Le monde des livres

C’est l’histoire d’un homme qui lisait Le Monde avec délectation presque tous les soirs au retour du boulot. Plonger les doigts dans la poche pour en ressortir 1€30, tendre la main à l’homme du kiosque à journaux, repartir avec l’exemplaire daté du lendemain. Un rituel.

Trois années plus tard, à plus de cinq mille kilomètres de Paris, il lui arrive encore d’acheter Le Monde — des exemplaires qui portent généralement une date pourtant déjà oubliée par son agenda. Pour 4,25$. Pour le plaisir. Pour le souvenir. Pour lire.

Cet homme affectionne particulièrement les éditions du vendredi parce qu’on y trouve Le Monde des livres. Et cette semaine, coup de chance, il avait pu l’acheter dès le samedi en fin de journée, malgré la distance.

Première section lue dans le canapé, samedi soir, avec un verre de vin. Actualité française et internationale. Deuxième section le dimanche matin, avec une tasse de café. Le Monde des livres. En page 5 :

Les histoires de peu de Christian Gailly

Six nouvelles qui se révèlent plus étonnantes les unes que les autres, malgré une redoutable économie de moyen. Ou grâce à celle-ci. ()

Il est question de La roue et autres nouvelles, un livre tout juste publié par les Éditions de Minuit.

L’homme pensa qu’il était bien dommage qu’il ne soit plus à Paris. Cela aurait été si simple de rendre visite à son libraire et de commencer à lire ce livre qui avait attiré son attention. Dès aujourd’hui, puisqu’il en avait le temps. Cela aurait été une lecture parfaite pour cette journée de grand froid (il aurait bien sûr fait beaucoup moins froid à Paris, se dit-il, esquissant un sourire).

C’est alors que l’idée lui passa par l’esprit — mais bien sûr!

Il ouvrit ordinateur sur le monde des livresEurêka!

Le téléchargement débuta peu après et quelques minutes plus tard il découvrait l’univers étonnant des nouvelles de Christian Gailly; avec ses mariés-qui-ne-le-sont-pas, son perroquet rouge (ou vert), ses officiers de la police criminelle, son gâteau-pour-les-enfants et ses merveilleuses fleurs coupées.

Cet homme ne vous en dira pas plus, sinon vous confirmer que c’était effectivement une lecture parfaite pour une journée de grand froid.

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