De Chicago à Sherbrooke

La politique est faite de grands rendez-vous, mais aussi (surtout) de beaucoup de moments plus humbles, d’échanges, de débats et d’émotions.

La politique, ce sont les jours d’élections, mais ce sont aussi des milliers d’autres heures de réunions, au cours desquels des citoyens engagés élaborent les idées sur la base desquelles notre société se construit. Des centaines de réunions locales, régionales et nationales — auxquelles les médias font rarement référence, mais qui sont pourtant essentielles à la vie démocratique.

Les médias ont couvert abondamment les élections américaines dans ce qu’elles ont de spectaculaires et de glamour, mais trop peu sous l’angle de l’engagement personnel qu’un tel moment implique pour des milliers de gens.

La vidéo ci-dessous a été rendue publique il y a quelques jours par l’équipe de Barack Obama. Elle témoigne justement d’à quel point un leader politique a besoin de tous ces gens qui consacrent des centaines d’heures, pendant des années, pour rendre possible une victoire électorale.

La reconnaissance dont fait preuve Obama dans cette vidéo est évidemment touchante — mais je pense qu’on devrait surtout faire ressortir à quel point elle peut être inspirante, parce qu’elle démontre avec éloquence à quel point c’est la somme des gestes que chacun d’entre nous pose qui fait la politique et qui détermine ce que deviendra notre société.

Elle dit haut et fort que si on veut bien se mettre en mode «participation», dans un esprit constructif, plutôt qu’en mode «gérant d’estrade» — on peut vraiment faire une différence.

Il y a bien des façons de s’engager, et de participer, bien sûr — et pas seulement l’engagement actif dans un parti politique; mais c’en est quand même un, et peut-être un des plus puissants quand on le combine avec d’autres engagements, personnels et professionnels.

C’est ce que je me disais hier, au petit matin, en route vers Sherbrooke, où je me rendais pour participer à la Conférence Nationale des Présidents et Présidentes (de circonscriptions) du Parti Québécois.

La réunion a été l’occasion de faire un bilan des dernières élections et d’évoquer quelques idées pour que la prochaine se passe encore mieux.

Ça a aussi été l’occasion de réaliser, très concrètement, que le Parti Québécois forme maintenant le gouvernement : la sécurité n’était plus du tout la même; l’ampleur de la présence du personnel politique non plus. C’était rafraîchissant!

L’ouverture de la journée a été particulièrement impressionnante quand notre maître de cérémonie de toujours, Mme Marcoux, s’est présentée au micro pour nous dire:

« J’ai eu le plaisir de vous la présenter au cours des ans comme députée de La Peltrie, comme députée de Taillon, comme députée de Charlevoix, comme ministre de la Condition féminine, comme ministre de l’Éducation, comme ministre de la Santé, comme ministre des Finances, comme vice-première ministre et comme Chef du Parti Québécois; j’ai le privilège aujourd’hui de vous la présenter comme première ministre du Québec… »

Quand on pense à tout ce qu’il a fallu traverser pour ça au cours des deux dernières années…

Après un très bon discours, Mme Marois est restée avec nous toute la journée pour prendre part au bilan de l’élection. Son leadership s’est notamment exprimée quand elle s’est levée pour répondre elle-même à une question délicate; en répondant de façon très transparente et très pédagogique.

Je ne peux rapporter les interventions qui ont été faites pendant le bilan électoral — qui se tenait à huis clos — mais je peux tout de même dire que j’ai pour ma part plaidé pour qu’on permette aux régions d’adapter davantage le programme et les messages électoraux à leur réalité : choix des thèmes, manières de les aborder. Je crois que ce serait favorable à ce que «le message passe mieux» et également de nature à favoriser la participation des militants — et des électeurs.

Je suis revenu de Sherbrooke confiant. Très confiant. Je suis convaincu que Madame Marois est en pleine possession de ses moyens et que le gouvernement s’organise bien. L’automne sera chaud, c’est certain — mais c’est aussi ça la démocratie : des débats vigoureux.

Ils seront sans doute d’autant plus vigoureux cette fois qu’ils concerneront enfin des projets ambitieux — et pas toujours évidents.

J’espère que tout cela contribuera à favoriser l’engagement et la mobilisation de plus en plus de monde — et particulièrement de tous ceux et celles qui croient dans un projet politique social-démocrate pragmatique.

Il y a tant à faire.

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