Du cynisme à l’espoir en passant par un iPad oublié

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J’ai passé la semaine en Europe — Espagne et France. Très occupé, mais je prends quand même toujours le temps de suivre un peu l’actualité quand je suis à l’étranger, pour découvrir d’autres points de vue et d’autres enjeux.

Et cela a été une dure semaine de ce côté, en France particulièrement: entre l’Affaire Cahuzac, le Offshore Leak — et les ramifications de tout ça. Avec les révélations de la Commission Charbonneau au Québec et le reste, il n’y a pas de quoi se réjouir. Le cynisme est vraiment à son maximum.

* * *

Je suis allé courir ce matin avant de reprendre l’avion pour Québec. Un peu plus de 11 km, de Place d’Italie à Notre-Dame, en passant par le Parc de Bercy et retour en passant par le Jardin des Plantes. J’écoutais WoodKid en pensant à tout ça: à la politique, tellement malmenée et pourtant tellement nécessaire. Mais comment? Quelle politique? Avec quels genres d’hommes et de femmes politiques? Qu’est-ce qui est acceptable, qu’est-ce qui ne l’est pas? Et comment éviter de se draper inutilement dans une illusoire vertu? Se raconter des histoire en prétendant vouloir laver plus blanc que blanc?

Au travers de ces réflexions, j’ai aussi croisé la misère.

Sur les quais, juste après le pont qui mène à la gare de Lyon, j’ai vu un homme, pieds nus, se laver à l’eau d’une fontaine. Il faisait 2 degrés Celcius.

Et devant le Jardin des Plantes, j’ai vu un homme hébété assis sur un petit banc à côté de sa tente effondrée sur le terre-plein entre trois voies de circulation particulièrement passantes. Les pigeons picorraient le reste de son repas, manifestement trouvé dans les poubelles. Le regard vide, il n’a même pas réagi à mon passage.

Après une douche, j’ai pris le taxi pour l’aéroport.  J’ai discuté avec le chauffeur de la situation politique. Ses propos dégoulinaient de cynisme. Il croyait à l’existence d’une solution, mais tout semblait se confondre dans son esprit: le mariage gai, la présence des Roms, la corruption, la mode, et quoi encore? Nous étions tout de même d’accord sur la place importante de la morale (laquelle?) dans la solution.

Après sept heures de vol, longue escale à Montréal en attente du vol vers Québec. J’en profite pour lire Le Monde de vendredi. Déprimant.

Avec la fatigue, j’ai l’impression de sombrer: non mais quel monde politique pourri!— et quelle dérive morale. C’en est invraisemblable. Et Le Devoir ne semble guère me réserver beaucoup mieux. Je sais pourtant que les gens honnêtes et dévoués sont nombreux en politique — comme ils doivent souffrir de se voir ainsi condamnés par association — et de voir le cynisme faire ainsi le lit de tous les extrémismes, de droite comme de gauche.

— une autre bière madame s’il vous plaît.

* * *

C’était jusqu’à ce que j’arrive à la page 18:

Conte de printemps.

L’histoire (vraie) d’une journaliste du Monde qui a oublié son iPad dans le panier d’un vélib — et qui le retrouve quelques jours plus tard grâce à la générosité de deux hommes au destin absolument incroyable. J’en ai eu les larmes aux yeux.

Didier Janus et Patrice Balzac m’ont redonné espoir.

J’ai repensé aux deux poqués que j’ai croisés ce matin sur les quais de la Seine et je me suis dit qu’il ne fallait pas succomber au cynisme — on a pas le droit de leur faire ça — et qu’il fallait de toute urgence se retrousser les manches (encore un peu plus) pour réhabiliter la politique et ceux qui s’y engagent avec sincérité — envers et contre tout.

Parce qu’il n’y a pas de solution collective sans la politique.

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