sur les propositions techniques. En cette matière, plutôt que de trancher avant même la disponibilité d’une nouvelle machine, un peu de modestie et de patience ne feraient pas de mal.

  4. Ce qui me désole le plus ce sont certains « apôtres » du libre qui se pavanent avec leurs iPhone ou iTouch tout en vous reprochant de ne pas être assez libre. Bientôt, ils le feront avec leur iPad.

    « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée ». Je souscrit à cet adage. S’il faut par nécessité accepter, à l’occasion, d’utiliser un produit fermé, au moins qu’on n’en fasse pas l’apologie.

  5. Moi ça me semble plein de bon sens tout cela. La qualité de l’outil ne fait pas tout. Je n’ai pas d’iPhone, je n’aurai pas d’iPad. Doctorow ne traite pas l’iPad de Gadget, il rappelle que ce produit embarque avec lui une infrastructure technique et sociale qui n’est pas celle qu’il souhaite. Il fait donc correspondre ses principes à ses actes.

    Ca devient si rare. ;-)

  6. @François: je pense qu’il est effectivement plus sain d’être « utilisateur » que « fan » d’une technologie. Cela dit, je trouve que Cory Doctorow baisse les bras un peu trop vite devant la fermeture qu’Apple imposerait au iPad (et au iPhone). Certes, Apple impose de lourdes contraintes pour accéder à son écosystème technico-commercial — mais n’est pas aussi une invitation à être créatifs pour les contourner? Je pense que ce n’est pas farfelu de le voir ainsi. C’est également de cette façon que j’interprète l’intervention d’André Gunthert

    @André: plus encore que les produits, n’est-ce pas les esprits qui doivent rester ouverts?

    @Hubert: Bien sûr que le iPad embarque une infrastructure technique et sociale — comme toute technologie, à des degrés divers. C’est effectivement tout à l’honneur de Cory Doctorow de mettre en relief l’écart entre ses valeurs et celles qu’incarne cette infrastructure. C’est ce que j’apprécie le plus dans son texte: l’obligation qu’il nous fait de réfléchir à nos propres valeurs avant de nous engager dans cette nouvelle proposition technologique.

  7. Cory Doctorow est la vision de l’informatique ce que la musique militaire est à la musique.
    Je ne suis pas du tout d’accord avec son article et d’ailleurs je le clame haut et fort. Je pense qu’il n’a tout simplement pas compris ce qu’était l’iPad et la révolution en route de l’informatique.
    J’écris cela dans mon blog un peu plus en détail: http://www.bipad.fr/2010/06/pourquoi-je-veux-un-ipad/
    Pour ce qui est du risque d’Apple de verser vers un abus de position dominante, je suis comme vous, je resterais vigilent.

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