Des statistiques des nuages et des vents

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Notre attention est évidemment sélective. On remarque davantage ce qui nous touche. C’est ainsi que, parfois, on a l’impression que les coïncidences se multiplient — que notre environnement nous parle; qu’il tente de nous dire quelque chose… alors que ce n’est pas notre environnement qui a changé, c’est le regard qu’on porte sur lui.

Ce sont des moments précieux. Ce sont des moments que j’aime.

J’aime chercher ce qui relie ces choses qui, soudainement, attirent mon attention — entre lesquelles il semble y avoir un fil conducteur imprévisible. Trouver ce qui guide ainsi mon regard et titille mon esprit à ce moment.

Ces derniers jours:

Ce court texte fantastique de Kurd Lasswitz, qui a inspiré la Bibliothèque de Babel de Borges, dans lequel l’auteur explore la littérature et les mathématiques dans un jeu de probabilités vertigineux qui convie le lecteur à une réflexion sur la culture.

Cette entrevue avec Stephen Wolfram, créateur de Mathematica et de Wolfram Alpha, qui faut un plaidoyer pour la mesure et l’analyse de toutes les données de notre vie. Toutes. Le Personnal Analytics devrait, selon lui, nous aider à vivre mieux. Tout aussi vertigineux.

Deux textes me tournaient encore dans l’esprit à mon réveil ce matin.

Je me suis servi un jus d’orange, j’ai ouvert Facebook et j’ai trouvé tout au haut de la page cette image de Liniers.

liniers_20mai2013«Ce sont des nuages, ou la pensée de quelque chose d’énorme?» | Source: l’auteur sur Facebook

Les vers de Goethe qui concluent le texte de Lasswitz me sont revenus à l’esprit:

Car aux dieux
Ne doit se mesurer
Aucun homme
Et s’il se dresse
Et touche de la tête
Aux étoiles
Nulle part n’adhèrent
Ses semelles incertaines
Il devient alors le jouet
Des nuages et des vents.

Incroyable, non?

Je passe beaucoup de temps à analyser des données sur les ventes de livres numériques ces derniers temps. Mon esprit est probablement en train de me rappeler gentiment que si cela est nécessaire il ne faut pas pour autant que je confonde le portrait de la réalité que l’analyse de ces chiffres me procure et la réalité elle-même.

Note à moi-même, donc:

Ne pas oublier que l’analyse de tous ces chiffres doit être au service du projet qui m’inspire — me permettre de mieux choisir les moyens pour le réaliser.

L’analyse, c’est la carte, pas la destination.

Un commentaire

  1. Sur les idées du personal analytics… et de l’attention sélective… tu me rappelles que je suis fait une démonstration d’un principe important dans l’analyse des données récemment. Celui qui dit que la tendance est plus importante que les valeurs absolues.

    C’était au dernier 10 km que j’ai couru. Je m’étais fixé un objectif de temps qui correspondait à mon meilleur temps à l’entraînement. Pendant la course, voyant bien que je battrais un peu trop facilement l’objectif, je me suis dit que je l’avais mal fixé. Si j’avais fait une régression linéaire sur mes temps à l’entraînement sur les 2 derniers mois, et que j’avais estimé l’objectif sur le prolongement de la droite obtenue, je pense que je serais arrivé à un objectif plus intéressant comme défi.

    Conclusion à ajouter à ton texte: se rappeler aussi d’observer les tendances, pas juste les valeurs absolues.

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